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The Legend of Zelda: Le prisonnier du temps
Ecrit par El Wap
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Chapitres 1 à 28 - Chapitres 29 à 52 - Chapitres 53 à 77
Chapitre 29 : Le début de l’évacuation 
Link et Blanche arrivèrent sans gros problèmes à destination. On ne les avait pas vu arriver. Toutes les personnes présentes sur le balcon étaient bien trop occupées pour faire attention à un elfe des bois et une jeune Sheikah. Les deux jeunes gens quittèrent donc la corniche pour le large balcon et s’approchèrent de Sir Marsias et de Zelda.
- Marsias... vous êtes peut-être le premier chevalier du royaume, cela ne vous donne pas le pouvoir de dire ce qui est bon pour moi.
- Pourtant, je le dis... il faut croire qu’en temps de crise, rien n’est plus comme avant. Princesse, je vous en prie... Vous ne pouvez pas aider votre père ici.
- Bien sûr que si ! Il a besoin de ma présence, de mon soutien...
- Non... vous n’allez que le gêner.
- Silence ! Je ne vous permets pas. Je ne quitterai pas le château sans lui, vu ?
L’homme semblait désespéré de trouver une solution.
- Marsias... Je crois que tu n’utilises pas la bonne méthode, annonça Link.
La princesse et le chevalier se retournèrent vers le nouveau venu. Si le chevalier ne semblait pas fort surpris par cette intervention, la jeune fille avait le visage rouge comme une tomate et regardait le jeune homme avec des grands yeux. Link prit sa respiration et son courage à deux mains. Si Leïa était là, elle ne le lui aurait jamais pardonné, mais il fallait bien qu’il fasse quelque chose.
- Zelda... j’ai promis à ton père que je te ferai quitter le château. Alors... tu restes ici ou tu me suis ?
La jeune fille ne bougeait pas. Elle jetait des coups d’oeil hésitants du côté de son père et des remparts et semblait avoir perdu le zèle à s’opposer aux moindres paroles du premier Chevalier du royaume. Link décida d’en remettre une couche. Il était persuadé que s’il lui avait proposé la même chose dans la forêt ou au sanctuaire de pierre, elle se serait jetée sur lui sans hésiter. Mais ici, elle devait se montrer noble et forte. Elle était prise au dépourvu.
- Zelda, est-ce que tu m’as entendu ? JE t’emmène, TOI... toute seule...
- Heu... bien sûr... mais je... enfin...
Elle regarda encore son père.
- Je te suis, mais pas sans mon père. Il part avec nous.
- Et s’il ne veut pas partir... qu’il veut faire diversion pour que tu puisses partir discrètement, justement ?
- Tu m’aides à emmener mon père, oui ou non ?
- J’aimerai le sauver, mais il ne veut pas.
- Et bien, je ne veux pas être sauvée si lui reste ici.
- Bon, bon... mais je te préviens, ça va prendre beaucoup de temps pour le convaincre, et nous n’en avons pas assez. Des mercenaires de Ganondorf se sont introduits dans le château. Les hommes de ton père ne résisteront pas très longtemps.
- Raison de plus pour se dépêcher.
Reprenant toute son assurance, la jeune fille se dirigea vers son père. Résigné, Link et Blanche la suivirent.
A cet instant, on constata que des monstres commençaient à s’attaquer au portail avec un énorme bélier. L’invasion du palais ne saurait tarder.
- Papa... tu ne peux plus rien faire. Il faut partir, maintenant, dit Zelda en prenant la main de son père.
Le roi se tourna lentement vers sa fille.
- Mais pour aller où ? Ma place est ici.
- Elle est auprès de tes enfants et de ton peuple. Suis celui qui va survivre. Viens avec moi.
Link constata que la jeune fille avait décidé de sortir le grand jeu pour convaincre son royal père, yeux pleins de larmes, voix douce et tremblante, mains douces... Cela semblait marcher, le roi hésitait, mais pas encore assez au goût de Link. Il décida de s’y mettre à son tour.
- Majesté... dans moins de dix minutes, il sera trop tard. Il faut partir maintenant.
- Non, je dois rester avec mes hommes. Il est hors de question qu’ils meurent et se battent alors que je fuis comme un lapin craintif.
- Sir, nos hommes sont tous prêts à donner leur vie pour que vous puissiez vivre, ajouta le chevalier.
Le roi continua de faire la sourde oreille. On continuait d’entendre les monstres s’acharner sur la porte. Sir Marsias interpella ses compagnons d’armes. Tous s’approchèrent d’un air entendu. L’un d’eux annonça :
- Majesté, nous sommes du même avis que notre premier chevalier.
- Nous vous sauverons malgré vous.
Et avant que le vieil homme ne puisse faire quoi que ce soit, il fut empoigné par les deux bras et traîné à l’intérieur du palais.
- Direction les caves, annonça le capitaine des armées.
Il se retourna vers sa princesse.
- Problème résolu. On s’en va, princesse.
- Oui...
Elle semblait à présent afficher un air bougon et avancer lentement.
- Tu peux passer devant, je descends avec le héros du temps.
- Mais...
- Fais ce que je te dis, assure-toi que la voie est libre pour mon père. Je ne risque rien, j’ai Link pour me protéger.
Le chevalier partit donc. Link se sentait un peu coupable. Il réalisait à présent tout le mal que Sir Marsias se donnait pour être estimé de sa future souveraine, et le peu de gratitude qu’il recevait en retour. L’elfe avait pitié de lui, en même temps que la liste des reproches qu’il adressait à la princesse s’alourdissait. Comme osait-elle se montrer aussi cruelle, draguer d’autres personnes juste sous son nez ? Blanche de Val-Loix rentra à son tour à l’intérieur du château. Link était désormais seul avec la princesse héritière qui s’était agrippée à son bras. Il lui fit signe d’avancer rapidement, mais celle-ci semblait vouloir profiter de l’instant le plus longtemps possible et le ralentir. Le jeune guerrier sentit l’impatience le gagner. Elle était à son comble lorsque la jeune fille, d’une voix innocente, lui demanda :
- Link, au cas où ça tournerait mal... il vaudrait mieux nous embrasser maintenant, non ?
Link explosa :
- Et puis quoi encore ? Si ça tourne mal, ce sera entièrement de ta faute. Il y a parfaitement moyen de s’en sortir, mais on dirait que tu n’en as pas envie. Arrête de traîner et de me gêner en voulant jouer à la demoiselle en détresse, c’est la dernière chose dont nous avons besoin.
Zelda le regarda d’un air plein de reproches et de larmes. Cela ne faisait qu’augmenter la fureur du guerrier.
- Ecoute bien, princesse. Si ton père ne m’avait pas fait jurer de te faire sortir d’ici, je t’aurais déjà abandonnée. Maintenant, si tu tiens à ton royaume et à ta peau, tu la fermes, tu cesses de jouer à la princesse romantique et tu fais tout ce que je te dis.
- Link... Comment peux-tu...
Elle avait décidé de faire son grand numéro... Elle était sur le point de pleurer, et il était parfaitement visible qu’elle se forçait à gémir.
- JE ... NE... T’AIME... PAS ! Ma priorité, ici, c’est de sauver un royaume, et une certaine princesse héritière devrait songer à faire de même. Tu préfères attendre que Ganondorf t’attrape et te donne en pâture à ses mercenaires ?
- Il ne ferait pas une chose pareille.
- Moi, je te parie que si. La seule chose qui pourrait l’intéresser chez toi, c’est la Triforce de la sagesse, et comme tu ne l’as pas, il se débarrassera rapidement de toi.
Link s’arrêta soudain. Il avait distingué une ombre au bout d’un couloir qui venait de disparaître silencieusement. Et si c’était... Zut, si c’était effectivement Knil, il savait à présent qu’il était inutile de suivre Zelda. Il ne devait pas s’enfuir. Il abandonna Zelda pour se lancer à la poursuite de l’homme.
Chapitre 30 : Les secrets du château 
Link tourna dans le couloir où avait disparu la fameuse ombre, mais il était désert. Où avait bien pu passer le sinistre individu ? Il n’avait entendu grincer aucune porte, et il n’y avait aucun endroit où se cacher, aucune statue, armure ou meuble. L’elfe en conclut qu’en plus de se promener avec une épée empoisonnée, Knil devait être magicien ou bien, thèse plus vraisemblable, il avait rêvé.
- Link, je te prierai de répondre à mes questions et de cesser de m’ignorer.
- Hein, quoi ?
Il n’eut pas le temps de réagir. Zelda lui envoya une puissante gifle. Elle semblait à présent furieuse.
- C’est pour tout le manque de respect que tu viens de me donner. Maintenant, qu’est-ce que tu fabriques ?
- Je... je pensais avoir vu quelqu’un de louche. J’ai vu une ombre bouger sur le mur, mais visiblement, je m’étais trompé. Il n’y a personne dans ce couloir. S'il avait bougé, je l’aurais entendu.
- A moins que... ne restons pas ici. Descendons.
- Tu ne veux plus d’un instant romantique ?
- Tu l’as royalement gâché, crétin. Par ici.
Zelda poussa une porte menant à un escalier. Elle annonça que le passage serait plus long, mais plus discret. Ils pourraient se rendre au passage secret sans se faire voir. Elle saisit une torche, poussa Link dans les escaliers puis ramassa son ocarina et joua une douce mélodie. La porte se referma et un nombre impressionnant de verrous se mirent en place. On ne risquait pas de les suivre. Le jeune aventurier s’étonnait quand même de la soudaine coopération de Zelda. Il y a quelques instants, elle lui avait semblé tellement infantile. Comment avait-elle pu changer d’attitude aussi vite ? Il n’hésita pas à lui poser la question. La jeune fille s’arrêta.
- Dans le couloir, tu pensais avoir vu quelqu’un, mais à ton arrivée, rien ne bougeait. C’est bien ce que tu m’as dit ?
- Oui, mais je ne vois pas où tu veux en venir.
- Que entre les deux portes les plus proches de toi, il y avait une tapisserie, et elle est fausse. Ce n’est qu’une illusion. Ton suspect aura eu tout le temps de s’y cacher.
- Et alors ? Pourquoi tu ne me l’as pas dit ? On aurait pu s’en débarrasser.
- Perte de temps. Cette salle est très particulière. Il y a là six mécanismes commandant les principales portes du château. A cette heure, il les a probablement ouvertes et les monstres sont déjà à l’intérieur.
- Génial... et nous, on arrive comment à la cave ?
- Hé hé hé... A ton avis... ces escaliers vont où ?
- Je ne vois pas...
- Ils vont des appartements du premier chambellan aux caves à vin. Je les ai découverts un jour que je devais faire une punition dans le bureau de ce noble fonctionnaire de mon père. C’était notre secret à tous les deux. Je n’ai rien dit à papa et il ne m’a plus jamais donné de punition.
L’elfe se dit que la jeune fille et son sens de l’intrigue le surprendraient toujours. Elle avait une humeur si changeante. Elle pouvait paraître la fille la plus nunuche au monde, et quelques secondes plus tard, terrifier ses interlocuteurs par son intelligence et ses menaces. Il allait lui falloir du temps pour apprendre à la connaître.
Les deux fugitifs continuèrent donc à descendre les escaliers sombres et étroits. Leur progression se faisait en silence et ils n’entendaient rien de plus que le bruit de leur pas, mais ils finirent par percevoir de grands bruits sourds. Ils s’approchèrent d’une meurtrière qui donnait dans le grand hall. Ils pouvaient voir la grande porte d’entrée trembler et d’infortunés soldats tenter de la barricader.
- Finalement, il n’a pas compris à quoi servaient les mécanismes.
- Peut-être qu’il n’y avait personne dans ce couloir. Beaucoup d’inquiétude pour rien.
- Ça ne changera pas grand-chose... les soldats ne tiendront plus longtemps.
- Les malheureux... on ne peut pas leur dire de fuir ?
- Non... malheureusement, pour le bien de tous ceux qui savent s’enfuir, ils doivent se sacrifier. Ganondorf s’attend à trouver beaucoup de monde dans le château. S’il ne voit personne, il se doutera qu’il y a une échappatoire, il la trouvera, et il pourra remonter jusqu’aux fugitifs.
Zelda poussa un triste soupir. A cet instant, un bélier pulvérisa une partie de la porte. Les deux elfes purent apercevoir une dizaine de moblins, lézards géants et autres monstres répugnants se précipiter dans la brèche... La résistance du château ne durerait plus longtemps. Après avoir versé une dernière larme, ils reprirent leur route.
Moins de cinq minutes plus tard, ils atteignirent les sous-sols humides et froids. Après avoir vérifié que la voie était encore libre, ils se mirent à fouiller la salle. Blanche avait indiqué à Link qu’il devait trouver un symbole de la Triforce près d’une caisse pleine de bouchons, mais dans cette obscurité... L’elfe constata que toutes les pièces étaient désertes et que toutes les torches étaient éteintes. Etait-ce une précaution des évacués ? Zelda l’appela. Elle avait trouvé la caisse, mais elle était bien trop lourde pour que la jeune fille puisse la déplacer toute seule. Après l’avoir poussée, les deux jeunes gens purent voir le fameux triple triangle. La princesse sortit son ocarina et rejoua l’air qui avait fermé la porte des escaliers. Un phénomène des plus étranges se produisit. Les pierres du mur se mirent à bouger, sortir de leur trou ou s’enfoncer, pivoter... mais elles finirent par former un passage vers un couloir illuminé.
Link et Zelda poussèrent un soupir de soulagement. C’était enfin terminé. Ils entrèrent dans le couloir. Quelle ne fut pas leur surprise de voir qu’une demi-douzaine de personnes les y attendaient. Il y avait plusieurs Sheikahs, mais aussi de simples citadins. Le coeur de Link fit un bond. Il avait reconnu le vieux Lucas, l’homme qui lui avait rendu son épée dans le futur parallèle. Le passage se referma derrière les deux arrivants. Blanche prit la parole. Sa voix tremblait.
- Nous avons une très mauvaise nouvelle... personne n’a vu Soraya arriver. Elle est toujours dans le château.
- Quoi ?
- J’avais chargé ces deux domestiques de préparer le passage. Ils ont vu passer un grand nombre de civils, même le roi et quelques-uns de ses chevaliers, mais ni Soraya, ni la jeune femme à laquelle je l’avais confiée.
- J’ai compris, dit Link. Je pars la chercher.
Il fut retenu par le vieux Lucas.
- Non, jeune homme... pas maintenant. Les troupes ennemies sont en train de passer le château au peigne fin. Ils sont trop actifs et trop nombreux pour le moment. Vous n’avez aucune chance de leur échapper.
- La princesse aussi, dans ce cas.
- Ne vous inquiétez pas... C’est ma petite fille qui s’occupe d’elle. Elle a grandi entre ses murs et connaît toutes ses cachettes. Elles sauront se dissimuler un temps.
- Tu veux que je les laisse se débrouiller ?
- Je n’ai pas dit ça... Juste que vous devriez attendre quelques heures, que les troupes se soient fixées, qu’ils aient interrompu les fouilles, qu’éventuellement, le sorcier ait évacuer la plupart de ses créatures.
- Et comment le savoir, si ce n’est en y retournant ?
- Ça, c’est pas dur, lança un Sheikah.
Ce dernier sortit de son sac un grand miroir qu’il déposa sur le sol. Après quelques incantations, d’étranges dessins apparurent à sa surface. Le Sheikah prononça : "Montre-moi le sorcier". L’image se tordit, les couleurs se mélangèrent puis disparurent. A la place, on voyait un groupe d’hommes se concerter dans un salon richement décoré que Link reconnut aussitôt. C’était la salle dans laquelle il s’était entretenu avec le roi. Ils entendirent également leur voix.
- ...rien d’autre.
- Hé bien, continuez. Vous n’avez certainement pas encore exploré tout le bâtiment. Ils n’ont pas pu tous se volatiliser, pas aussi vite. La petite sotte errait dans des couloirs près d’ici il y a moins de dix minutes. Elle ne peut pas avoir eu le temps de sortir.
- Oui mais...
- Ça suffit ! Je veux cette petite peste avant le coucher du soleil, ou vous irez parler de mes lézards avec Eresim.
- Oui maître.
Les mercenaires sortirent un à un de la pièce. Le dernier à se retirer était Knil.
- Stop, pas toi...
- Bien, maître.
- Le garçon qui escortait notre petite blonde... décris-le-moi.
Le petit groupe s’installa autour du miroir. L’homme qui l’avait sorti raconta à ses compagnons que l’objet était le trésor secret du chambellan et qu’il l’avait soustrait pour empêcher le grand sorcier de l’utiliser. Il expliqua que l’objet pouvait montrer n’importe quelle personne, à condition qu’elle se trouve dans le château. Link demanda s’ils avaient tenté de repérer la petite princesse. Blanche expliqua que justement, le miroir leur montrait une pièce et les deux filles, mais que personne ne savait où elle se trouvait. Ils ne l’avaient jamais vue. Zelda attira le miroir vers elle et lui demanda de lui montrer où se trouvait sa petite soeur. L’image se tordit et lui montra une toute petite pièce sombre dont le sol était jonché de coussins et de paniers de pâtisseries. Soraya et son chaperon étaient assis près de la fenêtre crasseuse. Visiblement, elle donnait sur un espace restreint, un conduit d’aération, peut-être, et c’était ce qui expliquait la pénombre de la pièce.
- Ah... je connais cette pièce. C’est la cachette des "enfants du château".
- Heu... vous pouvez expliquer ?
- Enfin, c’est comme ça que je l’ai appelée vers mes neuf ans. A l’époque, j’avais sympathisé avec le fils du cuisinier. En voulant échapper à mes précepteurs, nous nous sommes précipités dans un placard, et il s’est avéré que ce placard avait un double fond. Le mur a pivoté et nous sommes arrivés dans cette pièce. Le fils du maître-cuisinier a rassemblé tous les enfants vivant au château et ayant entre six et douze ans et leur a fait aménager la pièce. C’était notre cachette secrète où on se réunissait pour grignoter ce qu’on avait réussi à prendre en cuisine ou pour éviter les corvées. Tous ceux qu’on mettait dans le secret faisaient le serment de ne jamais en parler et de l’oublier une fois qu’ils devenaient des "adultes". On a initié Magda, et je suppose que mon successeur au titre de seigneur de la cachette a entrepris de mettre ma soeur dans le secret.
- C’est bien mignon tout ça, mais il faudra bien qu’on les fasse sortir de là. Elles ne peuvent pas y rester éternellement. Où se trouve cette fameuse cachette ?
Zelda expliqua tout ce qu’il fallait savoir pour la rejoindre. Le petit groupe passa encore quelque temps à évoquer leur nostalgie de l’enfance, puis Link attrapa le miroir et lui ordonna de lui montrer tour à tour Ganondorf, les mercenaires, puis les diverses équipes de monstres fouillant le palais royal. Il en conclut que les équipes de recherche commençaient à se lasser. Les créatures avaient fait des prisonniers tentant de fuir par les égouts et Ganondorf en avait conclu que les personnes qu’il cherchait avaient fui par-là. Dans un excès de colère, il avait mis à mort tous les captifs, mais au moins, la vigilance des gardes avait beaucoup baissé. Un grand nombre de créatures avaient été envoyées sur les rives du lac, à la recherche des fugitifs. En un mot, c’était le moment ou jamais d’y aller. Alors que Link se dirigeait vers la sortie, à la surprise de tous, Zelda se jeta sur lui et l’agrippa aux jambes.
- NOOOOON, LIIIIINK ! Ne pars pas. J’ai peur sans toi !
- Lâche-moi ! Qu’est-ce qui te prend ?
Blanche se leva pour calmer la princesse et la faire lâcher prise. La jeune fille pleurait à chaudes larmes et gémissait dans les bras de la nourrice.
- Il faut l’excuser, Link. Elle a des crises d’humeur.
- Des crises ? Est-ce que tu as idée du genre de scènes qu’elle m’a déjà faites ?
- C’est à cause de la Triforce... Sa mère lui a confié le fragment quand elle avait sept ans. Le pouvoir de la sagesse lui a donné instantanément une maturité d’adulte, et elle n’a pas eu à subir le processus de la fin de l’enfance, la crise d’adolescence... Quand elle a remis le morceau à sa soeur, elle a eu un choc. C’est comme si elle était retombée en enfance. Elle mélange tous les âges dans sa tête et a beaucoup de mal à rester stable.
Chapitre 31 : Prisonnier 
Link fixa un moment Zelda sans savoir comment il devait réagir. Finalement, il lui tourna le dos et sortit. Bien qu’il ait pitié d’elle, il était hors de question qu’il reste dans ce couloir alors que la vraie porteuse de la Triforce était loin d’être en sécurité.
Il se dirigea vers l’escalier secret qu’il avait emprunté à son arrivée. C’était certainement le meilleur moyen de se rendre aux étages sans se faire remarquer. Cependant, il remarqua vite que des hommes équipés de lanternes évoluaient dans les caves. Il se cacha vite derrière des caisses et se mit à contourner les personnes à pas de loup. Il fut cependant vite rassuré. Ces mercenaires qui étaient censés fouiller les caves à la recherche de fugitifs s’étaient surtout concentrés sur la recherche et la dégustation des meilleurs vins. Ils n’étaient pas méchants et ne le remarqueraient que s’il venait les saluer, ce qui ne risquait pas d’arriver. Link n’eut donc aucun mal à rejoindre l’escalier et à s’y engouffrer.
Durant son ascension, l’elfe était attentif à tous les bruits et ne manquait pas d’observer les mouvements des gardes à travers les meurtrières. Cela lui serait bien utile pour sa sortie. Il finit par atteindre la porte qu’il avait empruntée avec Zelda. A ce qu’elle lui avait dit, il devait traverser le couloir où il avait cru voir Knil, prendre l’escalier d’en face, monter un étage... Enfin, il avait vu le chemin à suivre à travers le miroir, c’était l’essentiel. Il colla son oreille à la porte, espérant obtenir des renseignements sur les activités dans le couloir. N’entendant rien, il se risqua à déverrouiller la porte et à l’entrouvrir. La porte grinçait, mais il ne percevait toujours aucune réaction venant du couloir. Il l’ouvrit un peu plus et jeta un œil. La voie était libre. Il s’avança, tous les sens aux aguets. Il entendait des voix dans des pièces éloignées, des grognements venir d’en dessous, mais rien qui ne puisse le déranger. Il marcha le plus vite possible vers le nouvel escalier, guetta à nouveau le moindre bruit pouvant lui signaler une mauvaise rencontre. Comme tout lui paraissait silencieux, il s’engagea. Seulement, alors qu’il était presque en haut, il entendit des voix. Elles se rapprochaient et il réalisa avec horreur qu’elles étaient en train de descendre les mêmes marches. Il fit immédiatement demi-tour et dévala les marches quatre à quatre.
C’était certainement une mauvaise idée, car les intrus comprirent tout de suite qu’on voulait les éviter et se lancèrent à sa poursuite. Link réfléchissait à toute vitesse. Il devait se cacher, mais où ? Il songea au faux mur que la princesse lui avait indiqué. L’atteindrait-il sans que ses poursuivants ne le voient ? Impossible. S’il prenait l’escalier de la cave, il pouvait peut-être s’en sortir, mais il pouvait alors oublier les deux filles. Sa meilleure solution était probablement de trouver une fenêtre donnant sur le lac et de sauter. Il arriva à l’étage inférieur et choisit de tourner dans le couloir à sa gauche. Derrière lui, les hommes criaient à la mobilisation. Link ne tarda pas à voir sortir de couloirs et de pièces adjacentes une vingtaine d’hommes vêtus de bures rouges et noires. Il était coincé.
- Tiens tiens... Toi, je te connais. Tu es le boxeur-né copain de la Gerudo des îles.
Link regarda l’homme qui venait de parler. Il dut faire un effort colossal pour ne pas lui sauter dessus. C’était le fumier qui avait tué Bjorn. Ainsi, il n’avait pas réussi à venger son ami.
- Tu as beaucoup de chance. Le patron te fait l’honneur de vouloir te rencontrer personnellement. Il t’attend.
Link n’avait pas le choix. Il devait les suivre. De toute façon, il n’arriverait jamais à leur fausser compagnie. Pourtant... il ne pouvait pas rester là. On allait certainement le forcer à dire ce qu’il était venu faire au château, révéler la présence de Soraya, du passage secret et probablement où se cachait Leïa. Bien évidemment, il était hors de question pour lui de parler, plutôt mourir. Hélas, il savait bien que la plupart des tortionnaires étaient parfaitement habitués à faire souffrir leurs victimes tout en les gardant en vie et, à ce qu’il avait compris, tout le monde ici savait qu’il fallait l’amener vivant au grand sorcier. Il n’avait vraiment aucune échappatoire.
Il suivait la petite troupe, étroitement surveillé par l’assassin de Bjorn et les mains liées derrière le dos. Chemin faisant, une légère curiosité lui vint à l’esprit.
- Au fait, j’ai le droit de savoir ce qui est arrivé à votre copain, celui qui s’appelle Eresim ?
- Il a été dévoré vivant par des Lizafos. Si ta copine veut des nouvelles, il faut qu’elle vienne se renseigner elle-même. Tant que tu y es... qu’est-ce que tu es venu faire ici ? Ne va pas me dire que tu venais bêtement pour venger ton copain.
- Et si c’était bêtement pour ça ?
- Dans ce cas, t’es le roi des cons et tu peux déjà faire tes prières. Mais je sais très bien que ce n’est pas pour lui que tu es ici...
- C’est toi qui est le roi des cons si tu t’imagines une seule seconde que je vais te le dire.
- Tu comptes jouer au malin ?
- Ouais, je vais jouer au malin.
Et c’était vrai. Link avait décidé de le pousser à bout. Il fallait qu’il le fasse craquer, qu’il lui donne envie de le faire taire une bonne fois pour toutes. Il fallait que cet assassin commette un second meurtre avant qu’il ne l’amène devant Ganondorf.
- Tu boites toujours, à ce que je vois.
L’assassin de Bjorn lui lança un regard noir. Comment aurait-il pu se remettre aussi rapidement du coup magistral que Link lui avait balancé il y a deux jours ?
- Ça me rappelle que je ne sais pas encore ton nom... Je dois t’appeler comment, le "boiteux" ?
- Continue comme ça et je te tranche la langue.
- Que ça ? Oh, j’ai peur !
- Tu vas la fermer, oui ?
- Bah, je ne demande pas mieux, moi... mais ton boss ne devra pas se plaindre que je ne sois pas bavard.
- Ta gueule !
- Et comment tu vas me faire taire, hein ? En me menaçant avec quoi ?
L’homme le regarda un instant, puis lui donna un violent coup au ventre. Sous le choc, Link tomba sur le sol, se sentant sur le point de vomir. Les gardes l’empoignèrent par les épaules et le redressèrent. Le boiteux en profita pour frapper le visage de l’elfe à gros coups de poing. Le jeune homme saignait du nez.
- Le boiteux, il se nomme Kidas, dit-il.
Il fit signe aux gardes de continuer le chemin. Les gardiens de Link avancèrent en le traînant sur le sol.
- On y est. Dans ton intérêt, reste toujours aussi bavard.
Quoi, déjà ? Oh non, dans sa panique, il n’avait pas réalisé qu’il était arrivé devant une porte très familière, celle qui menait à la salle dans laquelle se déroulait la fameuse vision. Link savait à présent d’où elle venait. La porte s’ouvrit. Link avait l’impression de revivre un rêve... ou plutôt de revivre un instant, car il était évident qu’il s’était déjà fait capturer de cette façon dans son précédent voyage.
Chapitre 32 : Face à face 
Kidas le poussa sans ménagement à l’intérieur.
- On a attrapé ça au quatrième étage...
Il jeta son prisonnier en avant. Link ne put éviter de tomber sur le sol. En ouvrant les yeux, il réalisa qu’il était aux pieds d’un fauteuil, et qu’il y avait quelqu’un dans ce fauteuil.
- Tu vois bien qu’il y avait encore du monde dans ce château, Kidas. Quand on cherche, on trouve. Bon, vous pouvez nous laisser seuls, laissez-moi avec ce maraudeur.
Link vit Kidas et d’autres hommes en bures rouges sortir. Un des visages l’interpella... avait-il rêvé, ou s’agissait-il d’Aromir ? Question stupide... il était évident qu’Aromir devait se trouver parmi ces hommes. Pourquoi Ganondorf lui aurait-il confié la garde de prisonniers s’il n’était pas un de ses hommes de confiance ? L’elfe n’eut pas le loisir de réfléchir plus longtemps. Son ennemi venait de lui adresser la parole en lui donnant un petit coup de pied dans le ventre.
- Debout gamin ! Tu ne feras croire à personne que quelques coups suffisent à te mettre à terre.
Bien qu’il ait envie de faire le contraire par principe de protestation, Link se redressa péniblement. C’était une mauvaise idée de rester sur le sol. Il y était à la merci du sorcier et cela accentuait sa faiblesse. S’il voulait tenir tête face au Gerudo, il fallait le faire debout.
- Ça faisait très longtemps qu’on ne s’était pas vus, n’est-ce pas, Robin ? C’est gentil de venir me rendre visite.
Link était moyennement surpris. Ainsi, Ganondorf le prenait pour son ancêtre. Aurait-il plus de chance de s’en sortir en se faisant passer pour lui ?
- C’est impressionnant de voir comme le temps n’a aucune prise sur les elfes... Tu n’as pris aucune ride.
Link continuait de se taire... Que devait-il faire ? Il devait faire terriblement attention à ce qu’il allait dire... le moindre mot pouvait trahir ses intentions, sa véritable identité.
- Sérieusement... Tu n’es pas venu ici pour me souhaiter la bienvenue, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que tu fabriquais ?
Un mensonge... un mensonge... il devait gagner du temps pour pouvoir réfléchir à un moyen de se sortir de là.
- J’avais juste oublié un truc.
- Quel genre de chose, on se le demande... Ne serait-ce pas un certain triangle d’or... ou une personne que je connais également ?
- Absolument pas.
- Ce qui nous mène à ma deuxième question, où est-elle ?
- La Triforce de la sagesse ? Aucune idée.
- Je ne te parle pas de ce stupide caillou ! Je te parle d’ELLE.
- Qui ça ?
- Tu sais parfaitement de qui je veux parler.
- Désolé, mais avec une question pareille, je pense à plusieurs personnes. Alors sois plus clair.
- Tu as gardé ton sens de l’humour, gamin. Puisque tu as plusieurs noms en tête, tu vas tous me les donner.
- Et si je n’en ai pas envie ?
Ganondorf fit un sourire mauvais. Il sortit d’une cage une sorte de limace géante et visqueuse et la déposa sur le sol. La bestiole fonça vers l’elfe et se mit à grimper sur ses jambes. A son contact, les vêtements de Link se mirent à brûler. Le jeune homme eut d’abord pour réflexe de tenter de se débarrasser de la bête, mais en saisit vite son intérêt. Il tendit ses poignets à la créature qui ne fit qu’une bouchée des liens. Une fois les mains libres, il la saisit à deux mains et la lança sur son ancêtre. Ce dernier eut pour réflexe de ressaisir la cage et d’y réceptionner la limace géante. Link tenta de profiter de sa diversion pour courir vers la fenêtre, mais le Gerudo lui barra la route. Avec sa grosse main, il le saisit à la gorge.
- Tu sais Robin... par le passé, j’aurais pu commettre un acte de faiblesse. J’en ai fait pas mal, et ils m’ont toujours conduit à ma perte. J’avais tant voulu avoir une famille... j’ai aimé une femme, je ne voulais pas la faire souffrir, alors je l’ai envoûtée. J’aurais dû la tuer pour m’avoir caché mon enfant, mais j’aimais la voir vivre. Résultat des courses : elle m’a trahi et soutenu le héros du temps. Plus tard, j’ai voulu récupérer ma fille, mais je ne voulais pas lui faire de mal. Alors elle en a profité pour s’enfuir et cacher sa fille. J’ai tenté d’apprivoiser cette dernière au lieu de l’écraser, elle a suivi le chemin de ses parents et m’a renvoyé illico dans le vide infernal. Ensuite tu es né... je t’ai récupéré très jeune, seul, blessé et abandonné au milieu des bois. J’ai fait un effort inhumain pour t’élever comme un fils et pour tout remerciement, tu as filé avec une première-née que j’avais laissée tranquille par sympathie et fait alliance contre moi avec un mage que j’avais pris sous mon aile. Toutes les personnes que j’ai appréciées se sont retournées contre moi. Mais cette fois-ci, j’ai retenu la leçon. Je ne ferai plus ce genre de bêtises. Je ne serai plus gentil.
- Vraiment ? Et Leïa et Raphaëlle, alors ? Tu n’as commis aucune erreur de ce côté ?
Ganondorf resserra son emprise sur la gorge de Link.
- J’en ai fait, mais je te promets que c’était les dernières. Malgré ton silence, je retrouverai Leïa et remettrai les choses en ordre. Ta fille se joindra à moi ou elle paiera pour tous les autres. Quant à cette première-née, parlons-en, de cette sale petite garce. Une petite peste qui vient me voler sous mon nez ce à quoi je tiens le plus. Lorsque j’arrive enfin à la coincer, elle me sort son grand numéro de séductrice. Une fois que je lui fais pleinement confiance et que je l’aime comme je n’ai jamais aimé personne auparavant, hop, elle introduit mes ennemis dans mon château et me poignarde dans le dos. Pour la vengeance, je lui ai pris sa fille adoptive comme elle m’a volé le mien, et à présent, oui, je pourrai la tuer, histoire d’être certain qu’elle ne me gêne plus, mais j’ai encore mieux en ce qui la concerne. D’ailleurs, je m’y mettrai dès que j’en aurai terminé avec toi.
Le sorcier lâcha le cou de Link et le laissa choir sur le sol. Le jeune homme se redressa pour voir son ennemi sortir de sa cape une énorme et imposante épée.
- Tu te souviens ? Quand tu étais un tout petit garçon, je t’avais promis que je t’apprendrais à t’en servir... Mmmh... Qu’as-tu fait de l’épée que tu as préféré utiliser ?
- Je... Elle est dans une crypte cachée dans le château. C’était ce que j’étais venu chercher.
Link supposait que Ganondorf voulait le provoquer en duel. Ce n’était pas vraiment encourageant, mais au moins, il était sûr de mourir sans avoir à révéler ses secrets. Après... il n’avait plus qu’à prier et à croire à son pouvoir de premier-né.
Chapitre 33 : Le duel 
- Sauf que les cryptes, ça ne se situe généralement pas au quatrième étage. Il faudra m’inventer autre chose.
- Je ne sais pas comment ouvrir la crypte. Zelda m’avait parlé d’un livre où c’était expliqué et qui se trouvait dans sa chambre.
- Pour ça... je pense avoir ma petite idée. Inutile d’aller là-haut.
Le sorcier saisit son prisonnier par l’épaule et le tira jusqu’à la porte. Il interpella ses gardes et leur donna l’ordre de le suivre. Il emmena tout son petit monde dans le grand hall, devant la statue du héros des bois. Là, il empoigna la main droite du jeune homme et tira sur son gant, révélant ainsi la marque de la Triforce. Il poussa le garçon au sol. Au moment où Link toucha le pavé, celui-ci s’illumina, faisant apparaître un gigantesque dessin de la sainte relique. Au même instant, un grondement résonna dans la salle et la statue de l’elfe se mit à trembler. Son piédestal recula.
- "Au porteur de la Triforce, le passage vers le saint des saints s’ouvrira". Pas besoin de bouquin, c’est écrit sur le blason du roi. Après toi, petit.
Toujours en le tenant fermement par l’épaule, il le conduisit au pied de la statue. A l’endroit où elle se trouvait avant le geste de Link, il y avait des escaliers qui descendaient. Ganondorf ordonna à son prisonnier d’avancer. Ils arrivèrent ainsi dans une salle magnifiquement décorée. Ses murs étaient composés de grands vitraux colorés, et des douves pleines d’eau encerclaient une plate-forme dont les piliers étaient d’énormes statues de chevalier. Dans d’autres circonstances, le jeune homme aurait volontiers passé plus de temps à observer la salle et ses vitraux, mais son geôlier tordit son bras pour le faire avancer. Link remarqua que son épée était plantée au centre de la plate-forme.
- Retire-la !
- Pourquoi ?
- C’est un ordre !
- Tu n’as pas d’ordre à me donner.
- Tu es mal placé pour faire le malin, petit. Obéis ou je te garantis que les journées qui vont suivre vont être les pires de toute ta vie.
Link s’exécuta. Il s’approcha de l’épée, en saisit le manche et n’eut aucun mal à la retirer. Il sentit alors l’épée de son ennemi passer sous sa gorge. C’était une lame visiblement très tranchante qui lui éraflait déjà la peau.
- Maintenant, tu vas remonter en haut, au moindre geste suspect, cette crypte sera ta tombe.
- Dans ce genre de situation... ça ne vaudrait pas mieux ?
- Si je te tue, je récupérerai ta Triforce... c’est ce que tu veux ?
- De toute manière, c’est ce que tu comptes faire.
- Mais je préférerais le faire dans l’honneur et à la vue de tous. Tous ces imbéciles sont tellement douteux quant à mes chances de vaincre le héros du temps, le fameux héros éternel envoyé par les dieux pour protéger la terre du mal. Et toi aussi, tu as toujours préféré perdre avec panache. Je t’offre une dernière chance de t’en sortir... si tu me vaincs... aucun de ces imbéciles de la secte des Maltic ne pourra continuer mon oeuvre. Le marché semble honnête, non ?
Link ne répondit pas. L’idée le terrifiait, car il n’y était absolument pas préparé et pourtant, cela pourrait s’avérer très utile. Au moins, pour le combat final, il saurait à quels genres d’attaque se préparer... et si son fameux pouvoir ne se manifestait pas, au moins, il ne livrerait rien de compromettant, bien que Soraya et sa copine soient condamnées à mourir de faim. Résigné et la mort dans l’âme, il ramassa son épée et suivit la direction indiquée par son ancêtre. Il avait la sensation de s’avancer vers un échafaud, et il n’était pas très loin du compte.
Dès qu’ils furent hors de l’escalier, la statue du héros des bois reprit son ancienne place. Les gardes du sorcier encerclèrent le prisonnier.
- Les armes... amenez les armes de l’elfe, ordonna Ganondorf.
Un des gardes s’exécuta. Il arriva rapidement avec le bouclier, l’arbalète et le fléau. Le sorcier lui ordonna de donner les armes à son prisonnier. Quoique étonné, il obéit. Link réfléchit... parmi les armes à ses pieds, l’arme la plus efficace était le fléau, mais il n’arriverait certainement pas à le manier suffisamment rapidement. De plus, arriverait-il à atteindre son ennemi ? Non, Link se contenta de prendre le bouclier, histoire de se protéger. De toute façon, avec le monde dans la salle, il n’avait aucune chance de s’en sortir vivant. Le jeune elfe vit le Gerudo, qui lui semblait à présent mesurer au moins deux têtes de plus que lui agiter ses poignets pour se préparer au combat. Link réalisa à quel point il était musclé. Il n’avait décidément aucune chance. Tout ce qui lui restait à faire, c’était de se battre jusqu’à la mort. Toute la question était de savoir combien de temps il allait tenir.
- Bien, à présent, que tout le monde ici présent sache que ce gamin, que vous nommez tous le héros éternel, va tenter une fois de plus de renvoyer son ennemi mortel dans les enfers. J’espère que vous avez déjà fait vos paris. Robin, à toi l’honneur.
Link était terrifié. Il ne voulait pas, mais alors absolument pas se battre. Enervé par sa passivité, Ganondorf n’attendit pas que l’elfe se mette à bouger. Dans un cri de colère, il brandit son énorme épée qui semblait être faite de pierre. Par réflexe, Link saisit son bouclier pour parer le coup. Le choc fut rude, mais le bouclier tint bon. Le combat avait commencé.
Le géant Gerudo ne se découragea pas facilement. Il recommença ses assauts que Link préférait éviter au lieu de parer. Plus il bondissait sur le côté, plus son adversaire s’énervait et redoublait de violence. Link avait de plus en plus de mal à éviter les coups, mais au moins, il espérait que son adversaire se fatigue avant lui.
Ganondorf finit par se calmer. Link le sentit reprendre son souffle et comprit qu’il réfléchissait à un moyen de l’atteindre. Il fallait l’empêcher de trouver un point faible. En somme, il était temps pour lui de se battre. Il se rapprocha lentement en contournant son adversaire. Ganondorf lança une nouvelle attaque que Link para de son épée avec grand mal. L’elfe trembla. Son ennemi était définitivement beaucoup plus fort que lui. Il ne pourrait pas parer les puissants coups de son adversaire indéfiniment. Mais bon... de toute façon, il savait qu’il valait mieux mourir. Tout ce qui comptait dans ce combat, c’est qu’il sache comment le sorcier se battait. C’était la meilleure chose qu’il puisse apprendre avant de passer pour l’autre monde ou revenir dans le passé.
Les deux parents échangèrent encore de nombreux coups d’épée. Malgré sa taille imposante, Ganondorf se montrait assez agile, et le poids de son arme ne lui posait aucun problème. Il la maniait bien, alors que Link n’avait pas utilisé son épée depuis très longtemps. Après une tentative particulièrement violente qui repoussa les deux combattants, l’elfe remarqua que son ennemi souriait, mais comme ce sourire était désagréable... Il fit signe au jeune homme d’avancer. Link comprit que son ancêtre avait enfin une ruse, et que la fin du combat arrivait. Le jeune homme lâcha son bouclier pour mieux bouger et s’élança. Les épées se frappèrent, sans que l’une ou l’autre n’ait l’avantage, mais le sorcier lâcha une de ses mains et la tendit face au garçon. Une puissante boule d’énergie en sortit et projeta Link sur un mur. Le garçon eut l’impression d’avoir plusieurs côtes brisées.
- Tricheur !
- Je suis le seigneur du malin, tout de même.
- Ben voyons... et après, tu te demandes pourquoi nous t’avons tous lâché... il ne faut pas aller chercher loin. Qui donc voudrait de l’amitié d’un homme à l’esprit aussi malsain ?
- Merci de la leçon, gamin... va rejoindre les tiens, à présent !
Le Gerudo planta son épée dans le ventre de son descendant.
Chapitre 34 : La mort est une grande aventure 
Link sentait le sang couler à flot hors de sa blessure. Son corps se vidait et les forces le quittaient. C’était une sensation plus étrange que douloureuse. Il n’arrivait pas à définir ses impressions. Il sentait que le froid le gagnait, mais sa blessure, étrangement, ne lui faisait pas vraiment mal... c’était ça, mourir ?
Le jeune elfe regarda un instant son ennemi partir d’un sinistre rire. Le sorcier appela Kidas, lui ordonna de préparer des oiseaux et de retourner à l’île de Raphaëlle. Il ne voulait pas savoir comment le mercenaire se débrouillerait, mais ce dernier devrait se débrouiller pour ramener la première-née vivante et si possible intacte. Qu’est-ce que le monstre avait l’intention de faire ? Semblant lire dans ses pensées, Ganondorf revint voir son descendant et lui chuchota :
- Les tourments éternels... Ça, c’est la plus belle des vengeances. Après ce qu’elle m’a fait subir... le vide infernal, les enfers, le purgatoire, il faut bien qu’elle sache où elle m’a envoyée... Je vais la garder ici, pour mon amusement, mais je doute qu’elle apprécie ce genre de divertissement.
A cet instant, la grande porte d’entrée s’ouvrit et Link put voir arriver Knil dans un assez mauvais état.
- Patron... les fugitifs, le roi, les civils...
- Qu’y a-t-il ?
- J’ai vu une bonne centaine de personnes errer dans la plaine Nord, celle qui est proche de la forêt. J’ai reconnu le roi parmi eux.
- Comment... les rives du lac ont pourtant été encerclées avant le début du siège. Nous aurions dû les voir.
- Pourtant, ils sont là, et j’ai l’impression qu’ils se dirigent vers la forêt. Enfin, à cette heure, ils ne doivent pas en être loin.
- Quand les as-tu vus ?
- Il y a deux heures... je survolais les plaines avec mon oiseau, mais il y avait des bons archers dans le groupe. Ils m’ont eu. J’ai eu un mal fou à me poser et j’ai dû revenir ici à pied.
- ENCORE UN CONDOR DORE ABATTU ? VOUS LE FAITES EXPRES OU QUOI ? CES CREATURES SONT TELLEMENT RARES ET DIFFICILES A DRESSER QUE VOUS VOUS PERMETTEZ DE M’EN PERDRE UNE TOUS LES JOURS. IL NE NOUS EN RESTE DEJA PLUS QU’UNE DIZAINE.
Le seigneur du mal semblait entrer dans une grande colère. Le fait de perdre des oiseaux était-il à ce point catastrophique pour qu’il en oublie qu’il avait repéré le roi et les survivants de son attaque ?
Link n’en pouvait plus... la douleur lui faisait enfin tourner la tête. Enfin le noir et l’oubli de la réalité... mais... il réalisa qu’il ne voyageait pas dans le temps... Il ne partait pas... son pouvoir ne se manifestait pas... Il allait vraiment mourir ? Il entendait résonner dans sa tête les cris d’un Ganondorf furieux qui se défoulait sur ses serviteurs et sentait la pierre sous son corps. Il devait agoniser depuis plus de dix minutes. Pourquoi ne se passait-il rien ? Link commençait à paniquer. En un instant, il avait peur de la mort. Il ne voulait pas partir maintenant. Il ne devait pas. Il devait prévenir le roi qu’ils avaient été repérés, ainsi que Raphaëlle. Pourtant, il était coincé là entre la vie et la mort et n’arrivant plus à respirer. Cependant, sa conscience était bien en forme, elle. Et quel que soit l’état du corps, elle refusait de le quitter. C’était tout bonnement insupportable.
Link eut comme un choc. Il comprit que son coeur s’était arrêté de battre, que tout son corps avait cessé de vivre. La panique fut plus grande que jamais. Leïa n’avait pas cessé de lui dire qu’il était un premier-né et qu’il revenait en arrière à l’article de la mort... cela avait déjà expliqué un phénomène étrange... mais était-ce vraiment vrai ? Maintenant, il doutait...
Soudain, il eut une sensation étrange. Il avait l’impression de ne plus avoir de corps, ne sentait plus rien, mais pourtant, il voyait tout. Il flottait au-dessus de son corps. Si Link l’avait pu, il aurait hurlé. Il était vraiment en train de partir pour l’autre monde. Il se sentait s’éloigner de plus en plus de son corps. Non ! Il ne voulait pas mourir !!!
C’est alors que tout se précipita. Les décors défilaient à une vitesse stupéfiante. Le mourant avait l’impression de faire son expédition kamikaze en sens inverse. Il se retrouvait dans la crypte, puis dans la salle où Ganondorf l’interrogeait, ensuite, le couloir où il s’était fait prisonnier, les escaliers fatidiques, les secrets, la cave à vin, le passage secret... STOOOOOOOP !!! Link se sentit ouvrir les yeux, la vie bouillonner dans son corps. Devant lui, la princesse Zelda pleurait dans les bras de Blanche de Val-Loix.
- ... C’est comme si elle était retombée en enfance. Elle mélange tous les âges dans sa tête et a beaucoup de mal à rester stable.
Link avait beaucoup de mal à réaliser ce qui venait de se passer. Il mit la main à son torse. Il n’y avait pas de blessure, il respirait convenablement, l’épée qu’il avait était celle au manche de bois. Alors que tous les habitants du souterrain à l’exception de Zelda le regardaient d’un air étonné, l’elfe n’était toujours pas sûr d’être bien vivant. Enfin, l’essentiel semblait s’être produit, bien qu’il ait du mal à le croire. Il était effectivement revenu en arrière.
Chapitre 35 : Chevalier Link, pour vous servir 
Link finit par reprendre ses esprits. Sans fournir d’explications, il se prépara à retourner à l’assaut du château, mais se rappela au dernier moment les raisons de son ancien échec. Il devait trouver le moyen d’anticiper ce genre d’accident. La réponse lui sauta aux yeux. En regardant le groupe de fugitifs, son regard se posa sur le miroir sur le sol.
- Dites, je ne sais pas à quoi pourrait vous servir le miroir, mais moi, j’en aurais bien besoin pour vérifier si le passage est libre. Vous permettez que je vous l’emprunte ?
- Heu... bien sûr, puisque c’est pour la bonne cause. C’est vrai que nous n’avons plus rien à en faire. Vous suivre à la trace est parfaitement inutile.
Le Sheikah ramassa son précieux objet et le tendit à Link. Ce dernier ne put s’empêcher de se demander si dans le futur dont il revenait, les fugitifs avaient effectivement suivi ses mouvements. Quelle panique ils auraient dû avoir en voyant l’elfe contraint d’affronter Ganondorf. Le vieux Lucas souhaita une fois de plus bonne chance à Link, Blanche lui recommanda la prudence, Zelda lui sauta dessus pour lui donner de gros bisous sur la joue et pleurer sur ses épaules. L’elfe eut du mal à la renvoyer chez sa nourrice, mais il finit par se sentir prêt.
Après un sourire en signe d’encouragement à ses amis, il ressortit dans la cave à vin. Au début, le chemin était simple, il avançait comme il l’avait fait précédemment. Les gardes étaient toujours occupés à examiner le contenu d’un tonneau, probablement en espérant y trouver des choses plus intéressantes que les éventuels rescapés de l’invasion. Le sourire aux lèvres, Link atteignit sans problème les escaliers dérobés et monta au quatrième étage. Là, les choses se compliquaient. Link sortit le miroir et chuchota : "Montre-moi les couloirs derrière cette porte". Link put ainsi s’assurer que personne ne rodait à proximité. L’elfe sortit de sa cachette, et, à mi-chemin, passa le doigt sur la tapisserie pour trouver le passage secret dont Zelda lui avait parlé. C’était probablement le meilleur endroit pour attendre le passage de ses ennemis. Sa main sentit d’abord la tapisserie, mais réalisa que la toile s’enfonçait. Il la souleva et passa sa main sur le mur de pierre. Une partie était effectivement une illusion. Il s’y glissa.
Il était temps. Quelques secondes plus tard, il entendit des bruits de voix dans l’escalier. Kidas et ses collègues arrivaient. Link reprit son miroir et lui demanda de suivre la progression de ses ennemis. Au bout de deux minutes, Link fut certain que tout danger était écarté et continua son chemin. Cette fois-ci, il ne fit aucune mauvaise rencontre dans les escaliers et arriva à l’étage suivant sans problème. Il re-consulta le miroir un instant pour se rappeler la suite du chemin et s’engagea dans le couloir qu’il indiquait. De nouveaux bruits de voix lui parvinrent à l’oreille. Il eut juste le temps de se cacher derrière une tenture qu’il vit passer de nouveaux hommes habillés de l’uniforme de la fameuse secte. L’elfe attendit une minute pour être certain qu’il ne serait plus dérangé, interrogea le miroir et reprit son chemin. Au bout d’une dizaine de minutes, il arrivait enfin devant la porte du fameux placard. Il s’y engouffra et fit pivoter le fond de l’armoire.
Les deux jeunes filles sursautèrent lorsque la porte bascula. La plus jeune se blottit dans les bras de son aînée, en fermant les yeux. Dans leur tête, tout était fini. Elles allaient être capturées et leur avenir était plus qu’incertain. Cependant, la personne qui venait d’entrer semblait gentille et ne ressemblait pas à l’image qu’elles s’étaient faite des assaillants. C’était un beau garçon habillé d’une tunique vert foncé et aux cheveux dorés comme le blé. Magda relâcha sa protégée.
- Qui es-tu ?
- Quelqu’un qui a été envoyé pour vous sauver et vous permettre de vous échapper de ce château.
L’adolescente resta méfiante. On lui avait toujours dit de se méfier des inconnus trop gentils. La petite fille blottie dans ses bras examina à son tour l’inconnu, mais sans savoir comment réagir.
- Mon nom est Link. C’est le père de Soraya qui m’a demandé de la sauver.
La petite fille se détendit et se releva, toute fière.
- Tu entends, Magda ? Je suis une princesse en détresse et un courageux chevalier vient me sauver. C’est comme dans tes histoires.
- Minute, qu’est-ce qui te fait croire qu’il dit vrai ?
Link poussa un soupir. C’était parfaitement normal qu’elles se méfient. A leur place, il aurait certainement fait de même, mais l’heure ne s’y prêtait guère. Il devait trouver un moyen de les convaincre le plus rapidement possible.
- Pardon, Magda, mais qu’est-ce qui te fait croire que je suis un méchant ?
- Le fait qu’il n’y a plus que des méchants dans ce château à part nous deux.
- Il y a encore des gentils, ils nous attendent dans un passage secret par lequel tous les autres se sont enfuis. Regarde Soraya, ta soeur t’y attend.
Link sortit le miroir magique, le posa sur le sol et lui demanda de montrer aux jeunes filles où se trouvait la soeur aînée de la petite princesse. Elles purent ainsi voir le groupe de fugitifs en train de se tourner les pouces dans le souterrain, le vieux Lucas qui tournait en rond, Zelda qui séchait ses larmes et Blanche qui faisait mine de méditer. La vision rassura les deux demoiselles. Si le nouvel arrivant était un méchant, il aurait déjà livré ces gens-là. La petite gardienne de la Triforce était cependant très curieuse de connaître le preux chevalier qui allait la conduire vers la liberté. Elle lui posait mille questions sur sa vie : ce qu’il faisait avant, s’il avait déjà affronté des vilains pas beaux comme Ganondorf, s’il avait sauvé beaucoup de demoiselles en détresse, quel genre d’arme il aimait manier, son plat préféré... Si la jeune servante n’avait pas fini par lui passer la main sur la bouche, elle aurait continué son interrogatoire pendant des heures. La petite était absolument fascinée par le guerrier et voulait le voir en action. Pour protester contre sa mise au silence, elle s’agrippa au bras du jeune homme et fit tomber accidentellement son gant.
Elle poussa un cri de surprise. Elle pensait avoir été la seule avec sa grande soeur à porter le genre de tatouage qu’il avait aussi sur sa main droite.
- Comment t’as fait pour avoir ça sur la main ?
- J’ai ramassé un caillou doré dans la forêt, et ta soeur dit que ça fait de moi le héros qui doit sauver Hyrule.
- Trop cool !!! C’est le héros du temps qui vient me sauver ! Ouais !
La petite fille se mit à sautiller sur les coussins qui jonchaient la pièce.
- Arrête de sauter, tu vas finir par alerter les gens du château.
Dans sa tête, Link s’apitoyait sur son sort. Soraya était, en définitive, une version miniature de sa grande soeur, mais beaucoup plus bruyante et incontrôlable. Magda attrapa la gamine et s’efforça de l’immobiliser.
- Je croyais que tu étais la jeune fille la plus sage d’Hyrule, Soraya.
- "Sage" ne veut pas dire "amorphe". J’ai toutes les raisons de déborder d’énergie. J’ai toujours rêver de vivre une aventure de ce genre, mais le boulot de princesse m’en empêchait. Je sais bien qu’on est dans de sales draps et que c’est loin d’être un jeu, mais pour une fois qu’il m’arrive quelque chose d’intéressant, j’ai le droit d’être excitée.
L’elfe poussa un soupir. Pourvu qu’elle sache se tenir tranquille pendant le chemin du retour. Il ne tenait pas à se faire prendre une seconde fois, et encore moins avec elles. Pour la tenir tranquille, il s’efforça de lui expliquer la situation, le nombre d’ennemis qui se trouvaient dans les parages ainsi que les règles élémentaires de sécurité.
- C’est bien beau, tout ce que tu me dis, mais il y a un problème. Je constate que tu n’as pas ton épée. Comment tu veux te battre ? Il faudra bien que tu la prennes avant de partir.
- Mais j’ai déjà une épée.
- Elle ne te convient pas. En tant que princesse de la destinée, il est de mon devoir de t’indiquer les armes que tu devras utiliser contre le mal. Et je te dis que face à ce méchant sorcier, tu dois prendre l’épée de légende et pas une autre.
- Mais je ne peux pas aller la prendre. Il y a trop de monde dans ce château pour que je prenne le risque d’aller dans cette grande salle pour ouvrir le passage. Je ne pourrais jamais y arriver sans provoquer l’intervention musclée des hommes de Ganondorf.
- Mais qu’ils viennent, je sais les accueillir.
- Je croyais que tu avais la Triforce de la sagesse ? Que veux-tu faire contre une centaine d’hommes ? Je ne peux pas affronter toute une armée.
- Bien sûr que je l’ai, cette Triforce. Et contrairement à certains, je vais m’en servir. J’ai déjà réussi à endormir toute une classe rien qu’en me servant de ses pouvoirs. Je pourrai en faire autant avec ces maraudeurs.
- C’est une mauvaise idée. Tu ne te rends pas compte... Tu n’as pas idée de ce qu’ils peuvent faire. Ce n’est pas par manque de courage que je dis ça. Je suis juste lucide. Je me suis déjà fait coincer dans une vie parallèle, et je ne veux pas que ça recommence, pas avec vous.
Devant le regard interrogateur des deux filles, Link se mordit la lèvre. Comment leur expliquer ce qui s’était passé ? Bof, était-ce vraiment nécessaire. L’elfe se contenta d’expliquer qu’il avait déjà vécu une situation de ce genre et qu’elle avait très mal tourné. Cet argument sembla calmer les envies d’action de la petite princesse. Elle se résigna à être muette comme une carpe et à suivre sans discuter le guerrier.
Sentant que son équipe était enfin prête à sortir, le jeune homme sortit son miroir et scruta les environs. Plusieurs personnes passaient dans le couloir. Trois d’entre elles étaient visiblement de corvée nettoyage et s’approchèrent du placard pour y chercher de quoi nettoyer les crasses des fêtards. Il fallut encore attendre quelques minutes que quatre hommes terminent de comploter près de l’escalier, puis la voie fut enfin libre. Link confia le miroir à Magda, lui demandant de surveiller constamment les environs, pendant qu’il les conduisait vers les caves.
Le chemin se fit sans grande difficulté, jusqu’à ce qu’ils arrivent au fameux couloir du quatrième étage. Une voix puissante résonna dans tout le château.
- GRAND RASSEMBLEMENT DANS LE PARC DANS DIX MINUTES !!!
Chapitre 36 : Basse vengeance 
Des portes se mirent à s’ouvrir, des pas précipités se firent entendre tout autour des fugitifs. Link réagit au quart de tour et poussa ses protégées vers la tapisserie. Une fois cachés, ils reprirent le miroir pour s’assurer que personne ne les avait vus, ce dont ils furent vite rassurés. L’elfe s’interrogea sur l’origine de cette grande sortie. Rien de son ancienne expédition ne lui avait laissé imaginer une pareille animation. Qu’est-ce qui avait poussé Ganondorf à passer ses troupes en revue ? Il demanda au miroir de leur montrer le pire ennemi du royaume. Ils le virent traverser le grand hall à la statue du héros des bois, parlant d’un air agité à ses sbires. Knil était parmi eux, et le bras en écharpe. Il était visiblement revenu de son expédition de reconnaissance et avait à nouveau repéré les rescapés de l’invasion. Mauvais... le sorcier allait certainement lancer son armée à leur poursuite. En quelques minutes, tout le château semblait désert.
Link sentit Soraya lui tirer sur la manche.
- C’est le moment d’aller récupérer ton épée. Jamais tu n’auras de meilleure situation.
- Mais ils peuvent revenir à tout moment. Comme c’est une salle proche de l’entrée, nous aurons deux cents hommes sur le dos sans avoir eu le temps de réagir.
- Alors on ferme l’entrée...
- Hein ?
- Tu sais où on est ? Dans une pièce qui peut contrôler le système de fermeture des grandes portes du château, dont toutes ses entrées. C’est ce levier-là. Le temps qu’ils arrivent à ouvrir la porte, j’ai le temps de te faire une visite guidée de toutes les ailes.
- Comment sais-tu que ça fonctionne ?
- C’est ma soeur qui m’a appris, il y a deux ou trois ans. Alors ? Il ne faut pas traîner.
- C’est... possible. Laisse-moi vérifier qu’on ne risque vraiment pas de tomber sur un lézard.
L’elfe scruta le miroir un long moment, puis fit signe à Soraya de bloquer les entrées du château. Il put voir dans son miroir les portes se refermer doucement, alors que cinquante mètres plus loin, le sorcier reprochait à ses serviteurs leur incompétence. Les trois jeunes gens ne purent s’empêcher de rire. Ils gardaient le miroir fixé sur le sorcier, dans l’espoir de voir son visage lorsqu’il réaliserait qu’il avait été chassé de son fief si récemment conquis. Ils dévalèrent les escaliers tout en gloussant pour arriver devant le gigantesque carrelage à l’emblème de la Triforce. Link, se rappelant sa mésaventure, enleva son gant et toucha le dessin de sa main. Le passage vers la crypte s’ouvrit et le guerrier put aller chercher son épée en toute tranquillité et en profiter pour examiner les vitraux qu’il n’avait jamais eu le temps de regarder.
Soraya lui expliqua, en vrai guide professionnel, que la salle avait été construite en mémoire du combat du héros du temps, premier héros à avoir affronté Ganondorf à une époque où on avait décidé de construire le nouveau château sur les vestiges d’un vieux temple sacré où l’épée reposait. Les fresques représentaient les sages qui avaient soutenu Link premier du nom dans son combat. Le jeune homme se rappela subitement l’histoire racontée par Raphaëlle. Dans ce cas... son ancêtre, la sage Gerudo de l’esprit devait s’y trouver. Il la vit dans un décor orangé. Elle lui semblait courageuse, forte et déterminée. Elle ressemblait à l’image dont il s’était fait.
Après cette brève visite, ils se dépêchèrent de sortir de la crypte. Le passage se referma automatiquement. Link estimait qu’ils avaient perdu assez de temps et incita ses amies à courir vers la cave à vin. Cependant, ils eurent une mauvaise surprise en s’approchant de la pièce. Les fouilleurs de caisses y étaient toujours. Ils n’étaient pas dans un état brillant, mais suffisamment éveillés pour les voir passer et retenir la présence du passage secret. Link fut bien tenté de les tuer, mais les traces de lutte auraient prouvé la présence du passage secret dans les environs. Finalement, le jeune garçon eut envie de s’amuser un peu. Il fit signe à ses amies de se cacher derrières des tonneaux, puis s’avança vers les soldats.
- Dites donc... vous êtes au courant que le boss a convoqué tout le monde dans le parc il y a vingt minutes ?
- Que... vi on a entendu mec, et le paaatron, on s’en fout, il avait promis de la puissance, des richesses et des femmes, et on n’a eu ni l’un... ni l’autre... ni l’autre... Alors qu’il aille conquérir le monde avec des ours en peluche si ça lui chante, mais nous, on reste ici.
- Euh, les gars, le patron a l’air de mauvaise humeur. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de rester ici.
- Et alors ? Si mooooonsieeeeur le paaatron a envie de passer un savon à tout le monde, on est beaucoup mieux ici, non ?
- Non, parce que je pense que ceux qui se rendent au parc auront plus de chance que vous de rester en vie. Je vous signale qu’il compte prendre les présences.
Les ivrognes eurent enfin un éclair de peur dans les yeux.
- On va y aller et montrer comme nous sommes des bons soldats, ouais mec !
Les hommes se levèrent avec grande peine et se dirigèrent en titubant vers les escaliers.
- Et toi, tu viens pas ?
- J’ai été chargé par le patron lui-même d’aller chercher les retardataires. Dépêchez-vous d’y aller et j’oublierai que je vous ai croisés en train de vous saouler à mort.
- D’ac, capitaine.
Les alcooliques continuèrent leur chemin après lui avoir fait un salut militaire et disparurent. Les deux filles sortirent de leur cachette.
- C’est vraiment pitoyable, un homme qui s’abandonne à la boisson. J’espère ne jamais avoir à faire avec des hommes pareils.
- Ah, il faut espérer, répondit Link en souriant. Ces types-là auront du mal à justifier leur présence dans un palais fermé.
Ils continuèrent leur chemin et arrivèrent au symbole de la famille royale. Link joua l’air sur sa flûte et le passage secret s’ouvrit.
En les voyant arriver, les gens du passage réagirent différemment. Blanche de Val-Loix poussa un simple soupir de soulagement, le Sheikah sourit, le vieux Lucas serra sa fille dans ses bras et Zelda... serra tour à tour sa petite soeur et son beau chevalier au point de les étouffer.
Ensuite, ils pressèrent les aventuriers de raconter leur expédition. Link se contenta de désigner le miroir d’un air malicieux. Il posa le miroir sur le sol. Le sorcier avait terminé son puissant discours et se préparait justement à rentrer dans le château. Il parut d’abord peu surpris que les battants de la porte soient fermés, mais au fur et à mesure que ses acolytes s’efforçaient de l’ouvrir, les traits de son visage prirent diverses formes de rage terrifiantes ou ridicules.
Les fugitifs eurent droit à un très sympathique spectacle de la colère du seigneur diabolique. Ce dernier criait sur ses hommes d’être assez incompétents pour ne pas remarquer les maraudeurs qui avaient réussi à les expulser du château royal. Au bout d’un moment, ils se lassèrent de la scène, bien qu’elle leur procure un sentiment de revanche. Blanche proposa à tout le monde de se mettre en marche pour la sortie et une meilleure cachette, ce que tout le monde approuva. Link fit tout de même remarquer que Ganondorf allait certainement envoyer ses soldats à la recherche des rescapés, et qu’il valait mieux être en mesure de se défendre. Les hommes du groupe répondirent qu’ils étaient tous armés, à l’exception du vieux Lucas. Link décida de lui passer sa vieille épée qui lui était désormais inutile. Il savait à présent comment cette épée avait pu lui revenir dans le futur parallèle.
Chapitre 37 : Le chemin à suivre 
La petite troupe marcha une bonne vingtaine de minutes dans un couloir sombre, humide et plein de champignons douteux. Les jeunes filles passaient leur temps à gémir devant les végétaux plus répugnants les uns que les autres. Ils finirent heureusement par atteindre des escaliers et un air plus respirable. Les filles poussèrent des cris de joie et les autres des soupirs de soulagement. Ils arrivèrent à la sortie d’une toute petite grotte dans un monticule de pierre. La lande qui s’étendait devant eux semblait déserte.
- Bien, je crois que c’est le moment de décider de notre destination, annonça le vieux Lucas. Où pourrait-on aller pour échapper à la colère du sorcier ?
- Je pense, dit Zelda, que Ganondorf ne songera pas à aller nous chercher dans la forêt. Il l’a déjà incendiée et il ne doit pas s’attendre à ce qu’elle cache encore du monde. Il nous suffit d’aller demander de l’aide à l’arbre Mojo.
Sa petite soeur répondit immédiatement qu’elle mourrait d’envie de voir à quoi ressemblait ce fameux arbre géant dont un grand nombre de légendes parlaient. Elle ajoutait que d’après Link, c’était là-bas que son père et tous les civils s’étaient dirigés. L’elfe s’empressa de lui couper la parole.
- Je suis désolé de mettre ça sur le tas, mais je préférerais que tu me suives ailleurs. On a besoin de toi à la citadelle des nuages.
- Qu’est-ce que tu veux aller faire là-bas ? lui demanda Zelda d’un ton fort méfiant, pour ne pas dire agressif.
- A ton humble avis ? Leïa a besoin de la présence de Soraya pour se libérer d’un sort.
- Je m’en doutais ! Pourquoi faut-il que tu la fasses passer avant tout le monde ?
- Parce que Leïa est ma cousine, que je l’aime et qu’actuellement, elle possède deux fragments et est notre meilleur espoir pour vaincre nos ennemis.
- Deux fragments ?
Soraya devenait terriblement intéressée par la situation. Déjà qu’elle en était un peu le centre, le fait qu’on fasse allusion à des événements qui lui échappent l’excitait au plus haut point.
- C’est une longue histoire, Soraya, je t’expliquerai en chemin.
- Non, Link ! Tu n’emmèneras ma soeur nulle part ! Je suis son aînée et c’est à moi de choisir ce qui lui correspondrait le mieux. Je dis que ma soeur me suit à la recherche de notre père et que tu n’iras pas voir cette...
- Cette quoi ? dit Link de plus en plus échauffé. Vas-y ! Dis-le !
- Cette traînée, cette fille, petite-fille, arrière-petite-fille de garces en tous genre !
- Et bien, je répèterai tous ces mots à Leïa, et quand on aura sauvé le royaume, nous verrons comment nous riposterons aux insultes que tu viens de faire à notre famille ! Je suis un Gerudo maudit, je suis une réincarnation du héros éternel, un descendant de Ganondorf, mais aussi du héros du temps et du héros des bois. Princesse, je suis peut-être obligé de sauver le royaume, mais tu n’es pas inclue à l’intérieur.
- Tant pis pour toi, imbécile. Mais ma soeur ne t’aidera pas plus que moi.
- Noooon, je veux aller avec Link ! gémit la petite princesse, en s’accrochant à son bras.
Blanche de Val-Loix jugea bon d’intervenir avant que se produise une catastrophe.
- Ecoutez, les jeunes. De un, vous avez besoin les uns des autres. La discorde ne vous mènera à rien. De deux, je pense qu’il est dangereux de faire voyager les deux soeurs ensemble. Si vous vous rappelez bien, c’est toujours pour des raisons de sécurité que vous avez été séparées et je crois que cela doit toujours être d’actualité. Elisabeth, je pense que tu as raison de vouloir rejoindre ton père et je ne m’y oppose nullement, mais ta soeur doit être mise en sécurité. Elle sera beaucoup mieux à la citadelle des nuages dont seuls les Sheikahs connaissent l’emplacement.
Tout le monde se tut. Les personnes réfléchissaient ou se taisaient pour laisser les personnes concernées réfléchir. Tous finirent par conclure que la suggestion de la nourrice était la plus sage. On divisa le groupe en deux en fonction des destinations. Link, la petite princesse et sa nourrice partaient pour le mystérieux quartier général de l’organisation la plus énigmatique du royaume, ce qui excitait Soraya au plus haut point. Tous les autres, Sheikahs, civils et Zelda, tenteraient de retrouver les rescapés de l’invasion. Sur ce, la protectrice des princesses jugea bon de rappeler à quel point il était important de taire ce qu’ils avaient entendu à propos de ce fameux repaire. Tous firent le serment de ne jamais en parler.
Enfin, tous furent prêts à partir. Au début, ils marchaient ensemble, leur destination respective étant dans la même direction. Leur progression était lente, étant donné la présence d’un enfant et de personnes âgées dans le groupe. De plus, on constatait que la nuit approchait à grands pas. On commençait à s’inquiéter car tout le monde savait que les plaines étaient peu sûres durant la nuit et que les carnivores quittaient leur tanière pour piéger leurs proies endormies. Ce n’était définitivement pas une bonne idée de s’arrêter au beau milieu de la plaine.
- Savez-vous s’il y a des refuges dans ce coin-ci ?
- Il y a les ruines d’un village qui a été ravagé il y a plusieurs années, annonça un Sheikah... mais je ne sais pas où il se trouve exactement. Il n’en reste pas grand-chose qui sorte de terre. Il n’est pas simple à repérer.
- C’est mieux que rien, répondit Link. Au moins, nous saurons nous protéger des animaux sauvages.
Tout le monde approuva et vingt minutes plus tard, ils arrivèrent dans une sorte de champ de ruines envahi par la végétation. Les rares murs encore debout ne faisaient guère plus d’un mètre de haut quand on arrivait à les voir sous la mousse et le lierre. Le site était abandonné depuis bien des années. On réussit toutefois à dégager l’entrée d’une cave assez bien préservée et où ils pourraient passer la nuit.
Alors qu’une équipe s’occupait à faire un feu dans la cachette, une autre à faire un repas frugal, Link explorait le village. Il se demandait comment cet endroit avait pu être abandonné. Il semblait pourtant grand et assez important. De plus, il devait être au beau milieu des voies commerciales. Non, il devait y avoir une raison très spéciale pour avoir été déserté. Il s’approcha d’un bâtiment qui lui semblait plus attirant que les autres. Link y vit des pierres noires et des planches brûlées. L’édifice avait été incendié. L’elfe ne savait pas pourquoi, mais cela le rendait triste. Il avait l’impression de regretter le sinistre, de vouloir la maison comme elle était avant. Machinalement, il s’approcha de l’endroit où devait se trouver le foyer et s’assit à sa droite. En coup d’oeil, il remarqua un dessin d’enfant représentant un chevalier gravé sur une brique de l’âtre. Pourquoi donc était-il si troublé ? Il ne comprenait absolument pas. Certes, il y avait dû se passer un drame à cet endroit. Le bâtiment avait dû se consumer avec ses habitants, mais Link se sentait trop bouleversé pour être étranger à cet événement. Il décida de quitter le lieu avant de se mettre à pleurer. Il continua son exploration et arriva à un endroit où une multitude de pierres dressées se tenaient en rangées bien ordonnées. Qu’est-ce que c’était ? Il n’hésita pas longtemps, cela devait être le cimetière. Il fut immédiatement attiré par trois tombes nettement mieux entretenues que les autres. Pourquoi étaient-elles presque neuves alors que les autres étaient déjà recouvertes par la mousse et les inscriptions déjà presque effacées ? Il s’en approcha et voulut lire ce qui était gravé sur les pierres tombales.
Ici gît Euklid Pandragon
Né en 471 de la nouvelle Dynastie
Décédé en 498 de la nouvelle Dynastie
Emporté par la terrible épidémie qui sévit à la cité royale
Humble serviteur de la mémoire du royaume
Frère jumeau d’Uther Pandragon
sur la tombe suivante :
Ici gît Uther Pandragon
Né en 471 de la nouvelle Dynastie
Décédé en 501 de la nouvelle Dynastie
Protecteur du village de Wallax
Chevalier de l’étoile du crépuscule
Tombé au combat lors de l’assaut et de la ruine de Wallax
Sur la dernière tombe :
Ici gît Alicia Homéka
Née en 475 de la nouvelle Dynastie
Décédée en 501 de la nouvelle Dynastie
Tuée lors de l’assaut et de la ruine de Wallax
Epouse bien-aimée d’Uther Pandragon
Link se laissa tomber sur le sol. Il était en train de réaliser qu’il se trouvait sur la tombe de ses parents.
Chapitre 38 : Le retour du chuchoteur 
Link ne savait pas quoi faire... il cueillit des fleurs dans ce qui restait du cimetière et les posa sur la tombe de sa mère. Puis il s’agenouilla à nouveau devant la tombe de son père et resta silencieux pour se recueillir. Le silence ne dura cependant pas fort longtemps. Link entendit des bruits de sabots. Un troupeau de chevaux semblait approcher, mais Link ne les voyait pas. Il commençait à faire sombre, et la visibilité était devenue très réduite. Link commençait à devenir nerveux. Les chevaux étaient censés se trouver à quelques mètres de lui et il ne les apercevait toujours pas. Soudain, une voix rompit le silence.
- Tu es vraiment incapable de prendre soin de ton cheval, toi.
Link sursauta. Un homme venait d’apparaître à ses côtés. Ce dernier éclata de rire. Il s’agissait d’Hippophilos.
- Tu devrais voir ta tête, elle vaut la peine d’être immortalisée.
- Je n’ai pas envie de rire, Hippophilos, désolé.
Le premier-né regarda l’elfe, puis les tombes. Il comprit la situation. Il s’assit auprès de lui.
- Tu es le fils d’Uther...
- Tu connais mon père ?
- Pas personnellement, mais lors du sac du village, j’ai recueilli quelques chevaux qui s’étaient enfuis, dont le sien. Les pauvres bêtes m’ont raconté toute l’attaque. Le cheval de ton père m’a narré dans les détails la façon dont tes parents ont été exécutés. Je suppose que cela ne t’intéresse pas...
- Je ne pense pas que je veuille le savoir. Ce que je me demande, c’est comment il se fait que moi, je sois en vie alors que tous ces gens sont morts.
- Ça... le cheval m’avait dit qu’il avait vu son plus jeune maître allongé et inconscient sur le sol. Tu étais peut-être assommé et les assaillants t’ont cru mort. Enfin, je suis certain que tu es ce garçon. Ton cheval en est la preuve.
- Heu... tu peux expliquer ?
- C’était il y a quatorze ans... entre temps, le cheval de ton père est resté auprès de moi avec tout un troupeau. Il y a rencontré une belle et fougueuse jument et...
- Et quoi ?
- Il y a six ans, j’ai demandé à leur fille de retrouver l’enfant du maître de Pieguemal, et cette jument, c’est ton cheval.
- Getella ???
- Oui.
- C’est pas croyable...
- Tu as eu une vie incroyable, tu sais...
- Tu n’as pas idée.
Le premier-né tourna la tête.
- Ce n’est pas tout ça... devine qui j’ai récupéré il y a trois heures, galopant au beau milieu de la plaine ?
- Elle... elle va bien ?
- Bien sûr qu’elle va bien... sa queue est un peu roussie, mais rien de grave. Elle a eu la peur de sa vie lorsque l’écurie où elle se trouvait a pris feu, mais comme tous les chevaux paniquaient, ils ont réussi à faire un passage en force à travers les monstres. Certains y ont laissé leur peau, d’autres sont blessés, mais ta jument va bien. Je tiens juste à te signaler qu’elle commence à t’en vouloir de la mettre dans de pareilles situations.
- C’est pas ma faute...
- Possible, mais tu vas avoir du mal à la convaincre de te suivre, de plus qu’elle s’est trouvé un bel étalon parmi les rescapés des écuries.
- Ben voyons... et comment je fais ? Je n’ai pas ton pouvoir de communiquer avec les animaux.
- Reste près d’elle, cajole-la, joue-lui de la musique...
- Ça marchera ?
- Je ne sais pas... mais il faut que tu lui montres que tu tiens à elle.
Le premier-né se leva, frappa dans les mains et l’intéressée apparut à l’autre bout du cimetière. Link s’en approcha doucement. Getella le regardait fixement. Le premier-né s’effaça, comme pour laisser un vieux couple régler ses comptes. Link était terriblement embarrassé par la situation. Jamais de sa vie il n’aurait cru avoir à recoller les morceaux avec une jument. La situation lui semblait terriblement ridicule. D’un autre côté, il avait besoin de Getella, ne serait-ce que pour porter Soraya durant le trajet jusqu’à la citadelle.
- Bon, Getella, je ne pouvais absolument pas prévoir qu’une catastrophe allait se déclencher dans cette écurie. Je pensais que tu y serais bien à l’abri, bien nourrie, bien soignée. Ce n’est pas ma faute si un dingue a décidé de piller la ville...
Le cheval ne semblait absolument pas intéressé par les arguments de l’elfe. Le jeune homme tenta de s’approcher de l’animal pour le caresser, mais cette dernière recula de quelques pas.
- Ecoute, Getella, je n’ai jamais voulu qu’il t’arrive le moindre mal. Je tiens à toi... j’ai besoin de toi, je t’aime...
L’elfe se sentait complètement ridicule. Comme si la situation n’était pas assez compliquée, Zelda trouva le moment propice pour venir signaler à Link que le repas était prêt et qu’on l’attendait. Elle fut, évidemment, surprise de voir Link parler à un cheval. Elle ne se moqua pas de lui. Au contraire, elle trouvait absolument adorable qu’un homme puisse prendre le temps de cajoler un animal. Agrippée au cou du jeune homme, elle voulait le regarder réconforter son noble destrier.
- Zelda, je t’en prie, la situation est assez compliquée comme ça. On doit être seuls.
- Et bien, je veillerai à ce que personne ne vienne vous déranger.
- Zelda, c’est toi qui nous dérange... si tu vois ce que je veux dire. Va manger et dis aux autres que je viendrai plus tard.
La jeune fille partit, déçue. Cependant, Link n’avait pas l’impression d’en être débarrassé. Il était persuadé qu’elle était cachée derrière un mur pour continuer à l’écouter. Il décida de l’ignorer et de se réoccuper de la jument, un peu dépassée par la scène. Il s’en approcha et se mit à lui caresser l’encolure.
- Getella... Je suis désolé que tous ces événements te soient arrivés. Je suis désolé de ne pas avoir réussi à te protéger correctement...
Et Link continua, une heure durant, à chuchoter des mots doux à son cheval. Au bout de ce temps, l’elfe crut déceler de l’affection dans le regard de l’animal. Elle se mit à mâchouiller ses vêtements. Juste à cet instant, l’ami des chevaux réapparut.
- Lorsqu’un cheval s’attaque à tes vêtements, c’est qu’il t’aime bien. Je pense que tu as réussi. Eloigne-toi un peu pour qu’on voit si elle te suit.
L’elfe obéit. Le cheval le suivit instinctivement.
- Visiblement, elle a l’air d’accord. Tes problèmes sont résolus.
Link approuva. Il remercia le premier-né pour toute l’aide qu’il lui avait apportée. Ce dernier allait partir lorsque l’aventurier l’interpella.
- Attends un instant... avec Getella, j’avais complètement oublié un détail avec la tombe de mes parents. C’est toi qui les as si bien entretenues ? Les pierres funéraires sont comme neuves.
- Ce n’est pas moi. La dernière fois que je suis passé nourrir mes chevaux dans cette région, c’était il y a six ans.
- Mais alors... qui donc aurait pu entretenir ces trois tombes en particulier ?
- Aucune idée. J’aurais pensé que c’était toi. C’est ta famille, tu as grandi ici.
Link ne trouvait rien à dire à cela. Il ne connaissait pas son passé. Il avait tout oublié suite à ce terrible échec dans son futur antérieur. Etait-il possible que ce soit lui qui ait pris soin des sépultures de ses parents et qui les ait oubliés ? Cependant, une autre idée commençait à faire son chemin dans l’esprit du héros éternel. Elle était folle, peu probable, mais le jeune homme préférait de loin cette idée à la première. Il pensait à ce mystérieux cousin disparu qui voulait retrouver le village de ses ancêtres. Et si c’était lui ? Et s’il était toujours vivant... et qu’il venait régulièrement ici pour honorer sa famille ?
Chapitre 39 : Le chemin secret 
Le lendemain matin, notre jeune héros avait l’esprit assez embrouillé. D’abord, les piaillements des jeunes filles l’avaient empêché de dormir, et ensuite, il n’avait pas eu le temps de correctement assimiler les nouvelles qu’il avait apprises la veille. Il ne savait pas ce qu’il devait croire. Il désirait de tout coeur que son mystérieux cousin soit encore en vie et qu’il vienne régulièrement rendre hommages aux morts de Wallax, mais une petite voix au fond de lui-même lui disait que son amnésie lui avait fait oublier une vie entière, et donc la vérité à ce sujet. L’elfe sentait que cette vérité était bien moins émouvante que celle qu’il s’imaginait. Le jeune homme renonçait donc, temporairement, à enquêter sur le protecteur des tombes.
Ses objectifs, eux aussi, étaient vagues. Il ne savait plus ou mettre sa priorité. Devait-il protéger les rescapés de la cité royale, aller retrouver Leïa, se mettre à la recherche des morceaux de la Triforce du courage ? Il y a deux jours, il s’était engagé à aller retrouver sa douce amie. Il lui avait fait la promesse de vite la retrouver, mais à présent, il se demandait s’il n’avait pas mieux à faire que d’aller contempler ses beaux yeux et lui apporter la relique.
Les deux groupes se préparaient. Celui qui allait à la recherche du roi d’Hyrule prenait soin de rafler le plus de nourriture possible, cueillant les fruits et légumes sauvages qui poussaient dans ce qui restait des potagers. Link, Blanche et Soraya, eux, ne voulaient pas traîner. L’elfe installa la petite princesse sur la selle de sa jument et ils partirent rapidement.
Le voyage se faisait sans encombre. Ils tombèrent quelques fois sur des sales bestioles défendant leur territoire, mais qui ne faisaient pas le poids face à l’elfe. Au début, ils ne se disaient pas grand-chose. La petite princesse parlait toute seule, heureuse de pouvoir, pour la première fois de sa vie, monter à cheval. La petite fille rêvait d’aventures, de parcourir le monde avec un fidèle destrier et demandait à son garde du corps de lui raconter toutes ses batailles. Link dut en inventer une bonne dose et en adapter d’autres, mais au final, ce n’était pas embarrassant, et puis, cela les occupait. A la tombée de la nuit, ils arrivèrent au village de Saut-de-Roc. L’elfe était partisan de passer la nuit à l’auberge des bouquetins, mais Blanche voulait profiter de la nuit pour emprunter le chemin secret de la citadelle. Néanmoins, elle demanda à son coéquipier de laisser le cheval à l’écurie. Il ne saurait pas se déplacer sur les sentiers qu’ils allaient prendre. Link alla donc confier son cheval aux palefreniers, tout en leur faisant mille et une recommandations quant aux soins à lui prodiguer. Il ne voulait pas que Getella lui fasse un faux-bond de plus.
L’elfe se rappela que la seule fois qu’il s’était rendu dans la mystérieuse construction Sheikah, c’était dans la poche de son ami Rick et que celui-ci utilisait un chemin créé par l’ennemi. L’elfe aurait dû se douter que la base secrète des Sheikahs était bien plus difficile d’accès. Il se demanda comment ils pourraient bien y arriver.
La nourrice leur fit prendre le chemin du sanctuaire de pierre, puis, arrivant à un carrefour, choisit le chemin de gauche. Link se souvint l’avoir pris dans son futur antérieur. Il donnait sur les restes d’un pont de cordes au-dessus d’un précipice. Le jeune homme était étonné. Il n’avait pas remarqué la moindre trace d’un autre passage. La Sheikah s’approcha des deux bâtons de bois marquant le début du pont. Elle fit signe à la petite princesse de la rejoindre.
- A partir de maintenant, je vais te bander les yeux. Même toi, tu ne dois pas savoir où se trouve la forteresse.
La petite fille ne broncha pas et se laissa faire.
- A présent, je vais guider ta main vers une barre que tu ne devras lâcher sous aucun prétexte. Elle va te guider vers l’entrée de notre cachette. Je vais aller devant toi pour être sûre que tout va bien, mais attention, le passage qu’on va prendre est étroit, alors tu restes contre la rampe, et tu ne la lâches pas. Tu pourrais ne pas la retrouver, ou glisser.
Bonne élève, Soraya continuait d’obéir. Sa nourrice lui saisit la main, tâtonna un des bâtons et sembla agripper un objet dans le vide.
- Tu la sens ?
- Oui.
L’aventurier était étonné. Les mains des deux filles ne tenaient rien. Il fut encore plus surpris de voir Blanche s’avancer dans le vide. Ses pieds évoluaient sur... de l’air. Il la regarda d’un air inquiet. Elle lui sourit.
- Elisabeth m’a expliqué l’ampleur de ta tâche, lui répondit la femme. Tu as le droit de "voir", même si ce "voir" ne veut pas dire grand-chose. Tu peux constater que ce chemin est la fierté de notre peuple, notre plus fabuleuse création. Je te donne juste une précision. Sans la barre, la voie n’existerait pas. C’est pour cela qu’il ne faut pas la lâcher une fois que l’on s’y engage.
Curieuse, Soraya voulut enlever son bandeau, mais Blanche la retint de justesse. Toujours aussi peu confiant, l’elfe empoigna son guide invisible et s’avança sur un sol dur comme du verre qu’il ne voyait toujours pas.
Link n’avait pas aimé la promenade sur les corniches du château d’Hyrule, mais une fois qu’il était bien engagé dans la "passerelle Sheikah", il se mit à penser qu’il aurait donné toutes ses richesses pour pouvoir y retourner. Au château, au moins, il voyait ce sur quoi il évoluait. Ici, il tenait du vide et semblait marcher sur un pont de cristal qui pouvait se briser à tout moment à vingt mètres du sol, lequel était composé de rochers pointus et de minuscules arbrisseaux qui ne pourraient nullement amortir sa chute. A chaque pas, l’elfe craignait de poser le pied là où rien ne pourrait le soutenir. Heureusement pour lui, le chemin n’était pas tellement difficile. Il tournait légèrement, montait un peu, tournais dans l’autre sens. Link comprit que le chemin les emmenait à un endroit non visible depuis leur point de départ. Dans le noir, cela ne comptait pas, mais à la lumière du jour, on aurait pu repérer leur point d’arrivée.
Après un quart d’heure de sueurs froides, ils arrivèrent enfin à une abside naturelle dans la roche de l’autre côté du précipice. Pendant que Link se remettait de ses émotions, la guide enleva le bandeau des yeux de la petite princesse et se mit à jouer l’hymne de la famille royale sur un ocarina. Un phénomène semblable à celui des caves du château d’Hyrule se produisit. Les cailloux sortirent, s’enfoncèrent, la paroi semblait être faite en une gélatine tremblante et animée. La roche se divisa en deux parties qui formèrent des colonnes, laissant apparaître un sombre couloir.
- Nous sommes arrivés, annonça Blanche.
Elle sortit un petit cristal qui ressemblait à de la glace. Elle souffla dessus et il s’illumina, éclairant une bonne dizaine de mètres de l’escalier qui s’offrait à eux. Les trois compagnons s’y engagèrent. Les lieux étaient silencieux et vides. Durant leur progression, ils n’entendirent que le bruit de leurs pas sur la pierre, et cela donnait un son assez sinistre. Le chemin paraissait sans fin. Ils durent marcher vingt minutes dans cette ambiance sordide avant d’arriver dans une crypte sombre, froide et humide décorée de plusieurs colonnes simples. Pour Link, cette pièce semblait encore plus inquiétante que les escaliers, car son ouïe d’elfe percevait des respirations, des mouvements et des murmures. Des gens les épiaient dans l’ombre. Il fit part de sa constatation à sa guide. La Sheikah se risqua à signaler leur identité et à demander aux épieurs de se montrer. A nouveau, le silence et les respirations leur répondaient. Nerveux, Link dégaina son épée et se mit à faire le tour de la salle pendant que Soraya se blottissait contre sa nourrice. L’elfe se retourna pour voir si les deux filles allaient bien. Il vit que les yeux de la petite fille le regardaient avec terreur.
- Derrière toi !!!
Link n’eut pas le temps de se retourner. Plusieurs mains l’avaient agrippé et attiré dans la pénombre.
Chapitre 40 : Le mal de Leïa 
- Le chef est venu !!! Il est venu !!!
- Bienvenue parmi nous, Link !
L’elfe mit quelques secondes à comprendre que les mains qui lui donnaient des coups dans le dos et lui frottaient les cheveux étaient celles de sa petite bande de voleurs.
- Qu’est-ce que... vous foutez là ?
Blanche arriva avec son caillou lumineux.
- Link, qui sont ces gens ?
- Mes amis... Zelda les a envoyés ici.
- Mais... cette salle est sensée être gardée par des Sheikahs, pas par des paysans
- C’est une longue histoire, madame.
- Et nous vous saurions gré de ne pas nous appeler "paysans". Depuis quelques jours, nous sommes les membres de l’équipe d’élite d’infiltration des réseaux du peuple de l’ombre.
- Pardon ?
- C’est vrai, Link, si tu savais ce qui s’est passé pendant ton absence. Contrairement à ce que la rumeur populaire raconte, les Sheikahs sont loin d’êtres les sinistres agents secrets que nous nous figurions. Ils sont assez sympa, ont un bon sens de l’humour et nous ont proposé de participer à un "jeu" pendant notre séjour ici. Ils voulaient profiter de nos talents pour éprouver leurs systèmes de sécurité. Alors on joue, nous à infiltrer les quartiers ou récupérer les objets qu'eux, veulent défendre. Une fois que nous avons atteint notre but, nous faisons un bilan de notre expédition, leur signalons sur quelles failles nous avons joué pour qu’ils puissent s’améliorer. C’est un excellent entraînement pour tout le monde. Juste à l’instant, nous nous concertions pour la méthode à suivre pour notre prochain défi. On a choisi cette cave parce qu’elle est loin de tout et possède une isolation acoustique très surprenante.
La nourrice avait du mal à croire que ses collègues se livraient à ce genre de bêtises. Ce repaire secret, invulnérable s’était-il vraiment transformé en terrain de jeu, et ses occupants en gamins joueurs ? Link, lui, examina le visage de ses amis. Ils avaient l’air en forme, bien traités, c’était tout ce qui comptait. Il nota que deux personnes manquaient.
- Où sont Rick et Viktor ?
Les visages de ses amis devinrent plus sérieux et plus graves.
- Viktor est parti en mission de reconnaissance et Rick... (les visages devenaient soudain hésitants) il est au chevet de mademoiselle Leïa.
Le mot "chevet" résonna sinistrement aux oreilles de l’elfe.
- Chevet ? Qu’est-ce que...
- Ben... déjà, avant hier matin, quand tu es parti, elle n’allait déjà pas très bien. Elle était fatiguée, un peu fiévreuse. Mais hier après-midi, elle est subitement tombée dans une sorte de sommeil hypnotique. C’était terrifiant. Elle était en transe, prise de convulsions, semblait subir toutes sortes de tortures. Il y avait même des brûlures qui apparaissaient sur sa peau. Les experts en sorcellerie disaient qu’elle avait été envoûtée, que quelqu’un déversait sa colère sur une statuette à son effigie et que cela se répercutait sur elle. Ça a duré trois heures, puis tout s’est arrêté. A présent, elle dort et ne se réveille pas.
Comme Link s’en voulait. Après avoir été expulsé de son château, le sorcier s’était défoulé sur la seule victime à sa portée, son arrière-arrière-petite-fille. Pourquoi n’y avait-il pas pensé ? Tout ça, c’était de sa faute. Leïa avait souffert le martyre parce qu’il avait eu envie d’avoir une petite revanche sur Ganondorf. Il exigea immédiatement que ses amis le conduisent à la jeune fille. Les garçons se concertèrent un instant, soi-disant pour savoir qui avertir de son arrivée, mais quand ils firent signe aux arrivants de les suivre, ils avaient déjà la mine beaucoup moins grave.
- Il faut que tu ailles d’abord voir le vénérable Telavi, le doyen de la citadelle pour lui expliquer qui tu es. C’est lui qui s’occupe de protéger Leïa. Je pense qu’il y aura toute une série de formalités avant que tu ne puisses la voir. On va te montrer.
- Ça va aller, les coupa Blanche de Val-Loix. Je suis une habituée et un des membres les plus influents de notre communauté. Ça passera tout seul. Continuez vos jeux d’espions.
Les garçons devinrent subitement souriants.
- Justement... C’est dans le plan.
Zieck se dirigea vers les escaliers.
- Je pars annoncer votre arrivée et chercher Viktor.
- ... et le dîner par la même occasion, ajouta Rajick d’un ton entendu.
- C’est ça. Prenez tout votre temps.
Le garçon partit, le visage malicieux. Les autres se mirent en marche, tout en demandant à Link de leur raconter son aventure au château d’Hyrule. Le jour précédent, on leur avait annoncé que l’illustre cité avait été envahie. Leïa s’était fait un sang d’encre pour lui et était désespérée de ne rien pouvoir faire. Les habitants de la citadelle avaient vécu le drame "en direct" grâce à un mur enchanté qui transmettait les images. A nouveau, Link se demandait s’ils avaient pu voir son duel contre son ancêtre dans le mauvais futur.
Les nouveaux arrivants furent vite amenés dans une très grande salle ornée de bannières et d’élégantes sculptures. Le voyageur du temps eut un peu de mal à réaliser qu’il s’agissait de la salle du trône de Ganondorf qu’il avait si souvent vue en rêve dans son futur antérieur. Celle-ci était si propre, si belle, si élégante, rien à voir avec la sombre et sinistre pièce de ses songes. Au milieu de la salle, trois hommes l’attendaient assis sur des fauteuils installés sous un dais. Link reconnut immédiatement le vénérable Telavi, ainsi que le désagréable Duc Dalbe, le troisième lui était inconnu.
Blanche se dépêcha de se présenter et de saluer comme il se doit les membres les plus importants de la communauté de l’ombre et d’introduire ses protégés, en commençant par Soraya. Link fut très intrigué par le regard que le Duc posa sur la jeune princesse. Est-ce qu’il voulait dire "Oh non, un gamin de plus à garder, c’est pas un jardin d’enfant ici !" ou alors "ils sont fous de nous l’avoir confiée, je doute que les imbéciles qui peuplent la citadelle en prendront grand soin" ou encore "La princesse... serait-ce l’occasion rêvée d’étendre mon influence ?". En tous les cas, Link n’aimait pas le regard de l’homme. Ensuite, venait le vénérable Telavi, avec son corps d’homme centenaire, mais avait une lueur de malice dans les yeux. Le dernier était impassible, quoiqu’un peu fatigué.
Le vieux doyen de la citadelle accueillit les nouveaux arrivants chaleureusement. Il leur annonça qu’il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour rendre leur séjour agréable et aider le jeune héros dans sa quête. Le duc d’Albe approuva par son silence et le dernier homme par un hochement de tête fatigué. Link profita donc de cette atmosphère pour demander comment se portait son amie. L’homme endormi se redressa en un bond. Il se présenta, d’une voix un peu embarrassée, comme le responsable des lieux et de la garde de la jeune fille. Il lui demanda de le suivre en un lieu moins surveillé. Il tenait à s’expliquer seul et tranquillement. Link et ses amis le suivirent, mais le vieux Telavi les retint sur le pas de la porte.
- Les garçons... vous, vous restez ici.
- Mais pourquoi ?
- De un, parce que notre cher Edh Gar ne veut s’expliquer qu’avec votre ami, et de deux parce que nous voulons vous tenir à l’oeil.
- Mais... on a des choses à faire.
- Nous aussi, jeunes étourdis, et c’est pourquoi je vous demande de rester ici durant l’entretien. Je sais parfaitement que votre objectif du moment n’est pas loin des appartements où dort votre protégée. Il faudrait me prendre pour un imbécile pour s’imaginer que je ne réalise pas qu’il s’agit d’un prétexte pour vous approcher de votre cible.
Les garçons se résignèrent, l’air penaud. Le vénérable doyen, lui, semblait s’amuser comme un enfant. Blanche de Val-Loix et sa protégée, elles, suivirent l’elfe. En quittant la pièce, la petite princesse ne pouvait pas s’empêcher de regarder avec fascination la bande de fureteurs.
Le gardien de la citadelle emmena ses hôtes dans un couloir.
- Bien, je suppose que vos amis vous ont déjà prévenues qu’elle avait eu un petit problème.
- Oui, et j’avoue que cela ne me surprend pas beaucoup. J’étais déjà au courant que Ganondorf lui avait jeté un sort.
- Et bien, après observation des symptômes, nous savons à présent quel genre de sort on lui a jeté... et nous savons aussi comment le briser. Seulement, les deux méthodes nous paraissent irréalisables dans l’immédiat.
- Pourquoi ?
- Le sort consiste à utiliser un élément ayant fait partie du corps de la victime, des cheveux, des ongles, du sang... et le mélanger avec une savante composition de terre ensorcelée et en former une statuette à l’effigie de la victime. Dès lors, tout ce qui arrive à la statue se répète sur le propriétaire de l’élément. Pour briser ce sort, il faut récupérer la statue et en retirer l’élément via des sortilèges. Le noeud du problème est là. Nous n’avons pas la moindre idée de l’endroit où peut se trouver cette statue.
- J’aurais été étonnée que vous en connûtes la cachette, mais vous avez parlé d’autres méthodes.
- Oui... mais elle paraît encore plus irréalisable... C’est de lancer un contre-sort en donnant à la victime une assez puissante source de magie pour lui permettre de couper le lien avec la statue. Mais nous n’avons rien de tel ici, et il semblerait que le sort ait réussi à l’empêcher d’utiliser celle qu’elle possède.
- Et si on lui donnait un autre morceau de Triforce ?
- J’avais cru comprendre que votre fragment n’était pas complet.
- Ça ne suffit pas ?
- Tant que le triangle d’or n’est pas complet, les pouvoirs des cailloux est totalement dérisoire. Non, ça ne suffira pas.
- Et la Triforce de la sagesse ? les interrompit la petite princesse.
Les deux hommes se tournèrent vers la petite fille qui avait visiblement envie d’être utile.
- On ne l’a pas.
- Moi, je l’ai, dit-elle en agitant sa main droite.
On pouvait effectivement y voir le fameux symbole dont le triangle de droite brillait. Link ne pouvait pas s’empêcher de se féliciter d’avoir insisté pour l’emmener. Le gardien de Leïa regarda la petite fille avec surprise.
- Evidemment, si la relique change de propriétaire sans prévenir... Oui, on pourrait essayer, mais sauras-tu te servir de ses pouvoirs ?
- Je sais déjà faire plein de choses avec, répondit l’enfant, fière de l’intérêt soudain qu’on lui portait.
- Bon... dans ce cas... veuillez me suivre.
Il leur fit prendre un grand escalier élégamment décoré de fresques et de statues, un long couloir puis un autre escalier. Ils arrivèrent à une porte gardée par quatre Sheikahs qui s’empressèrent de les laisser passer. La chambre dans laquelle ils entrèrent était absolument ravissante. Il y avait de très grandes fenêtres qui donnaient sur l’ensemble de la citadelle et les montagnes aux alentours. La pièce était éclairée, aérée et parfumée par de beaux bouquets. Elle était vraiment agréable à vivre. Link repéra immédiatement Rick qui était installé à une des fenêtres et en train de discuter avec une jeune Sheikah. Il se leva et se précipita sur Link pour le serrer dans ses bras.
- Un instant, j’ai vraiment commencé à paniquer, lui dit-il.
- Toujours entier, comme tu le vois. Allez, où est Leïa ?
Le jeune homme indiqua un grand lit à baldaquin dont les rideaux étaient tirés.
- Elle s’est réveillée il y a une heure, mais elle s’est rendormie tout aussitôt.
- Merci d’avoir veillé sur elle.
Link s’approcha du lit, pendant que Rick retournait à sa chaise près de la fenêtre. Etrangement, Rick semblait dix fois plus intéressé par la vue de la citadelle et de sa nouvelle compagne que par ce qui se passait dans la pièce. L’elfe tira donc les rideaux du lit. Sa bien-aimée y dormait à poings fermés, mais ses yeux rougis et une forte odeur de transpiration lui indiquait que ce sommeil était loin d’être tranquille. Le jeune homme prit la main de la belle endormie et lui secoua doucement la tête. La jeune fille se réveilla péniblement et fut surprise de voir Link auprès d’elle. Elle referma les yeux. Elle pensait faire un rêve. Link dut la prendre dans ses bras pour la convaincre que c’était la réalité. La jeune fille était bien trop fatiguée pour pouvoir manifester sa joie. Elle ne répondit à Link que par un maigre sourire.
L’elfe fit signe à Soraya que c’était à son tour de jouer. La petite fille s’approcha de la malade et lui prit la main. Le triangle sur sa main se mit à briller. Il y eut un puissant éclair bleu, puis tout redevint normal... à la différence que les deux filles avaient sensiblement changé. Le symbole de la Triforce avait disparu de la main de la petite princesse et celle-ci semblait avoir rajeuni. Leïa, elle, avait à présent une chevelure mauve claire, des yeux de la même couleur et sur sa main le symbole de la sagesse était venu briller aux côtés de ceux de la force et de la révolte. La relique avait donc changé de propriétaire.
Au même moment, à bien des lieues de là, une statuette s’était désintégrée dans les mains du personnage qui la tenait.
- Je vois... tu as réussi à mettre la main sur un nouveau fragment... Il est grand temps que je te ramène à la maison.
Chapitre 41 : Les gardiens 
- Hé !!! Où est ma Triforce ?
- Là où elle devrait se trouver. La demoiselle que tu viens de sauver a été désignée par les dieux pour être la gardienne de la sainte relique.
- Mais...
La petite fille était terriblement déçue. Elle était tellement fière de posséder un objet sacré, et voilà qu’elle venait de le passer sans s’en rendre compte à une parfaite inconnue.
- C’est vrai qu’on aurait dû te le signaler, mais c’est ainsi. Lorsque les mages qui gardaient les sanctuaires ont compris que Ganon le Fléau était de retour, ils ont décidé d’utiliser les grands moyens et de mettre la relique à l’abri. Face à un gardien qui a tous les pouvoirs, l’ennemi éternel du royaume ne serait pas plus puissant qu’une fourmi. C’est pourquoi nous veillons sur cette demoiselle. En tant voulu, elle débarrassera Hyrule du mal.
Link se mordit la langue... il savait parfaitement que cet avenir optimiste pouvait tout aussi bien tourner au cauchemar. Il préféra se taire. Il s’assit auprès de sa dulcinée et la regarda attentivement. Sa nouvelle apparence n’était pas mal... Les cheveux et le regard pâle lui donnaient un air assez mystérieux et fascinant. Qu’est-ce qu’il aurait aimé être seul avec elle pour pouvoir lui témoigner sa joie de la revoir. Seulement, comment se débarrasser de tout le petit monde qui était entré dans la chambre ?
- Heu... monsieur Link, peut-on savoir vos intentions à présent ? Peut-on faire quelque chose pour vous ?
Le maître de la citadelle n’avait définitivement pas envie de le laisser tranquille.
- Mes intentions... il va falloir que je m’occupe de mon morceau de Triforce, mais avant toute chose, je veux avoir un sommeil réparateur. Il est quand même pas loin de onze heures du soir et j’ai passé la journée sur les routes.
Le message avait été clair. Edh Gar ouvrit une porte qui menait à une autre chambre tout aussi confortable que celle de Leïa. Ce serait donc sa chambre à chaque fois qu’il ferait un arrêt à la citadelle. Il ne jugea cependant pas qu’il était temps pour lui de se retirer. Lui, Soraya, Rick et sa nouvelle copine restaient dans la pièce à attendre que l’elfe prenne une nouvelle initiative. Link ne serait donc jamais seul avec Leïa ? Le jeune homme décida d’entamer une discussion avec la jeune fille, histoire de lasser les autres occupants de la pièce. Il se mit à lui parler des indications sur les étapes suivantes de son périple, de son passage au château d’Hyrule, du village de ses parents. Edh Gar emmena très vite la petite princesse vers ses futurs appartements. Rick et la Sheikah se révélaient être beaucoup plus résistants. Ils avaient envie de savoir ce qui était arrivé à Link et voulaient à tout prix l’aider pour la suite de sa quête. La jeune Sheikah, qui se nommait Atsui, s’empara de la liste des indications sur la position des fragments et entreprit de les analyser.
Le texte était le suivant :
"Les éléments du courage furent répartis entre ses amis qu’il estimait les plus dignes de leur garde. Ils furent huit à obtenir cet honneur. Parmi ses semblables, il y est un gardien de la mémoire qui garde ses souvenirs et ses trésors figés dans la glace. Il y en est un autre qui les raconte à ses protégés qui les garderont à jamais en eux et les transmettront de la même silencieuse manière à leur semence. Il y est encore un autre de ses semblables qui décida de protéger son souvenir dans un grand temple au-delà des flots et du temps. Un autre de ses semblables désigna le plus digne et le plus sage des mortels de la terre des sables pour veiller sur le trésor. Le peuple d’une autre de ses semblables érigea sa cité sur le bien qui lui avait été confié. Le dernier de ses semblables monta vers le ciel avec son héritage, et l’on n’entend plus de lui que sa voix se mêlant au vent en une douce mélodie. Le septième gardien, héritier d’une amitié millénaire, reçut sa part comme un symbole de fraternité. Le dernier, banni du monde des vivants mais refusé au royaume des morts, attend dans les ténèbres l’heure où il pourra révéler les secrets de son ami."
- Tu es sensé trouver les morceaux de la relique du courage grâce à ce charabia ?
- On dirait...
- Mon pauvre vieux... t’es pas sorti de l’auberge.
- Tu es très encourageant, Rick, quand tu veux.
Leïa examina à son tour le texte.
- Soyons logiques... Déjà, nous pouvons déduire du texte que le héros des bois a confié la Triforce à huit de ses amis.
- Ils doivent être morts, depuis le temps, ces amis.
- Tous, sauf... le dernier, c’est le fantôme à qui on a parlé dans la tombe du héros des bois, il était refusé au royaume des morts.
- Donc, les personnages existent bel et bien. Et chacune des phrases sont nos uniques pistes pour les trouver.
Link relisait le texte. Il devait procéder par déduction et élimination pour savoir qui était qui... Une phrase lui semblait parfaitement claire.
- "Le temple par delà les flots et le temps"... Je suis sûr que c’est le temple d’Alkantir. Il a confié un morceau à Raphaëlle, j’en suis sûr.
- Un de moins... comme l’île est à l’autre bout du monde, je te suggère de le garder pour la fin.
Link s’efforçait de se remémorer la carte de la tombe de son ancêtre.
- Il y avait un autre fragment dans la forêt, mais des moblins l’ont ramassé. Qui pourrait être son gardien ?
- "Il y en est un autre qui les raconte à ses protégés qui les garderont à jamais en eux et les transmettront de la même silencieuse manière à leur semence." Rien que le terme de semence, ça me fait penser à des plantes. De toute la liste, je pense qu’il est le mieux placé pour être l’habitant de la forêt.
- Mouais... je retournerai voir l’arbre Mojo pour lui demander de plus amples informations.
- A propos de l’arbre Mojo, le coupa Rick, il y avait une rumeur chez les Kokiris parlant d’un homme, ou un génie, qui pouvait faire pousser les plantes où et quand il le voulait. Ils l’appelaient Deku.
Le coeur de Link fit un bond. Deku, il en avait entendu parler il n’y avait pas longtemps. Hippophilos lui avait dit qu’il s’agissait d’un premier-né.
- Ce n’est pas une simple légende. Un premier-né m’a parlé de lui.
- Alors c’était probablement lui, le gardien.
La façon dont Leïa avait dit le mot "c’était" résonnait sinistrement. L’ami des chevaux avait signalé à Link que les premiers-nés étaient traqués. Etait-ce pour cette raison ? Qu’était-il arrivé à Deku une fois qu’on l’avait délaissé de son trésor ? Etait-il seulement en vie ?
- Bon ça nous en fait déjà trois d’éliminés... Encore cinq.
- Le premier a un lien évident avec la glace... Ça me fait un peu penser au gardien du sanctuaire des glaces, annonça Atsui. Il y est depuis une éternité. Je n’ai jamais entendu parler d’un de ses prédécesseurs. Mais on dit que ce temple est très étrange, car on a l’impression d’entendre des murmures à travers la glace.
- "Il y est un gardien de la mémoire qui garde ses souvenirs et ses trésors figés dans la glace". C’est lui !
- Super ! Tu as ta prochaine destination. Le sanctuaire de glace est près d’ici.
- Au suivant... le gardien s’est déchargé de sa fonction sur la personne la plus sage du pays des sables.
- Je vais aller interroger Boru.
- Qui ça ?
- Heu...
Link se mordit la langue. Quel imbécile il faisait ! Les autres ne pouvaient pas encore connaître le gardien du sanctuaire des sables. Enfin, l’elfe savait à présent comment il avait connu le jeune homme. Il était écrit qu’ils se rencontreraient. Link se dépêcha de rectifier :
- C’est une connaissance des gens du sanctuaire de pierre. Il vit dans le désert. C’est le responsable du sanctuaire des sables.
- C’est tout trouvé, alors.
- Bon... le suivant m’a l’air un peu plus dur... un peuple qui érige sa cité au-dessus d’un fragment.
- C’est sûr qu’il ne sera pas facile à déterrer, s’il se trouve en dessous d’une maison.
- Vraiment aucune idée, mais on a encore le temps pour y réfléchir.
- Le suivant aussi est pas mal... on dirait que le gardien a disparu de la surface de la terre.
- Attendez... je suis en train de faire un lien entre les six premiers... On parle de "semblables"... A en juger par Raphaëlle et Deku, il doit s’agir à chaque fois d’un premier-né. Je suppose que celui-là a pour pouvoir individuel de voler... Hippophilos m’a parlé d’une de ses relations qu’il appelait l’enfant du vent. Je pense qu’il s’agit de lui. Il doit passer sa vie dans les airs.
- Si tu veux mon avis, tu vas avoir un mal de chien à le trouver.
- Tes encouragements me vont droit au coeur, Rick. Visiblement, on peut le repérer grâce à une mélodie. Il faudra creuser de ce côté-là.
- Ça va pas être de la tarte.
- Le suivant... on ne fait plus allusion à un "de ses s |