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The Legend of Zelda: Le prisonnier du temps
Ecrit par El Wap
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Chapitres 1 à 28 - Chapitres 29 à 52 - Chapitres 53 à 77
Chapitre 1 : Mauvais présages
Le village est doucement bercé par le bruit des vagues, le cri des mouettes, une légère brise et un doux soleil. Il est près de midi et les habitants quittent les terrasses aménagées sur les toits des maisons aux briques couleurs de sable pour chercher un peu de fraîcheur. C’est un jour parfait comme tant d’autres sur l’île d’Alkantir. Le temps semble s’être figé. Rien ne semble pouvoir troubler la tranquillité des villageois.
Sur la colline, près de la falaise se dresse une étrange tour. A la différence des autres édifices, cette tour a été érigée avec des pierres incroyablement blanches. Le sommet de la tour est occupé par un gigantesque brasier qui peut être aperçu à des kilomètres à la ronde. L’étage du dessous est également ouvert. Une énorme cloche y est installée. Jadis, elle servait de signal d’alarme, et on pouvait l’entendre partout sur l’île. Pourtant, depuis que les premiers colons sont arrivés il y a 20 ans, personne ne l’a jamais entendue sonner.
Une personne est installée à cet endroit et contemple son île bien aimée. Un cataclysme l’avait engloutie il y a des millénaires. Après une interminable quête, cette personne, qui avait été une des rares survivantes, réussit à découvrir une impressionnante relique dont les pouvoirs pouvaient dépasser tout ce que l’on peut imaginer. Elle avait ainsi réussi à faire revenir l’île à la surface, à la reconstruire et à y faire venir de nouveaux habitants, désireux d’une nouvelle vie. Cette personne, ou plutôt cette femme, se lève et s’approche de la barrière. Ses traits lui donnent l’aspect d’une femme mûre qui a déjà vu tout ce que la vie peut montrer. Elle doit avoir une quarantaine d’années. Elle a de longs cheveux turquoise qui flottent plus gracieusement qu’un drapeau. Elle ferme les yeux et tend les narines pour respirer l’air du large. Elle est tellement heureuse de la vie qu’elle mène sur ces terres qu’elle aime tant. Elle veut sentir la brise confirmer ce bonheur.
Etrangement, l’air est inhabituellement désagréable. La femme sent une odeur de pourriture venir du large. Elle avait déjà senti de semblables odeurs, mais jamais aussi fort. Cela signifie qu’une période de troubles commence sur le continent. Jadis, son meilleur ami prenait alors le large à la recherche de ces troubles et y ramenait immanquablement la paix. Il revenait généralement au bout d’une ou deux semaines, toujours triomphant, et l’air redevenait pur. C’était comme cela que ça se déroulait, il y a plus de dix ans. Cet ami avait disparu... et la femme n’a plus jamais reçu de sombres présages.
Elle est donc terriblement inquiète de ces nouveaux avertissements. Que faire ? Elle n'est pas son ami... Elle ne peut pas quitter l’île. Elle a des responsabilités. Elle est la gouvernante de ces terres. On vient la consulter tous les jours pour qu’elle assure la justice et l’ordre dans la cité. Une idée folle lui passe à travers la tête. Et si... Non, elle est loin d’être prête, et d’ailleurs, elle ne voudrait probablement pas quitter l’île. Elle est ramenée à la réalité par un bruit de voix.
- Raphi ? Je suis rentrée. J’ai les courses.
- Ah... Leïa, tu as tout trouvé ?
- Bien sûr... Et j’ai aussi pris des fleurs. Il faut combattre cette puanteur qui vient de la mer...
Raphaëlle s’immobilise.
- L’odeur... tu as pu la sentir ?
- Raphi... le village entier se plaint de cette odeur infernale. Le cadavre d’un monstre marin doit être en train de pourrir au large.
Raphaëlle se détendit. Elle s’était peut-être inquiétée pour rien. D’habitude, seuls Robin, Diana et elle sentaient ces sinistres augures. Si tout le village le sentait, c’était qu’il s’agissait de quelque chose de bien plus réaliste qu’une guerre sur le continent.
- C’est une bonne idée, les fleurs.
Elle s’avance pour aider la jeune fille à se débarrasser de ses sacs. La nouvelle venue doit avoir vingt ans. Elle a de beaux cheveux noirs qui descendent jusqu’aux épaules et de beaux yeux noirs. Elle porte une robe rouge qui lui dessine une gracieuse silhouette.
- Mais ça me dérange quand même... Cette odeur me rend nerveuse... Je ne comprends pas.
- Nerveuse ?
- Cette odeur de charogne... ça me fait penser à un cauchemar que je fais souvent depuis un mois.
- Un cauchemar ?
- Oui... je me retrouve perdue dans un sombre brouillard. Par un phénomène inexplicable, je vois mon coeur se diviser en quatre, et les parties s’éloignent. Je sens que j’étouffe, que je vais mourir. Au moment où je vais rendre le dernier soupir, un homme vêtu de noir et aux cheveux roux apparaît, avec l’organe entre les mains. Il me dit que puisqu’il a réussi à s’en emparer, il tient à le garder. A ce moment-là, je me réveille en sursaut.
La dame regarde la jeune fille.
- Ce cauchemar, tu le fais souvent ?
- De plus en plus. Pourquoi fais-tu une tête pareille ?
- C’est long à expliquer. Tu te souviens des histoires qu’on te racontait quand tu étais petite, celles qui parlaient d'aventures à Hyrule ?
- Bien sûr, pourquoi ? Ça aurait un lien ?
- Je crains que oui. L’homme de ton rêve, c’est celui qui a tué ton grand-père et qui persécute ta famille génération après génération. J’ai l’impression qu’il va revenir... pour nous.
- Qu’est-ce qu’on fait, alors ?
- Ce que tes ancêtres ont toujours fait : combattre. Mais cette fois-ci, il faudra s’y prendre différemment, et il faudra le faire vite et bien. Nous sommes seules, mais nous avons un avantage énorme. Tu portes la Triforce de la révolte depuis ta petite enfance, et le porteur de ce fragment domine les autres. Il les contrôle et les attire à lui. C’est un atout de toute première importance. Seulement, je crains que tu vas devoir te débrouiller sans moi.
- Hé... mais j’ai besoin de toi !
- Je ne suis plus l’habile guerrière qui a entraîné ton père. Je ne suis plus qu’une dame qui protège son île. Je ne peux pas quitter cet endroit. Toi, si. Je veux que tu ailles au temple des marées chercher la Triforce de la force. Ensuite, prends la mer et pars chercher les deux autres fragments.
- Mais je n’y arriverai pas toute seule.
- Je t’ai appris à te battre et à utiliser tes pouvoirs. Je suis sûre que tu pourras te débrouiller. A présent, je veux que tu fasses tes affaires. Tu pars demain à l’aube. Pendant que tu seras au temple, je vais te préparer un voilier.
- Mais pourquoi tant d’empressement ?
- Tu ne sais pas de quoi il est capable. S'il vient jusqu’ici, ce qui est fort probable, il ne faut pas qu’il te voie, sinon, il va s’acharner sur toi.
- Excuse-moi, mais je ne te comprends pas. A ce que j’ai compris, l’homme de mon rêve, c’est Ganondorf. Pourtant, quand tu parlais de lui, tu ne le décrivais pas comme un monstre.
Sa mère adoptive ferme les yeux.
- A mon époque, c’était un homme... Mais tu vas devoir apprendre qu’il change à chaque fois. Avant qu’on ne se rencontre, c’était le pire monstre que la terre ait connu. Je pense qu’il n’y avait que ma présence qui le calmait. Maintenant, après que nous l’ayons envoyé en enfer un si long moment, il sera envahi par la colère et par la vengeance. Il ne sera pas pareil.
- Et ça ne te fait rien ?
- Je suis un peu triste pour lui... Dans le fond, il est juste en mal d’affection... Mais il a de très mauvaises fréquentations. C’est ce qui l’a perdu. Son esprit est noyé par la haine. Je ne pourrai pas le sauver. Le mieux que l’on puisse faire, c’est abréger ses souffrances, en réunissant à nouveau la Triforce.
Les deux femmes restent quelques instants plongées dans le silence. Leïa ne semble pas rassurée à l’idée de devoir effectuer une si longue quête seule. Elle ne se sent pas apte et surtout, elle a peur. Sa tutrice peut dire tout ce qu’elle veut, qu’elle trouverait certainement de l’aide en cours de route et qu’elle détient le plus puissant des fragments de la Triforce, elle n’est absolument pas sûre d’elle. Elle sait qu’elle a des limites, et qu’elle n’en a jamais parlé à son ange gardien.
Les deux femmes finissent pourtant par aller se coucher. La nuit se déroule sans incidents notoires. La plus jeune fait une fois de plus le sinistre cauchemar et la plus vieille passe son temps à méditer près du brasier du phare. Le lendemain, elles exécutent leurs plans. Leïa part pour l’autre côté de l’île et Raphaëlle descend au port. En tant que grand sage de l’île, la grande dame a droit à son propre navire, entretenu avec soin. Il ne lui est pas difficile d’organiser l’installation de vivres et une révision du bateau. Elle charge deux des marins, des amis de sa fille adoptive, de l’accompagner lorsque le moment serait venu.
- Elle va devoir partir à la recherche de ses parents, et je voudrais que vous veilliez sur elle, au moins jusqu’à terre.
- Ne vous inquiétez pas, Madame. Votre fille sera entre de bonnes mains.
- C’était au sens figuré ?
- Mais qu’est-ce que tu vas t’imaginer, Hayel ?
- Que tout le monde dans ce village sait que ton plus grand rêve, c’est de...
- Ça suffit ! les gronda le grand sage. Leïa aura une tâche importante à accomplir. Elle a besoin d’aide, pas de coureurs de jupons. J’attends de vous que vous la protégiez le plus longtemps et le mieux possible.
Elle laisse les deux garçons terminer les préparatifs du départ et retourne au phare. Il doit être aux environs de midi. Sa fille adoptive ne sera pas de retour avant le soir, peut-être demain matin. Elle a donc encore un peu de temps. Chemin faisant, elle se met à penser à l’homme qui était en train de troubler sa paisible existence. S'il vient sur l’île, s'il vient la voir... que fera-t-elle ? Est-ce qu’il la menacera ? Qu’est-ce qu’il attendra d’elle, la Triforce ou... comme avant ? Comment devra-t-elle réagir, immédiatement montrer les griffes ou tenter une approche tactique en l’accueillant convenablement ? La première-née pense que s’ils sont seuls tous les deux, elle aura des chances de le contenir, peut-être de le faire renoncer à ses sinistres projets...
Perdue dans ses pensées, elle pousse la porte et monte vers son salon. Soudain, une voix familière l’appelle dans son dos.
- Enfin... Raphaëlle, quel plaisir de te revoir !
N’osant pas bouger, elle répond :
Ganondorf ?
Chapitre 2 : Les retrouvailles 

Pour toute réponse, son interlocuteur s’approcha d’elle et passa ses mains autour de sa taille.
- C’est étrange comme le temps fait bien les choses. Tu as à peine changé depuis notre dernière rencontre. Tu es toujours aussi belle, mais plus forte et plus sage à la fois.
- Et toi... Laisse-moi t’examiner.
L’homme desserra son étreinte et la jeune femme se retourna. A la vue de son invité, Raphaëlle ne put dissimuler un geste de surprise. Lui aussi avait peu changé, toujours aussi musclé et imposant, il avait encore cette chevelure rousse semblable à la crinière d’un lion. Il correspondait aux souvenirs de la femme, sauf que ses yeux étaient bien plus sombres. Ce nouveau Ganondorf était bien plus inquiétant.
Semblant lire dans les pensées de la jeune femme, l’homme lui demanda :
- J’ai cru percevoir un mouvement de recul.
- Juste de surprise, c’est vrai... si seulement je m’attendais à te revoir après tout ce temps, et ici en plus.
- J’espère que la surprise te plaît.
- Comment m’as-tu retrouvée ? Et comment es-tu revenu dans ce monde ?
- Que de questions... Pour tout te dire, les seuls souvenirs que les enfers n’ont pas pu m’enlever, ce sont ceux de tes yeux, de tes lèvres, de la douceur de ta peau... Grâce à toi, j’ai survécu. A présent, tu es le seul but de mon existence.
Devant tant de belles paroles, la première-née ne savait pas quoi penser. Il semblait lui vouer un amour passionné, mais il n’avait jamais dégagé une aura aussi maléfique. Quelles étaient les intentions de l’ancien seigneur des ténèbres ? Raphaëlle se dit qu’il valait mieux endormir ses soupçons et faire mine de l’accueillir convenablement.
- Ça ne me dit pas comment tu as trouvé l’île et ma demeure.
- Oh... lors de mes recherches, j’ai entendu des histoires de marins à propos d’une île enchantée qui aurait surgi des flots il y a plus de mille ans et où le temps s’écoulerait au ralenti. J’ai vite réalisé qu’elle avait surgi peu de temps après ma dernière défaite... Comme je savais que tes amis et toi aviez la Triforce à cette époque, j’ai compris que vous étiez à l’origine du phénomène et que vous ne pouviez que vous trouvez là. Je suis sur l’île depuis ce matin, et comme tout le monde ici sait qui tu es, je n’ai eu aucun mal à découvrir ta résidence. A ce propos, je suis étonné de te voir vivre dans un aussi grand endroit toute seule.
- Qui croyais-tu y trouver, à part moi ?
- Que sont devenus mon arrière-petit-fils et sa petite amie ?
- Ils ont vécu ici un temps mais sont partis il y a dix ans. Je ne les ai jamais revus depuis.
- Et le fruit de nos passions ?
A ces mots, une vague de tristesse envahit les yeux de la jeune femme.
- Elle... l’enfant était mort-née. Lorsqu’elle est venue au monde, la vie l’avait déjà quittée.
A cet instant, toute l’aura maléfique de l’homme disparut pour faire place à du chagrin et de la compassion.
- Les dieux n’ont pas voulu... Pourquoi n’ai-je pas droit au bonheur d’élever un enfant ? En plus, ce n’est pas moi qui en ai le plus souffert... Comme tu as dû te sentir seule... Je te promets que cela ne t’arrivera plus.
Il la prit doucement dans ses puissants bras et la porta vers un large canapé. La première-née n’essaya pas de résister. Dans ce genre de situations, elle perdait tous ses moyens et de plus, les caresses étaient bien trop douces et agréables. Ganondorf ne savait que trop bien quelles étaient ses faiblesses. Il savait parfaitement qu’il était le seul homme qui ait jamais su lui donner autant de bonheur. La méfiance de Raphaëlle disparaissait... Finalement, si elle l’avait senti si maléfique, c’était que son obsession de la retrouver l’avait rendu fou... Mais c’était fini. Il était près d’elle à présent et semblait prêt à devenir le meilleur des époux. Elle se rassura. Elle n’avait plus aucune raison de le craindre... et Leïa non plus. Elle le laissa donc dévorer son cou de baisers, ôter sa robe... et ainsi revivre les heures les plus agréables de sa longue vie.
Il devait déjà être neuf heures du soir, et les deux amants étaient toujours occupés. Entre deux baisers, Raphaëlle tentait de faire comprendre à son compagnon qu’elle avait des choses à faire, qu’on la solliciterait certainement au village, mais ce dernier tenait à faire durer les brûlantes retrouvailles le plus longtemps possible. Elle finit cependant par se dégager, en arrivant à le convaincre de manger quelque chose. Elle passa une robe courte, mais au moment de quitter la pièce, de violentes détonations retentirent au sommet du phare. Quelques secondes plus tard, un son grave et résonnant se fit entendre.
- La cloche ! Elle n’avait jamais sonné, même quand on s’acharnait dessus. Elle ne sonne qu’en cas de péril pour l’île... Que se passe-t-il ?
- Il se passe seulement qu’on est quitte.
- Pardon ?
Avant que la jeune femme ne puisse faire quoi que ce soit, l’homme l’assomma, et elle plongea dans le noir.
Chapitre 3 : Les épreuves de Leïa 
Au petit matin, alors que Raph partait vers le port, Leïa, elle, avait pris un sentier partant vers les collines. Ce chemin serait accidenté, mais en le prenant, elle gagnait un temps précieux. Il n’était pas encore midi lorsqu’elle arriva dans une zone de hautes falaises surplombant la mer. A partir de là, il fallait qu’elle avance prudemment car le chemin était étroit et accidenté. De plus, au moindre faux pas, la voyageuse faisait une chute d’une dizaine de mètres sur des rochers tranchants avant d’être emportée par les puissantes vagues. Notre aventurière préféra ne pas regarder en bas et poursuivit son chemin avec la plus grande prudence. Elle finit par arriver sur une plate-forme plus large et plus sûre. Elle se trouve à présent devant une imposante porte de fer encastrée dans une gigantesque sculpture représentant une baleine à la bouche grande ouverte. C’était l’entrée du temple. Avant de franchir l’imposant portail, elle décida de prendre son repas de midi et de se reposer. Si elle se fiait aux histoires que lui avaient racontées ses parents et Raphi, cette gigantesque grotte avait été aménagée comme les grands temples d’Hyrule et par conséquent, elle était pleine de dangers.
Après une bonne demi-heure de repos, notre héroïne se décida à affronter les épreuves du temple des marées. A l’entrée se trouvait une série de jarres qui permettaient de se soigner. La jeune fille préféra les ignorer pour le moment. Il n’y avait qu’une seule issue à la salle, et c’était un large escalier. En haut de celui-ci se trouvait une autre salle dans laquelle était installée une grande machinerie. Leïa examina les lieux. Le passage qui l’intéressait était fermé par une lourde porte de pierre. Un texte écrit dans la langue antique indiquait que pour l’ouvrir, la jeune fille devait aller chercher deux clefs dans deux autres endroits du temple. Seulement, les autres passages étaient aussi fermés par des barreaux. Après un bon moment de réflexion et d’exploration de la pièce, notre aventurière découvrit des interrupteurs lui permettant d’abaisser ces barreaux. Elle en maintint un avec une énorme jarre et s’aventura dans le couloir qu’elle venait d’ouvrir.
Le chemin n’était pas vraiment difficile... Une étrange mécanique faisait en sorte que des parties de mur se compressaient régulièrement afin d’écraser les intrus. Il lui suffisait juste de bouger au bon moment. Un peu plus loin, ce n’était plus des murs, mais des guillotines qui entravaient son chemin. Comme précédemment, un bon timing lui permit de se tirer d’affaire. Elle arriva enfin dans un espace plus vaste. Son chemin se poursuivait sur des plates-formes flottantes, mais certaines étaient occupées par des énormes blocs couleur de sable. Leïa passa plusieurs minutes à trouver une solution. En apercevant un grand miroir installé près d’un rayon de soleil, elle se rappela les histoires que lui racontait son père. Durant ses voyages, il avait vu des roches qui tombaient en poussière une fois exposées au soleil. La jeune fille se dit qu’il devait s’agir de rochers de ce type. Elle ramassa le miroir et orienta les rayons du soleil sur les différents blocs. Son hypothèse se confirma... en quelques secondes, les blocs se désintégrèrent. La jeune fille n’eut plus qu’à continuer son chemin. Elle sentait qu’elle arrivait au bout du parcours. Effectivement, après quelques pas dans la salle suivante, un énorme ours en armure fit son apparition avec la ferme intention de faire un bon repas. Leïa savait qu’il était inutile de courir, car ces bestioles, même en armure, sont plus rapides. Il était donc temps pour elle de faire usage de ses pouvoirs et de se battre.
Elle constata vite qu’une partie de la pièce était parcourue par un grand trou garni de pieux. Si elle arrivait à y faire tomber la grosse bête, ses ennuis seraient finis. Elle courut donc se placer devant le trou et attendit que l’ours géant fonce sur elle. Au dernier moment, elle invoqua les pouvoirs de sa Triforce et s’éleva dans les airs. L’ours s’arrêta à peine quelques millimètres du bord. La jeune aventurière vola dans son dos et le poussa violemment. La bête perdit l’équilibre et finit empalée. Comme elle rendait le dernier soupir, un pont se matérialisa au-dessus du trou et invita la jeune combattante à franchir une nouvelle porte. Au grand soulagement de Leïa, la salle ne contenait qu’un piédestal dans lequel était planté un énorme sceptre ressemblant à une clef. La jeune fille le retira sans peine. A ce moment, des étranges dessins lumineux apparurent sur le sol. Leïa pensa encore une fois aux histoires de son père. Il lui avait dit que parfois, dans les grands temples et donjons qu’il avait parcourus, ce genre de dessins apparaissait. Il s’agissait de téléporteurs qui permettaient à ceux qui les utilisaient de se déplacer instantanément dans un autre endroit du donjon. Sans hésiter, elle alla au centre du dessin. Elle fut enveloppée d’une lumière blanche et se retrouva dans la pièce aux machines. Notre aventurière plaça le sceptre dans la serrure qui lui était destinée et s’approcha de l’autre couloir fermé. Elle actionna l’interrupteur et y entra.
Ce chemin-ci semblait beaucoup plus simple que l’autre, à la différence qu’un étrange bruit résonnait derrière les murs. Cela ne rassurait pas la jeune exploratrice car il lui était impossible de savoir de quoi il s’agissait. Elle continua d’avancer. Le bruit devenait de plus en plus fort... le sol se mit à trembler... et quelque chose s’approchait dans son dos. Leïa n’eut que le temps de s’envoler et de se coller au plafond. Un énorme rocher rond traversa le couloir. Si la jeune fille était restée au sol, elle aurait fini écrasée. Dès que le rocher se fut éloigné, elle redescendit au sol. Elle se dit que ce ne serait certainement pas le dernier. Elle continua d’avancer, tout en restant sur ses gardes. Effectivement, trente secondes plus tard, le sol se mit à nouveau à trembler. Cette fois-ci, une alcôve se présentait sur sa droite et la jeune fille se précipita dedans. Le rocher passa. L’aventurière en herbe examina le couloir piégé... Divers renfoncements dans les murs parsemaient le parcours. Dans certains se trouvaient des coffres. La jeune fille prit son inspiration, attendit le passage du rocher suivant et courut vers la prochaine zone sûre. Elle tenait à s’arrêter à chaque endroit pour être sûre de ne rien rater. Elle ne le regretta pas, car elle mit la main sur deux clefs, une simple en fer et une autre en or. Elle trouva également un sac contenant une dizaine de bombes. Qui sait, cela pourrait être une arme utile. Leïa finit par arriver à la fin du parcours. Une porte fermée par un cadenas se trouvait à gauche d’une espèce de monte-charge remorquant tous les rochers passant à proximité. Elle utilisa la clef de fer et franchit la porte. Une mauvaise surprise l’attendait de l’autre côté...
Elle se retrouvait nez à nez avec un serpent géant. Il était visiblement tout aussi affamé que l’ours, mais avait envie de jouer avec sa nourriture. Avant que la jeune fille ne puisse bouger, il l’avait encerclée. Certain que la nourriture ne s’échapperait pas, il ouvrit une large gueule. Notre héroïne en profita pour lui lancer une bombe dans le gosier. Le résultat ne se fit pas attendre. Le reptile géant commença par s’étouffer, puis l’objet insolite explosa, tuant l’animal. Une échelle apparut alors. La jeune fille y monta et découvrit avec soulagement le second sceptre-clef. Elle le ramassa et prit le téléporteur qui venait d’apparaître. Elle installa son sceptre dans la serrure qui convenait. A cet instant, toute la machinerie de la pièce se mit en marche, et la grande porte de pierre pivota.
La salle que la jeune fille visita ensuite était vide. Il y avait au bout une énorme stèle qui barrait le chemin. Il y avait des inscriptions en langue ancienne : "Seule la Triforce peut te permettre d’atteindre la Triforce". Pour Leïa, il était inutile de réfléchir bien longtemps. Elle avait son propre fragment. Elle concentra donc tous ses pouvoirs sur la stèle qui éclata vite en mille morceaux, libérant une porte incrustée d’or. L’aventurière utilisa la clef dorée et entra dans la pièce suivante. La pièce était ronde, il y avait divers échafaudages de bois sur les murs et une énorme statue en forme de vase au milieu de la pièce. La jeune fille n’avait fait que quelques pas que l’énorme statue se mit en mouvement. Des gigantesques canons sortirent du vase et se mirent à tirer des rayons sur l’intruse. Au début, la jeune fille se mit à courir, mais comprit vite que cela ne servait à rien car les canons s’ajustaient très rapidement. Elle préféra utiliser sa Triforce pour s’envoler. Elle vola juste au-dessus du vase, là où les canons ne pouvaient pas l’atteindre. En observant la terrible machine de guerre, elle constata qu’un trou était aménagé au sommet, et que le vase était creux. Sans hésiter une seule seconde, elle y jeta trois bombes. Le vase tourna sur lui-même et finit par éclater en mille morceaux.
L’heureuse gagnante du combat se posa sur le sol pour attendre une évolution des choses. Quelques secondes plus tard, une silhouette scintillante apparut au milieu des restes de la machine. C’était une femme d’une trentaine d’années, aux longs cheveux brun foncé et aux yeux de la même couleur. Elle était terriblement belle et son regard était si doux. Le coeur de Leïa bondit :
- Maman ?
Chapitre 4 : Les conseils d’une mère 
L’apparition fit un grand sourire et hocha de la tête. La jeune fille se précipita, les larmes aux yeux.
- Oh maman !
Au moment où elle voulut se jeter dans ses bras, elle eut la désagréable surprise de passer au travers du corps de sa mère. Elle s’effondra sur le sol.
- Tu n’arriveras malheureusement pas à me toucher, en dépit de tous tes efforts.
- Mais... comment... Pourquoi ?
La jeune adulte baissa les yeux.
- Parce que c’est ainsi, je ne devrais pas me trouver dans le monde des vivants.
- Je ne comprends pas.
- Leïa, je te croyais plus futée. Je suis un fantôme, désormais. Je n’ai plus de corps.
- Non ! Si tu es un fantôme, c’est que tu... Tu ne peux pas mourir !
- Et pourquoi pas ? Tout ce qui est appelé à naître est également appelé à mourir. C’est la première règle de l’univers ! Même les dieux n’y peuvent rien. Je suis morte. C’est tout.
- Mais comment... Comment c’est arrivé ? Pourquoi ?
Un maigre sourire apparut sur le visage à présent translucide de Diana-Zelda.
- Je sais que cela te paraît inconcevable qu’une personne comme ta mère puisse passer de vie à trépas. J’ai eu du mal à l’admettre moi-même. Comment ai-je pu mourir aussi stupidement, je me le demande.
- Quoi ? Tu ne sais pas ce qui s’est passé ?
- Si, j’ai compris... mais j’ai du mal à réaliser que j’ai pu être à ce point maladroite.
- Explique-toi.
- Et bien... c’est parfaitement idiot. Ton père et moi étions au château d’Hyrule. Un banquet avait été organisé en notre honneur. Notre aventure était terminée. Le mal était vaincu et tout allait rentrer dans l’ordre. Ton père et moi ne savions pas si nous allions rentrer à Alkantir ou te faire venir vivre à Hyrule... Les Hyliens de l’époque avaient oublié ce qu’étaient les Gerudos maudits et Ganondorf. Nous pouvions y vivre en paix, sur la terre de nos ancêtres... Moi, en tout cas, c’est ce que je voulais, mais pas Robin. Il aimait l’île et voulait y retourner. On s’est un peu disputés et je suis sortie prendre l’air. L’escalier de pierre du parc était mouillé parce qu’il pleuvait... Je pense que comme j’avais l’esprit embrouillé, je n’ai pas fait attention. J’ai glissé et j’ai eu le cou brisé. C’est tout.
Sa fille la regardait d’un air désespéré. C’était donc la raison pour laquelle elle s’était retrouvée si seule ! Sa mère était morte à la suite d’une dispute ! Mais pourquoi son père n’était pas revenu ? Parce qu’il a décidé qu’il ne quitterait plus jamais sa femme ? Elle fit part de sa réflexion au fantôme de sa mère.
- Il n’est pas rentré ?
- Je ne l’ai plus jamais revu après votre départ.
- Mais c’est pas possible. Où est-il allé ? Que lui est-il arrivé ?
- Et toi... comment es-tu arrivée ici ?
- Je ne sais pas trop... Quand j’ai réalisé que je venais de mourir, j’ai refusé de partir... Je voulais te revoir... Je voulais voir la famille réunie à nouveau. Je me suis sentie emportée loin dans le temps et l’espace, et j’ai fini par arriver ici. Pendant des mois, peut-être des années, j’ai erré dans ces couloirs en attendant que toi ou ton père arrive. Tu es enfin arrivée.
- Mais si papa était mort ? Tu resterais enfermée ici pour toujours ?
- Je ne sais pas... si j’ai la certitude que son esprit est avec toi, je pense que je retrouverais la paix.
La jeune fille resta silencieuse et contempla la silhouette translucide qu’elle ne pouvait pas toucher. Comme elle aurait aimé se blottir dans ses bras comme avant. Le fantôme de sa mère commençait à s’effacer.
- Attends, j’ai besoin de toi. J’ai besoin de tes conseils. J’ai besoin de ton aide.
- C’est terriblement fatigant d’être visible pour les vivants. Je ne tiendrai pas longtemps.
- Je t’en supplie. L’homme que vous avez affronté, papa et toi, est de retour. Raph sait qu’il va venir sur l’île. Comment l’affronter ?
- Ganondorf ? Il est de retour ?
- Je le vois dans mes rêves. Il veut me prendre ce que j’ai de plus précieux et me tuer par la même occasion.
- Il est là pour la Triforce. Empêche-le de l’obtenir. Tu dois l’avoir avant lui. Sans les saints pouvoirs, il n’est rien qu’un homme.
- Raph en a quand même terriblement peur.
- Il y a de quoi. Je ne pense pas qu’il nous pardonnera son séjour forcé au purgatoire. Même si ce n’est qu’un homme, c’est un terrible magicien. Un conseil, ne le laisse pas t’influencer par ses douces paroles. Il y a des moments où il a l’air gentil, mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Il est impossible de savoir ce qu’il est réellement. Il peut être d’une ignoble cruauté, même s'il te fait des cadeaux et te considère comme son propre enfant. Il est né pour être un monstre.
Son corps s’effaçait de plus en plus.
- Pour la Triforce, lorsque je disparaîtrai, un passage va s’ouvrir. Le fragment de la force se trouve au bout du chemin. Prends-le et pars à la recherche des autres morceaux que ton père et moi avons cachés en Hyrule.
- Mais pourquoi donc les avoir cachés si loin ? Et où les avez-vous mis ?
- Ton père s’est occupé de la Triforce du courage. J’ai simplement remis celle de la sagesse à la famille royale d’Hyrule, mes cousins. Tu dois comprendre... Les pouvoirs de la sainte relique sont tellement puissants. Elle ne doit pas être à la disposition de n’importe qui. La personne capable de réunir les quatre fragments sera forcément quelqu’un qui en sera digne. J’ai confiance en toi. Lorsque nous avons décidé de t’offrir le morceau de la révolte, nous savions que tu aurais à les réunir. Et lorsque tu auras accompli cette quête, tu seras certainement aussi forte que ton père. Je suis sûre qu’il serait aussi fier de toi que moi.
Quelques larmes coulèrent sur les joues de la jeune fille. Ces retrouvailles inattendues se réalisaient au-delà de ses rêves les plus fous. Elle essayait de profiter le plus possible des derniers instants de l’apparition. Les derniers mots de sa mère furent les suivants.
- Avec le temps, je retrouverai des forces. Reviens me voir avec Raphaëlle. Un mécanisme fait que tous les pièges seront renouvelés, mais je suis sûre que tu sauras t’en tirer.
Elle disparut. A cet instant, un mur de la pièce tomba en poussière, laissant la place à un couloir illuminé de nombreuses torches. Après avoir versé quelques larmes de tristesse, elle décida de suivre les conseils de sa défunte mère. Leïa prit le chemin. Elle arriva dans une salle féerique dont les murs scintillaient de mille lumières de toutes les couleurs. Au centre, se trouvait un grand autel argenté recouvert d’un linge blanc. A quelques centimètres de cette nappe, flottait un magnifique triangle d’or de la taille d’une main. La jeune fille décida de vérifier les dires de sa tutrice. Elle étendit la main et dit d’une voix claire :
- Triforce de la force, cadeau de la déesse Din, viens à moi !
Il ne se passa d’abord rien, plus Leïa sentit une vague de chaleur envahir son corps, son énergie se concentrer dans sa main. Alors, elle vit le triangle léviter et venir docilement à elle. Lorsqu’elle le toucha, le morceau d’or se mit à briller d’une vive lumière rouge. La lumière se répandit sur son corps. La sensation que la jeune aventurière sentit ensuite fut loin d’être agréable. La combinaison des deux fragments lui donnait l’impression d’être écrasée par une baleine et d’être brûlée de l’intérieur. Elle avait mal et avait des difficultés à bouger. Elle se souvint alors des paroles de sa tutrice. Raph lui avait raconté que son ancêtre Tanis, ne sachant pas contrôler son fragment, avait eu de graves problèmes de santé. Raphaëlle avait réussi à la soigner lui apprenant la méditation et à canaliser son énergie.
La jeune fille s’assit donc et ferma les yeux. Elle chercha à retrouver son souffle et son calme. La douleur se calma. Au bout d’une bonne heure, elle réussit à endormir les pouvoirs de ses fragments. Elle ne sentait plus rien qu’un désagréable mal de tête. Enfin, c’était déjà ça. Elle se releva et sortit. A sa grande déception, elle ne revit pas le fantôme de sa mère. Ce serait pour plus tard. A la salle des machines, elle eut la surprise de voir les clefs disparaître et la grande porte de pierre se refermer. Elle se rappela les paroles de sa mère. Tout allait se remettre en place. Elle décida de déposer le sac de bombes dans la pièce et sortit respirer l’air de la mer.
Elle passa une nouvelle heure à se reposer. Elle ramassa son sac qu’elle avait laissé à l’entrée et mangea le reste de ses provisions. Ensuite, elle rangea tout et décida de se remettre en route. A voir la position du soleil, il devait déjà être six heures. Sa promenade du retour fut plus rapide qu’à l’aller. Non seulement le chemin descendait, mais la jeune fille évitait les obstacles en volant. Il était presque neuf heures et le soleil se couchait lorsqu’elle arriva enfin en vue du village. Elle s’apprêtait à s’engager sur le chemin lorsqu’elle vit arriver un paysan qui arrivait dans le sens inverse.
- Bonjour Mademoiselle Leïa.
- Bonjour Hubert. La journée a été bonne ?
- Assez étrange, je dois dire... On a vu des hommes étranges en ville qui cherchaient tes parents. Pff... tout le monde leur a dit qu’ils étaient partis et probablement morts, mais ils s’obstinaient.
A ses mots, elle ne put s’empêcher de penser au fantôme qu’elle avait vu. Mais elle se concentra vite sur les étranges personnages.
- Comment étaient-ils ?
- Bah, des hommes de tous les âges, mais ils filaient tous la chair de poule. Ils sont venus sur de gigantesques oiseaux noirs à la queue bariolée. Vers deux heures, ils se sont envolés pour le phare. Leurs oiseaux sont installés au sommet de la tour. Je pense qu’on peut les voir d’ici.
Le visage de la jeune fille pâlit. Elle dit au paysan d’emmener le plus de gens vers les forêts et s’envola vers la tour. Aucun doute que Raph avait des problèmes.
Chapitre 5 : Le choc des générations 
Leïa ne met pas longtemps à les apercevoir. Les oiseaux sont loin d’être discrets. Elle se dit que si sa mère adoptive est en danger, alors elle doit utiliser la ruse pour l’aider. Elle s’élève très haut dans le ciel de façon à ce que les gens postés en haut de la tour ne puissent pas la voir. Ensuite, elle va se poser sur le toit du phare. Il est brûlant, mais c’est parfaitement normal. Elle essaye d’écouter ce qui se passe. Elle entend des voix d’hommes.
- ... Longtemps ?
- Tant qu’on ne détecte pas de problème ou qu’il ne nous fait pas de signal.
- Il abuse, quand même. On est vraiment à l’étroit ici. Lui, il est en train de satisfaire ses instincts depuis au moins huit heures. Il exagère ! Tant de temps pour une catin qu’il veut dominer par pure vengeance !
- Surveille tes propos. S’il t’entendait parler d’elle de cette façon, tu serais vite dans l’autre monde.
- Mais j’en ai marre ! Qu’est-ce qu’on fait ici d’abord ? On a fait tout ce chemin pour que le patron fasse joujou. Qu’est-ce qu’on va y gagner, hein ?
- Eresim, on ne pouvait pas deviner que les copains de cette femme avaient disparu. Il nous est impossible de retrouver la trace de la Triforce.
La jeune fille, installée sur son toit, retient son souffle. Il est évident que ces sinistres personnages sont des sbires du terrible Ganondorf. Mais où était le sorcier ? Si elle doit se baser sur les dires des hommes, il est en bas avec Raphaëlle. Leïa n’ose pas imaginer ce qui pouvait bien se passer entre eux. Elle continue d’écouter la conversation en attendant de trouver une stratégie à adopter. Il lui semble inconcevable de partir pour Hyrule sans aider sa mère adoptive. Elle ne peut pas la laisser prisonnière du sorcier.
- Comment vous avez trouvé ce bled, vous ?
- Je ne sais comment dire... incroyablement ennuyeux...
- Oui, tellement tranquille qu’on en deviendrait fou !
- La vie de ces gens doit être un enfer.
- Les gars, si on allait y mettre un peu d’animation ?
- Suturb, on ne DOIT PAS bouger.
- Qui te parle de se déplacer ? Regarde... il me suffit de préparer ce petit sortilège de rien du tout...
- Oh, dans ce cas...
- Vous êtes complètement débiles, ma parole ! Le bruit des explosions va attirer le maître.
- Et alors ? On lui dira que ça sentait le roussi, que des gens tentaient d’intervenir. Allez... cet endroit paradisiaque t’énerve autant que nous, Knil.
Leïa n’entend pas ce que le dénommé Knil répond. Une espèce de fusée verte fonce vers le port. Quelques secondes plus tard, une énorme vague engloutit la grande majorité des navires amarrés au port. Les malotrus éclatent de rire.
- Dommage que tout le monde soit chez soi. Personne n’a vu le spectacle.
- La prochaine fois, il faudrait faire suffisamment de bruit pour les faire sortir de leurs habitations.
- OK, laissez-moi faire.
Cette fois-ci, une puissante boule rouge fonce en direction du plus grand bâtiment du village, la halle aux poissons. Il est pulvérisé et une odeur de poisson calciné se répand. Les monstres commencent à s’exciter.
- A moi, à moi ! Vous allez voir ce que je peux faire.
- Plus rien !
A ces mots, une puissante boule d’énergie rouge frappe de plein fouet l’individu impatient de faire ses preuves. Il est propulsé dans le vide. Tous se retournent pour voir une magnifique jeune femme à la robe et aux cheveux bordeaux trancher la corde retenant la cloche. Avec un regard haineux, elle se bouche les oreilles. Encore trop surpris par cette intervention, aucun des douze hommes présents sur cette terrasse ne réagit. Ils voient la cloche se balancer... et sont tous terrassés par la puissance du résonnement de la cloche. Lorsqu’ils reprennent leurs esprits, l’enragée a disparu. Ils ne comprennent rien.
Pendant ce temps, Leïa dévale les marches du phare quatre à quatre. Elle doit absolument trouver Raphaëlle et l’entraîner loin de tous ces barbares. Elle arrive dans la seule pièce éclairée de la tour, le grand salon. Elle aperçoit sa mère adoptive inconsciente allongée sur le grand divan. Elle ne se demande pas pourquoi elle est seule dans la pièce et se précipite vers la première-née dans le but de la réanimer. Elle finit pourtant par sentir la présence d’une autre personne dans la pièce. Elle se retourne pour découvrir un grand homme vêtu de noir et qui a tout d’une armoire à glace. La jeune fille reconnaît immédiatement l’homme de son rêve. C’est Ganondorf.
- Raphaëlle ne m’avait pas parlé de toi... Je suppose qu’elle voulait te protéger, mais c’est gentil d’être venue nous dire bonjour.
Leïa ne répond pas. L’homme continue.
- Mais son silence n’aurait pas changé grand-chose. Elle garde un portrait de votre petite famille dans une autre salle. Ton père, ta mère et toi. Même si tu t’es teint les cheveux, la ressemblance est trop flagrante. Tu sais que tu as exactement les même yeux que ta mère ? Ces grands yeux noirs si provocants ? Je me suis fait un serment de ne plus jamais les oublier.
Leïa ne comprend pas... Pourquoi dit-il qu’elle s’était teint les cheveux ? Un bref coup d’oeil à une vitre la renseigne. Ses beaux cheveux noirs sont devenus rouges comme le sang... mais comment ? Etait-ce le contact avec la Triforce ? Elle se reconcentre sur le trouble-paix.
- Qu’est-ce que tu as fait à Raph ?
- Rassure-toi, elle est juste évanouie. Rien de grave. Je l’ai assommée pour pouvoir te parler tranquillement.
- Et tu me veux quoi ?
- Je perçois beaucoup d’agressivité dans ta voix... Voyons, je ne suis pas un méchant homme.
- Tu n’es pas un méchant homme, tu es un monstre de la pire espèce !
- Tu te permets de me juger sur quelques phrases ?
- Je me base sur ton comportement et celui de tes hommes. Vous êtes venus pour apporter le chaos sur Alkantir et se repaître des souffrances de ses habitants.
- Je ne suis pas venu pour ça ! Je sais que mes employés sont des primitifs assez barbares. Je leur ai formellement interdit tout débordement et s’ils se sont livrés à des carnages, ils en seront châtiés.
- Ça suffit ! Qu’est-ce que tu veux ?
- Retrouver ma petite famille, donc toi... ainsi que les fameux trésors que vous vous transmettez de génération en génération.
- Des trésors ? De quoi tu parles ?
- De ce qui s’affiche au dos de ta main droite. Tiens, tiens, le triangle du haut et celui du centre... les fragments qui m’intéressent le plus, et ils sont déjà à portée de main.
- Tu ne les as pas encore et tu ne les auras jamais !
- Je t’ai toi... et tout ce qui est à toi sera à moi.
- JAMAIS, TU ENTENDS ? JAMAIS !!!
Sur ce cri de défi, elle lance une puissante rafale d’énergie sur son adversaire. Il a juste le temps de se baisser pour éviter le pire. Il se retourne. La vague d’énergie a pulvérisé un mur et une partie de la montagne derrière.
- Tu es très forte, mais ça ne te servira à rien, ma petite. Tes parents, tes grands-parents et tes arrière-grands-parents n’ont pas réussi à se débarrasser de moi. Aucun de vous ne sera jamais assez fort pour vaincre votre ancêtre.
- On parie ?
- Si tu perds, tu m’appartiens.
- Pervers !
Elle prépare une autre boule d’énergie mais soudain, une violente douleur résonne dans sa tête. Ça ne ressemble pas aux douleurs provoquées par la Triforce de la force. Non... c’est plus une insoutenable migraine, on dirait que c’est plus son esprit que sa tête qui souffre. La douleur est telle que la jeune fille s’évanouit. Son arrière-arrière-grand-père s’approche d’elle pour vérifier son état. Une autre personne sort de l’ombre.
- Tu arrives à point, Djingreï. Félicitations.
- Merci. Qu’est-ce qu’on en fait, maintenant ?
- D’abord, tu vas voir ce qui se passe en haut. Je suis curieux de connaître les excuses que ces imbéciles vont me donner pour l’avoir laissée entrer. Je vais remonter tranquillement avec mon arrière-arrière-petite-fille. Prépare les montures. Nous partons sur-le-champ.
- Vous tenez vraiment à la prendre ? Elle est dangereuse... Il nous suffirait de la forcer à nous donner les morceaux.
- Il faudra la dresser, mais je veux la garder auprès de moi. De toute façon, les dieux l’ont désignée comme la gardienne. Même si elle le voulait, elle ne pourrait pas s’en défaire.
- Et l’autre, la première-née ?
- On la laisse... Je peux l’oublier à présent. Je doute qu’elle puisse encore me gêner avec le coup que je lui ai porté.
Quelques minutes plus tard, neuf grands oiseaux noirs s’envolent, emportant Leïa vers son destin.
Chapitre 6 : L'arrivée 
- Link... Link ?
Il était perdu dans un brouillard sombre... Il n’arrivait pas à se concentrer sur une pensée plus d’une seconde. Qu’est-ce qui se passait donc ?
- Liiiiiiiink, réponds, bon sang !
Qu’est-ce qui se passait ? Pourquoi on lui criait dessus ? Ah ! Il se souvenait... Il avait été aspiré par cet étrange typhon et avait sombré dans le noir. Il devait être en train de reprendre ses esprits. Le fait qu’on lui parle signifiait qu’il devait être arrivé à destination.
Son corps était terriblement engourdi. Le jeune homme faisait des efforts pour ouvrir les yeux, mais il n’y arrivait pas.
- Ça y est !!! Les gars !!! Il bouge ! Il revient à lui !
Link sentit une vraie cavalcade près de lui. Dans un effort surhumain, il arriva à se tourner sur le dos pour éviter de se faire piétiner. Il sentit que les forces lui revenaient petit à petit et qu’il arrivait à prendre possession de son corps. Il put remuer ses membres, mais il lui était toujours impossible d’ouvrir les yeux.
- Link ? Ça va ? Réponds-moi !
Le garçon se sentit obligé de donner un signe de compréhension.
- Qui est là ? Qui c’est ?
- Merci mes dieux ! Il va bien ! Link, c’est moi, Rick.
- RICK ??!!??
L’elfe ouvrit grand les yeux et se redressa d’un bond.
- Mais comment... est-ce que tu es là ?
Soudain, il réalisa qu’il était allongé dans une clairière et qu’il était encerclé par une dizaine de garçons âgés de quinze à une trentaine d’années. Il en reconnut la plupart. Il s’agissait de ses petits voleurs. Rick était agenouillé près de lui, en parfaite santé. Dans ses souvenirs, le jeune homme n’avait jamais paru aussi bien. Il avait un beau visage rayonnant et des longs cheveux noirs en bataille. Il regardait son ami d’un air inquiet.
- Ça va Link ?
- Qu’est-ce que... Qu’est-ce que je fais là ?
- Tu t’es brusquement évanoui. Tu es resté inconscient pendant trois heures.
- Je n’y comprends rien. Comment ai-je pu tomber évanoui ?
- Rappelle-toi. On examinait le butin de notre dernière attaque. Tu as ouvert l’unique coffret et as ramassé le caillou à l’intérieur. A ce moment-là, tu as eu comme un choc et tu es tombé sur le sol. On aurait dit que tu avais été attaqué par une méduse flottante.
- Ah bon...
En lui-même, l’elfe se remémorait la discussion qu’il avait eue avec son ami dans le futur parallèle. Rick lui avait dit qu’il avait commencé à avoir un étrange comportement après avoir obtenu ce qui devait être un fragment de la Triforce. Voulant vérifier ces faits, il tira sur ses gants de cuir. Il eut la surprise d’y découvrir un étrange tatouage représentant la Triforce à trois morceaux. Celui du bas à droite émettait une faible lumière jaune.
Alors, un doute se glissa dans l’esprit de Link. Et si... Mais c’était évident ! La lettre qu’il s’était écrite le confirmait. Comment ne s’en était-il pas rendu compte plus tôt ? Il avait déjà fait le voyage dans le temps auparavant.
Devant les regards interrogateurs de ses amis, il comprit qu’il devait faire quelque chose. Après tout, il était le chef. Tous les garçons attendaient ses ordres et il ne devait pas les inquiéter. Il ne fallait pas qu’il leur annonce en un coup qu’il était profondément amnésique et qu’il était parfaitement incapable d’assumer ses fonctions.
- Bon, ben... désolé de vous avoir fait peur. Le choc m’a bien embrouillé l’esprit, mais je crois que ça va mieux.
Tout le monde poussa un soupir de soulagement. Le personnage le plus âgé du groupe, grand et un peu enveloppé, s’avança. Si Link avait l’impression de ne l’avoir jamais vu, il reconnut en revanche la tunique qu’avait porté Sir Marsias. Cela devait être Bjorn, celui qui avait été tué par Ganondorf.
- Bon, Boss, qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
- Euh... on a récolté quoi, au juste ?
- Le morceau d’or a disparu dans un éclat de lumière, alors on n’a plus que ce que portaient les moblins sur eux. On a une dizaine de colliers macabres et les rubis de leur argent de poche. Un résultat minable, en résumé.
- Bon, alors on n’a plus rien à faire ici. Rentrons au camp.
Tout le monde approuva la décision du chef. Bjorn l’aida à se relever et à marcher. Ils se dirigèrent vers les chevaux où Link eut la surprise de voir Getella, le cheval qu’il avait obtenu à Saut-de-Roc. Sir Marsias avait donc dit vrai. C’était bien son cheval. Sur la selle de cette dernière, étaient accrochées diverses armes. Link reconnut son fléau et sa flûte de pan. En revanche, il était surpris d’y voir une arbalète. Après réflexion, il en conclut que c’était normal. L’arc qu’il avait trouvé dans le futur parallèle était une arme ramassée dans un coffre et offerte par les sages du sanctuaire de pierre. Il ne lui avait donc pas appartenu. Il constata que Bjorn le regardait d’un air intrigué.
- Quelque chose te perturbe, Link ?
- Non, pas vraiment... je me demandais si je n’avais rien oublié.
- Non, tout est là. Je me suis permis de ranger tes affaires. La seule qui te manque, c’est... ÇA !
Avant que Link ne puisse se rendre compte de ce qui lui arrivait, le colosse lui avait enfoncé un énorme bonnet vert sur la tête, lui cachant ainsi les yeux et déclenchant l’hilarité chez ses compagnons.
- Pourquoi tu as fait ça ?
- Ben...
Bjorn ne riait plus. Il était très surpris.
- Et notre pari, alors ?
- Quel pari ?
- Tu ne vas pas me faire croire que tu ne te souviens pas de notre pari.
- Pour tout t’avouer, je crois que le choc m’a grillé quelques cellules du cerveau. Non, je ne me souviens pas d’un pari où tu dois m’enfoncer cette horreur sur la tête.
Bjorn parut un moment embarrassé mais retrouva vite son sourire.
- Ce n’est pas bien grave. Je suis sûr que la mémoire va te revenir avec le temps. En fait, on avait dégoté deux affreux bonnets et on avait décidé de relever le défi d’enfoncer le chapeau le plus de fois possible sur l’autre en moins d’une journée.
- Ça va. Qui gagnait ?
- C’était cinq à cinq jusqu’à tout à l’heure... Tu es sûr que tu ne me fais pas une blague pour éviter le déshonneur de la défaite ?
- Je ne fais pas de comédie. J’ai même du mal à trouver le nom de tout le monde. On arrête ce jeu stupide. J’ai besoin de calme pour me remettre les idées en place.
Son ami acquiesça, l’aida à monter sur le cheval et grimpa sur le sien. Il fit signe aux autres de partir en avant et resta en arrière avec son chef.
- Sans blague... Tu te souviens quand même de mon nom ?
- Toi, oui. Tu es Bjorn. Je vois bien Rick, Zieck, Rajick, Dolm... Viktor... Will...
- Les deux derniers, ce sont Axandrel et Vlad. Tu sais que tu me fais peur ? Avec ta mémoire dans un état pareil, les gars vont essayer d’en profiter au maximum.
- Mais je m’en rends bien compte. A moi aussi, ça me fait peur. L’idée de ne plus être à la hauteur de mes responsabilités me terrifie.
Chapitre 7 : Les oiseaux 
Link et Bjorn continuaient d’avancer tranquillement tout en discutant d’une solution. Bjorn lui suggérait de prendre un petit moment de repos et d’aller voir le grand arbre Mojo. Son expérience millénaire pourrait certainement lui rendre sa mémoire perdue. Link sentait bien que Bjorn rêvait de prendre momentanément le titre de régent du groupe et ne savait pas vraiment s’il devait s’en méfier. De toute façon, s’il avait un monde à sauver, il devrait beaucoup voyager et devrait agir seul. Il ne tenait pas à impliquer ses amis comme dans le futur parallèle. Il n’avait aucune envie de les voir emprisonnés dans les cachots crasseux et malodorants de la montagne solitaire, et encore moins de voir Rick contraint de se mettre au service de Ganondorf. Non, il fallait qu’il s’en sépare et qu’ils aillent à l’abri le plus vite possible. Mais comment faire ?
Il fut tiré de ses pensées par les cris d’alerte de ses compagnons. Ils étaient arrivés au sommet d’une colline au beau milieu de la forêt. De là, ils avaient une vue imprenable sur l’immensité d’arbres. L’agitation était due à l’apparition d’étranges oiseaux dans le ciel. Avec l’aide de longues-vues, les voleurs de grands chemins purent constater qu’il s’agissait de condors dorés de très grande taille, qu’ils étaient apprivoisés et qu’ils étaient surchargés. En effet, six des neuf volatiles portaient deux personnes. Les gens voyageant seuls semblaient prendre tant de place qu’ils avaient l’air plus difficile à porter. Lorsque Link examina le groupe à son tour, il eut un terrible choc. Il connaissait très bien la plupart des visages. Il s’agissait des mercenaires de Ganondorf. Il reconnaissait Knil et Fordononag. Il y avait aussi Djingreï, même si elle avait l’air assez différent. Au centre, il voyait... Ganondorf. Il était exactement comme dans ses souvenirs. Il portait une longue cape noire et tenait quelque chose à l’intérieur... Lorsque les oiseaux changèrent de direction (ils se dirigeaient vers eux), il distingua ce que gardait son ennemi. Il aperçut un visage avec des cheveux rouges comme le sang sur l’oiseau de son terrible ennemi. Enfin... Ganondorf passait près de lui sans le savoir. C’était l’occasion ou jamais ! Il pouvait sauver le monde avec quelques flèches. Il incita son équipe à s’armer d’arcs à flèches et de viser les oiseaux.
Très près de là, Leïa était plongée dans une terrible torpeur. Elle se sentait terriblement faible. A chaque fois qu’elle reprenait des forces, l’étrange migraine revenait et elle s’évanouissait à nouveau. Plongée dans cet état de demi-inconscience, elle avait quand même eu le temps de comprendre sa terrible situation. Elle était ligotée et fermement surveillée par son ancêtre. Elle ne savait pas ce qui allait se passer, mais il était évident qu’elle ne pourrait pas s’échapper. Son avenir était plus qu’incertain dans cette situation. Qu’est-ce que le monstre allait donc exiger d’elle ? Il la tenait fermement dans ses bras. Elle pouvait sentir sa respiration et les battements de son coeur. La jeune fille pouvait percevoir l’attention qu’il lui portait et cela la terrifiait.
C’est à ce moment-là qu’une flèche atteint l’oeil d’un des oiseaux. Elle fut suivie par une vraie pluie de ces projectiles. En quelques secondes, le chaos régnait dans le convoi aérien. Il était bien facile d’identifier la source des tirs, mais aucun des guerriers ne pouvait faire quoi que ce soit. Ils étaient tous trop occupés à se protéger et à calmer leurs montures. Leïa sentit son geôlier relâcher son étreinte pour faire apparaître une sorte de bouclier. C’était le moment ou jamais de lui fausser compagnie. Elle se laissa glisser de la selle et tomba dans le vide. Elle entendit son ancêtre hurler et un des voyous crier qu’il allait tenter de la réceptionner. Elle entendit le volatile battre des ailes. Elle le sentit approcher d’elle. Mais au moment où il allait atteindre son but, la jeune fille invoqua les pouvoirs de sa Triforce et modifia sa trajectoire. Surpris, l’homme ne put anticiper la nouvelle situation et fonça dans un arbre qui se détachait par sa hauteur. Leïa comprit très vite que les volatiles ne pourraient pas la suivre dans l’épaisse forêt et s’y précipita.
Link et sa bande de voleurs avaient bien vu la scène. L’elfe avait soudain eu un choc. La fille qui était tombée de l’oiseau de son ennemi volait... Sa fiancée lui avait signalé, avant son départ pour le passé, qu’elle pouvait le faire. Et si... mais dans ce cas, elle était tellement différente. Non, cela ne pouvait pas être Leïa. Pourtant, Ganondorf semblait particulièrement furieux d’avoir perdu sa prise. Link ne réfléchit pas longtemps. Il ordonna à ses amis de continuer à surveiller les oiseaux et de le couvrir pendant qu’il partait à la recherche de la personne qui avait disparu dans la forêt. Il devait en avoir le coeur net.
Chapitre 8 : La rencontre 
L’elfe courait à travers les arbres. Il évitait les troncs, sautait par-dessus les rochers et traversait les buissons. De temps en temps, il entendait les grands condors voler près de lui au-dessus des arbres, mais ces derniers furent vite contraints d’abandonner. Ils étaient canardés de flèches, ne pouvaient pas se poser et n’avaient aucune chance de retrouver la fugitive. Il vit que les oiseaux et leurs propriétaires partaient se cacher et se soigner dans leur sombre repaire. Link reprit son chemin vers l’endroit où il avait vu la fille disparaître. Après une course de vingt minutes, il atteint une sorte de clairière parsemée de rochers. La fille se trouvait là et s’efforçait de trancher les cordes qui lui servaient de liens. Link eut un nouveau choc. Le corps... la forme du visage... le regard... aucun doute possible, c’était Leïa, mais tout de même terriblement différente. Déjà, ses yeux, ses cheveux et la couleur de sa peau... Mais il se dit que c’était peut-être normal. C’était peut-être la Triforce qui l’avait transformée.
La demoiselle s’aperçut vite de sa présence. Son premier geste fut un mouvement de recul et de surprise. Le jeune homme, se rappelant qu’elle ne le connaissait pas encore, décida de se montrer le plus bienveillant possible. Il s’approcha doucement d’elle. La fugitive l’interrogea :
- Heu... Papa, c’est toi ?
Link se dit dans sa tête : "Oh zut, j’avais oublié qu’il lui arrivait de me prendre pour son père".
- J’ai quasi le même âge que toi. Je ne peux pas être ton père.
- Oh pardon... C’est que tu es pire qu’un sosie, tu es son parfait reflet.
- Ce n’est pas grave. Est-ce que tu veux un coup de main pour te libérer ? J’ai une épée... Je peux trancher les cordes plus facilement qu’avec une simple pierre.
La jeune fille hésita mais finit par se laisser faire. Dans sa tête, elle réfléchissait à toute vitesse. Ce garçon avait l’air de connaître les lieux et d’être débrouillard. Si elle voulait s’en sortir, elle n’avait pas vraiment le choix. Elle avait besoin de lui. Pour éviter de la brusquer et de lui faire peur, le garçon utilisa son arme en douceur, en évitant au maximum de la toucher. Leïa l’interrogea :
- Excuse-moi mais... on est dans quelle région ?
- Au fin fond de la grande forêt d’Hyrule, je pense.
- Tu n’en es pas sûr ?
- Cette forêt est si grande qu’il est difficile d’y établir la frontière du royaume.
- Bon...
- Je peux te poser une question ? Quel est ton nom et que faisais-tu avec ces... gens-là ?
- Je ne traînais pas avec eux ! Ils m’ont emmenée de force.
- Ah bon... et tu sais pourquoi ?
- Parce qu’ils veulent s’emparer d’une relique aux immenses pouvoirs et j’en détiens une partie. Ne rêve pas ! Si la relique n’est pas au complet, elle ne vaut pas grand-chose.
Leïa ne venait pas d’échapper à Ganondorf pour susciter la convoitise d’un homme des bois. Elle ne voulait pas lui donner l’envie de s’approprier les fragments de la Triforce et choisit donc de mettre tout en oeuvre pour le décourager. Elle se méfiait du garçon. Il lui procurait d’étranges sensations. Elle n’arrivait pas à expliquer pourquoi, mais son comportement la perturbait. Il s’efforçait d’être rassurant mais avait l’air tellement distant et gêné qu’elle se demandait ce qu’il pensait d’elle. De plus, il y avait cette étrange ressemblance avec son père. Elle ne pouvait pas s’empêcher de penser à lui en regardant le garçon. Enfin, elle allait devoir faire avec. Elle était déjà en Hyrule et avait besoin d’un guide pour atteindre la civilisation. En premier lieu, il fallait qu’elle aille à la rencontre de la famille royale. Sa mère lui avait dit qu’ils détenaient la Triforce de la sagesse. Plus que jamais, elle tenait à la récupérer. En plus, le temps lui était désormais compté. Ganondorf allait également se lancer à la recherche de la relique et allait mettre tous les moyens en oeuvre pour la retrouver. Le mystérieux sosie de son père la tira de ses pensées.
- Tu ne m’as toujours pas dit ton nom.
- Je m’appelle Leïa.
- On devrait partir, Leïa. Tes agresseurs vont revenir. Suis-moi et tout ira bien.
Leïa décida donc de faire confiance au garçon et le suivit.
Chapitre 9 : Leçons de séduction 
Link et Leïa retrouvèrent vite les compagnons de Link. Ils furent tous surpris de découvrir ce que leur chef leur ramenait. Ils étaient surpris non pas par l’étrange beauté de la demoiselle, mais par le fait que leur leader ait décidé de la protéger.
Rapidement, Rick proposa à la nouvelle venue de prendre son cheval.
- Heu... je n’ai jamais touché à un de ces animaux de toute ma vie.
- C’est pas grave... Je suis là pour t’apprendre.
Dans une réaction instinctive de jalousie et de méfiance, Link s’écria :
- Bas les pattes ! Elle monte sur le cheval, mais pas toi. Tu marches à côté et tu guides le cheval.
Tous les garçons regardaient à présent Rick d’un air amusé qui semblait dire "bien essayé". Le jeune homme n’insista pas et, après avoir aidé la demoiselle à monter sur le cheval, s’approcha de la bride. Link expliqua à sa protégée comment se tenir et ordonna l’ordre du départ.
Pendant le trajet, l’elfe ne pouvait s’empêcher de voir d’un très mauvais oeil la façon dont Rick discutait avec sa future bien-aimée. Bjorn s’approcha de lui et lui chuchota discrètement :
- C’est moi où tu viens enfin de découvrir l’amour ?
- Hein ? Quoi ???
- Avoue que tu n’aimes pas voir notre grand séducteur tourner autour de ta petite protégée.
- Mais...
- Et tu as bien raison. Tu as intérêt à réagir si tu ne veux pas qu’elle te file sous le nez.
- Attends... Rick ne va quand même pas emballer une parfaite inconnue.
- Tu n’as quand même pas oublié son sens inné de la séduction ? Même sans le faire exprès, il va la draguer. Link ! Tu m’écoutes ? Ahaha... j’avais visé juste !
- C’est pas vrai !
- Ne nie pas ! C’est vraiment trop flagrant ! Tu n’arrives pas à en détacher ton regard et tu deviens aussi rouge que ses beaux cheveux. C’est très mal assorti avec tes cheveux blonds.
- Arrête !
- Du calme... On va essayer d’arranger ça. Au fait, qu’est-ce qu’on va faire d’elle ? On la garde ?
- Elle est pourchassée par un dangereux sorcier. S’il la retrouve, Hyrule va vivre ses heures les plus sombres. On doit la protéger.
- Comment ça ?
- Ganondorf, ça te dit quelque chose ?
- LUI ??? C’était lui et sa bande de mercenaires ?
- Oui. Il a décidé de réunir les fragments de la sainte Triforce et elle en possède des fragments.
- Je vois... On n’est pas dans la merde, mais c’est tout comme.
- Je pense qu’il va revenir bientôt. Il risque de s’en prendre à la forêt. On doit partir et la cacher.
Ils interrompirent leur conversation. Ils avaient constaté que la jeune fille avait entendu leur conversation et qu’elle semblait terriblement inquiète. Gêné, Link détourna le regard.
- Link, ne joue pas au grand timide ou tu vas rater la chance de ta vie. Va lui parler et explique-lui la situation.
Il fut littéralement poussé par Bjorn vers le cheval de Rick. Il jeta un regard désespéré autour de lui. Il constatait que les membres de la bande qui se trouvaient dans les parages le regardaient d’un air vivement intéressé. Pauvre petit Link. Aller parler à une fille qui est censée devenir sa fiancée sans lui faire peur était déjà une terrible épreuve, mais le faire devant tous ses amis, c’était une mission impossible. Finalement, les garçons accélérèrent le pas et les laissèrent seuls. Rick confia les rênes à la jeune fille, lui assurant qu’elle saurait se débrouiller si elle n’était pas trop nerveuse et partit rejoindre ses compagnons. Mais pourquoi donc mettaient-ils tous un point d’honneur à les mettre ensemble ?
Link et Leïa se retrouvèrent seuls en pleine nature. Au début, il y eut un silence gêné. Ensuite, la fille prit la parole.
- Je ne t’avais pas parlé de Ganondorf... ni de la Triforce...
- Oui.
- Alors comment savais-tu tout ça ?
- Pour Ganondorf et ses mercenaires, je les avais déjà vus.
Link réfléchit. Il n’allait quand même pas lui dire toute la vérité maintenant. Il ne pouvait quand même pas lui dire qu’elle était prédestinée à devenir sa femme et qu’elle allait passer de longs mois prisonnière du terrible sorcier.
- En fait, j’avais rêvé de ce moment...
- Pardon ?
- Des dieux me sont apparus en rêve et m’ont annoncé que la personne désignée pour posséder la Triforce au grand complet allait arriver. Ils m’ont dit qu’elle aurait besoin d’aide et que je devrais l’aider dans sa tâche.
Leïa le regarda un moment silencieusement puis répondit :
- Et qu’est-ce qui te fait croire qu’il s’agit de moi ?
- Le signe sur ta main...
Il enleva le gant de sa main droite.
- ... Je l’ai aussi.
Lorsqu’elle vit le symbole sur sa main, elle faillit lui sauter dessus.
- Le courage... comme papa. Ce n’est pas possible ! Tu dois être sa réincarnation.
- Heu... qui sait ? Je ne vois pas comment vérifier.
- Oh... il y a une méthode très simple, mais je t’expliquerai plus tard. En attendant, il faut qu’on parle affaire. Tu dois me donner ton fragment.
- Je le voudrais bien mais je ne sais pas comment faire. De plus, je crois qu’il y a un problème.
- Quel problème ?
- En fait, je crois que je n’en ai qu’un seul petit morceau. Je ne pense pas que cela puisse te suffire.
En effet, la nouvelle déconcerta la jeune fille. Elle n’aurait jamais cru qu’il était possible de briser un des morceaux de la sainte relique. Que faire ? Où étaient donc les autres morceaux ?
- Papa... Mes parents avaient décidé de cacher les morceaux de la sagesse et du courage en Hyrule. Maman a donné le sien à la famille royale. Je ne sais pas ce que mon père a fait du sien. Il a disparu...
Link faillit lui dire qu’il savait où le trouver, mais il se ravisa. Lui dire qu’il connaît son père et l’endroit où il se trouve aurait vraiment paru louche. En y pensant, il eut une idée. La tombe de Robin... Il y avait une bonne série de fresques dans la tombe. Certaines ressemblaient à des cartes. Et si Robin avait laissé des pistes ? Il fallait qu’il aille le vérifier à la tombe du héros des bois. Mais comment expliquer à Leïa son idée ?
- Comment il s’appelle, ton père ?
- Mon père ? Robin. C’était un porteur de la Triforce du courage. Il a fait de grandes choses pour Hyrule.
- Robin... Il y a 5 siècles, il y a bien eu un Robin des Bois qui a remis le roi sur le trône... On disait que lui et sa compagne avaient les pouvoirs des dieux et qu’ils en ont fait cadeau au nouveau souverain. Enfin, je crois que c’est le dernier héros à avoir porté ce nom.
Leïa se tut un instant. Elle faisait un bref calcul. Sa mère adoptive lui avait dit de nombreuses fois qu’un an écoulé sur Alkantir était égal à 50 années sur le continent. 10 x 50... 500. Les dates correspondaient. Mais le garçon avait parlé d’une tombe. Etait-il possible que son père soit également mort ?
Link comprenait la boulette qu’il venait de faire. Sans le faire vraiment exprès, il avait annoncé à la jeune fille que son père était décédé... C’était en parfaite contradiction avec le futur parallèle puisque dans celui-ci, elle pensait que son père était toujours en vie. Oh, en réfléchissant, c’était pour changer le cours de l’histoire qu’il avait fait ce voyage. Autant commencer tout de suite. Inutile d’être aussi compliqué. Il finirait par tout dire à la jeune fille, mis à part leur relation. Comme Ranos le Zora le lui avait dit, il ne fallait pas forcer les sentiments.
- Tu sais où se trouve cette tombe ?
Link prit sa décision.
- Oui, plus ou moins. Mais pourquoi ? Ton père ne peut quand même pas être aussi âgé.
- Si, c’est possible. Je t’expliquerai. Est-ce que tu pourrais m’y emmener ?
- D’accord... mais... est-ce que je peux te poser une question indiscrète ?
- Quel genre de question ?
- Si ton père est mort il y a cinq cents ans... quel âge as-tu donc ?
- Heu... 20 ans en années alkantiennes, mais je viens d’une terre où le temps s’écoule bien plus lentement qu’en Hyrule. Alors je crois qu’en temps hylien, j’ai un peu plus de mille ans.
- Je n’y comprends rien ! Comment une telle déformation dans le temps est-elle possible ?
- C’est une terre bénie par les dieux ! C’est la Triforce qui a fait surgir l’île des flots.
- La Triforce peut faire de pareilles choses ? C’est impossible !
- Si tu voyages avec moi, d’ici quelques jours, tes croyances d’homme des bois auront subi un sérieux coup.
- Merci ! Je te serais reconnaissant de ne pas me considérer comme un vulgaire vagabond.
- Excuse-moi... Ce n’est pas vraiment ce que je voulais dire. C’est juste que je sais que ce qu’on raconte au peuple hylien est bien loin de ressembler à la réalité. Les croyances transmises par la famille royale sont fausses et ils ne le savent pas eux-mêmes.
- Pour ça, je te rassure. A la différence de grand nombre de gens et du roi lui-même, je connais la véritable histoire de la création d’Hyrule et je sais qui sont la déesse Tamara et les premiers-nés.
La jeune fille le regarda avec des yeux ronds. Etre tombée sur le porteur de la Triforce du courage, c’était déjà une bonne chose. Le fait qu’il n’était pas abruti par les imbécillités racontées par les détenteurs du pouvoir, cela tenait vraiment du miracle. C’était trop beau pour être vrai. Finalement, cette quête allait se dérouler facilement. Elle en aurait vite fini. Elle demanda donc à son nouvel ami de la conduire à la tombe le plus vite possible. Link acquiesça. Il lui demanda néanmoins de lui laisser le temps de se trouver un remplaçant pour diriger sa bande.
Link fit partir les chevaux au galop, au grand dam de la jeune fille qui ne savait définitivement pas monter à cheval. Ils ne mirent pas longtemps à retrouver les autres, qui, en fait, les attendaient cent mètres plus loin. Ils durent attendre quelques minutes que Bjorn et Rick reviennent d’une curieuse mission et se remirent en route. Cette fois-ci, Leïa refusait catégoriquement d’être seule sur une de ces grandes bêtes qu’elle n’arrivait pas à contrôler. Rick finit donc par l’accompagner, en faisant à Link un clin d’oeil pour le narguer. Bjorn arriva près de Link.
- Relax. Je lui ai fait promettre de ne pas te couper l’herbe sous le pied. Il n’essayera pas de la draguer. Il veut juste te décoincer un peu. Au fait, il te fait dire qu’il trouve que tu es un pitoyable séducteur. Il dit que tu n’as aucun sens du romantisme. Comment as-tu osé lui demander son âge ? Il ne faut jamais demander son âge à une jeune fille.
- Mais qu’est-ce que vous avez à vouloir me faire rencontrer l’âme soeur ?
- C’est qu’on a envie de te voir un peu plus sensible au charme féminin. Ça fait des années que toutes les paysannes des villages que nous aidons tombent à tes pieds et tu t’en fiches comme de ta première tunique ! Tu les ignores tellement qu’on croirait que tu hais les femmes.
- Humph...
- Parlons de choses sérieuses... Rick et moi, nous vous avons espionnés (pardon). Si j’ai bien compris, on se transforme en gardes du corps ?
- Euh... rien est encore sûr. On doit aller vérifier un truc à la tombe du héros des bois. Ensuite, on doit atteindre le château royal.
- T’es pas sérieux ? Nos têtes sont mises à prix. On n’entrera là-bas que couverts de chaînes pour être jetés dans un cachot.
- C’est pourquoi j’irai seul avec elle. Je crois qu’ils toléreront plus facilement des porteurs de la Triforce.
- Et nous ?
- Ecoute... il faut que vous quittiez la forêt. Ganondorf va revenir. Avertissez tous les habitants que vous trouverez et trouvez un refuge ailleurs. Je te confie le commandement des troupes.
Bjorn ne répondit pas, mais à son regard, Link comprit qu’il venait de réaliser son plus grand rêve.
Ils rentrèrent au camp, semblable à l’image que Link en aurait dans le futur parallèle. L’elfe décida qu’une des cabanes serait évacuée pour que leur invitée puisse se reposer en toute intimité. Durant toute cette organisation, Rick s’approcha de son chef.
- J’ai vraiment du mal à te comprendre. Je sais qu’elle te plaît. Alors pourquoi tu l’éloignes de toi ?
Chapitre 10 : Prédictions 
Link n’arrivait pas à fermer l’oeil. Il ne pouvait pas s’empêcher de réfléchir à ce qui lui arrivait. Il ne savait pas quoi faire. Il était actuellement un brigand amnésique. Il ne se souvenait pas de ce qui s’était passé 24 heures auparavant et cela le tuait. Car à y réfléchir, toutes ses aventures s’étaient finalement compressées en trois heures... le temps pour son "Lui passé" de recevoir les informations de son expérience future. Hélas, il n’avait pas l’impression d’être ce Link du passé. Une vingtaine d’années manquaient à sa mémoire. Comment avait-il vécu avant ? Qui étaient ses parents ? Quel genre de stupides paris faisait-il avec ses amis ? Link était furieux d’être privé de ce passé. Comment pourrait-il le récupérer ?
C’est en pensant à Leïa et au danger qui les menaçait que la solution lui vint. Il se frappa la tête contre le tronc au centre de la cabane. Comment n’y avait-il pas pensé plutôt ? Il allait demander à la jeune fille, une fois que la Triforce serait entièrement réunie, que tous ses souvenirs lui reviennent. Si la sainte relique pouvait déformer le temps et faire surgir une île du fond de la mer, cela devrait être un jeu d’enfant.
Malgré cela, il n’arrivait toujours pas à dormir. Il y avait d’abord ce second voyage dans le temps. Lorsqu’il s’était écrit la fameuse lettre, il avait visiblement déjà fait un voyage dans le temps et était conscient qu’il allait devoir en refaire un. Mais s'il était déjà retourné dans le passé, il l’avait fait combien de fois ? Et si c’était un cercle vicieux ? Ensuite, il allait devoir annoncer ses intentions à ses amis. Il était inutile de leur mentir plus longtemps. Toute la question était de savoir s'ils allaient le croire. Il devait vérifier...
A ce moment-là, il vit quelque chose bouger en bas. Une silhouette noire se dirigeait vers les buissons. Quelqu’un quittait le campement. L’elfe ne perdit pas de temps. Il passa une tunique, ramassa son épée et quitta silencieusement la cabane suspendue dans laquelle il dormait. La nuit était claire. Il voyait parfaitement le fugitif. Il le suivait à pas de loup. La silhouette s’arrêta contre un arbre. C’est ce moment que saisit Link pour lui bondir dessus.
- Hé ? Qu’est-ce que... ?
Link desserra son étreinte.
- RICK ???
- Link ? Qu’est-ce que tu fais ?
- Et toi alors ? Pourquoi tu quittes le camp en catimini ?
- Pour aller me soulager. Ça te pose un problème ?
- Heu...
Link posa les yeux sur son ami. Il portait une longue cape noire ainsi qu’un sac de nourriture et des armes.
- Tu te fous de moi ? Tu es obligé de te mettre en tenue de voyage et de rassembler tout ce matériel pour aller te vider ?
Rick se mordit la langue. Il était coincé.
- Je le redemande gentiment. Où comptais-tu aller ?
Son prisonnier, silencieux, semblait réfléchir à toute vitesse et paniquer. Link eut soudain un doute. Et si... et si ses relations avec Ganondorf avaient commencé beaucoup plus tôt qu’il ne l’avait dit ?
- OK, j’ai rassemblé toutes ces affaires parce que tu as dit toi-même que la forêt allait devenir dangereuse. Je comptais aller voir l’arbre Mojo.
- Voir l’arbre Mojo ? En pleine nuit et sans le dire à personne ?
- Je l’ai dit à Bjorn. C’est lui qui m’a demandé de le faire.
- Et pourquoi tu allais le voir ?
- Parce qu’on a besoin d’aide, tiens !
- J’estime que j’aurais pu être tenu au courant.
- Oh non ! On ne peut pas savoir si on peut te faire confiance.
- Mais... enfin... pourquoi ?
- Tu ne nous auras pas. Tu n’es pas notre Link !
Les paroles de Rick étaient sorties comme des flèches qui atteignent le centre de la cible. Link était abasourdi par ce qu’il venait d’entendre. Ses amis le connaissaient donc si bien pour faire la différence ? Enfin, c’était ses amis. Il leur devait la vérité toute nue. Il ne voulait pas les perdre. Il rangea donc son arme et aida le garçon à se relever.
- Rick, tu ne peux pas savoir à quel point tu as raison. Je vais t’expliquer.
Le jeune voleur, méfiant, ne bougea pas d’un cil. Il avait la main sur son épée.
- Calme-toi, Rick. Je ne serai jamais ton ennemi. Regarde. Je jette l’épée. Assieds-toi et écoute.
Rick avait toujours son air méfiant, mais il avait au moins lâché son épée.
- C’est un peu difficile à expliquer, mais entre l’instant où j’ai été frappé par je ne sais quoi en ramassant le morceau d’or et le moment où je me suis réveillé, il s’est écoulé bien plus que trois heures pour moi, plus qu’un an... et cela fait que j’ai terriblement changé. J’ai connu des batailles, des combats... j’ai perdu beaucoup de monde... même toi. Comme si cela ne suffisait pas, j’ai été frappé d’une violente amnésie. Plus tard, la fille qu’on a sauvée tout à l’heure m’a annoncé que j’étais la réincarnation d’un premier-né.
- Excuse-moi, mais je n’y comprends rien. Tu es en train de me dire que cette Leïa, tu la connaissais déjà ?
- Oui... j’ai déjà vécu ce moment, je pense... En fait, je peux t’annoncer plus ou moins que Ganondorf va revenir ici, mettre le feu à la forêt et tuer Bjorn. Le seul moyen qu’on a de contrer ce sorcier, c’est de trouver les Triforces de la sagesse et du courage et de les donner à Leïa. Lorsque qu’elle les aura, elle aura le pouvoir de détruire le sorcier et de sauver Hyrule. Mais si on échoue, que je n’arrive pas à tuer Ganondorf et qu’il capture Leïa, alors ce sera le chaos. Je sais que je serai frappé d’amnésie et que vous serez tous appelés à mourir.
- Pourquoi tu devrais affronter le fou ? Ça ne te concerne pas.
- Hélas, si. Tu ne m’avais pas laissé finir, tout à l’heure. Regarde le symbole que j’ai sur la main. Les dieux reconnaissent que je suis un premier-né désigné il y a des millénaires pour contrer le mal. Ils me réincarnent à chaque fois que le mal menace la terre. C’est mon destin, Rick. Ensuite, je possède le fameux pouvoir du héros éternel. Au seuil de la mort, je peux contrôler le temps. C’est pour cela que je suis de retour à cette époque... pour sauver le monde.
Rick le regardait d’un air septique. Visiblement, il n’arrivait pas à le croire.
- Résumons... tu es en train de me dire que tu as déjà vécu cet instant et que dans un an ou presque, tu vas faire un voyage dans le temps qui te ramène à cette époque. Ce qui fait que tu sais à l’avance ce qui va nous arriver.
- Oui.
- Il faudra que tu te montres un peu plus convaincant, mon pote. Peux-tu seulement me donner une seule preuve de ce que tu avances ?
- Bof, tu auras une confirmation de toutes mes prédictions dans peu de temps.
- Donne-moi une prédiction plus précise...
- Espèce de saint Thomas !
- Pardon ?
- Euh... laisse tomber. Quel genre de prédiction il te faut pour me croire ?
- Quelque chose qui va bientôt se produire.
- Ça me pose un problème car mon amnésie me voile la période avant ma défaite face à Ganondorf.
- Ah ? Parce que Ganondorf va te mettre la pâtée ?
- Ne rigole pas ! Tout le noeud du problème est là. Si j’ai fait ce voyage dans le temps, c’est justement pour éviter cette défaite et ses conséquences désastreuses.
- C’est pas de cette façon que tu vas me convaincre.
- Tu es casse-pieds ! Bon... alors fais le voyage avec Leïa et moi. Je te prédis que cette fille va tomber sur le cadavre de ses parents et qu’elle ne va absolument pas s’entendre avec la princesse Zelda d’Hyrule.
- Dis-moi pourquoi elle ne s’entendrait pas avec notre belle et douce princesse ?
- Heu... de un, parce que leurs familles sont ennemies depuis la nuit des temps et ensuite parce qu’elles vont se disputer le même homme.
- Marrant, j’aimerais bien voir ça. Et pour quel genre d’homme elles vont s’affronter ?
- Moi.
Rick le regarda avec des yeux ronds. Au bout de quelques secondes, il éclata de rire.
- Pas possible ! Je ne peux pas croire que tu vas draguer deux filles à la fois. Ce n’est absolument pas ton genre.
- Je ne VAIS PAS draguer Zelda. Cette fille est une nymphomane. Je te jure que si elle me court après, je n’y serai pour rien. Elle va me draguer uniquement parce qu’elle voudra piquer l’homme de Leïa.
- Ah, parce que... la fille et toi...
- Oui, je suis sorti avec elle dans le futur parallèle. On a même eu des enfants. Ça te convient ?
- OK ! Ça explique peut-être pourquoi tu étais si timide avec elle et toute la discussion que vous avez eue tous les deux. Je veux voir ça. Si cette prédiction se réalise, je croirai tout ce que tu me diras.
Chapitre 11 : Agression 
Le lendemain, Link eut à annoncer ses intentions de départ à son équipe. Il nomma officiellement Bjorn responsable du groupe et veilla à ce que tout se déroule bien pendant son absence. Il répéta encore une fois que la forêt allait devenir dangereuse et qu’il valait mieux qu’ils partent le plus vite possible. Pendant qu’il parlait, il constata que le regard de Rick était plein d’appréhension. Peut-être qu’il avait enfin compris le danger qu’ils étaient tous en train de courir ? Possible. Link savait que son ami était tout sauf idiot. Les expériences du passé le lui avaient bien montré.
L’elfe décida de se concentrer sur autre chose. Il avait constaté que Leïa, bien qu’elle ait passé une bonne nuit, semblait pâle et faible. Selon lui, ce n’était absolument pas normal. Il se dit qu’il lui demanderait ce qui lui arrivait en cours de route.
Le moment du départ arriva. Link prit son courage à deux mains et proposa à sa protégée de l’accompagner sur son cheval. Rick regarda la scène d’un air vivement intéressé. Il tentait de déceler l’instant où les relations gauchères et timides de Link et Leïa allait se transformer en belle histoire d’amour. Ce genre de choses l’intéressait au plus haut point.
Ils quittèrent donc le camp de base des voleurs. Rick prit enfin la parole.
- Bon, c’est quoi, notre première destination ?
- On va à la tombe du héros des bois chercher des informations. C’est notre seule piste à l’heure actuelle.
- Mais... on n’a jamais réussi à dépasser la première salle, tu le sais bien.
- Il y a d’autres entrées que j’ai eu le loisir d’utiliser. L’arbre Mojo en garde une. Sinon, il y a un puits dans la première salle. C’est une oubliette, mais il y a un passage très étroit tout au fond. Il faudrait être un enfant ou une fille assez fine pour y passer.
- Attention à ce que tu dis, le coupa Leïa... Si tu ne veux pas te prendre une gifle, n’essaye pas de dire qu’il faut renoncer à cette entrée-là.
Link constata que Rick avait tourné la tête pour rigoler.
- Du calme. C’est pas ce que je voulais dire. Je suis sûr que tu peux y passer sans problème. Mais Rick, lui, ne passera pas par-là et je tiens à ce qu’il voit tout.
Rick s’écria :
- Ne dis plus rien du tout ou tu vas te prendre plus qu’une gifle. Et ne va pas me dire que toi, tu saurais y passer.
- Oh... j’ai eu l’occasion d’apprendre des formules magiques, mais il me manque la baguette magique.
En prononçant ces mots, il avait baissé les yeux vers sa flûte de pan, attachée à sa ceinture. Dans le futur, elle lui permettait de réaliser d’étonnantes prouesses, mais en était-il de même à cette époque ? Il ne voulut pas vérifier. Il aurait le temps plus tard. Il allait simplement se rendre au sanctuaire des bois. Il constata que ses deux compagnons le regardaient d’un regard noir.
- Ecoutez... Si je vous suggère de prendre l’entrée de l’arbre Mojo, c’est parce qu’elle est plus commode. Mais un jour, vous aurez peut-être besoin de connaître l’existence du couloir de l’oubliette.
Rick le regarda à nouveau d’un air interrogateur. Link devina ce qu’il avait en tête. Rick devait se demander s’il serait confronté dans le futur à cette fameuse oubliette. Link n’eut pas envie de lui raconter en détail leur passage dans le futur parallèle. Ils continuèrent donc leur route en silence. Bientôt, un bruit étrange parvint à leurs oreilles. Les garçons se tinrent sur leurs gardes. Bientôt, une horde d’une dizaine de loups noirs bondit des buissons. Les garçons sautèrent de cheval en dégainant leur épée. Link cria à la jeune fille de faire son possible pour contrôler le cheval et rester dessus. Les hommes firent leur possible pour empêcher les bêtes enragées de s’approcher des chevaux qui étaient déjà complètement affolés.
Leïa ne put pas rester en selle bien longtemps. Une ruade de Getella la projeta vite sur le sol. Malgré la douleur du choc, la jeune fille dut esquiver les sabots des animaux qui menaçaient de la piétiner. Elle n’aimait définitivement pas ces animaux. Puis, elle entendit un grognement dans son dos. Un des loups noirs était juste derrière elle et montrait les crocs. Au moment où il se préparait à mordre, un nouveau coup de sabot du cheval de Link s’abattit sur la tête du canidé, le tuant sur le coup. "Brave bête", pensa Leïa.
La petite équipe ne mit pas longtemps à constater que toutes les bêtes se concentraient sur la demoiselle. Ils l’encerclaient, mais n’avaient pas vraiment l’intention de la blesser, juste de l’empêcher de partir. Les garçons faisaient tout leur possible pour repousser les bêtes, mais elles étaient trop nombreuses pour qu’ils puissent prendre le risque d’attaquer. Ils ne pouvaient que se défendre. Alors qu’ils commençaient à désespérer, les loups se mirent à hurler. Qu’est-ce qu’ils fabriquaient ? L’explication sauta aux yeux de Link. Ils l’appelaient, "LUI". "IL" s’était donc très vite ressaisi et avait déjà perverti les mauvaises créatures de la forêt. Désespéré, il se tourna vers son amie.
- Dis, si tu portes des morceaux de la Triforce, c’est que tu as un grand potentiel. Tu n’aurais pas un pouvoir qui pourrait nous sortir de là ?
- Heu... je ne sais pas si ça va marcher... J’ai l’impression que mes pouvoirs sont limités ici.
- On n’a rien à perdre ! Essaye.
Leïa acquiesça. Elle étendit les mains et se concentra. Sur l’île, elle faisait apparaître des boules de feu comme on craque une allumette, mais ici, avoir recours à ses pouvoirs la faisait souffrir et elle se sentait sans forces. Tous ses muscles semblaient brûler. Dans un effort surhumain, elle fit sortir de ses bras une pluie de flammes qui encerclèrent le petit groupe. Les loups, redoutant la fleur rouge qui dévore tout sur son passage, s’éloignèrent, craintifs.
- Génial, ça marche... Leïa ?
Link réalisa que son amie était devenue extrêmement pâle. Il se précipita pour la rattraper avant qu’elle ne s’effondre sur le sol. Rick, lui, courut rattraper les chevaux, qui, terrifiés, étaient devenus complètement fous.
- La vache, comme si les loups ne suffisaient pas, il fallait que ces bestioles soient allergiques aux flammes.
- Utilise ma flûte, je sais que ça les calme.
Il lui tendit la flûte de pan et se re-concentra sur sa future petite amie. Elle semblait atteinte d’une terrible fièvre et avait perdu connaissance. Mais que se passait-il donc ?
- Rick, tu crois qu’on est encore loin du sanctuaire des bois ?
- Ben... si ces lobos noirs ont su nous attaquer, c’est qu’on en est encore assez loin, pourquoi ?
- Parce qu’elle a un sérieux problème.
- Qu’est-ce qui lui arrive ?
- Je ne sais pas... on dirait qu’elle est malade, ou qu’elle a une crise de je-ne-sais-quoi.
- Ben... dans ton futur parallèle, comment vous soigniez ça ?
- Mais elle n’avait pas ce genre de crise ! Du moins, pas dans mes souvenirs qui sont quand même limités. Je ne sais pas ce qu’il faut faire, c’est pas prévu. Leïa, je t’en prie, parle-moi. Qu’est-ce qu’il faut faire ?
Désemparé, il essaya de lui masser le visage, d’enlever la transpiration...
- Pourquoi tu n’essayes pas le bouche-à-bouche ?
- QWA ?!?
- Allez, tu as au moins une bonne excuse...
- Heu...
Link devint presque aussi rouge que les cheveux de Leïa, et ce n’était pas très beau à voir. Pour décoincer son ami, Rick partit s’occuper des chevaux. Pendant qu’il jouait une douce mélodie sur l’instrument de Link, l’elfe s’agenouilla près de la jeune fille. Comme elle était belle... Ces yeux, cette bouche, ce si adorable visage... Il comprit comment il avait pu en tomber amoureux. Il sentit remonter en lui toute la tendresse et le désir qu’il avait éprouvés pour elle précédemment. Ce ne fut donc pas un simple bouche-à-bouche qu’il effectua, mais un long baiser passionné. Il sentit une force étrange monter en lui, qui semblait plus puissante dans sa main. Il comprit... La Triforce du courage voulait agir. Il prit la main marquée de son aimée et se concentra sur cette étrange force. "Va à Leïa... Soigne-la".
Au bout d’une dizaine de secondes, il sentit que le front de son amoureuse refroidissait. Elle recommença à respirer normalement. Elle dormait.
- Bon, Roméo, elle va mieux ?
- La fièvre est tombée, c’est déjà ça... Mais je me demande si sa crise n’est pas liée à la Triforce... On devrait voir des connaisseurs, des prêtres, des magiciens.
- Bof, au sanctuaire, tu as déjà les savants fous et le gardien Fado.
- Oui, je n’ai pas très confiance en Pythagore et Thalès, mais c’est mieux que rien. Aide-moi à la mettre sur mon cheval.
Rick obéit. Les animaux avaient retrouvé leur calme et ils purent se remettre immédiatement en route.
- Dis, Link... vous ne sortez pas encore ensemble, non ?
- Bien sûr que non, pourquoi ?
- Parce que dans ce cas, tu devrais mettre ta main ailleurs que là, sinon elle te collera une baffe dès qu’elle se réveillera.
Chapitre 12 : Le secret de l’arbre Mojo 
Le sanctuaire était beaucoup plus proche qu’ils ne l’avaient pensé. Ils atteignirent très vite la zone bénie par le vénérable arbre Mojo. Une dizaine de Kokiris sortirent des buissons pour les guider.
- Bonjour Link, bonjour Rick. On avait peur de ne pas vous voir arriver.
- Hein ? Vous nous attendiez ?
- Le vénérable arbre Mojo a senti votre présence, mais il a aussi senti une force maléfique s’approcher de vous à toute vitesse. Il n’a pas eu le temps de faire quoi que ce soit pour vous aider. Désolé.
- Ce n’est pas grave. On a réussi à s’en sortir. Mais est-ce qu’il y a un médecin ici ? Notre copine ne se sent pas bien du tout.
- Il y a les deux elfes, mais bon... Enfin... vous voyez ce qu’on veut dire ?
Link se souvint de Thalès dans le futur parallèle. Il avait bien réussi à soigner Rick lorsqu’il avait eu les os brisés. On pouvait lui donner une chance. Il demanda aux Kokiris de les conduire immédiatement au repaire des apprentis sorciers. Le jeune apprenti les accueillit les bras ouverts, trop heureux de pouvoir enfin faire profiter des gens de son savoir. Il demanda aux garçons d’allonger la patiente sur un lit et l’examina. Au bout d’un moment il annonça qu’elle était simplement épuisée, vidée de son énergie et que les seuls remèdes possibles étaient du repos et, quand elle aurait la force de la digérer, une potion de son invention.
- Mais il faut attendre qu’elle se réveille pour lui donner le remède. Laissez-la dormir une ou deux heures.
Link et Rick approuvèrent sa suggestion. Ils lui confièrent Leïa et sortirent.
- Bon, on fait quoi pendant qu’elle dort ?
- Je pense qu’elle n’aimera pas qu’on y aille sans elle, mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée de l’emmener dans la tombe du héros des bois. On va y aller maintenant. Allons voir l’arbre Mojo.
Les deux jeunes hommes se rendirent donc près de l’arbre millénaire. L’arbre était exactement comme dans les souvenirs de Link, quoique plus alerte. A ses racines était assis un petit Kokiri. L’elfe le reconnut tout de suite. C’était le gardien du sanctuaire.
- Bienvenue, Link... Je crois que nous avons des choses à nous dire.
- C’est vrai.
- Assois-toi.
- Merci, s’exclama Rick. J’existe aussi.
- Pardon, mais il faut admettre que toutes nos pensées sont actuellement fixées sur ton ami.
- Je sais... il y a de quoi.
Rick s’assit et Link fit de même. L’arbre Mojo commença :
- Explique-moi, Link. Depuis quelques temps, je sais que Ganondorf est de retour et qu’il cherche la relique la plus puissante qui soit. Je voudrais savoir comment il se fait que deux fragments plus une petite partie d’une autre se déplacent avec toi depuis hier après-midi.
- Il se trouve que nous avons sauvé des griffes de Ganondorf une jeune fille qui possédait les fragments de la force et de la révolte. Un peu avant, nous avons "intercepté" un groupe de moblins qui se promenaient avec un petit morceau de celle du courage. Et c’est là que ça devient compliqué.
Link raconta une nouvelle fois son étrange aventure, essayant d’être le plus précis possible dans les événements, sans toutefois parler des manoeuvres de Rick. Il ne pouvait définitivement pas lui annoncer qu’il allait être contraint de se mettre au service de Ganondorf. Lorsque Link eut fini son histoire, Fado prit la parole.
- Il y a quand même des zones floues... Il y a beaucoup de passages que tu sautes, où tu n’es pas précis.
- Ce sont des zones superflues, inutiles.
- Je ne crois pas... Quand tu parles de l’élue des dieux, ton coeur commence à battre, et ton fragment à briller.
- C’est de la vie privée.
- Ecoutez, intervint Rick. Ce pauvre malheureux est tombé amoureux de cette fille dans son futur antérieur. C’est normal qu’il veuille cacher son intimité.
Fado éclata de rire.
- L’elfe de grand chemin ? Amoureux ???
- Qu’est-ce que ça peut faire ?
- Oh, pas grand-chose, mais quand même... c’est surprenant. Je me demandais si cela allait t’arriver un jour. Tu es tellement borné, d’habitude.
- On peut parler de choses plus sérieuses ? A propos de Leïa, par exemple. Lorsque nous nous sommes fait agresser tout à l’heure, elle a utilisé ses pouvoirs pour nous tirer d’affaire, et ça l’a mise KO. Est-ce que l’un de vous aurait une explication ?
- Nous ne sommes pas médecins. Il faut demander aux elfes qui se sont installés ici.
- Ils disent que c’est de la fatigue... Mais si elle possède deux fragments de Triforce, ce genre de choses peut-elle arriver ?
- C’est assez étrange, en effet. Fado se renseignera lorsqu’elle sera en état de parler. A présent, que comptez-vous faire ?
- Pas tellement d’idées... Leïa tenait à ce qu’on retrouve le plus vite les fragments de la Triforce. Et c’est d’ailleurs pour ça qu’on est ici. Leïa pense que le héros des bois est son père et qu’il lui aurait laissé un message au sujet de la Triforce qu’il s’était juré de cacher.
- SON PERE ? C’est... impossible... pas possible. D’où sort-elle ?
- Et bien... elle et sa mère adoptive m’ont dit qu’elle était l’arrière-petite-fille du héros du temps et d’une Tamara... des personnes qui ne vous sont pas inconnues ?
- Link, Tamara... ainsi que leur fille Tanis, ce brave Léo et Robin aussi, je les ai tous élevés. Mais alors... la gardienne de la Triforce serait la descendante de... "LUI" ?
- Oui.
- C’est donc l’arrière-arrière-petite-fille de Ganondorf.
Rick se redressa d’un bond.
- Hein ???
- Fais pas cette tête-là. Je sais que Leïa déteste son ancêtre et qu’elle est prête à tout pour lui nuire. Ils ne se ressemblent en rien.
- C’est pas pour ça... Mais maintenant, je comprends pourquoi tu me disais que le sorcier allait devenir très méchant. Tu dis que la forêt est en danger, mais c’est en danger de destruction totale !
Fado confirma qu’il recevait depuis quelques jours de terribles présages pour la forêt. Il devenait impératif d’agir au plus vite.
- Vénérable arbre Mojo, je sais que vous dissimulez une entrée vers la tombe du héros des bois. Laissez-nous y aller pour vérifier si Robin des bois n’a pas laissé des traces.
- Link, ce Robin...
- C’est mon sosie parfait, je sais. J’ai eu l’occasion de m’en rendre compte. Je sais quels points nous avons en commun. J’ai eu droit à un débat assez pimenté.
- Bon, dans ce cas... rien ne t’empêche d’y aller. Seulement, Leïa est-elle au courant de votre lien de parenté ?
- Attendez... vous pouvez répéter ? J’ai un lien de parenté avec elle ?
- Je croyais que tu venais de dire que tu le savais. Lorsque Robin et son épouse sont revenus il y a 500 ans, ils ont eu un deuxième enfant. Ce fut un épisode bien triste, car l’usurpateur du trône avait tendu une embuscade à un groupe de rebelles à qui ils avaient confié momentanément la garde de leur fils. Ce fut un massacre. Tout le monde crut que l’enfant était mort. Seulement, quelques temps après la mort de Robin, j’ai accueilli un bûcheron (chose exceptionnelle) dans le sanctuaire. Il m’a dit qu’il s’était rendu quelques heures après sur les lieux du massacre et qu’il y avait trouvé un enfant de même pas deux ans encore en vie. C’était le frère de Leïa. Le garçon a grandi dans la famille du bûcheron et a été élevé avec amour. Il s’est marié et sa descendance a prospéré jusqu’à nos jours. Il se trouve que, même si les liens sont à présent fort éloignés, le sang des Gerudos maudits coule aussi dans tes veines.
Chapitre 13 : La famille maudite 
Link était abasourdi par ce qu’il venait d’entendre. Ainsi donc, il était lui aussi un descendant de Ganondorf ?
- Ce n’est pas possible. En 500 ans, comment pouvez-vous en être si sûr ?
- Tu sais, j’ai demandé à ce brave bûcheron de transmettre à l’enfant ainsi qu’à ses descendants la tradition de venir me saluer. J’ai rencontré chacun de tes ancêtres, même ton père. Et je peux te dire que ta famille n’a jamais été très nombreuse. La malédiction tenait toujours. Les membres de la famille n’ont généralement tenu que le temps de mettre au monde leur premier enfant. Les hommes mouraient au combat et les femmes ne se remettaient pas de leur départ ou de l’accouchement. Ta famille a connu bien des drames. Toutefois, je sais que ton grand-père, lui, a eu des jumeaux. L’un deux est parti au bourg d’Hyrule pour y faire des études. L’autre est resté au village béni des elfes où un de tes ancêtres s’est installé et y a appris le métier de chevalier. Celui-là, c’était ton père.
- Attendez... un de mes amis m’a un jour dit que j’étais le seul survivant d’un village qui avait été attaqué par des pillards.
- Oui, une tragédie de plus. En réalité, ce n’était pas des pillards ordinaires. Il s’agissait de membres de la secte des Maltiks. Ce sont des fous qui adorent ce qu’ils croient être le dieu de l’ombre, mais qui n’est autre que Ganon. Tu vois... sa malédiction marche. Il se venge bel et bien sur les descendants du héros du temps, quoique je ne pense pas que les sbires de Ganon réalisent qu’ils s’attaquent à des Gerudos maudits.
- Je vois.
- Pour parler de ton oncle... Un peu avant ton père, il est venu me présenter son fils. Ensuite, il est reparti à la ville où il avait l’intention de faire de ton cousin un érudit. Je sais que ton oncle est mort lors d’une épidémie, il y a au moins dix ans, mais ton cousin est toujours en vie. Il ne s’est pas encore marié et je ne pense pas qu’il ait eu le moindre enfant. La malédiction ne s’abattra pas sur lui. Tu devrais le retrouver.
Link était sans voix. Un cousin ? Il avait encore un cousin ? De la famille ? Quel choc. Une famille. C’est la première chose dont son amnésie le privait. C’était une des choses qui lui manquait le plus... un endroit où il saurait qu’on l’attend, où on l’aime... Des gens sur qui il sait qu’il peut compter, des gens liés à lui par le sang.
- Et vous savez où je peux trouver ce garçon ?
- Voyons... son nom... son nom... Je ne m’en souviens plus... Quelle ironie... tant de souvenirs emmagasinés depuis des millénaires... Je peux te raconter en détail la discussion que j’ai eue avec le héros du temps lorsqu’il m’a libéré d’une malédiction et que je lui ai révélé la vérité sur ses origines, je peux me souvenir d’un grand nombre des actes héroïques de tes ancêtres, mais le nom de ton cousin et où il se trouve, je ne sais pas te le dire.
- Mais vous pouvez quand même me mettre sur la piste... Parlez-moi de mon oncle, je pourrais le retrouver grâce à ça.
- Ton oncle... oui, c’est une idée... il s’appelait Euklidh. Il voulait devenir un mage, connaître la magie. C’est pour cela qu’il est parti au bourg d’Hyrule suivre les séminaires des sages.
- Bon... je n’aurai qu’à me renseigner là-bas. Merci de votre aide.
- Super, intervint Rick. Mais maintenant que tu es fixé sur tes origines, on peut revenir à des sujets plus importants ? Je te rappelle que nous devons agir vite.
- Oui, c’est vrai. Vénérable arbre Mojo, ouvrez-nous le chemin. Il est temps pour nous de nous remettre au travail.
L’arbre géant acquiesça. Il écarta ses grandes racines, révélant ainsi le fameux souterrain. Les deux aventuriers s’y engouffrèrent. Restés seuls, Fado et l’esprit de la forêt restèrent un moment silencieux.
- Grand arbre Mojo... pourquoi cette comédie ? Vous saviez que...
- Oui, mais une récompense est tellement plus agréable quand on l’a méritée.
Chapitre 14 : Les cartes 
Les deux garçons avancèrent dans la pénombre. Ils eurent vite la désagréable surprise de constater que le passage était fermé par une énorme dalle.
- OK... on fait comment, Link ?
- Ben... lorsque je suis venu, il n’y avait pas de dalle. Je suppose qu’il y a donc un moyen de se débarrasser de cette pierre. Donne-moi cinq minutes.
L’elfe regarda les murs aux alentours. Il devait bien y avoir un mécanisme. Si dans son précédent passé, il avait brisé la dalle, il en serait resté des traces et il l’aurait remarqué. Non ! Un mécanisme devait permettre de la déplacer. Il finit par remarquer une pierre beaucoup plus claire que les autres. Elle n’était visiblement pas de la même origine. Link la retira et découvrit une poignée de fer qu’il tira. Les garçons entendirent alors toute une série de rouages s’activer et virent l’énorme pierre glisser sur le côté. Rick félicita son compagnon et ils continuèrent leur route.
Finalement, à part quelques obstacles du même genre et quelques grosses bébêtes pas trop coriaces, les deux aventuriers n’eurent pas trop de mal à arriver dans le couloir menant à la fameuse crypte. Link s’arrêta quand même devant la fausse pierre menant aux oubliettes.
- Regarde ça. Tu crois que c’est du granit ? Mets ta main.
Rick s’exécuta et poussa un cri de surprise en voyant sa main disparaître.
- C’est une illusion, et il en existe une autre à la fin du parcours. C’est le passage secret dont je t’ai parlé.
- Merci
- Dis... si jamais ça tourne mal, que je perds et que je suis à nouveau frappé d’amnésie, je compte sur toi pour me guider. Je te montre et t’explique tout maintenant. C’est important. On risquerait de perdre du temps.
- Qu’est-ce qu’on aura à faire dans cette tombe ?
- Il y aura des prisonniers Sheikas à libérer.
- Bon.
Après ce petit cours, les deux amis continuèrent leur chemin et entrèrent dans la chambre mortuaire du héros. Les deux morts étaient toujours au même endroit, sur un autel et tendrement enlacés.
- La vache ! C’est ton sosie parfait ! Pour le lien de parenté, il n’y a pas photo.
- Ça me surprendra toujours. Mais ce n’est pas les morts qu’il faut regarder. Il faut jeter un coup d’oeil aux murs.
C’est ce qu’ils firent. Seulement, ils eurent vite une très désagréable surprise. Tous les textes étaient gravés dans un ancien hylien incompréhensible. Tous ces textes ne leur étaient donc d’aucune utilité. Ils durent se concentrer sur les rares fresques de la salle. A leur grande joie, une carte d’Hyrule était représentée. Link reconnaissait plus ou moins la géographie des lieux, mais pas la position des villes et celle de la forêt. On pouvait reconnaître l’arbre Mojo, le lac Hylia, la montagne solitaire, la citadelle des nuages... Le bourg d’Hyrule était représenté, lui aussi.
- C’est bien joli, sortit Rick, mais on n’y trouvera aucun indice.
- Peut-être que si... Regarde, il y a sept petits triangles un peu partout. Le triangle, c’est bien la forme symbolique de la Triforce, non ?
- Mais à supposer qu’ils représentent l’emplacement des morceaux, qui nous dit qu’ils s’y trouvent toujours ? Les moblins qu’on a abattus sont la preuve qu’au moins un des morceaux a été trouvé et déplacé.
- Et je pense que ce morceau est celui qui était caché au fin fond de la forêt. Pour les autres, il faudra vérifier. Tu as de quoi noter ? Il faut qu’on retienne l’emplacement des divers fragments.
Faute de papier, ils ramassèrent un grand bouclier de bois sur lequel ils s’efforcèrent de recopier la carte. Soudain, Rick s’écria :
- Attends une minute... Il y a un morceau par ici.
- Oui, le mien.
- Mais non, imbécile. La carte indique un morceau à proximité de l’arbre Mojo. C’est donc dans ce bâtiment.
- Hé oui... C’est vraiment énervant de ne pas savoir comprendre cette langue. Je suis sûr qu’il en parle.
- Tu sais quoi, je suggère que nous retournions voir l’arbre. Je suis sûr que Fado, ou à la limite un des deux savants fous, pourrait la traduire.
- Ne traite pas Thalès de savant fou. Il peut être brillant quand il veut.
- N’empêche que nous ne pouvons plus avancer tout seuls. On a besoin d’un interprète.
Link l’approuva et ils rebroussèrent chemin. A un moment donné, Link s’arrêta.
- Attends, tu vois ce que je vois ?
- Heu... si tu parles des toiles d’araignée, oui.
- Non... il y a un couloir derrière. Passe la torche.
L’elfe s’approcha avec la flamme des toiles. Elles s’enflammèrent en un instant.
- Si ça se trouve, la Triforce est au bout de ce chemin. On va voir ?
- Dis... tu as vu la taille des toiles ? As-tu une idée de ce qui a pu les faire ?
- Une très grosse araignée, mais ça ne me fait pas peur. J’ai déjà affronté des affreuses bestioles : un géant de pierre, une araignée de glace, un vampire, des poulpes, fourmis et lapins géants. Je saurai me débrouiller. Alors, on y va ?
Chapitre 15 : La chose 
Les deux explorateurs avancèrent silencieusement dans des couloirs de plus en plus sombres et de plus en plus sales. Ils trouvaient des cadavres d’animaux enveloppés dans des énormes toiles. Rick était de moins en moins rassuré. Il s’efforçait de se concentrer sur la torche qu’il avait entre ses mains et veillait à la renouveler. Toutefois, lorsqu’il ramassa ce qu’il croyait être un morceau de bois et qui se révéla être un reste de jambe humaine, le pauvre garçon ne put s’empêcher de vomir et faillit laisser la lumière s’éteindre.
- Je n’en peux plus... Je veux partir.
- Partir après tout le chemin qu’on a fait et sans avoir trouvé le trésor, c’est idiot. Un peu de courage. Je te garantis que cet endroit n’est rien à côté des endroits que tu vas fréquenter.
- Puisque tu m’en parles, tu ne m’as jamais dit ce qui allait m’arriver.
- Tu tiens vraiment à le savoir ?
- Ça me permettra de vérifier tout ce que tu m’as raconté.
- Parce que tu ne me crois toujours pas ?
- Pourquoi tu ne veux rien me dire ?
- Car tu penseras avoir fait des conneries et que tu voudras les éviter. Pourtant, ça nous sauvera plusieurs fois.
- Dans ce cas, donne-moi juste des conseils.
- Bon, ben, reste toi-même, suis ton instinct (ça fait réplique pourrie de ciné, je sais).
Leur discussion fut interrompue par un étrange et désagréable bruit. Cela ressemblait à une sorte de frottement, mais en même temps, on croyait entendre la pluie ruisseler sur une vitre.
- La "chose" n’est pas loin. Garde l’oeil ouvert.
- Tu vois, je crois plutôt que je vais m’évanouir avant de l’avoir vue.
Les bruits recommencèrent.
- Arrête de gémir, Rick. Tu vas l’exciter. Ces trucs-là sentent l’angoisse de leurs proies.
- Tu pourrais me dire un truc rassurant, pour une fois ?
- T’es qu’une chochotte. Arrête de faire du bruit, tu l’aides à nous repérer. Ne t’inquiète pas, je l’aurai.
Rick se tut, mais il lança un regard noir à Link, lui en voulant de l’avoir entraîné dans cette aventure.
Les bruits recommencèrent, mais cette fois-ci, ils venaient d’en haut. Les deux garçons levèrent lentement la tête. Rick resta pétrifié d’horreur.
L’araignée géante devait bien avoir la même taille qu’eux. Elle était noire, velue et de ses crochets dégoulinait un étrange liquide foncé. Dans un sifflement, elle se laissa tomber sur le sol et fonça sur ses proies. Pas de chance pour elle, Link l’attendait de pied ferme.
Le combat fut bref. Link sortit son arbalète et visa entre les yeux. L’arachnide poussa un cri strident et voulut contre-attaquer en tirant une toile gluante, mais l’elfe était encore trop rapide. Le jeune homme saisit cette fois-ci son fléau et écrasa la tête de son adversaire. Il recommença l’opération jusqu’à ce que plus aucun membre ne bouge. Ensuite, il se tourna vers son ami qui n’avait pas bougé d’un poil.
Ce dernier était toujours paralysé. Son visage était blanc comme la neige et sa respiration semblait s’être arrêtée.
- Rick ? Rick ? Ça va ?
Le garçon ne bougeait toujours pas.
- Qu’est-ce que tu as, réponds ? J’ai tué la bestiole ! Elle ne t’a même pas touchée. Hé ho !
Link commençait à secouer son ami.
- Allez, c’est pas possible d’être arachnophobe au point de faire une crise de nerfs. Réponds-moi !
Rick commença à donner des signes de connaissance. Il se remit à respirer et à bouger convulsivement.
- Ça va mieux ?
- Link... qu’est-ce que... qu’est-ce qui s’est passé ?
- Je ne sais pas, mais je crois que tu as un coeur très sensible.
Le garçon regarda ce qui restait de la chose qu’il avait tant redoutée. Même en bouillie, l’araignée le terrorisait.
- Ne me dis pas que tu es tellement sensible... Comment as-tu pu survivre dans mon futur ?
- Link... qu’est-ce qui m’attend ?
- Bon... sache que tu vas côtoyer les pires créatures qui existent.
- Ecoute, des moblins, des morts vivants... je peux encore les supporter. C’est juste que j’ai les araignées en horreur. Tant que je suis plus grand et que je peux les écraser, ça va. Je les détruis. Mais là... c’était trop. Pardon.
- Ce n’est pas grave. Je n’ai eu aucun problème. Viens... o |