A Hyrule, il existe une légende. Elle raconte que des dragons régnaient sur un autre monde il y a bien longtemps. Un jour ils firent leur apparition et ils sauvèrent le roi d'Hyrule d'une mort certaine. Ces dragons ont tous des couleurs et des pouvoirs différents :
- en jaune, il y a le grand dragon du nom de Clarunis au pouvoir inconnu. Il est l'ultime dragon.
- en rouge Ignis le dragon de feu qui crache des flammes, résiste le mieux aux fortes chaleurs et qui peut respirer sous la lave
- en bleu Aquanis le dragon d'eau qui dispose d'une nageoire et qui peut respirer sous l'eau
- en vert Silvinis le dragon des forêts qui est le plus petit et le plus rapide sur terre
- en blanc Gelidunis le dragon de glace qui souffler un vent glacial et qui dispose d'une queue si puissante qu'il peut briser la glace
- en noir Umbranis le dragon de l'ombre qui peut lancer un rayon au pouvoir obscur et devenir invisible
- en gris Animunis le dragon des esprits qui peut manipuler les esprits faibles
La légende dit aussi que le roi fit édifier une statue pour chacun des 7 dragons dans une forêt et que, un jour, il alla voir ces 7 statues. Un temple était apparu sous ces statues. Alors, il demanda aux habitants de cette forêt s'ils avaient vu quelque chose mais les enfants qui la peuplaient n'avaient rien vu.
Mais comment un temple a pu être édifié en si peu de temps ? Alors il décida d'aller voir à l'intérieur de ce temple. Il n'y avait que deux salles. Dans la première se trouvait une carte d'Hyrule avec dessus des points de 7 couleurs différentes et près d'une porte fermée, il y avait un autel avec 7 trous de même forme. Sur cet autel, il y avait écrit : "les 7 pierres réunies, la porte répondra" et aussi : "seul notre grand maître entre sans les 7 pierres". Alors le roi crut que c'était lui et il s'approcha de la porte. Celle-ci s'ouvrit. Il entra et vit une silhouette au fond de cette salle. Cette légende n'est pas très vielle car c'est le roi lui-même qui l'aurait raconté à ça fille. Il lui aurait aussi rapporté son dialogue avec silhouette qui se retourna et dit :
- Si j'avais su que tu avais fait le travail pour moi je n'aurais pas tué toutes ces personnes.
- De quoi parles-tu et qui es-tu ? dit le roi en colère.
- Tu as tort de me demander qui je suis car tu me connais. Ganondorf...
- Je croyais que les dragons t'avaient tué quand ils étaient venus me secourir ?
- Qu'avais-tu vu ?
- Eh bien ...
Et par malheur le roi mourut à cet instant du récit sans jamais avoir fini de conter son dialogue à sa charmante fille. Ce qui eut pour effet de clore la légende ici. Alors cette dernière qui portait le nom de Zelda alla elle aussi dans cette forêt mais ne vit pas le temple. A cet instant, elle pensa que son père était fou et rentra au palais.
En chemin, elle vit un petit garçon du même âge qu'elle. Elle lui demanda ce qu'il faisait ici. Le petit garçon lui dit qu'il s'appelait Link et qu'il habitait une cabane dans la forêt. La princesse vit qu'il n'était pas propre et lui proposa de venir avec elle au palais. Link regarda les gardes qui accompagnaient la princesse et dit qu'ils étaient déjà venus avec un homme tout vêtu de rouge. Zelda se dit que cet homme était son père et décida de laisser dormir Link au palais. Et là, elle se dit que son père n'était peut-être pas fou...
Link et Zelda arrivèrent dans la citadelle d'Hyrule. Il y avait un marché et beaucoup de monde dehors. Zelda dit à Link :
"Je dois aller faire quelque chose. Promène-toi un peu dans la ville on se retrouve ici d'accord ?
- Oui si tu veux, à tout à l'heure princesse."
Zelda s'éloigna. Link la suivit. Arrivé devant une porte où la princesse venait d'entrer, il hésita à pousser la porte. Au bout de quelques minutes et après avoir vu que le temps lui manquait, il se décida. Une fois dans la maison, des gardes lui demandèrent de partir et Link alla dans la première maison qu'il trouva. Une voix désincarnée se fit entendre de derrière un rideau :
"Oh être élu des déesses tu dois retrouver ma fille perdue dans la forêt et je te donnerai une récompense."
Link effrayé sortit vite de la maison. En sortant, il rencontra une fille accompagnée de sa petite soeur. Elles étaient rousses et avaient une allure de campagnarde. La petite dit, après que Link l'ait bousculée :
"Mais tu ne serais pas un habitant de la forêt ?
- Oui, dit Link l'air étonné, je suis venu ici escorté par la princesse de ces lieux.
- Je vois, dit la grande soeur, nous sommes, avec notre père, les occupants du Ranch Lon Lon. Je m'appelle Romani et la petite curieuse là c'est ma soeur Malon. Passe nous voir un de ces jours nous serons ravies de t'accueillir cher... mais comment t'appelles-tu ?
- Link, Mademoiselle.
- Bien, Link, nous sommes pressées, au revoir.
- Malon doit bien avoir mon âge, se dit Link, bon je dois vite retourner sur la place du marché.
Après être revenu sur la place, il vit une pancarte où était écrit : "Fille perdue dans la forêt récompense pour le sauveur." Link avait beau être pressé par le temps, il décida de retourner voir l'homme à la voix bizarre. Il essaya de retrouver la maison mais en vain. Là, il reconnut la rue où Zelda était entrée dans une maison et retrouva la maison de l'homme à la drôle de voix. Il entra donc. Il entendit la voix dire alors :
"Tu as décidé de revenir après avoir vu mon annonce sur la pancarte hein ?
- Ou... oui, dit Link la voix troublée par la peur, je voudrais bien vous aider mais je dois aller au château avant. Je vous promets de venir vous retrouver après.
- II sera peut-être trop tard mais je veux bien. Alors à plus tard jeune homme.
Link soulagé retourna sur la place et vit Zelda qui l'attendait. Il courut donc pour ne pas les retarder. Link, sur le chemin du château, demanda à Zelda si, plus tard, il pourrait retourner en ville pour affaire. Zelda lui répondit qu'elle lui mettrait deux gardes à disposition s'il voulait mais que, là, ils devaient se dépêcher d'arriver au palais...
Link et Zelda arrivèrent devant le château d'Hyrule. Il était très grand et très haut. Il y avait une tour à chaque coin et un donjon au centre le tout entouré d'une muraille. C'était la même que celle qui entourait la citadelle. Quand ils entrèrent dans le château, Link vit beaucoup de tableaux. Il y avait d'immenses couloirs et un tapis rouge au sol. Ils marchèrent quelques minutes et entrèrent dans une grande salle. C'était le grand salon du bas. Les gardes partirent et Link et Zelda se retrouvèrent seuls dans cette pièce. Zelda fit apporter du lait de la ferme Lon Lon à Link et prit la parole :
"Link, j'aimerais que tu me dises où tu as vu mon père dans la forêt ?
- Eh bien il était avec des gardes et marchait vers un endroit de la forêt qui était plutôt sombre et que l'on appelle le lieu vide. Il n'y a rien dans le lieu vide même pas d'arbres. Mais quand le roi en est sorti il y avait sept statues. Moi et mes amis sommes allés voir et nous avons aperçu de loin une silhouette imposante avec une armure et une épée. Nous nous sommes donc cachés derrière un buisson et avons vu cet homme en train de faire de drôles de pas de danse. Il se mit à crier "Que le pouvoir des dragons me vienne en aide pour construire un temple en leur honneur !" Et là, un rayon blanc entoura les sept statues et un édifice se construisit en quelques secondes. Et à cet instant, l'homme regarda en direction du buisson l'air en colère et nous partîmes de peur tout doucement. Quand nous fûmes suffisamment loin, nous nous mîmes à courir. Je décidai d'aller voir l'arbre Mojo, notre grand maître. Il me dit de ne pas me mêler des affaires qui ne me regardaient pas et que c'était un conseil. Alors, je laissais passer le temps. Puis, je dus aller chercher une plante se trouvant à l'extérieur de la forêt et je te rencontrai.
- Donc tu dois retourner dans la forêt pour ne pas les inquiéter ? OK je vois. Bon dans ce cas je te laisse partir. Reviens me voir si tu veux me dire quelque chose. Je serai là. Je ne sors jamais de toute façon."
Link quitta le château en compagnie de gardes pour ne pas se perdre et en profita pour retourner voir l'homme qui avait perdu sa fille. Arrivé devant chez l'homme, Link se demanda s'il allait sauver cette fille. "Oui j'en ai fait la promesse." Il entra donc. L'homme à la voix désincarnée était assis de dos sur un tabouret. Il entendit marcher et dit :
"Te revoilà. Je savais que tu étais un garçon de parole. Je vais te dire où elle se trouve enfin là où je pense qu'elle se situe. Elle était allée ramasser des champignons dans la forêt avec Médor près du lieu vide.
- Vous connaissez le lieu vide ? Seuls les habitants de la forêt le connaissent !"
L'homme se retourna alors ...
"Mais vous êtes le vieux Smith ! Nous vous croyions mort ! Et la fille dont vous parlez c'est...
- Oui c'est Satina. Elle connaît bien la forêt donc quand j'ai vu qu'elle n'était pas revenue, je me suis inquiété.
- Vous ne pouviez pas me le dire plus tôt !
- Je voulais être sûr que tu étais digne de la sauver. Si tu m'aidais sans savoir que je parlais de Satina, alors tu étais bien l'être élu des déesses.
- Vous pensez que si elle était en danger, elle se réfugierait dans votre ancienne maison ?
- Oui. Mais je conseille de commencer par le lieu vide.
- Eh bien... le lieu vide fut envahi par Ganondorf et si elle s'est aventurée trop près du temple, il a sûrement dû la kidnapper. Je vais donc faire un tour dans ce temple pour voir si elle s'y trouve. Le seul problème, c'est qu'à première vue, il n'y est plus. Mais il doit bien y avoir un moyen de le voir. Je vais m'atteler à cette tâche. Je reviendrai une fois que j'aurai votre fille. Si je ne reviens pas, racontez tout à la princesse. Au revoir.
- Bonne chance Link."
Link partit de ce pas dans la forêt. Il décida de passer chez lui pour dire à l'arbre Mojo ce qu'il allait faire. A peine mit-il les pieds dans le village Kokiri que Saria lui sauta dans les bras.
"Où étais-tu passé Link je me suis inquiétée.
- J'étais allé au château d'Hyrule pour aider la princesse Zelda. Et tu sais qui j'ai rencontré ?
- La princesse Zelda ?
- Oui mais j'ai aussi vu le vieux Smith. Il a perdu Satina dans la forêt près du lieu vide.
- Il faut à tout prix aller la retrouver. Bon tu attends quoi ? Allez !
- Je voulais aller parler à l'arbre Mojo.
- Bon vas-y. Je t'attends ici."
Link alla à toute vitesse pour voir l'arbre Mojo. A son arrivée, l'arbre Mojo lui dit :
"Je savais que tu allais revenir. Tu peux aller sauver Satina. Et je voulais aussi te dire... fais comme bon te semble dans ta quête. Ne me consulte plus mais parle plutôt à Saria et va chercher une épée et un bouclier pour pouvoir te défendre. Tu en auras besoin."
Link partit dans le magasin kokiri pour trouver une épée et un bouclier. Mais il n'avait pas de rubis sur lui. Il partit tête basse. Mais arrivé devant la porte, Saria arriva et dit que s'ils voulaient sauver Satina, ils devaient se dépêcher de partir. Le marchand tendit à Link le bouclier et l'épée qu'il voulait en disant "si tu sauves Satina, on pourra dire que tu m'as payé." Link remercia le jeune marchand et rejoignit Saria pour la suite de ses aventures...
Link et Saria marchaient tranquillement vers le lieu vide. Saria se disait que l'homme qu'ils avaient vu dans ce lieu avait sûrement dû leur préparer une petite surprise de bienvenue. Et cela ne rata pas car au même instant, une peste Mojo venait d'apparaître devant eux. Les pestes Mojo sont des sortes de fleurs qui marchent et qui lancent des graines sur leurs victimes. Quand Link s'approcha d'elle, la peste rentra dans son trou et il n'y avait plus aucun moyen de la tuer. Link se dit donc : "Il ne nous reste plus qu'à passer. Elle ne nous verra pas dans son trou". Link s'avança alors vers une autre partie de la forêt en compagnie de Saria. La forêt dans laquelle ils avaient pénétré disposait d'une route de terre qu'il fallait suivre si on voulait aller dans le lieu vide et la peste Mojo s'était mise en plein sur le chemin. Les deux enfants continuèrent donc à marcher sur le sentier. Quand Link ne fut plus à portée d'épée la peste sortit sa tête du trou et tira une graine qui frappa Link dans le dos. Link se retourna, une graine se dirigeait en plein sur lui et par réflexe, Link brandit son bouclier. La graine frappa le bouclier et vint se loger en plein dans la peste. Elle fut éjectée de son trou et partit à reculons. Link courut vers la peste, l'épée à la main. L'épée se logea dans la peste qui explosa en laissant tomber 5 rubis. Link s'en saisit et continua sa route aux côtés de Saria tout content d'avoir tué son premier monstre.
"Tu ne devrais pas te réjouir d'avoir tué quelqu'un même un monstre, dit Saria en colère, c'est un acte barbare qui ne mérite même pas d'exister.
- Mais elle aurait pu nous tuer !
- Oui mais elle ne l'a pas fait.
- C'est parce que je l'ai tuée avant.
- Si ça se trouve, elle voulait juste jouer.
- A quoi me sert une épée si ce n'est pas pour me défendre ? C'était une peste Mojo. Ces monstres-là tirent jusqu'à ce que tu meures.
- Oui tu as raison Link merci de m'avoir défendue."
Sur ce, nos deux amis continuèrent leur route. Après une bonne heure de marche, des plantes carnivores, deux fois plus grandes que Link, sortirent du sol pour les manger. Il ne paniqua pas et sortit son épée pour couper la tige de la première. La tête tomba et disparut aussitôt. Un bâton Mojo venait d'apparaître. Link s'en saisit et tua les 3 autres plantes carnivores afin de passer et de ramasser 3 autres bâtons Mojos. Saria dit en frissonnent de peur :
"Tu crois que c'est l'homme que nous avons vu dans le lieu vide la dernière fois qui nous envoie tous ces monstres ?
- Pour ton information, cet homme s'appelle Ganondorf et si c'est lui qui nous envoie tous ces monstres, cela veut dire qu'il sait où on va et que, en plus, il nous prend pour des menaces, et dans ce cas, nous avons du souci à nous faire."
Ils reprirent la route en direction du lieu vide. Plus tard, épuisés, ils s'assirent sur un tronc d'arbre tombé au sol. Saria, essoufflée, dit : "On arrive bientôt Link ?"
- Encore un peu de patience. Il ne nous reste plus beaucoup de marche à faire. Regarde ce grand arbre là-bas. Une fois dépassé, nous serons dans le lieu vide.
- Ne perdons plus de temps, allons-y."
Nos deux héros reprirent leur route en direction du lieu vide. Mais arrivés sur place, quelqu'un les attendait avec impatience...
"Il porte bien son nom cet endroit, s'exclama Saria avec étonnement, il n'y a vraiment rien.
- Oui c'est bien vrai, reprit Link, et puis il n'y a personne."
Cet endroit était désert. Il y avait juste un fin tapis d'herbes au sol. Il était comme délimité par des buissons et quelques arbres. C'était grand. Il y avait la place pour y construire un temple. Link se promena un peu dans le lieu vide mais rien ne lui parut étrange. Là, un buisson se mit à bouger. Link prit son épée et son bouclier. Il entendit un petit gémissement sortir du buisson puis un aboiement. Un chien sortit alors de derrière les broussailles et sauta sur Link. C'était Médor le chien de Satina.
"Il faut le suivre, répliqua Saria, il nous conduira sûrement à Satina.
- Tu as raison Saria. Allez Médor, conduis-nous à Satina, vite."
Le chien partit en direction de l'ancienne maison Smith. Link et Saria le suivirent. Ils ne marchèrent pas longtemps et arrivèrent devant une maison de bois en ruine. Le chien ne s'arrêta pas et se dirigea vers une petite grotte. Médor s'arrêta et alla se cacher derrière une grande pierre. Les deux Kokiris firent de même. Il y avait des monstres devant la grotte. Ces monstres sont des Moblins, des sortes de cochons bipèdes qui ont la réputation d'être les sous-fifres de Ganondorf. Link chuchota à Saria :
"Il doit sûrement y avoir Satina dans cette grotte. Je vais tenter de les tuer pour la libérer.
- Et si tu te fais tuer, sanglota Saria, je fais quoi moi ? Tu ne peux pas y aller comme ça. Toi, tu les éloignes de l'entrée et moi je vais la libérer.
- Et s'il y en a d'autres à l'intérieur, tu feras comment ? Non c'est trop dangereux pour toi. Je suis le seul à être armé, c'est moi qui dois entrer dans la grotte..."
Ils continuèrent de se disputer pendant encore quelques minutes. Le chien, qui attendait sa maîtresse avec impatience, se dirigea vers les Moblins. Il se posta derrière eux et aboya. Pendant que les Moblins se retournaient, Link, comme Saria, entendit l'aboiement de Médor et vit le chien courir en direction de la maison de bois. Ces monstres, qui n'étaient pas très intelligents, coururent après le chien. Link sauta sur l'occasion et entra dans la grotte. Saria resta dehors sur les ordres du jeune garçon. La grotte était peu lumineuse. Link ne vit personne au premier regard. Il s'enfonça dans la grotte qui devenait de plus en plus sombre. Plusieurs chauves-souris lui foncèrent dedans. Il tomba à terre. Malgré sa chute, les chauves-souris ne se calmèrent pas. Il n'eut donc aucune autre solution que de les trancher de son épée. Link se releva et se dirigea vers un petit cri qui pouvait être celui de Satina. Plus tard, il la vit. Elle était attachée au mur par des chaînes. Il lui retira le bandeau qu'elle avait sur la bouche.
"Link tu es venu me sauver ? demanda Satina émue et avec une voie affaiblie par la fatigue. Je commençais à perdre espoir. Mais... comment as-tu su où j'étais ?
- Je t'expliquerai plus tard. Pour le moment, il faut trouver un moyen de te débarrasser de ces chaînes."
Il regarda autour de lui mais ne vit rien qui pourrait l'aider. Il désespéra. Satina lui montra une pièce sur le côté. Il y alla et vit une clé accrochée au mur. Heureusement que les Moblins sont idiots ! Il se saisit donc de la clé et retourna libérer Satina.
Saria, qui attendait avec impatience, entendit les monstres revenir. Paniquant, elle courut dans la grotte.
"Mais que fais-tu là Saria ? s'étonna Link, tu devais attendre dehors.
- Mais les monstres reviennent !
- Tu aurais dû crier plutôt que de venir !
- Non Link, dit Satina, elle a eu raison de venir. En criant, elle nous aurait certes prévenus mais elle aurait aussi alerté les gardes Moblins qui seraient venus plus vite. Là, au moins, tu pourras les vaincre en les prenant par surprise.
- Oui, tu as raison Satina. Excuse-moi Saria."
Le jeune homme laissa Satina entre les mains de Saria puis se dirigea silencieusement vers la sortie de la grotte. Le chien surgit alors à toute vitesse dans la grotte. Link en déduisit très vite que les monstres venaient d'arriver. Il dégaina son épée et son bouclier. Il sortit de la grotte avec un peu d'appréhension. Les deux Moblins étaient là, devant lui. Il n'eut aucun autre choix que de les attaquer un par un. Il frappa le premier qui tomba à terre, para un coup du deuxième avec son bouclier et lui planta son épée dans le ventre. Il se retourna et embrocha le premier Moblin qui était en train de se relever. Il venait de tuer deux Moblins !
"Saria ? Satina ? cria Link, venez la voie est libre !"
Ils retournèrent au village pour s'y reposer. Le lendemain, Link, Satina et Médor partirent pour la citadelle d'Hyrule.
"Il est temps que tu m'expliques tout, demanda Satina, et en détail s'il te plaît.
- Eh bien voilà..."
Link lui raconta toute l'histoire du début à la fin. Pourquoi il était allé à la citadelle, comment il avait rencontré son père et tout le reste. Après une demi-journée de marche, ils arrivèrent enfin devant la citadelle. Ils entrèrent et se dirigèrent vers la maison de Satina. Link toqua à la porte. Une voix sanglota : "Plus rien ne m'intéresse à part ma fille saine et sauve.
- C'est Link monsieur, cria-t-il en espérant que M. Smith l'entende, et je suis avec votre fille !
- Mais entre donc."
Les deux enfants passèrent la porte. Satina se jeta dans les bras de son père. Le vieil homme donna cent rubis à Link pour le remercier puis le jeune garçon sortit pour affaire et pour les laisser seuls dans la joie de leurs retrouvailles. Il alla ensuite au château.
"Que veux-tu jeune homme ? dit un garde qui surveillait la porte.
- Je dois parler à la princesse Zelda sur-le-champ.
- De la part de ?
- Link, monsieur.
- Nous avons ordre de te laisser entrer petit. Tu veux que je t'accompagne ?"
Link fit non de la tête et suivit le long chemin qui menait jusqu'à la porte principale et au pont-levis du château. Oui car la cité disposait aussi d'un pont-levis qui se fermait la nuit. Il fit tinter la grosse cloche devant l'entrée. Un homme, le portier, ouvrit la porte.
"C'est à quel sujet ? demanda le portier en épiant Link de haut en bas. Ah oui je crois deviner... Link c'est cela ?
- Oui c'est ça.
- Suivez-moi."
Link suivit le portier qui était toujours propre et bien habillé. Il avait des cheveux blancs mais seulement sur le côté. Il vouvoyait tout le monde même lui lorsque qu'il se regardait dans un miroir. Il ne parlait pas beaucoup sauf avec la cuisinière. Plus tard, ils arrivèrent devant le salon du deuxième étage. Il était plus petit que le salon du bas mais plus près de la chambre de la princesse aussi. Link s'assit en face de Zelda et prit la parole : "J'ai des nouvelle informations pour vous...
- Oui moi aussi, reprit la princesse en coupant la parole à Link. Ma mère, qui est dorénavant la dirigeante du royaume, a décidé de donner l'ordre de ratisser toute la forêt pour retrouver ce Ganondorf et elle voudrait que vous, les Kokiris, vous guidiez les guerriers dans la forêt.
- Je ne sais pas si l'arbre Mojo va être d'accord mais je vais demander. Bon, moi, je voulais vous dire que je suis allé libérer une fille qui a été capturée par Ganondorf et il n'y avait pas de temple au niveau du lieu vide. Elle était emprisonnée dans une grotte que je n'ai pas eu le temps d'explorer. A mon avis, il y a quelque chose de caché à l'intérieur.
- Oui je pense aussi. Euh... tu veux dormir ici cette nuit ? Tu retourneras demain d'accord ?
- Oui je veux bien.
- Roger ? Amenez notre invité à la cuisine pour qu'il mange et conduisez-le dans la chambre numéro 458.
- Oui mademoiselle."
Le portier arriva, fit ce que Zelda lui avait demandé et laissa Link dans une chambre au quatrième étage. Il s'affala sur le lit et se reposa de sa marche de la matinée...
Link dormait comme un bébé. Vers la fin de la nuit, il fit un rêve où il se voyait en train de danser avec une charmante demoiselle dont il ne distinguait pas le visage. Et au moment où la lumière allait s'allumer dans la salle, un coq chanta, ce qui réveilla Link. Il se demanda quelle heure il était. Dehors, il entendit : "Au quatrième top, il sera 7 heures". C'était sûrement un garde qui venait de frapper une pierre à potin. Ces pierres ont la propriété de dire l'heure lorsque qu'on les tape. Link en avait vu une devant le château. Après cinq minutes de réflexion dans le lit, il décida de se lever. Il descendit à la cuisine où la cuisinière lui tendit une pomme en lui disant que si la reine le voyait, la princesse aurait des ennuis. Il comprit qu'il devait partir du palais sans dire au revoir à Zelda. Arrivé en ville, il décida d'aller dire au revoir à Satina puis il se dit qu'il était tôt et qu'elle devait dormir à cette heure-ci. Il prit donc la route de la forêt où il habitait. Après une petite heure de marche, il vit des monstres dans la plaine. Ils ressemblaient à des Moblins mais avaient l'air plus intelligent, l'air seulement. Ils étaient si nombreux que Link n'aurait jamais pu les battre seul. Il courut se cacher derrière un gros rocher qui se trouvait là. Un moblin regarda dans sa direction mais ne le vit pas. Ce n'était peut-être pas lui qu'ils cherchaient ! Mais par précaution, il alla se réfugier au ranch Lon Lon. La porte était heureusement ouverte. Il pénétra donc dans le ranch. Il était plutôt grand que ce que l'on pouvait croire de l'extérieur. Il y avait un bâtiment à gauche de l'entrée qui devait être la maison des occupants. Non loin de la maison, on voyait un grand parc fermé qui contenait des vaches. Dans un coin, il y avait un poulailler rempli de poules. Vers le fond, la grange s'élevait avec un accès direct au parc des vaches. Au centre, il y avait un enclos avec une dizaine de chevaux. Près des vaches, on pouvait observer un enclos vide qui avait aussi un accès vers la grange. A proximité de la grange, il y avait une charrette qui n'était pas attelée. Link voulut entrer dans la maison mais elle était fermée. Dans l'espoir de trouver quelqu'un, il se dirigea vers la grange. Effectivement, quelqu'un s'y trouvait :
"Monsieur ? dit Link doucement. Il y a des monstres dans la plaine et...
- Oui si tu veux, s'exclama l'homme qui était en train de remuer le foin pour les vaches. Romani se trouve dans le poulailler, elle t'ouvrira la maison.
- Mais comment avez-vous su ce que je voulais, demanda Link étonné ?
- Que faire au ranch Lon Lon sinon ? Tu sais petit, je ne suis pas né de la dernière pluie. J'ai déjà vu beaucoup de personnes venir au ranch mais jamais pour travailler. On a pourtant besoins de main d'oevre ici, dit l'homme désespérément tout en continuant de remuer le foin. Ah, si tu étais plus grand, je t'aurais déjà demandé de travailler ici. Allez, vas-y !"
Link se dirigeait vers le poulailler quand :
"Au fait, je m'appelle Talon, propriétaire du ranch.
- Moi c'est Link. Heureux de vous rencontrer monsieur."
Il continua sa route en direction du poulailler. Il n'eut même pas le temps d'y rentrer que Romani sortit à toute vitesse et fit tomber Link. Elle s'arrêta net quand elle l'eut reconnu.
- Oh excuse-moi Link, dit-elle. Qu'est-ce que tu veux ?
- La clé de la maison, répondit-il. Votre père m'a dit que vous auriez la clé.
- Ah... euh... oui tiens. Et puis tu peux me tutoyer.
Elle esquissa un sourire et marmonna quelque chose, puis se remit à courir en direction de la grange. Link prit donc la route de la maison. Il introduisit la clé dans la serrure et tourna la clé. Il fit pivoter la poignée. La porte s'ouvrit. La maison était constituée de deux niveaux : Une cuisine au rez-de-chaussée et les chambres au premier. Il monta pour visiter. Malon dormait dans une chambre où il y avait écrit sur la porte : "Malon et Romani". Il y avait une autre chambre qui devait être celle de Talon. Il tourna la poignée dans l'espoir qu'elle soit fermée pour ne pas pouvoir entrer mais malheureusement pour lui, elle s'ouvrit. Il y avait une chaise près du lit double avec une robe posée dessus. Que peut bien faire une robe dans la chambre d'un homme ? Ce n'était pas ses affaires. Link redescendit donc. Il s'assit sur une chaise et attendit. Au bout d'une heure, il se dirigea vers la sortie et regarda hors du ranch. Les monstres étaient toujours dans la plaine. Il s'ennuyait tellement qu'il en était arrivé à se demander s'il ne fallait pas mieux tout arrêter. Non il faut continuer ! Il retourna dans la maison, prit un papier, une plume et écrivit ce texte : Je vais partir, et je tiens à vous remercier pour votre hospitalité, mais je reviendrai", signé Link. Il posa la clé sur la table et partit.
Il y avait toujours beaucoup de monstres dans la plaine et Link se demandait comment il allait passer : "j'ai seulement une épée et un bouclier", se dit-il. "Et si tous ces monstres se ruent sur moi, je ne pourrai rien faire. Je ne peux pas courir, la forêt Kokiri est trop loin. Mais avant tout je retourne derrière le gros rocher." Notre héros regagna sa cachette. Il regarda les alentours et vit un cours d'eau non loin du rocher. Là, son cerveau se mit en activité et sans qu'il sache pourquoi, il plongea. Le courant était fort mais il pouvait encore nager où il voulait. Un moblin passa près de lui sans le voir. Le courant l'emportait et il ne savait pas où il allait. Il n'était jamais parti aussi longtemps et aussi loin de la forêt ! Enfin, il était en sécurité ici. Arrivé suffisamment loin du groupe de Moblins, Link sortit de l'eau. Toujours pas de forêt Kokiri en vue. Il avait même l'impression de s'être éloigné de la forêt. Il ne savait même pas dans quelle direction elle se trouvait. Link le héros était perdu. Après mûre réflexion, il décida de suivre le cours de la rivière. Son espoir de trouver un village le fit tenir malgré la fatigue. Ça faisait longtemps qu'il marchait et il commençait à avoir faim. A ce moment-là, il se rappela ne pas avoir mangé la pomme que lui avait donné la cuisinière du palais. Il s'assit au bord de la rivière et mit la main dans son sac. La pomme était toute mouillée. Il était affamé mais pas suffisamment pour manger une pomme qui avait trempé dans une rivière. Il posa la pomme au sol et partit toujours en suivant le cours d'eau. Au bout d'un certain temps, Link aperçut un clocher qui dépassait une colline. Il arrivait enfin dans un village où il allait pouvoir se restaurer. Le bonheur l'envahit alors et il se mit à courir en direction de ce village. Bourg-Clocher : c'est ce qui était écrit sur une pancarte à l'entrée du village. Il entra donc dans ce village mystérieux qui lui réservait quelques surprises...
Merci à Link-enfant pour l'orthographe et quelques petites modifications.
Bourg-Clocher était un village très différent de Hyrule. Il était petit mais les maisons étaient hautes et les allées serrées. On pouvait y passer à deux mais difficilement. Tout le village était construit autour du temple au centre. D'ailleurs, le grand clocher se situait sur le temple. On disait même que c'était l'un des plus grands clochers d'Hyrule ! Link paraissait tout petit au milieu de ces grands bâtiments et de tout ce monde. Mais il avait faim. Il se promena dans le bourg pour trouver une auberge où il pourrait manger. Il disposait tout de même de 105 rubis. Il y avait beaucoup de grandes auberges qui regorgeaient de monde. Il ne pouvait ni y entrer, ni y manger: les prix étaient bien trop élevés. Il baissait la tête et se dirigeait vers la sortie de la ville quand une vieille femme avec un gilet bleu lui parla:
"Que peut bien faire un habitant de la forêt Kokiri à Bourg-Clocher ?
- Je me suis perdu, lui répondit Link. Et j'ai faim. Mais toutes les auberges sont noires de monde et hors de prix. Je vais donc...
- Attends avant de partir, dit la vielle dame en lui coupant la parole. Il reste une auberge, celle d'Anju. Elle se trouve tout au bout de l'allée des petits-pains-bien-chauds. Il n'y a jamais personne et la gérante est très gentille."
Notre héros remercia donc la vielle dame puis marcha en direction de cette allée. Tout au bout, il y avait une auberge avec une pancarte où il était écrit : "Auberge d'Anju et". Il y avait encore de la place pour un nom après le "et" mais c'était pourtant vide. Il y pénétra donc. Elle n'était pas très grande, ni l'auberge ni la gérante qui devait sûrement être Anju. Il s'avança et demanda :
"Bonjour, je voudrais une chambre s'il vous plaît.
- Oui, bien sûr, répondit Anju un peu étonnée de voir un enfant. Petite, moyenne ou grande ?
- La moins chère.
- Donc ce sera la petite. Je vous demande de payer immédiatement, dix rubis pour cette chambre.
- Comme vous voudrez, dit Link en tendant la somme demandée.
- Merci. Voilà votre clé, chambre 101. Elle se trouve au premier étage. Si vous désirez manger, allez dans le restaurant de l'auberge qui se trouve un peu plus loin à droite. C'est ma mère qui cuisine.
- D'accord, merci. Sinon, appelez-moi Link. Il y a beaucoup de clients ici, demanda Link pour information ?
- Eh bien je dois dire que vous... tu es le premier de la semaine, Link. Cette auberge est petite et loin du centre ville. Il faut connaître pour savoir où elle se trouve, ou alors chercher. Mais les gens n'aiment pas beaucoup ça. Il y a quand même quelques clients mais jamais rien de bien extraordinaire. Et puis les chambres ne sont pas en très bon état. Mais les lits sont très confortables, et la cuisine est excellente...
- Ne vous inquiétez pas, je resterai ici. Je n'ai pas de quoi me payer une autre chambre. Et puis c'est très bien ici.
- Tu nous sauves la vie, petit, merci."
Elle était si heureuse que si le comptoir ne les séparait pas, elle aurait embrassé Link. Le petit héros fit un saut dans sa chambre et décida de faire un tour. Il passa par la cuisine pour voir qui pouvait bien être la mère d'Anju. Quand il vit qui elle était, il comprit une chose : la vielle dame au gilet bleu et la cuisinière étaient la même personne. Voilà pourquoi elle lui avait conseillé cette auberge. La vielle dame le vit et lui fit un gros sourire qui voulait dire : "Merci et à tout à l'heure". Link sortit donc faire son petit tour avant un bon petit repas et une nuit de sommeil. Arrivera-t-il un jour à retourner dans la forêt Kokiri ? Il en était persuadé. Et, toutefois, il espérait que ça arrive vite.
Sa petite balade le conduisit juste devant le temple de Din, le temple au grand clocher. Il décida d'y entrer pour occuper son temps libre.
Le temple était plus grand qu'il ne l'imaginait. Il y avait des bancs et un autel tout au bout. A droite et à gauche de l'autel se trouvait un escalier qui menait au clocher. Il n'y avait pas beaucoup de choses à faire dans ce temple. Link fit un petit tour, vit qu'il y avait vraiment beaucoup de marches pour atteindre le haut du clocher, et sortit. Il s'assit sur le rebord d'une fontaine qui ne se trouvait pas très loin du temple. Il regardait les gens qui passaient sans faire attention à lui. Même les enfants ne le voyaient pas. Seuls quelques chiens regardaient parfois dans sa direction mais continuaient leur chemin juste après. Il fit un rapide tour des magasins qui se trouvaient sur la place et vit un magasin d'armes qu'il n'avait pas remarqué avant. Sachant qu'il ne pourrait rien acheter avec seulement 95 rubis, moins le prix éventuel du repas, il entra pour jeter un coup d'oeil. Il y avait un comptoir derrière lequel se tenait le marchand. Derrière le vendeur, sur une très grande étagère, se tenaient plusieurs épées, autant de boucliers de métal, quelques arcs, différentes tailles de carquois et un certain nombre de lance-pierres. Dans une caisse sur le comptoir, on pouvait voir dépasser beaucoup de flèches et une affichette sur laquelle était écrit : "5 rubis les dix flèches". Link s'avança jusqu'au comptoir et dit :
"Bonjour monsieur, quel est le prix d'un lance-pierre ?
- De quoi ? Un lance-pierre ? Ah... euh... oui... 15 rubis, dit le vendeur étonné.
- Ah ouais quand même... ! Je pourrais aller dans la forêt prendre un bâton, acheter un élastique au marché d'Hyrule et j'en aurais un aussi bien.
- Oh non jeune homme, reprit le marchand qui commençait à devenir en colère, il est fait d'un bois spécial d'une forêt qui se trouve en dehors des limites d'Hyrule. Il n'en existe pas de plus résistant et aussi efficace. Alors, tu en achètes un ?
- Et bien je suis à l'auberge cette nuit et je n'ai pas encore mangé alors...
- Je serais ouvert tout à l'heure et demain aussi. Mais dis-moi, à quelle auberge es-tu ? Tu es avec tes parents ?
- Je suis à l'auberge d'Anju. Et puis je suis un Kokiri. Je n'ai donc pas de parent, pas d'oncle, pas de grand-mère, personne, sauf mes amis Kokiri. Je vous dirais bien pourquoi je suis ici mais je commence à avoir faim et je ne connais même pas l'heure. Où y a-t-il une horloge dans le coin ?
- Mais sur le clocher du temple de Din petit. Et même que..."
Le clocher qui sonna un coup coupa la parole au marchant.
- Et même qu'il est une heure de l'après-midi. Allez gamin, va manger un morceau et reviens vite acheter un lance-pierre."
Mais avant que l'homme eût terminé sa phase, Link était déjà dehors. Sa route pour retourner à l'auberge passait près du temple. Mais avant qu'il arrive devant, il vit Anju qui y entra. Que peut-elle bien pouvoir faire dans un tel édifice ? Il retourna donc une seconde fois dans le temple pour en avoir le coeur net même si ce n'était pas ses affaires. Elle était assise sur un banc près de l'autel. Link s'approcha d'elle sans bruit, elle n'entendit rien et se mit à prononcer des paroles :
"Ô grandes déesses fondatrices de ce monde, faites revenir Kafei mon bien-aimé, je vous en prie. Il me manque tellement... Je viens prier ici tous les jours depuis sa disparition, et je viendrai encore jusqu'à son retour à mes côtés. Din, je vous en supplie. Où peut-être que Nayru... Bon j'ai encore du travail, je reviendrai demain à 13h comme tous les jours."
Anju se leva et :
"Ah ! hurla-t-elle, Mais... tu es là depuis longtemps ?
- Environ depuis le début, répondit Link avec un petit sourire à peine visible, que lui est-il arrivé exactement ?
- Si tu veux vraiment le savoir, retournons à l'auberge."
Arrivé à l'auberge, Anju lui expliqua tout en détail :
"Cela fait à peu près deux semaines qu'il a disparu, enfin qu'il n'est pas revenu. Il était allé pêcher au bord du lac Hylia comme il en avait l'habitude. Le maire, son père, a envoyé des gardes pour le retrouver mais ils sont revenus sans lui. Alors je fais comme si tout allait bien devant mes clients mais il n'en est rien. Je commence à penser qu'il est mort. Voilà tu sais tout ce que tu voulais savoir. En tout cas, je n'en sais pas plus.
- Chère mademoiselle, répondit Link fier de pouvoir aider Anju, vous avez de la chance, je suis spécialiste dans les sauvetages impossibles. J'ai sauvé une jeune fille des mains de Ganondorf. Y a-t-il un temple ou un bâtiment de ce genre qui est apparu près du lac ?
- Tu sais, je ne sors jamais de Bourg-clocher, alors je n'en sais rien. Tu devrais aller voir le maire ou les gardes, ils pourront sûrement t'en dire plus là-dessus.
- Très bien. Je vais manger un morceau et je mènerai ma petite enquête après."
Link alla se mettre sur une table dans le restaurant. La cuisinière lui apporta le menu mais Link ne le lut même pas et demanda le plat du jour. Une assiette arriva devant lui. Il mangea si vite qu'il ne sut même pas ce qu'il y avait dans son assiette. En tout cas, c'était très bon. La cuisinière lui demanda cinq rubis pour le repas et Link donna cinq rubis de pourboire en plus. Il sortit de l'auberge pour débuter son enquête sur Kafei. Mais par où allait-il commencer... ?
Merci à Link-enfant pour l'orthographe et quelques petites modifications
Link décida de commencer par aller voir le maire puisqu'il était le père de Kafey. Mais où pouvait bien se trouver la mairie ? Il se dirigea vers elle après avoir demandé à Anju son emplacement. Ce n'était pas le plus beau bâtiment de la ville. A vrai dire, elle n'était pas belle du tout. Elle était grise et il était écrit "mairie" dessus. Elle était quand même plus grande que la bibliothèque, la poste, l'école et un bar spécialisé dans le lait, le "milk-bar", se trouvant sur la même place. La porte était ouverte, il entra. Il n'y avait que quelques salles. Il demanda à la secrétaire s'il pouvait voir le maire mais elle lui répondit :
- Désolé jeune homme mais le maire est occupé. Tu devrais prendre rendez-vous ou retenter ta chance vers 18 heures juste avant la fermeture.
- Mais je dois le voir impérativement maintenaient, répondit Link. Après, il sera peut-être trop tard...
- Je suis vraiment désolée, mais je ne peux pas te laisser entrer.
- Bon... très bien, je reviendrai juste avant la fermeture.
Link sortit de la mairie. Il devait s'en remettre aux gardes pour le moment. Il se dirigea donc vers la porte de sortie la plus proche. Il y avait deux gardes. Il demanda à l'un d'eux :
- Bonjour, le maire a demandé à des gardes d'aller retrouver son fils perdu au bord du lac, savez-vous qui sont-ils et où je pourrais les retrouver ?
Les gardes, surpris d'une telle demande, eurent un visage étonné et mirent du temps à répondre.
Lorsqu'ils comprirent bien tout, celui que Link avait interrogé prit la parole :
- Oui, tu les trouveras au palais des gardes qui se situe dans le quartier est de la ville, là où tu verras des gardes devant une porte. J'ai répondu à ta question, petit ?
- Oui monsieur, merci de votre aide. Vous ne savez rien sur la disparition du fils du maire ?
- Non, désolé. Tu fais une enquête ?
- Oui, sur la demande d'Anju, la gérante d'une auberge qui porte son nom. Vous la connaissez ?
- Bien sûr, elle est connue dans la ville. C'est la fiancée de Kafey. Enfin il n'a pas fait sa demande encore mais tout le monde sait qu'elle n'attend que ça. En plus il est censé travailler à l'auberge avec elle. C'est pour ça que le nom de l'auberge n'est pas complet, enfin bref. Sinon pour ton enquête, petit, tu devrais allez voir la mère de Kafey, elle traine toujours dans le milk-bar. Tu sais où il se trouve ?
- Oui, merci pour votre aide. Au revoir.
Link partit donc dans le bar. Il ne mit pas longtemps à y arriver et rentra directement. Il y avait un escalier qui descendait vers la salle où se trouvait le comptoir. Non loin du comptoir se trouvait une estrade qui devait recevoir des spectacles de temps en temps. Il n'y avait pas beaucoup de monde. Il se dit donc qu'il ne mettrait pas longtemps à trouver la mère de Kafey. Il descendit alors les escaliers et s'approcha de la première dame qu'il vit. Il lui chuchota :
- Etes-vous la femme du maire ?
- Oui petit, répondit-elle. Tu as besoin de quelque chose ?
Maintenant qu'il l'avait trouvée, il disposait de temps pour l'observer. C'était une dame forte et bien en chair. Elle avait un verre de lait à la main. Link commanda lui aussi un verre de lait, s'assit sur un tabouret libre à côté d'elle et prit la parole :
- Je cherche à retrouver votre fils. Pouvez-vous m'en dire plus sur sa disparition ?
- Mais tu n'es qu'un enfant, répondit la femme. Je ne suis pas suffisamment désespérée pour confier la vie de mon fils à un petit garçon.
- Anju a confiance en moi et j'ai déjà sauvé une fille prisonnière de deux monstres. Et puis qu'est-ce que vous risquez à me faire confiance ? Vous avez déjà tout essayé, je suis peut-être votre dernier espoir, un espoir envoyé par la déesse Din que prie Anju tous les jours. Vous n'avez pas vraiment le choix.
- Tu as raison, et puis qui ne tente rien n'a rien. Alors voilà, dis-moi ce que tu sais et je t'en dirai plus.
- Eh bien, je sais qu'il est parti pêcher comme il faisait souvent et qu'il n'est pas revenu. Je sais aussi que les gardes envoyés par votre mari, le maire, n'ont rien trouvé. On m'a aussi dit qu'il voulait faire sa demande en mariage à Anju.
- Je vois... je n'ai pas grand-chose à ajouter. Je pense que tu devrais aller voir par toi-même. Tu es plus petit et tu as une vision moins conventionnelle des évènements. Tu trouveras sûrement quelque chose. Sors par la porte sud, elle mène au lac Hylia.
- Je voulais voir votre mari aussi...
- Il n'en sait pas plus que moi. Fais vite, plus tôt arrivé au lac, plus d'indices tu trouveras avant la nuit.
- D'accord. J'y fonce.
- Merci de te dévouer pour une inconnue petit... quel est ton nom déjà ?
- Link.
- Merci petit Link. Bonne chance.
Link se dirigeait vers la porte quand il se souvint qu'il devait aller acheter un lance-pierre au magasin. Il mit quelques minutes pour retrouver la boutique. Il y entra, alla au comptoir, tendit 15 rubis. Le marchant se souvint très vite de lui et posa un lance-pierre avec une vingtaine de pierres. Link le remercia, le vendeur fit de même puis le jeune garçon sortit et marcha en direction de la porte sud. Il sortit. Un sentier se trouvait au sol et une pancarte indiquait "route du lac Hylia". Il suivit donc le chemin. Sa marche dura quelques heures et fut très tranquille. Le lac était vraiment grand. On n'en voyait pas la fin. Une maison avec une enseigne "Loue des équipements de pêche" se trouvait au bord du lac. Il y entra.
- Bonjour jeune homme, dit la vendeuse. Tu veux quelque chose ?
- Oui. Connaissez-vous Kafey de Bourg-Clocher ?
- Bien sûr, c'est un habitué. Les gardes sont déjà venus m'interroger sur lui. Il n'a pas ramené sa canne à pêche ni sa barque. Si tu les retrouves, apporte-les-moi, je t'en serais reconnaissante.
- Et je suppose que vous ne savez rien sur sa disparition.
- Tu as vu juste. Tu veux pêcher ?
- Je n'ai pas le temps mais merci quand même. Au revoir
Link partit sans attendre. Il marcha au bord du lac pour réfléchir et s'assit pour plus de concentration. Il était drôlement seul. Sur une petite île dans le lac se trouvait un arbre. Link vit un hibou se poser sur cet arbre et ce dernier le fixait étrangement. Il le fixa plusieurs minutes. Link commença à se demander ce que voulait le hibou. Non, les hiboux ne veulent rien, ce ne sont que des animaux. Mais l'oiseau fixait toujours Link et tournait sa tête dans tous les sens. Ça devenait de plus en plus évidant, il voulait quelque chose et Link allait savoir quoi. Il plongea et se dirigea vers l'île. Arrivé dessus, le hibou prit la parole.
- Bonjour Link. Je m'appelle Kaepora Gaebora et je suis ici pour t'aider. Kafey est entre de bonnes mains puisqu'il se trouve chez les Zoras. L'entrée de leur grotte se trouve derrière une cascade, la cascade Zora qui se trouve non loin d'ici. Elle coule sur le front du petit mont connu pour son petit lac naturel. Traverse la rivière d'Hyrule et vas vers le petit mont. Là où tu verras une chute d'eau se trouve la grotte des Zoras nommée village Zora de la cascade. Pas loin de l'arbre sur lequel je suis se trouve une grotte de fée dans un fossé. Fais ce qu'il te plaît des informations d'un hibou qui parle mais agis.
L'oiseau partit avant que Link eut le temps de dire un mot. On ne voyait pas la petite montagne de là où il se trouvait, mais il avait tous les éléments pour retrouver Kafey. Il fit un tour dans la petite île en espérant trouver le fossé où il y avait des fées mais ne trouva rien sauf une pierre sur laquelle il pouvait s'assoir sans aucune difficulté mais rien de semblable à un trou. Il se remit debout et là, la pierre tomba de plusieurs mètres. Il y avait une échelle pour remonter. Juste à l'opposé de celle-ci se trouvaient une ouverture et une route dans le sol rocheux que Link suivit. Au bout du chemin, Link ouvrit de grands yeux. Il y avait plusieurs centaines de fées ! L'une d'elles s'approcha.
- Mais tu es un Kokiri ?! Que fais-tu là ?
- C'est Kaporipa Gobonira qui m'a dit que vous étiez ici.
- Qui ? demanda la petite fée.
- Un hibou qui parle. Il sait beaucoup de choses, il m'a impressionné.
- Tu veux dire Kaepora Gaebora je suppose. Oui il sait pas mal de choses. Mais il y a autre chose. Pourquoi un Kokiri est en dehors de la forêt Kokiri ?
- L'arbre Mojo était d'accord que je parte. Je devais... bref. Il faut que je m'en aille. Je dois sauver quelqu'un.
Un peu plus loin, avant que Link eut le temps de partir, une voix douce se fit entendre de notre héros.
- Attends jeune garçon, viens me voir.
Link se retourna. Il vit une femme. Elle avait des ailes de fée mais était plus grande, beaucoup plus grande qu'une fée.
- Je suis la grande fée du lac Hylia, dit la femme. Approche-toi de moi.
Link s'exécuta.
- Oui, reprit la grande femme. Je vois que tu as en toi quelque chose de mystique. Je ne peux rien t'offrir de particulier. Navi, appela la grande fée. Va voir l'arbre Mojo. Il est temps de renouer le lien avec lui.
- Oui grande fée, j'y vais de ce pas.
La petite fée qui avait parlé à Link s'appelait donc Navi. Cette dernière prit son envol dans une fissure trop petite pour Link mais suffisamment grande pour que les petites fées puissent y entrer. La grande fée prit encore la parole :
- Si Kaepora Gaebora te fait confiance alors moi aussi. Va sauver ce jeune homme que tu dois sauver et repasse par ici, j'aurais sûrement un petit quelque chose pour toi. Bonne chance.
Dans une effusion lumineuse la grande fée disparut. Link fut envahi d'un sentiment de soin. Il n'était plus fatigué et n'avait plus mal nulle part. Il remonta, retourna sur le rivage du lac et passa par un pont assez grand pour traverser la rivière. Il marcha peu de temps et vit à quel point le petit mont était petit par rapport aux autres montagnes. La cascade ne se trouvait pas loin de lui. S'il y a bel et bien une entrée derrière elle, comment y accéder ?...
Merci à Link-enfant pour l'orthographe et quelques petites modifications.
Link se trouvait là, devant cette cascade. L'eau coulait vite, très vite. C'était la première fois qu'il observait un tel phénomène. Il avait déjà vu des petites cascades dans la forêt mais rien de comparable. Link reprit ses esprits et décida de faire le tour du Petit Mont pour trouver une autre entrée plus praticable. Le tour juste entamé, il trouva une pierre à potin qu'il décida de frapper.
- Au quatrième top il sera 19h 18, dit la pierre à potin.
- Il se fait tard et il faut compter le temps que je rentre à l'hôtel, se dit Link. Il vaut mieux que je rentre tout de suite. J'ai payé une nuit, il faut que je dorme.
Link quitta donc la pierre et le Petit Mont pour se diriger vers Bourg-Clocher. La suite n'était pas très exaltante. Il rentra à l'auberge, prit rapidement un petit dîner, se coucha et dormit dans un lit pour lequel le confort correspondait au prix payé. Le matin, il se leva, prit un petit déjeuner et retourna près de la cascade. Il fit le tour du Petit Mont, ce qui lui prit plusieurs heures de marche. Arrivé de l'autre côté sans avoir trouvé de chemin sauf une pente dangereuse et trop abrupte pour un enfant comme lui, il s'assit sur la rive. Il prit une pierre au sol et la jeta à l'eau. Il était désespéré. Il regarda le lac qui se trouvait sur sa gauche et remonta le ruisseau du regard. Il aperçut quelque chose qui se déplaçait vite sous l'eau. Ça ressemblait à un poisson mais beaucoup plus gros. Link cria pour arrêter le gros poisson mais rien n'y fit. Alors, il prit son lance-pierre dans son sac, ramassa un caillou à terre et le lança en direction du nageur. Touché ! Le poisson stoppa sa nage rapide, leva la tête pour voir qui était le lanceur et nagea vers le tireur.
- Eh ! cria l'amphibien. Pourquoi tu as fais ça, petit ?
- J'ai crié pour que vous vous arrêtiez mais ça ne marchait pas alors j'ai...
- Et tu voulais m'arrêter pour quoi ?
- Pour vous demander quelque-chose. Êtes-vous un Zora ? Je n'en ai jamais vu alors je demande.
- Oui, je suis un Zora. C'est juste ce que tu voulais me demander ?
Les Zoras sont des créatures mi-homme mi-poisson mais ce ne sont pas des sirènes. Ils ont des pieds en forme de palme, des nageoires sur les bras et une sorte de nageoire caudale mais sur la tête. Ce sont les seigneurs des eaux d'Hyrule. Link répondit :
- Non, bien sûr que non. Je me demandais comment aller dans votre village, je n'arrive pas à passer la cascade.
- Tu sais nager ?
- Oui, mais où voulez-vous en venir ?
- Eh bien, pour passer la cascade, tu dois aller dans l'eau, passer sous la cascade et monter à l'échelle qui se trouve dans la roche. Mais comme je suis là, tu peux monter sur mon dos et je te montrerai comment un Zora digne de ce nom monte au village.
Link fit un gros sourire et sauta dans l'eau. Il monta sur dos du Zora qui recula pour prendre de l'élan. Il nagea très vite en direction de la cascade et sauta dans cette dernière qu'il utilisa pour remonter puis la traversa. Il était à l'entrée du village.
Il y avait un court couloir avant de commencer à apercevoir des Zoras qui marchaient.
- Voilà, dit le Zora qui avait accompagné Link. Je m'appelle Mikau, je suis musicien au théâtre Zora dans une île au bord de la mer. Et toi, quel est ton nom ?
- Link, répondit machinalement le concerné. C'est grand ici. Oh, un Zora court vers nous !
- Salut Mikau, dit la jeune Zora en chuchotant presque. C'est qui lui ? demanda-t-elle, étonnée.
- Un ami, Link, je ne sais pas ce qu'il vient faire ici mais sois gentille avec lui, d'ac' ?
- Si c'est pour te faire plaisir... bon, tiens, c'est pour toi. Pars vite avant que papa et maman s'aperçoivent de ta venue.
Mikau prit une boite en métal que lui avait tendue la petite.
- Merci petite soeur, et dis bonjour à Lars de ma part.
Le Zora sauta dans la cascade et partit. Link regarda la jeune Zora.
- Je m'appelle Ruto, dit-elle. Bon... euh... Link... Tu viens faire quoi ici ?
- Un jeune homme est chez vous, non ? Vous le soignez, n'est-ce pas ?
- Comment tu sais ça ? Tu veux le voir ? Viens, suis-moi.
Le petit sauveteur suivit donc la jeune Ruto dans l'immensité du village. Tous les Zoras qui passaient à proximité d'eux regardaient d'abord Ruto puis Link, mais posaient un regard plus énigmatique sur celui-ci que sur Ruto. Ils arrivèrent devant des escaliers qu'ils descendirent. Kafey était assis sur ce qui devait faire office de lit. Il était plutôt grand et avait des cheveux bruns qui tendaient étrangement vers le violet. Link s'approcha de lui.
- Salut, je viens vous sauver.
- Mais ! répondit Kafey. Je ne suis pas en danger ici !
- Ça fait deux semaines que vous avez disparu, tout le monde vous a cherché en ville. Et Anju...
- Anju, comment va-t-elle ?
- Elle ira sans doute mieux quand vous serez à ses côtés. Pourquoi avoir attendu tout ce temps pour revenir ? Et pourquoi vous êtes-vous retrouvé ici ?
- Je crois qu'il est temps que je rentre, dit Kafey. Je t'expliquerai tout en chemin. Je vais d'abord aller remercier le roi et la reine de leur hospitalité.
- Suivez-moi, ajouta Ruto à cela.
Kafey remercia la Zora infirmière et s'engouffra derrière Ruto et Link dans les couloirs obscurs du village. Après peu de temps de marche, ils se retrouvèrent devant le roi et la reine Zora. Le souverain était plutôt rond et avait de petites jambes. Il était assis sur un trône à côté de celui de sa femme. Celle-ci était grande, mince et avait de beaux cheveux de couleur particulière. Elle inspirait une étrange confiance et paraissait d'une gentillesse inouïe. La reine prit la parole.
- Tu t'en vas, jeune homme ?
- Oui, répondit Kafey. Je vous remercie de votre hospitalité, vous et votre mari. Sans les Zoras, je serais mort à cette heure-ci. Je vous serai éternellement reconnaissant.
- Qui est ce petit homme qui t'accompagne ? demanda-t-elle.
- Link, dit-il. Je suis venu chercher Kafey.
- Tu n'as pas eu trop de mal à trouver notre entrée? demanda la reine.
- Un Zora nomm...
- Un Zora qu'il croisa au bord de la rivière lui a expliqué comment passer, dit Ruto en interrompant Link dans son explication. Je crois que c'est Dataro.
- Très bien. Je te remercie d'être venu me dire au revoir, Kafey. Tu seras toujours le bienvenu ici. Bonne chance pour ton mariage.
Ruto les accompagna jusqu'à une ouverture différente de celle de l'entrée.
- C'est une route plus longue que celle de la cascade, mais vous ne serez pas mouillés par ici.
- Dis-moi Ruto, demanda Link, pourquoi m'as-tu empêché de parler de ton frère à la reine ?
- Mikau et le roi sont très fâchés, répondit la petite. Il n'accepte pas que son fils devienne un musicien et qu'il refuse le trône.
- Mais... si Mikau est le fils du roi et de la reine, toi, tu es donc...
- La princesse, oui. Et je suis aussi la seule en qui mon frère a confiance.
- Désolé, s'excusa Link. J'ai failli tout gâcher avec ton frère.
- Ne sois pas désolé, tu ne pouvais pas savoir. C'est pour ça que je suis intervenue.
- Bon, on y va ? s'impatienta Kafey. J'ai une demande en mariage à faire, moi !
La route fut plutôt difficile. Il fallait descendre de pierre en pierre, ne pas se perdre dans les diverses grottes rencontrées. Ils arrivèrent en bas juste du bon côté pour prendre le pont sans se mouiller.
- Tu ne m'as encore rien raconté, demanda Link à Kafey. Alors, dis-moi tout.
- D'accord. J'étais en train de pêcher sur ma barque. D'ailleurs, je ferais mieux d'aller voir la gérante de la boutique de pêche. Donc... oui... et je suis tombé sur un poisson étrange qui explosa quand je le sortis de l'eau. Je me suis donc effondré dans ma barque. Je me suis relevé difficilement et là, j'ai vu plusieurs Araknons qui se ruaient sur moi. Ma barque s'est renversée et me voilà à l'eau. Puis, et c'est la dernière chose dont je me souviens, j'ai ouvert les yeux sous l'eau et plein de poissons squelettes m'attaquaient en me mordant de toutes leurs forces. Je me suis réveillé deux jours après chez les Zoras. J'ai mis du temps à cicatriser et à n'avoir plus mal nulle part, deux semaines. Voilà, tu sais tout. Tiens, voilà la boutique de pêche ! Je vais lui parler, attends-moi là, je n'en ai pas pour longtemps.
Link s'assit donc sur une souche d'arbre qui se trouvait près du lac. Peu de temps après, il vit la barque flotter et se rapprocher du bord du lac. Il s'avança pour regarder ce qui se trouvait à l'intérieur. Tout à coup, quelque chose le frappa à la tête et le fit tomber dans la barque. C'était un Bocoblin, monstre de Ganondorf mais plus intelligent qu'un Moblin, puisqu'il était capable d'attacher une corde autour d'un Araknon bleu, araignée à quatre pattes qui saute assez haut et arrive à marcher sur l'eau. Ce dernier tira la barque vers le fleuve. Il s'arrêta à un endroit où le courant emporterait la barque et fit un mouvement particulier qui eu comme effet de détacher la corde de son corps. Le petit bateau où Link se trouvait flottait vers la mer comme un morceau de bois qu'on aurait jeté à l'eau parce qu'il nous encombrait les mains et nous gênait dans notre progression...
Merci à Link-enfant et Linklequébécois pour l'orthographe et quelques petites modifications.
Plus loin que là où dérive la barque de Link, au château d'Hyrule, Zelda était en pleine conversation avec sa mère, la reine du royaume d'Hyrule. Tengaro, le ministre conseillé du roi et désormais conseillé de la reine, accompagnait cette discussion.
- Si demain ce Link n'est pas revenu, dit la reine, je donnerai l'ordre de recherche dans la forêt.
- Mais cela risque de ne pas plaire aux Kokiris ! répondit Zelda. Il faut encore attendre, je suis sûre qu'il va finir par revenir.
- Mais j'ai vraiment besoin de retrouver cet homme, reprit la reine. Je ne pourrai dormir tranquille tant que je ne me serai pas débarrassée de l'homme qui a tué ton père. Et je le fais aussi pour le royaume. C'était un roi aimé de tous et il aimait tous les habitants du royaume. De plus, son assassin risque de tuer d'autres gens, comme cette fille dont tu m'as parlé, qui vient d'être libérée d'une grotte où elle était retenue prisonnière.
- Si je puis me permettre Majesté, demanda Tengaro, il faudrait peut-être aussi interdire l'accès à la forêt Mojo pour plus de sécurité et attendre quelques jours pour le retour de Link. Ainsi, la princesse sera satisfaite et vous aussi.
- Oui, c'est une idée qui me plaît, Tengaro, répondit la reine. C'est donc décidé, des gardes iront de ce pas bloquer l'accès à la forêt. Cela te convient-il, Zelda ?
- Oui mère. Mais une petite chose : il faudrait autoriser l'accès aux Kokiris pour ne pas les bloquer. Et pour les protéger, il suffira de placer un garde dans leur village.
- Si cela peut te faire plaisir.
- Merci mère.
Au bord du lac, Kafey sortit de la boutique, mais ne trouva pas Link. Il se posa pour réfléchir et décida, au bout de quelques minutes, d'aller demander à la gérante de la boutique de remercier Link encore une fois de sa part et de lui dire qu'il était rentré. Plus tard, lorsqu'il passa la porte de l'auberge, il vit Anju qui faillit tomber dans les pommes mais la rattrapa juste avant sa chute. Il courut ensuite vers la mairie et serra ses parents très forts. Ils lui rappelèrent qu'il serait temps de se marier et il leur répondit que c'était dans ses projets.
Le soleil se coucha, le pont-levis de la citadelle se ferma et les gens rentrèrent chez eux pour se retrouver en famille autour d'une table bien garnie. Ils rirent tous ensemble sans se douter une seconde que sur le fleuve Zora, un enfant allait vers la mer et sans lui-même le savoir. Et au petit matin, un homme sortit de sa petite cabane de pêche. Il se posa sur son petit tabouret et lança l'hameçon de sa canne. Il vit au loin, sur la rivière, une barque vide. Il se dit qu'il allait encore être coincé avec une de ces barques que les gens oublient d'attacher quand ils se posent au bord du lac. Il alla alors chercher un bâton avec un crochet au bout et attendit que la barque passe à proximité de lui pour l'attraper. Il tomba à la renverse quand il vit un enfant inconscient allongé dans la barque. Il reprit ses esprits, prit l'enfant dans ses bras et le porta jusque dans sa couche. Link ouvrit les yeux peu de temps après.
- Où suis-je ? dit-il.
- Tu n'as rien à craindre ici, lui répondit le pêcheur. Tu es dans ma cabane, sur les bords du fleuve Hylia. Comment t'appelles-tu ?
- Link.
- Que faisais-tu dans cette barque ?
- J'ai été attaqué par des monstres sur le lac... J'ai donc dû dériver et descendre le fleuve.
- Je vois... Je vais te ramener en ville et de là, tu pourras sûrement trouver une âme charitable qui te ramènera en calèche au lac.
Ils partirent donc en direction de la ville qui n'était en fait qu'un village. Le pêcheur et Link parlèrent de tout et de rien sur la route, notamment du village. Celui-ci s'appelait Papousia. Il s'agissait d'un village de pêcheurs en mer. L'accompagnateur de Link lui expliqua que lui, il avait le mal de mer et que donc il se contentait de pêcher sur les bords du fleuve. Il passait d'ailleurs la majeure partie de la semaine dans sa petite cabane. Une petite heure de marche leur suffit pour arriver à l'entrée du village.
- Va voir Ringo à la taverne et dis-lui que c'est moi qui t'envoie, dit le pêcheur. Raconte-lui ensuite ton histoire et il verra ce qu'il peut faire pour toi.
- Je veux bien, répondit Link, mais qui êtes-vous ?
- Dis-lui que numéro trois t'envoie et il comprendra.
- D'accord, merci monsieur.
- Aller, au revoir et bonne chance.
Link se mit donc à tourner dans la ville pour trouver la taverne. C'était un village large mais avec peu de maisons. Celles-ci se trouvaient pour la plupart au bord de la mer et étaient éloignées les unes des autres. Le seul bâtiment un peu grand était la mairie qui se trouvait au centre. Il y avait aussi un temple beaucoup plus petit que celui de Bourg-Clocher. Une autre infrastructure plutôt grande était le port. Il n'y avait que quelques bateaux amarrés plutôt petits. Les maisons n'étaient pas bien hautes et Link repéra donc rapidement la "Taverne de Ringo". Il entra donc.
- Eh ! cria un homme de derrière le comptoir. Cet endroit n'est pas pour les enfants, sors d'ici !
- C'est numéro trois qui m'envoie ! répondit fort Link.
- Bon dans ce cas, avance et prends-toi un tabouret.
Link fit cela. L'homme se mit en face de lui, le comptoir les séparant.
- C'est moi Ringo. Alors petit, dis-moi ce qui t'arrive.
Link ne lui raconta que la partie concernant la barque qui avait dérivé.
- Je ne peux pas faire grand-chose pour toi, malheureusement. Mais je connais une dame qui serait ravie de te raccompagner au lac en calèche. C'est une fermière qui s'appelle Crémia. Elle passe tous les matins vers dix heures pour nous apporter du lait, de la viande, et des légumes. Elle apporte ça à l'épicerie en bas de la rue. Attends là-bas, elle finira bien par se pointer.
- Merci monsieur.
Sur ce, Link quitta la taverne. En bas de la rue se trouvait bel et bien l'épicerie. Il attendit quelques temps devant puis décida d'entrer. Il s'approcha du comptoir et demanda quand Crémia allait passer apporter le lait. L'épicière lui répondit qu'elle arrivait en général quelques minutes après que l'horloge du temple de Farore ait sonné dix heures. C'est alors que l'horloge sonna et Crémia arriva au temps prévu. Elle déposa tout dans la boutique.
- Excusez-moi, demanda Link. C'est bien vous Crémia ?
- Oui, répondit-elle. Que me veux-tu jeune homme ?
- Pourriez-vous, grâce à votre calèche, m'emmener au lac Hylia, s'il vous plaît ?
- Mais... c'est très loin d'ici... hésita Crémia.
- C'est pour cela que je n'ai pas envie d'y aller pied. Ce n'est pas que je suis flemmard mais je suis vraiment loin de chez moi... En plus, je suis pressé.
- Bon d'accord, mais laisse-moi passer à la ferme avant, mon mari va s'inquiéter sinon.
- Merci beaucoup, madame.
- On part tout de suite.
Crémia reçut des rubis de la part de l'épicière et sortit du magasin, Link à sa suite. Ils montèrent dans la calèche qui se trouvait à proximité et partirent donc. Sur la route, Link lui demanda comment s'appelait sa ferme.
- C'est la ferme Romani, lui répondit-elle.
- Romani ?! s'étonna Link. Comme la grande fille du ranch Lon Lon !
- Tu connais ma petite soeur ?
- Si Romani est votre soeur, Malon aussi, et Talon est votre père.
- Alors tu connais toute ma famille, dit-elle en souriant. Quel drôle de coïncidence.
- Mais dites-moi, pourquoi avez-vous appelé votre ferme comme votre soeur ?
- En réalité, je l'ai appelée comme ma mère, qui s'appelait Romani. Quand ma soeur est née, mes parents pensaient ne pas avoir d'autres enfants et ils l'ont donc appelée comme ma mère. Mais il y eut une autre fille née sept ans plus tard. C'est d'ailleurs en mettant Malon au monde que notre mère mourut.
Créma s'arrêta de parler un instant. Son visage changea d'expression et devint plus triste. Quelques secondes plus tard, il redevint normal.
- Bref. La ferme où je vis était celle de ma mère quand elle était jeune. Quand je me suis mariée, je l'ai récupérée. Ça faisait longtemps qu'elle n'était plus habitée et nous avons dû tout refaire. Mais ça en valait le coup. Regarde, on commence à apercevoir la ferme !
La bâtisse en question était plus grande que la ferme Lon Lon. Quand ils arrivèrent à l'intérieur, Link vit plus d'animaux. Il y avait, en plus des vaches et des chevaux, des chèvres, des cochons et des poules. Chaque espèce avait son propre enclos. Il y avait aussi un grand jardin et des chiens qui y couraient en liberté. On pouvait aussi apercevoir un grand potager. Tout était très bien rangé, même les bâtiments étaient alignés.
- Nous produisons toutes sortes de choses ici, dit-elle en voyant que Link observait la ferme avec le plus grand intérêt.
Ils s'arrêtèrent devant la maison qui se trouvait à l'entrée de la ferme. Crémia descendit, caressa les chevaux et aida Link à descendre.
- Tu peux aller visiter un peu. Je reviens dans quelques minutes.
Link fit donc le tour de la ferme. Enfin, il essaya : elle était si grande ! Il eut le temps de passer dire bonjour aux chevaux dans leur enclos, de regarder les chèvres avec étonnement (puisqu'il n'en avait encore jamais vues) et de voir dans un coin de la ferme une chienne qui venait de mettre bas. Elle se trouvait dans une petite grange près de tous les autres chiens Les chiots étaient vraiment mignons. Link s'avança pour en caresser un mais la mère lui lança un regard noir et il n'osa pas avancer plus. Il repartit donc vers la maison en passant par l'enclos des chevaux où il s'arrêta encore un peu pour les regarder galoper. Mais, dans un petit coin, il vit un poulain caché derrière les pattes d'une jument qui devait être sa mère. Celle-ci avait l'air faible et très fatiguée, mais elle continuait de protéger son petit. Elle fit quelques pas et s'étala à terre. Aussitôt, Link se mit à courir en direction de la maison avant même de voir si la jument se relevait, et il cria :
- Madame Crémia, madame Crémia !
Crémia sortit alors de chez elle.
- La jument... ! cria Link. Elle est tombée et ne se relève plus !
- Ingo ! cria à son tour Crémia. Apporte le fusil, la jument est tombée. Il faut abréger ses souffrances.
- Mais pourquoi voulez-vous la tuer ? demanda Link
- Elle très malade depuis son accouchement. Elle souffrait déjà beaucoup mais tant qu'elle pouvait guérir, on l'a laissée vivre en lui prodiguant les soins que nous pouvions. Mais là, elle souffrira énormément avant de mourir si nous ne la tuons pas. Elle ne peut plus être guérie.
Un homme de taille moyenne sortit en courant, un fusil à la main, et se rua vers l'enclos des chevaux.
- Je dois aller avec lui pour faire sortir les autres chevaux. Il ne faut pas les effrayer. Va dans la maison, Link.
Ému, l'enfant la regarda, puis entra dans la maison. Au bout de quelques minutes où la jument avait dû souffrir le martyre, il entendit un coup de feu et des cris de divers animaux. Crémia, les larmes aux yeux, entra dans la maison avec le poulain dans ses bras.
- Je vais devoir m'occuper de sa petite, dit Crémia.
- Petite ?! demanda Link. C'est une femelle...
- Je suis vraiment triste que tu aies dû voir ça. Mais si tu n'étais pas venu aujourd'hui, elle aurait sans doute souffert encore longtemps avant que nous l'ayons remarqué. Mais un malheur accompagne souvent un bonheur puisqu'une des chiennes a eu des petits. Bon, je vais enterrer Matrina et nous partirons ensuite. Si tu veux venir tu peux. Sinon, reste ici et fais comme chez toi.
Merci à Dark-loup et Linklequébécois pour l'orthographe et quelques petites modifications.
Link était assis à la table de cuisine de la ferme. La petite jument était couchée sur une espèce de tapis de paille posé dans la maison. Elle regardait Link avec étonnement et effroi. Elle était si petite...
- Tu en auras vécu de drôles de choses, dit Link à la jument. Si jeune et déjà traumatisée... Tu sais, moi, je n'ai pas connu mes parents. L'arbre Mojo m'a dit de ne pas m'en faire et de vivre comme si j'étais un Kokiri, comme les autres. Mais je sais bien qu'un jour je grandirai et tout le monde saura qui je suis... L'arbre Mojo m'a aussi dit de me réjouir, car comme les fées nous on quittés, plus aucun Kokiri n'en a et ainsi, je peux encore plus passer inaperçu. Sauf qu'il m'est impossible de me réjouir d'un malheur. Saria me l'a dit encore l'autre jour : "Si les fées ne nous avez pas quittés, elles auraient su quoi faire contre ce méchant homme". Comme tu le vois, rien n'est simple pour moi. De plus, j'ai appris qu'elles nous avaient quittés à cause de moi. Alors imagine comment j'ai réagi. Je suis retourné voir l'arbre Mojo pour lui demander des réponses à ce sujet. Mais il ne m'a jamais expliqué. Je dois vraiment être fatigué pour parler à un cheval qui, en plus, doit se ficher de mes histoires.
La jument regarda Link avec compassion et, comme si elle avait voulu le réconforter, elle s'approcha de lui et se laissa caresser.
- Ta mère ne doit plus souffrir, maintenant, dit Link à la jument. Ne t'en fais pas, madame Crémia s'occupera très bien de toi, j'en suis sûr.
Il continua à la caresser quand la porte s'ouvrit. C'était Ingo, le mari de Crémia.
- C'est moi qui vais te mener au lac. On y arrivera dans la soirée. Je n'aime pas que Crémia fasse des voyages de nuit.
Link le fixa. Ingo passa prendre quelques pommes qu'il mit dans un sac. Il sortit alors et fit signe à Link de le suivre. Le Kokiri fit une dernière caresse à la jument, sous les yeux étonnés du propriétaire, et sortit. Ils montèrent sans un mot dans la calèche et partirent aussitôt. Link se retourna pour regarder la ferme. Il vit Crémia qui était en train de faire du jardinage. Il cria "MERCI MADAME CREMIA !" mais elle ne se retourna pas. Ingo prit alors la parole.
- Elle est un peu triste. Cet événement fait remonter en elle de vieux souvenirs, mais je suis sûr qu'elle t'a entendu.
Link prit enfin le temps de l'observer. C'était un homme de taille moyenne avec une moustache. Il était brun et, il fallait le dire, avait l'air bête et méchant. Mais si une femme gentille comme madame Crémia l'avait épousé, c'est que ça devait être un homme bon.
- Pourquoi avoir accepté de m'emmener aussi loin ? demanda alors le jeune garçon.
- Parce que Crémia t'a dit qu'elle le ferait et que j'ai des choses à faire à Bourg-Clocher, répondit Ingo. Si tu veux une pomme, prends-en une, c'est fait pour ça.
Link n'hésita pas. Il plongea la main dans le sac à côté du chauffeur et croqua le fruit à pleine dents. Il en prit une autre qu'il glissa dans sa sacoche. Le reste du parcours fut tranquille. Il dura quelques heures durant lesquelles Link réfléchit à sa vie. Ils passèrent quatre ponts dont deux plutôt grands qui passaient au-dessus du fleuve Zora. Une fois au lac, Link aperçut beaucoup de Bokoblins et d'Araknons bleus.
- Je descends ici, dit Link. Merci pour m'avoir accompagné.
- Comme tu veux, répondit Ingo. Bonne chance.
Le fermier partit vite en direction de Bourg-Clocher, tandis que Link sortit son épée et marcha sans bruit vers la cabane de la pêche. Un Araknon le vit et fonça sur lui en sautant. Le garçon sortit alors son bouclier pour se protéger et cela fut efficace. L'Araknon assommé, il put le découper avec son épée, il explosa. Cinq Bokoblins chargèrent alors dans sa direction. Link regarda de tous les côtés lorsqu'il aperçut l'île avec l'arbre, là où le hibou lui avait parlé la dernière fois. Sans la moindre hésitation, il plongea et nagea vers l'ile. Il activa la pierre et descendit voir les fées. Il reprit son souffle un instant. La grande fée apparut alors.
- Te revoilà enfin, dit-elle. Je me suis inquiétée.
- Je suis venu dès que j'ai pu, s'excusa le jeune homme. Je reviens d'un village au bord de la mer.
- Peu m'importe. Tu es revenu, c'est l'essentiel.
Link regarda toute les fées.
- Il en manque ! s'exclama-t-il.
- Du calme, répliqua la fée. L'Arbre Mojo t'attend. Mais avant cela, laisse moi t'offrir un petit quelque chose. Navi, accompagne ce jeune garçon dans sa quête.
La petite fée vola en direction de Link.
- Super, répliqua la grande fée. Partez, maintenant, et bonne chance.
Elle disparut de la même manière que la dernière fois et Link ressentit encore une fois cette sensation de soin et d'énergie.
- Allez, viens Navi, dit Link.
Ils sortirent donc et retournèrent sur le rivage à la nage. Le jeune garçon jeta un œil vers les monstres et courut en direction de la cabane de pêche. En entrant, il s'accouda au mur, essoufflé. Navi aperçut la vendeuse et alla très vite se cacher dans la tunique de Link. Il allait lui demander pourquoi quand...
- Link ! cria la vendeuse. Je dois te remercier de la part de Kafey.
- Il est rentré ? demanda faussement Link. Tant mieux. Je vais justement devoir passer la nuit à l'auberge, encore. Mais il y a des monstres alors faites attention quand vous sortirez. Je repars. Merci.
Il s'exécuta, Navi toujours dans sa tunique verte. Dehors, Link sortit vite son lance-pierre.
- Et c'est parti, dit-il tout haut.
Navi sortit donc. Il courut vers le village mais savait qu'il ne tiendrait pas une heure à ce rythme. Les cinq monstres se ruèrent vers lui comme des pigeons vers des miettes de pain. Il se retourna et tira avec son lance-pierre pour les retarder. Mais il n'était pas un tireur d'élite et les manquait. Sur trois tirs, un toucha le ventre. Il prit une inspiration et tira la dernière pierre de son sac. Touché ! Un Bokoblin tomba. Malheureusement, les quatre autres arrivaient vite. Sans attendre, il rangea son lance-pierre et dégaina épée et bouclier.
- Fonce vers eux, épée en avant ! cria la fée.
Il le fit. Pris de vitesse, le premier monstre reçut l'épée dans le ventre. Plus que trois ! Non, toujours quatre : celui à terre s'était relevé. "Bouclier vers le haut !" entendit-il de la bouche de Navi. Il monta donc son bouclier qui para un coup et en profita pour empaler le monstre. Un de moins, pour de vrai cette fois ! Navi continua à le guider tout le long du combat. Il réussit donc à vaincre les trois derniers monstres sans trop de difficulté. Il récupéra les cinq rubis à terre et s'assit à la place de ces derniers.
- Je suis épuisé, dit-il.
- C'est normal, répondit Navi. Mais tu dois retourner à Bourg-Clocher pour passer la nuit !
- Merci Navi, rajouta Link en se levant. Sans tes indications, je ne sais pas si j'aurais réussi.
- Je suis là pour ça. Allons-y.
Tout en marchant, Link entama une discussion.
- Que se passe-t-il avec l'arbre Mojo ? demanda-t-il.
- Que veux-tu dire ? rajouta la fée.
- Je reprends depuis le début. Pourquoi es-tu allée lui parler ? Pourquoi manquait-il des fées ? Pourquoi la grande fée a voulu que tu m'accompagnes ? Comment sais-tu te battre ? Voilà.
- Tu verras tout ça avec l'arbre Mojo.
- Quoi ?! J'étais bien mieux sans toi ! Tu te caches quand un autre que moi peut te voir, tu me donnes des ordres, et par-dessus tout, tu refuses de répondre à mes question. Alors...
- Écoute petit, s'énerva Navi. Quand la grande fée m'a demandé de suivre un jeune garçon sans expérience qui partait à l'aventure, pour risquer la mort à chaque moment de la journée, pour être toujours à l'affût et le protéger des dangers, je me suis retenu de crier. Mais c'est un ordre et je me dois d'obéir. Alors si tu commences à contester mes directives, ça va mal se passer. Tu l'as toi-même dit tout à l'heure : "Merci Navi. Sans tes indications, je ne sais pas si j'aurais réussi." Alors ne dis pas que tu serais mieux sans moi, sauf si la mort te plais plus. Et avant que tu ne répondes quoi que ce soit, je suis bien plus vieille que toi et donc plus sage. Si tu ne m'écoutes jamais, adieu le héros des déesses.
- Héros des déesses ? demanda Link en arrêtant de marcher.
- Continue ta route. On verra tout ça plus tard.
Et elle se glissa dans sa tunique.
- Pourquoi fais-tu ça ? continua Link.
- Pour te protéger ! répliqua-t-elle depuis la tunique. Maintenant ne pose plus de question et marche vers la ville.
- Désolé de t'avoir offensée, s'excusa Link. Je suis un peu fatigué.
Navi ne répondit rien mais elle pensa : "C'est un bon garçon, toutefois je sens que la route va être longue, très longue..."
Merci à Linklequébécois pour l'orthographe et quelques petites modifications.
Pendant ce temps, devant les portes du palais, un homme demandait un rendez-vous avec la reine.
- Vous dites que vous êtes qui, déjà ? demanda un garde.
- Agahnim, ami de feu le roi, répondit l'homme, lassé de devoir encore le répéter.
- Je ne vous connais pas et aucun ordre de passage nous a été donné.
- Et comment faut-il faire pour avoir un rendez-vous avec la reine dans cette ville ?
- Il faut demander au ministre, Tengaro.
- Alors je demande une audience avec le ministre.
- Ce n'est pas possible, vous n'êtes pas autorisé.
- Laissez-moi entrer ! insista-t-il.
- Très bien… suivez-moi, alors.
Ils passèrent la porte et suivirent le chemin menant au palais. Arrivé devant la grande porte, le garde toqua. Roger, le portier, ouvrit la porte. Le garde prit alors la parole.
- C'est pour une audience avec le ministre.
- Très bien, répondit Roger. Suivez-moi, monsieur.
- J'en ai un peu marre de devoir toujours suivre tout le monde… marmonna Agahnim.
Roger avait entendu mais ne dit rien. Ils ne montèrent pas d'escalier, mais passèrent par une porte qui menait dans un étroit couloir. Il n'y avait pour lumière que les torches sur les murs. Ils ne croisèrent personne avant d'arriver devant une porte protégée par un garde. Le garde ne fit rien et laissa entrer le visiteur.
Le ministre était assis à son bureau, occupé à lire de la paperasse, une plume en main. Il ne remarqua pas que quelqu'un venait d'entrer.
- Bonjour monsieur le ministre, dit à haute voix Agahnim pour qu'on l'entende.
- Ah... euh... bonjour, répondit le ministre. À qui ai-je l'honneur ?
- Agahnim, un ami de feu Daphnès Nohansen Hyrule, notre bien aimé roi.
- Je suis son ministre depuis plus de quarante ans et je n'ai jamais entendu parler de vous, douta-t-il en posant sa plume. Et je peux vous dire qu'il me confiait beaucoup de choses ! ajouta-t-il en se levant.
Agahnim put enfin voir Tengaro. C'était un homme plutôt vieux, petit, un dessus de crâne chauve et des cheveux sur l'arrière de la tête. Il possédait de grosses lunettes qui le rendaient un peu ridicule et son énorme moustache n'arrangeait rien.
- Maintenant, j'aimerais savoir qui vous êtes réellement !
- Je vous l'ai dit, Agahnim. Mais, vous savez, je m'en moque que vous refusez de m'accorder une audience avec la reine.
- Il s'agit donc de cela ? Vous ne m'aviez rien dit. Mais c'est vrai, je n'accorde jamais d'entretien à de parfait inconnu très… louche.
- Vous l'aurez voulu.
Agahnim lança alors un rayon du bout de ses doigts et...
- La reine sera ravie de vous recevoir, dit le ministre en souriant.
- Je savais que vous changeriez d'avis après avoir entendu mes arguments.
Link venait de marcher une heure quand il aperçut Bourg-Clocher. Il ne voulut alors qu'une seule chose : dormir et partir tôt dans la matinée pour la forêt. Il entra enfin dans la ville. Il ne perdit pas de temps et alla à l'auberge. Il y avait d'écrit : "Auberge d'Anju et Kafei" au-dessus de la porte. Il sourit en voyant qu'ils avaient déjà complété l'inscription et entra. Anju, au comptoir, hurla dès qu'elle le vit : "Kafei, c'est Link !" Elle sortit très vite de derrière le comptoir et le prit dans ces bras.
- Je ne te remercierai jamais assez d'avoir sauvé mon Kafei ! Tu es ici chez toi et peux rester aussi longtemps que tu voudras, c'est gratuit.
- Merci beaucoup, mais c'est avec plaisir que je l'ai sauvé. Je vais juste rester une nuit. Cela fait trop longtemps que je suis loin de chez moi.
- Link, tu es enfin là, dit Kafei. J'aimerais que tu m'expliques pourquoi tu as mis autant de temps à venir, une journée ! Tu étais où ? Je me suis inquiété !
- Je me suis fait attaquer par des monstres pendant que je t'attendais. Et je me suis retrouvé à dériver dans une barque. Je suis arrivé à coté du village Papousia !
- Alors je comprends pourquoi tu es là aussi tard. Je suis rassuré. Tu dois être fatigué. Suis-moi, je te montre ta chambre.
- Je connais le chemin, merci.
- Ah, non ! coupa Anju. Il est hors de question que tu dormes dans une telle chambre. Tu es un invité de marque.
Kafei emmena Link dans une chambre du deuxième étage, une grande chambre. Tout avait l'air beaucoup mieux. Le lit était plus grand, plus beau, plus confortable. Il y avait une armoire et une belle fenêtre qui débouchait sur la ville ainsi qu'un petit balcon qui donnait sur le même endroit. La chambre disposait même d'une salle de bain privée.
- Tu es ici chez toi. Mais quand je dis chez toi, c'est vraiment chez toi. Cette chambre t'est totalement réservée.
- Merci mais je n'ai pas besoin d'une chambre, j'ai ma cabane, dans la forêt.
- D'accord, mais si tu as besoin d'un pied-à-terre en ville, il y a cette chambre. Tu peux te laver, te reposer, et même ranger tes choses. Tiens, la clef. Un repas chaud t'attend.
- Très bien, je me prépare et j'arrive.
Link posa son épée et son bouclier près du lit et s'assit dessus. Navi sortit alors.
- Ces gens ont l'air bien gentils, Link, dit-elle. Tu peux leur faire confiance, crois-moi.
- Je n'ai pas besoin que tu me dises à qui faire confiance, s'énerva Link. Je suis suffisamment grand pour en décider tout seul ! Ils manquent d'argent et ils me laissent leur meilleure chambre gratuitement. De plus, je vais même manger sans payer. Alors, oui, je crois que je peux avoir confiance en eux !
- Tu sais Link, tu peux toujours faire de la publicité pour leur auberge. Ainsi, ils auront plus de clients et tu les auras payés, en quelque sorte.
- C'est une bonne idée, mais je manque de temps. Ma priorité est de retourner dans la forêt. Bon, rentre dans ma tunique, on va aller manger.
- Bonne idée, mais moi, je ne mange pas.
Link descendit donc dans la cuisine. Il mangea très bien et remonta dans sa chambre. Il se lava rapidement avant d'aller se coucher. Navi décida de faire un petit tour de nuit de la ville. Link lui ouvrit donc la fenêtre. Elle vola à travers les rues, faisant attention à ce que personne ne la voie. Mais elle n'avait pas vraiment l'air de tourner en rond ou de visiter. Elle alla du coté du parc nord et sortit de la ville. Un peu plus loin, elle vit un hibou sur un arbre. C'était un oiseau au plumage marron, le même que celui qui avait indiqué à Link la fontaine des fées du lac.
- Bonjour Navi, dit-il à la fée. Tout se passe bien avec l'élu ?
- Bonjour Kaepora Gaebora. Oui très bien, mais je commence à douter de lui. Je le trouve plutôt faible et assez solitaire. Est-il vraiment un élu des déesses ?
- Il est encore jeune et puis, qui sommes-nous pour juger le choix des déesses ?
- Oui c'est vrai mais, après tout, pour dire cela, nous ne nous basons que sur une intuition de l'Arbre Mojo. Il s'est déjà trompé une fois.
- Cet homme n'a peut-être pas sauvé Hyrule, mais je suis sur que son fils le pourra !
- S'il le fait, ce ne sera pas maintenant. Il va devoir grandir. Mais je ne me sens pas rester tout ce temps avec lui.
- Rejoins le village Kokiri, on verra après.
Navi dit au revoir au hibou et retourna dans la chambre de Link. Elle se blottit dans la tunique qui était posée sur le dossier d'une chaise. La nuit se passa tranquillement. Au réveil, Link se rhabilla et se rééquipa. Il descendit, dit au revoir aux aubergistes et sortit de la cité par la porte est. Navi savait par où était la forêt mojo. Link lui fit confiance. Mais la route fut très longue et ils rencontrèrent plusieurs monstres. Link n'eut pas de mal à les vaincre en écoutant la petite fée. Quand ils aperçurent les premiers arbres, ils s'étaient arrêtés pour manger la pomme il y avait déjà longtemps de cela. Le soleil n'avait pas encore disparu, mais s'approchait lentement de l'horizon. Le jeune garçon était exténué. Tout à coup, arrivé devant le chemin qu'il empruntait habituellement, un garde l'empêcha de passer.
- Ordre de sa majesté la reine, personne ne passe ! dit le garde d'un ton monocorde.
- Mais je suis Link, la princesse ne vous a pas parlé de moi ?
- Je ne reçois pas d'ordre de la princesse.
- Mais je dois vraiment passer ! C'est une question de vie ou de mort !
- Pour passer, il faudra me passer sur le corps.
Link s'éloigna alors du chemin. Il s'assit sur un tronc d'arbre, hors de vue du garde.
- Je ne comprends rien. Je suis persuadé que la princesse a fait en sorte que je puisse passer.
- Je suis vraiment désolée, Link. Il faut pourtant qu'on entre.
- Tu veux qu'on frappe le garde ?
- Non, bien sur que non. Mais nous ne sommes pas obligés de passer par la route.
- La forêt est trop dangereuse hors des sentiers battus.
- Il est toujours possible de passer par les bois perdus.
- Les bois perdus ?! Mais tu es folle ?! Je vais me perdre et finir en pantin des bois !
- Ne te fais pas de soucis, je vais te guider.
- Tu vas devoir m'expliquer comment tu sais aussi bien t'orienter.
- Je suis une très vieille fée.
Link sourit et se leva. Il s'apprêta à partir quand tout à coup :
- Link ! entendit-il au loin.
C'était Satina, avec Medor et son père.
- Satina ! cria-t-il alors. Que fais-tu ici ?
- C'est la princesse, elle est venue nous trouver, dit-elle une fois arrivée à sa hauteur. Nous sommes venus avec la charrette dès qu'elle nous l'a demandé.
- Comment a-t-elle su que...
- Elle dit que c'est une amie à elle qui t'a suivi, en ville.
- Zelda est passée vous voir en personne ? Cela doit vraiment être important.
- Oh oui, ça l'est. La reine a reçu la visite d'un ami du roi, Agahnim qu'il s'appelle. Il est devenu le nouveau conseiller. Il est arrivé hier soir, et il a totalement fait changer d'avis la reine. Elle a condamné la forêt. Plus personne ne peut ni y entrer ni en sortir. Il y a aussi des gardes dans le village Kokiri pour faire la loi. Mais cela ne fait qu'une journée que tout cela est vraiment en place. Alors fais attention à toi, Link, lui dit-elle en lui faisant un bisou sur la joue.
- Merci à vous. Nous allons passer par les bois perdus.
- Nous ? s'étonna la jeune fille.
- Oui, pourquoi ? Vous ne venez pas ?
- La citadelle va fermer pour la nuit. Nous devons rentrer. "Un air de tristesse et de malheurs attend Hyrule." Ce sont les derniers mots de la princesse. Bon courage, Link.
Satina paraissait triste et anxieuse. Link ne comprenait pas. Un nouveau ministre ne devait pas être si terrible. Il avait juste fait quelques mauvais choix, selon lui. Mais il ne fit aucune réflexion là-dessus. Il se contenta de les saluer et de les regarder s'éloigner de lui. Il prit alors la direction des bois perdus, se disant qu'il avait des raisons d'appréhender les situations à venir.
Link et Navi arrivèrent dans les bois perdus. C'était une forêt très dense et recouverte d'immenses arbres. Aucun chemin ne le traversait. C'est pour cela qu'il était facile de s'y perdre.
- Tu sais vers où est le village ? s'étonna Link en voyant Navi ne pas hésiter sur la direction à suivre.
- Les fées ont un excellent sens de l'orientation, répondit-elle. Suis-moi, c'est par là.
Link, voyant qu'elle ne montrait aucune direction, se mit à rire.
- Pourquoi ris-tu ? s'énerva la fée. Nous n'avons pas le temps de nous amuser. Tu as le sort d'Hyrule entre tes mains.
- Désolé Navi. Mais je me suis imaginé des petites mains montrant une direction.
Pour Link, les petites fées ressemblaient plus à de petites boules lumineuses avec des ailes qu'à des êtres ayant forme humaine.
- Tu agis vraiment comme un gamin. Tu m'exaspères. Continuons notre route.
- Si on peut appeler ça une route, se moqua-t-il.
- Tu veux que je te laisse de débrouiller seul ? menaça Navi. Je ne fais pas ça par plaisir, moi. J'aurais bien aimé rester tranquillement avec mes amies. Alors maintenant tu te calmes et on continue.
- Désolé, s'excusa le jeune homme. Je ne le ferai plus.
Tout à coup, un bruit de branche qui se casse fit sursauter Link.
- Qui est là ? dit-il en dégainant son épée. Je vous préviens je suis armé... Aïe ! cria-t-il après avoir reçu un projectile dans le ventre.
- Ne me faites pas de mal, dit une fine voix sortie des buissons. Je ne suis qu'un petit Mojo sans défense.
Link avait eu du mal à le voir de par sa taille. Il avait un petit corps sur lequel tenait une tête plus grosse avec une bouche à la même échelle que la tête. Il avait aussi des feuilles vertes en guise de cheveux.
- Sans défense, mais qui sait bien viser, constata Link. J'aurais pu te tuer !
- Je suis désolé mais vous m'avez fait peur. Tirer est un peu un réflexe pour nous.
- Que fais-tu aussi loin de la forêt Mojo ? demanda Navi.
- Je me suis perdu. J'étais parti chercher quelques noix rouges pour augmenter ma puissance de tir. A cause des grands monstres, les miens sont menacés.
- Tu ressembles énormément aux pestes Mojo, que j'ai déjà affronté une fois.
- Nous n'avons pourtant rien à voir avec elles. Ce sont des lâches qui ont rejoint Ganondorf de peur de se voir éradiquer. Elles n'ont rien de gentil. Elles tirent sur tous ceux qui s'approchent d'elles. Elles ne vivent même pas en société. Elles sont totalement sauvages. Nous ne voulons avoir aucun lien avec elles. Et vous, que faites-vous loin de la forêt Kokiri ?
- Nous rentrons tout simplement chez nous, voilà tout, dit Link pour ne pas perdre de temps. J'ai été ravi de te rencontrer. Bon courage.
- Attendez ! cria le Mojo, alors qu'ils étaient toujours proches. Je pensais que vous accepteriez de nous venir en aide.
- Nous les Kokiris ne voulons rien avoir en commun avec les Mojos, dit Link.
- Qu'en dirait l'arbre Mojo ? lança le petit, sûr de lui.
- Très bien, allons-y mais, vite. Nous n'avons pas beaucoup de temps.
Le Mojo, accompagné de ses deux nouveaux amis, se rendit donc chez lui. Il avait l'air de connaître la route par coeur. C'était à l'opposé de là où voulait aller Navi. Après dix bonnes minutes de marche, ils arrivèrent dans une grande clairière où siégeait un château gardé par des Mojos.
- Voici le palais Mojo, dit le petit Mojo. Le sol est marécageux, faites attention.
Nos amis avancèrent donc prudemment, sauf pour Navi qui était retournée dans la tunique de Link, vers les deux gardes.
- Qui est cet homme ? demandèrent les deux gardes en désignant le Kokiri.
- C'est un guerrier qui a accepté d'éliminer les Stalfos, répondit le petit Mojo.
- Il n'est pas un peu "petit" pour lutter contre trois Stalfos ?
- Eh ! s'indigna Link. Je suis capable de battre n'importe qui. Et je ne suis pas "petit".
- Vous n'avait pas vraiment l'air menaçant et nous sommes désespérés. Alors allez-y. Mais pas de bêtise, ou sinon...
Les deux gardes s'écartèrent du passage. Le petit Mojo, Link et Navi passèrent devant une multitude de Mojos qui avait l'air à la fois enthousiaste à l'idée qu'un guerrier leur vienne en aide, triste sans doute à cause de la mort de certains des leurs causée par les monstres, et étonné de voir que ce fameux guerrier n'était qu'un jeune garçon. Mais leur aspiration à la tranquillité leur fit oublier ce "petit" détail. La route vers la prison des trois monstres les mena vers le sous-sol du palais.
- Tu sais à quoi ressemblent des Stalfos, Link ? chuchota Navi.
- Non, répondit-il à la même hauteur de voix. Mais ça ne doit pas être si terrible, surtout si tu es là pour m'aider. Pourquoi me demandes-tu ça ?
- Parce que je sais ce que sont des Stalfos. Ce sont des squelettes de deux mètres armés d'une énorme épée et protégé d'un gigantesque bouclier.
- A une échelle de fée ?
Mais Navi n'eut pas le temps de répondre. Le petit Mojo venait de disparaître. Il n'y avait plus personne. Ils se trouvaient désormais dans une salle de taille moyenne face à la cage des trois Stalfos. Ils faisaient vraiment deux mètres. Deux d'entre eux disposaient d'épées et de boucliers. Quant au troisième, il était doté d'une longue masse dont la tête était ornée de multiples pointes. La pièce se ferma et au même instant, les portes de la cellule s'ouvrirent. Link dégluti et Navi sortit de sa tunique. Il recula très vite vers les limites de la pièce. Malgré cela, ses adversaires n'étaient pas loin. Il sortit donc son lance-pierre et ses projectiles de son sac. Il tira en rafale sans se soucier des munitions. Les pierres touchaient mais les monstres ne semblaient pas être affectés. Il prit donc un peu de temps pour viser la tête de l'un d'eux. Elle toucha et il tituba. Link courut donc à toute vitesse, son épée en main. Le Stalfos étourdit tomba en morceau. Navi cria "roule à droite !". Notre ami fit donc une roulade comme jamais il n'en avait faite avant. La masse du Stalfos atterrit juste à sa gauche. Il resta alors bloqué à essayer de retirer son arme du sol qui demeurait coincée à cause des piques. Link n'hésita pas et trancha le squelette qui tomba, lui aussi, en morceaux. Il recula pour éviter un coup d'épée du dernier Stalfos. Malheureusement, une bourrasque fit claquer les os du premier ennemi vaincu qui se releva. Cette fois Link recula de plusieurs bons mètres. Il ne savait plus quoi faire et devait agir vite avant que celui à la masse ne revienne lui aussi. Navi eut alors une idée. Elle cria "utilise la masse pour broyer les os !". Elle parla si vite que Link ne comprit que "masse... broyer... os" mais cela fut suffisant. Il courut attraper l'arme en question. Elle était plutôt lourde et difficile à manipuler bien qu'il la tenait à deux mains. Il poussa un cri et la souleva pour la laisser retomber sur le tas d'os. L'action eut l'effet escompté et il ne resta plus que de la poussière. Cependant, les deux autres arrivaient. Alors, il mit la masse loin à sa droite et la rabattit dans un hurlement vers la gauche en dessinant un cercle devant lui. Ses deux ennemis tombèrent dans un craquement d'os infâme, il donna quelques derniers coups pour s'assurer de sa victoire. Il ne restait plus que trois tas de poussière. C'était fini, enfin. C'est alors que la porte de la pièce où il était s'ouvrit et un grand Mojo, suivi de deux gardes et du petit, entra.
- Merci jeune guerrier, dit le grand. Moi, le roi Mojo, suis fier de te nommer Mojo d'honneur de la cour du palais. Sans toi, il y aurait sûrement eu d'autres morts. Pour te montrer ma gratitude, voici 100 rubis et quelques-unes de nos noix Mojo. Elles ont la capacité de stopper un ennemi pendant quelques instants. C'est rare alors prends-en soin. Tu peux rester parmi nous aussi longtemps que tu le voudras.
- Merci votre majesté mais je suis resté loin de chez moi trop longtemps. Les miens aussi ont besoin de moi.
- Je respecte ton choix. Si tu as besoin de nous, nous serons ravis de te venir en aide. Nous allons te montrer un raccourci qui te mènera dans la forêt Kokiri sans passer par les Bois Perdus.
- Je m'en charge, lança le petit Mojo.
De sa sortie du palais jusqu'au fameux passage pouvant le ramener rapidement chez lui, Link fut acclamé. Il ne s'était jamais autant senti aimé et utile de sa vie. Il passa le reste du chemin en silence à penser aux vies qu'il venait de sauver.
- Vous y voilà, dit le petit Mojo. Suivez le chemin et vous arriverez chez vous.
- Merci mon ami, répondit Link. Mais, quel est ton nom ?
- Logo.
- Alors, merci Logo.
- Non, c'est vous que je remercie. Quand j'ai vu une fée voler au loin, dans la forêt, je savais qu'elle pourrait nous aider. Ma mère me l'a toujours dit. "Les fées sont les meilleures créatures de tout l'univers. Et même si elles n'ont pas choisi les Mojos, elles seront toujours prêtes à nous aider." Au revoir. J'espère vous revoir bientôt.
Nos deux amis prirent donc le chemin. Il passait dans une zone de la forêt que Link ne connaissait pas. Où allait-il atterrir ?
- Navi, demanda Link. C'est quoi cette histoire de choix des fées ?
- Ce n'est rien, oublie.
- Je croyais que vous nous aviez quittés.
- Oui. Et cela veux bien dire que nous étions avec vous.
- C'est bien ce que j'avais compris. Les Kokiris ont fait l'objet d'une assistance à la place des Mojos. Pourquoi nous et pas eux ?
- Je ne suis pas habilitée à te répondre.
- Je crois que je vais avoir beaucoup de choses à demander à l'arbre Mojo.
- C'est cela. Moi aussi j'ai une question pour toi, Link. Tu sais que tu as risqué ta vie juste pour prouver que tu étais fort ? le disputa-t-elle.
- Je le sais.
- Tu aurais pu te faire tuer. Tu en es conscient ?
- Bien sûr que oui.
- Alors ne refais plus jamais ça. Promis ?
- Pas de problème. J'ai eu très peur moi aussi. Mais l'important, c'est que nous ayons sauvé des gens, non ?
- Tu es un bon garçon Link. Et je suis fière d'être à tes côtés.
Le reste du chemin se passa en silence. Link méditait sur ce qu'il venait de vivre. Il venait d'aider des personnes qu'il n'avait jamais aimées faute de connaissance à leur sujet. Maintenant, il savait qu'il y avait des êtres sur qui il pouvait compter dans la forêt Mojo. Une forêt que lui et ses amis Kokiris avaient longtemps appelée : l'autre forêt.
Merci à FlambyMaster pour quelques petites modifications.
A suivre...
Ce texte a été proposé au "Palais de Zelda" par son auteur, "Thewerewolf". Les droits d'auteur (copyright) lui appartiennent.