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The Legend of Zelda: le maître du temps
Ecrit par El Wap
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Chapitres 1 à 26 - Chapitres 27 à 53
Chapitre 27 : Les mystères de la tombe 
L'elfe reprit son apparence normale après avoir enlevé les bracelets argentés et raconta ses aventures dans le donjon. Lorsqu'il parla de son duel avec l'aberration de Pâques, ses amis le regardèrent avec des yeux ronds. Quand le garçon eut fini son aventure, il s'approcha de Rick pour examiner l'état de ses blessures. La potion faisait de l'effet, le blessé ne sentait presque plus rien. Il put se relever et les trois compères partirent pour la demeure de l'apprenti-médecin.
Leur hôte, qui s'appelait Thalès, leur servit un agréable repas du soir et les présenta à son mentor, le sage Pitagore (un vieil elfe aux longs cheveux blancs qui tenait vraiment du savant fou). Ce dernier tenait à leur faire tester toutes sortes de potions et sortilèges qu'il avait récemment mis au point. Les deux garçons servirent donc de cobayes humains durant quelques heures. Heureusement pour eux, la plupart des potions n'eurent aucun effet nocif. Link se trouva tout de même transformé en une sorte de zombie et Rick fut brusquement vidé de toutes ses forces, rien de vraiment grave car le savant fou avait préparé des antidotes à tous ses produits.
Vers sept heures du soir, les deux aventuriers réussirent à se séparer de leurs hôtes et rejoignirent l'arbre Mojo. Celui-ci avait l'air soucieux.
- Mauvaise nouvelle, les garçons. Zelda, qui est entrée dans la tombe ce matin, n'est toujours pas revenue. Je crains qu'elle ait eu des ennuis. Vous devez immédiatement partir à sa recherche.
Sur ces mots, l'esprit des bois ouvrit une bouche béante, donnant ainsi accès au fameux passage secret.
- Cependant, je préfère te prévenir, Link. Je ne t'ai jamais laissé t'y rendre car il y a quelque chose de très particulier à l'intérieur, quelque chose qui risque de te perturber. Mais maintenant, je pense qu'il est temps que tu saches. En allant chercher la princesse et les prisonniers, je te conseille de chercher le corps du héros des bois.
Nos deux héros acceptèrent et entrèrent dans le tunnel.
La galerie, d'abord creusée dans la terre et soutenue par des racines géantes, devint vite un couloir étroit construit dans la pierre. Ils furent bientôt plongés dans l'obscurité la plus totale. Link décida de ressortir la vielle luciole que lui avait donnée Ranos. Après une longue marche, ils atteignirent enfin une pièce plus vaste. La tombe du héros des bois n'avait rien d'une tombe. Il y avait tellement de pièces, et une si grande recherche esthétique dans l'architecture du bâtiment qu'ils avaient l'impression de se trouver dans un palais. Après une longue exploration, ils atteignirent un petit couloir étroit dans lequel ils avaient l'impression d'entendre du bruit. Cela ressemblait à des murmures. Puis, ils entendirent un bruit de pas qui se rapproche.
- Que faites-vous là ?
- Et vous, princesse... Nous vous retournons la question.
- Des gens fidèles à ma famille sont prisonniers ici. Ils doivent être tout près. On les entend parler. Malheureusement, cela fait plusieurs heures que je tourne sans trouver le moyen de les atteindre.
- Nous étions là pour la même chose, dit Rick.
- Sauf que l'arbre Mojo m'a conseillé d'aller chercher quelque chose près du corps de l'illustre héros.
A ces mots, la princesse blêmit.
- Quelque chose ? Mais il n'y a rien à prendre.
- Il m'a dit qu'il y a quelque chose que je dois savoir et que pour ça, je dois trouver la dépouille de Robin des bois.
La princesse semblait devenir très nerveuse.
- Oui... Il y a "ÇA". Mais je ne sais pas si c'est une bonne idée. Je ne sais pas si tu comprendras. Je vais vous le montrer, dans ce cas. Il est préférable que je vous explique.
Sans dire un mot de plus, elle leur fit signe de la suivre dans un escalier raide. Ils débarquèrent dans une vaste crypte aux murs couverts de fresques et d'écritures. Dans le fond de la salle se trouvait un grand autel, et sur cet autel gisaient deux corps enlacés et parfaitement conservés : un couple d'elfes. La femme était brune, sans âge. L'homme, lui, était le sosie de Link.
- Ce n'est pas possible, c'est moi !
- Visiblement non, puisque tu es debout en train de le regarder.
La princesse s'approcha doucement d'eux.
- Link, cet homme qu'on nomme le héros des bois, beaucoup de simples d'esprits diront que c'est toi, mais ce n'est pas le cas. Regarde-le plus attentivement, ainsi que sa main droite.
Link examina le cadavre. L'elfe mort semblait être son reflet, mais avec 10 ans de plus. Sa main droite portait une large cicatrice ressemblant à la Triforce.
- Ce symbole ne te rappelle rien ?
- C'est le symbole de la Triforce, mais quel rapport avec moi ?
- Regarde ta main, idiot.
Link jeta un coup d'oeil sur le membre désigné. A sa grande surprise, la même marque s'y trouvait.
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Je vais t'expliquer. Ça signifie que vous avez tous les deux été les possesseurs de la Triforce du courage. Vous avez été désignés par le destin pour être des réincarnations du héros éternel.
- Tu veux dire que... j'ai été l'homme qui se trouve devant moi ?
- Non, c'est l'erreur que tout le monde commet. Vous n'avez en commun que la Triforce, le courage et la volonté de protéger la vie. Ne laisse jamais personne te dire le contraire. Tu n'es pas Robin, et Robin n'était pas le héros du temps...
Ses derniers mots étaient chargés de tristesse. Parler de cet homme la bouleversait.
- Le héros du temps ? C'est qui, celui-là ?
- Une de tes précédentes réincarnations, une des plus célèbres.
- Pourtant, ça ne me dit rien.
- Et alors ? le coupa Rick, quand on te parle de ton fils, ça ne te dit rien non plus ! Ne te fies pas à ta mémoire. Tu sais bien qu'elle ne t'est d'aucun secours.
Les trois jeunes adultes continuèrent de discuter longuement. Link se demandait qui pouvait être la femme elfe. Zelda expliqua, en se basant sur les textes gravés sur les murs, qu'il devait s'agir de sa femme, la princesse Diana-Zelda.
- C'est donc une de tes ancêtres ?
- On ne parle pas beaucoup d'elle. Beaucoup de gens, dont ma famille, estime qu'elle est à l'origine d'une grave période de crise en ayant aimé l'héritier de Ganondorf.
- Elle a changé d'avis, finalement, puisqu'elle repose à présent auprès d'un elfe héroïque.
La princesse décida de changer de conversation. Elle demanda à ses compagnons de l'aider à trouver la fameuse prison. Ils retournèrent donc dans le couloir aux murmures. Les deux elfes étaient convaincus qu'un passage secret y était dissimulé. Ils collèrent leurs longues oreilles aux murs, guettant la moindre brèche pouvant les renseigner. C'était peine perdue. Rick commençait à s'énerver et à donner des coups de pied aux murs. Quelle ne fut pas sa surprise quand il vit son pied disparaître dans une pierre.
- J'ai compris, s'écria la princesse. Cette roche n'est qu'une illusion. Elle dissimule le chemin.
Les trois amis s'accroupirent autour du mystérieux passage. Le conduit se révélait très étroit. Il fallait être une fille pour s'y engager. Zelda refusait catégoriquement cette tâche (une princesse ne rampe pas dans des conduits d'aération...). Link se dévoua donc. Il sortit sa flûte et se transforma. Lorsqu'elle vit le résultat, la princesse se jeta sur Link, prête à l'étrangler.
- LA JEUNE FILLE... C'ETAIT TOI... SALE TRAITRE... TU VAS PAYER...
- Hé !!! Qu'est-ce que je t'ai fait ? Lâche-moi !!!
- COMMENT... AS-TU OSE... ME FAIRE ÇA ???
- Taisez-vous, votre altesse... Les ennemis qui se trouvent à l'autre bout du tunnel risquent de nous entendre.
L'hystérique lâcha sa victime.
- Mais enfin, Zelda, pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tiens-tu à me tuer ?
- Tu t'es servi de moi, sale travesti. Tu m'as trompée.
- Je ne me souviens de rien... Comment veux-tu que j'assume ?
Chapitre 28 : Aromir 
L'enragée se calma lentement. Afin d'éviter de rester dans le voisinage de cette dernière, Link se dépêcha d'entrer dans le petit passage. Il rampa ainsi plusieurs minutes. Les murmures devenaient de plus en plus audibles. Il atteint le bout d'un cul-de-sac mais en conclut qu'il devait également s'agir d'une illusion. En effet, son doigt passa à travers. Il se rendit également compte que les voix qu'ils entendaient tout à l'heure se trouvaient derrière cette pierre. Il attendit un moment pour savoir ce qui l'attendait dehors.
- ... Mes forces me quittent, je n'en ai plus pour très longtemps.
- Ne dites pas ça, vénérable maître. Il vous faut tenir, garder l'espoir.
- L'espoir... Je crains de ne pas pouvoir voir ce rêve se réaliser. C'est dommage... C'était un beau rêve. Un océan noir, plein d'énormes vagues, de tourbillons... Ce terrible orage... Enfin, une étrange lumière verte venant des profondeurs... Elle remonte... Un magnifique ange aux ailes vertes et dorées qui sort de l'eau. Lorsqu'il lève son épée, les vagues se calment, le vent se tait, les nuages se dissipent... Le niveau de la mer se met à baisser... Des îles émergent, la vie renaît...Oui, c'est un beau rêve... Le héros éternel nous révèle sa vraie nature et ramène la paix, en revenant du plus profond des ténèbres. Moi, le dernier des Sheikahs, j'aurais aimé rencontrer ce héros, le voir sous sa forme ultime...
Link se rassura. Les gens qui se trouvaient dans la pièce étaient effectivement des partisans de la famille royale.
- Hélas... nous sommes confinés dans cette oubliette, les os brisés et sans nourriture. La réalisation de ce rêve n'est pas pour nous.
Une oubliette ??? Link ne risquait donc pas de tomber sur des ennemis. Il appela les prisonniers à voix basse.
- Je suis là pour vous aider... je suis dans un passage secret. Dites-moi si vous êtes surveillés.
Les prisonniers n'arrivaient pas à croire que l'on vienne enfin à leur secours.
- Enfin... ce conduit dans lequel aucun de nous ne peut se faufiler nous rend enfin service. Nous savons que des gardes sont postés en haut de la trappe. Je ne pense pas que l'on puisse sortir par-là...
Link sortit péniblement de sa cachette.
- Qui a dit que nous allions utiliser une voie normale ? Je vais nous téléporter au sanctuaire des bois. Pour la suite, on verra.
L'elfe sortit sa flûte.
- Mais, c'est la flûte de l'elfe de grands chemins.
- Mais c'est moi...
- Ne dis pas de bêtises, l'elfe de grands chemins est un garçon.
- Et bien, je me suis transformé en fille pour passer par le tuyau d'aération.
- Je n'arrive pas à le croire, une partie du rêve de notre vénérable maître se réalise sous nos yeux... le héros éternel ressort des abîmes...
L'homme se tut et leva les yeux... un homme les observait en silence du haut du puits. Il était grand avec des longs cheveux sombres. Il était vêtu de longs vêtements bruns. Il tenait une arbalète à la main, et une sorte de bombe dans l'autre. Les prisonniers, terrifiés, attendaient leur sort.
- Le héros éternel qui ressort des abîmes... Il est à ma merci, dans une enveloppe féminine. Je n'ai qu'à le plumer à coup de flèches... Et je prouve ainsi ma valeur au seigneur des ténèbres...
- Alors qu'attends-tu ?
- Que tu me dises pour quelle raison je ne devrais pas le faire.
- A quoi tu joues ? Est-ce que ça va changer quelque chose ?
- Peut-être... si tu arrives à me convaincre. L'avenir que m'offre le grand maître ne me plaît pas vraiment.
Link avala sa salive... Il était certain que l'avenir d'Hyrule était en train de se jouer dans ce sinistre tombeau.
- Pourquoi voudrais-je que tu me laisses les emmener ? Parce qu'ils servent d'otages. Tant qu'ils sont prisonniers, la dame blanche ne peut pas s'opposer à Ganondorf. Par contre, dès qu'elle sera libre de ses mouvements, tout sera différent. Je l'aiderai à débarrasser le monde de ce fléau. Ensuite, nous ferons revenir le soleil. Le royaume redeviendra vert et fertile...
- Penses-tu vraiment réussir cette folle entreprise ? Il faudra bien qu'un jour, j'annonce la disparition des derniers Sheikahs. A ce moment-là, il comprendra ce qui se passe et il ira demander à la "dame" de te tuer. Sais-tu qu'au moindre signe suspect, il règle tout en une phrase ?
- En faisant vite, on peut agir en moins d'une semaine. Il suffit qu'il ne sache rien. Retiens-toi le plus longtemps possible et dis-lui que les prisonniers ont fini par trouver un sortilège pour s'enfuir par le couloir d'aération. Il faut juste qu'il pense qu'il n'existe pas de forme de résistance organisée... Et si tu es en disgrâce, je pense connaître des gens qui t'aideront à te cacher.
Le gardien de la prison observa son interlocuteur silencieusement. Les habitants de l'oubliette le regardaient avec angoisse. Link lui demanda encore :
- Tu n'es pas mauvais... Pour quel avenir veux-tu te battre ? Réfléchis bien car en ce moment, il ne dépend que de toi.
- L'avenir... Le rêve du vénérable me plaisait bien... J'aimerais que cela se passe ainsi. Mais je ne pense pas que je puisse jouer la comédie très longtemps. Comment vais-je m'en tirer ? Il est probable que j'aie à fuir. Que ferai-je à ce moment-là ?
En guise de réponse, Link agita sa bourse. Il lui expliqua qu'il allait confier ses rubis à des habitants de Saut-de-Roc et que le gardien n'aurait qu'à venir les réclamer lorsqu'il serait en cavale.
- Tu iras voir les frères Forestiers de la part du garçon de la rivière.
Le garde réfléchissait encore. Au bout de cinq longues minutes angoissantes, il annonça :
- Je décide de croire au rêve du vénérable. Partez vite !
- Merci, envers qui avons-nous une dette éternelle ?
- Mon nom est Aromir.
Chapitre 29 : Plan de bataille 
Link joua le menuet des bois sur sa flûte de pan et téléporta tout son monde au sanctuaire des bois. Il fut étonné d'y trouver Rick et Zelda.
- On se doutait bien que tu allais utiliser l'air que t'a appris l'arbre Mojo. Alors on est rentrés.
Les prisonniers n'arrivaient pas à réaliser qu'ils avaient quitté le donjon. Ils ne croyaient pas à ce qu'ils voyaient.
- Votre majesté... vous êtes vivante !
- Vénérable Telavi... Vous êtes vivant. Je pensais que le sorcier n'aurait eu aucune pitié pour vous.
Rick alla chercher les deux apprentis sorciers pour pouvoir soigner les évadés pendant que Link partait à la recherche de leurs amis. Ceux-ci montaient la garde, cachés dans des buissons. L'elfe fut accueilli avec joie par deux de ses anciens brigands. Il leur fit signe de revenir silencieusement au sanctuaire.
A son retour, il comprit que quelque chose avait changé. Rick, Zelda, Thalès et les autres avaient perdu leur joie de vivre. Ils semblaient angoissés.
- Que se passe-t-il ici ? Il suffit que je m'absente dix minutes pour que tout dégénère.
- La situation se complique effectivement, répondit un petit Kokiri caché derrière Rick.
Le Kokiri s'avança, pour s'assurer que tous les nouveaux arrivants le voient.
- Je suis Fado, le gardien du sanctuaire des bois. Mes pouvoirs me permettent de voir des brides de l'avenir. Je suis au regret de vous annoncer que l'évasion des guerriers Sheikas ne sera pas longtemps ignorée. Les conséquences seront dramatiques pour la forêt. Le sorcier mettra la forêt à feu et à sang afin de les retrouver.
- Oh non...
- Je ne peux prédire quand cela se produira, et si cela se produira vraiment. Ce que je vois est un futur possible que l'on peut anticiper et modifier. Quoiqu'il en soit, Vous n'avez plus beaucoup de temps. Si on veut éviter le massacre, il faut agir le plus vite possible.
Link prit alors la parole :
- Pour la stratégie, c'est simple. Je dois encore me rendre aux sanctuaires de corail et de pierre pour libérer les sages. Je veux m'y rendre seul, n'impliquer personne. Ceux qui veulent agir, qu'ils essaient de repérer les dernières prisons, et éventuellement de libérer les prisonniers.
Rick lui annonça qu'il tenait à le suivre.
- Je veux vous aider, mais si des anciens collègues me voient, nous sommes foutus. Ils comprendront vite que j'ai rejoint un groupe de résistants. Je ne pourrais plus entrer dans la citadelle et notre unique moyen de rejoindre la dame blanche s'envolera. C'est pourquoi je veux t'accompagner Link.
Personne dans l'assemblée ne contesta ses paroles, même pas la bande des voleurs de grands chemins. Ils étaient même étonnement silencieux. Le fait de connaître le danger qui pesait sur leur tête leur faisait perdre toute motivation. La princesse Zelda finit par rompre le silence.
- Bien... Je pense qu'il nous faut un véritable plan de bataille. En premier lieu, il nous faut savoir comment tromper l'ennemi. Tout le monde ici sait que notre seul espoir est que Link atteigne et libère la dame blanche, alias cette demi-Gerudo qu'est Leïa. Donc, Ganondorf ne doit rien savoir à son sujet. Link est mort. Nous avons trouvé son cadavre et l'avons installé dans la tombe du héros des bois.
- Pardon ?
- Heu... On ne t'en avait pas encore parlé, mais Rick et moi avons préparé une petite mise en scène dans la crypte. Rick t'expliquera plus tard. Pour la suite... ce n'est pas Link qui vous a délivrés, c'est soit Sir Marsias, chevalier de l'ordre de l'aigle et premier conseiller du roi, ou moi. Oubliez Link ! Vous ne l'avez jamais vu ! Sir Marsias et moi-même sommes les meneurs de la rébellion.
- Mais alors, que devient notre grand chef ? demanda un des voleurs de grand chemin.
- Il est mort, on te dit ! C'est la version que tu donneras si tu as le malheur d'être interrogé. En fait, nous n'aurons plus aucun contact avec lui, afin qu'il reste le plus possible dans l'ombre. En résumé, nous servons de leurre et devons être prêts à donner nos vies pour que la ruse réussisse.
- Et le traître : Rick, que devient-il ?
- Lui, il n'est pas nécessaire de l'oublier. Il a été contraint de nous suivre lorsque nous sommes allés au sanctuaire de lave et s'est démené pour gagner notre confiance.
Les gens de l'assemblée l'écoutaient, complètement fascinés. La princesse Zelda avait vraiment un talent de meneuse. En lui-même, le pauvre elfe devenu l'unique espoir d'Hyrule se disait qu'elle aurait été une excellente reine. Il priait pour que ce soit le cas un jour, si sa petite soeur acceptait de lui rendre le titre de princesse héritière.
- Les gens qui ne se sentent pas de taille à se battre peuvent se diriger le plus rapidement et discrètement possible au sanctuaire de pierre, où ils se cacheront. Les autres viennent avec Sir Marsias (il n'a jamais dit qu'il était d'accord de venir, mais je l'y forcerai) et moi à la recherche des derniers cachots. A présent, je veux que l'on constitue les groupes.
Les guerriers Sheikas, à l'exception du vieux vénérable Telavi, étaient prêts à suivre leur princesse jusque dans la mort. Suite au regard menaçant de sa fiancée, le chevalier de l'ordre de l'aigle n'eut guère le choix et rejoignit l'équipe. L'ancienne bande de Link se joignit au groupe sans hésiter. Thalès, n'ayant aucun talent pour le combat, préféra rester en arrière et mettre son vieux maître et les Kokiris en sécurité. Boru était indécis... Il aurait souhaité accompagner Link. Il pensait qu'il lui serait d'un grand secours. De plus, il avait fait courir le bruit de sa mort. Si on le voyait vivant, l'ennemi se douterait de bien des choses. Sir Marsias jugea bon de lui rappeler qu'il avait changé de visage et qu'il était pratiquement impossible de le reconnaître. Boru lui répondit du tac au tac en disant qu'un bon magicien comme ceux qui sont au service de l'ennemi découvrirait très vite la nature cachée du bédouin du désert. Il fut donc convenu que Rick, Link et Boru feraient partie de l'équipe secrète et qu'ils partiraient immédiatement.
Les divers groupes se mirent à faire leurs préparatifs. Zelda profita du désordre pour parler discrètement à Link.
- Ecoute, j'ai bien peur que ce soit la dernière fois que l'on se voie, alors il y a plusieurs choses que je dois te dire. La première est que Rick et moi avons mis au point un plan d'infiltration de la base ennemie au cas où il arriverait malheur à un sage. Il t'expliquera en route. Je n'en ai pas parlé aux autres car il est risqué et va nous coûter cher. Deuxième chose, "elle" est passée durant ton absence. Elle nous a dit que si tu tiens à lui parler, il faut jouer son air préféré sur ta flûte.
Les dernières phrases qu'elle avait dites surprirent beaucoup l'elfe. La haine qu'éprouvait la princesse d'Hyrule pour la descendante de Ganondorf semblait avoir fortement diminué. La preuve était qu'elle leur facilitait le contact. La jeune fille sortit un bel ocarina de sa poche et joua un air lent et doux. Le coeur de Link fit un bond. Ranos le Zora le lui avait déjà joué, il en était certain. Il apprit facilement l'air. Zelda semblait très émue.
- La dernière chose : si tu la vois, je veux que tu lui dises que je suis désolée pour tout ce que j'ai dit sur sa famille. En fait, j'ai de l'estime pour eux. Ils ont fait de grandes choses pour le monde, mais on ne se rappelle que du fait qu'ils sont les enfants et petits-enfants du Sorcier maléfique. Ils ne méritent pas qu'on les associe à cet homme.
Sur ces mots, elle partit en direction de l'arbre Mojo. Le jeune garçon la regardait s'éloigner, perplexe. Pourquoi la princesse était-elle si émue ?
Chapitre 30 : J'ai encore rêvé d'elle... 
Les trois garçons partirent vingt minutes plus tard, après avoir salué leurs amis. Pour une raison qu'il ignorait, Link éprouvait une terrible appréhension à l'idée de les quitter. Même dire "au revoir" à Sir Marsias lui donnait un noeud dans la gorge. Ils partirent vite, sans se retourner. Ils passèrent au campement des voleurs chercher leurs chevaux et galopèrent la moitié de la nuit en direction du sanctuaire de pierre. Ils arrivèrent à destination vers 3h du matin. Les habitants les accueillirent comme des rois, leur servant un excellent repas et leur donnant une vaste chambre très confortable. Ils eurent également le plaisir de revoir Darnia, le gardien de l'ancien sanctuaire de lave qui était arrivé le jour précédent. Lorsque Link leur demanda où se trouvait le fameux monstre responsable de la malédiction pesant sur le gardien, leurs hôtes devinrent plus sombres. Ils leur indiquèrent une fresque dans un coin de la pièce principale.
- La bête est cachée dans cette partie du bâtiment. Personne jusqu'à présent n'a su comment franchir la porte. La faire sauter n'est pas une bonne idée, car on provoquerait l'effondrement de toute la pièce.
Rick intervint.
- Ce n'est pas grave. Link a retrouvé ses bracelets de force (les gros bracelets de cuivre). Il va pousser la pierre comme on pousse un chariot.
- C'est maintenant que tu me dis à quoi ils servent ???
- Hélas, la force ne vous suffira pas. La fresque qui barre le passage est enchantée. Touchez-la et elle vous infligera de violentes douleurs.
- Je vais quand même essayer.
Link mit ses bracelets et s'approcha de la pierre. Au premier contact avec la roche, il reçut une violente décharge qui le projeta trois mètres en arrière.
- Je vous avais prévenu. Le seul passage vers la suite du temple, c'est ce minuscule trou de souris.
- Boru, tu n'as pas une idée de mélodie qui pourrait me donner une taille de cinq centimètres ?
- Non, mais Laruto, la gardienne du sanctuaire de corail, en a certainement. C'est la spécialiste des airs sacrés. Nous devrions retourner au lac Hylia demain matin.
La suggestion de Boru fut approuvée à l'unanimité. Les trois garçons furent conduits à leur chambre où ils s'endormirent en quelques secondes.
Nouveau cauchemar pour Link. Le revoici sur la traditionnelle terrasse de la citadelle des nuages. Il mène depuis des heures un combat acharné contre Ganondorf. Il est tout aussi épuisé que son adversaire. Il sent qu'il ne tiendra plus longtemps. Soudain, une minuscule fée apparaît de nulle part.
- Courage Link, lui crie-t-elle. Il n'en peut plus. Tu ne dois pas abandonner maintenant.
En voyant la fée, Ganondorf s'écrie :
- Encore toi ??? Tu ne cesseras donc jamais de te mettre au travers de mon chemin ?
- Tu sais très bien que tant que tu feras du mal à ceux que j'aime, je me dresserai toujours sur ta route.
- De qui parles-tu, cette fois ? Tu es là pour le père ou pour la fille ?
- Je viens récupérer Leïa, et nous veillerons à ce que tu ne puisses plus jamais lui faire de mal.
- Vous ne la récupérerez jamais ! Son coeur et son âme sont à moi ! Elle vivra dans les ténèbres que nous créerons ensemble et me succédera comme impératrice du mal.
- Dans tes rêves ! s'écria Link. Son corps, son coeur et son âme, c'est à moi qu'elle les a donnés ! Tu ne les auras jamais.
Les deux adversaires, mus par la colère, ont récupéré leurs forces et recommencent leur combat de plus belle. Malheureusement pour l'elfe, la fureur donne bien plus de puissance à son ennemi. L'étrange petite fée volette près de Link, s'efforçant de le faire bénéficier de ses pouvoirs curatifs. Le sorcier s'aperçoit du manège et envoie une boule d'énergie sur cette dernière. La petite créature tombe dans les mains de l'elfe.
- Plus personne ne t'aidera, maintenant.
Le combat reprend de plus belle, mais Ganondorf a bien plus de force que Link. Il lève son sabre et propulse son adversaire dans le vide.
Link se réveilla en sursaut. Ce n'était pas ni son énième défaite ni l'apparition de cette étrange fée qui le perturbait, mais ce qu'il venait de dire à propos de son amie. Pourquoi a-t-il dit des choses pareilles ? "Son corps, son coeur et son âme...", il en rougissait. Il fouilla dans sa faible mémoire. Par un incroyable miracle, il avait l'impression qu'un voile s'était levé et de nombreuses images lui venaient à l'esprit. Il vit Leïa qui souriait, Leïa qui pleurait, Leïa qui jouait de la musique, Leïa qui se blottissait dans ses bras, Leïa qui le soignait avec la plus grande attention. L'elfe se souvint... Il se souvint de son beau sourire, de ses grands yeux si fascinants, de son doux parfum, de sa peau si douce, de son corps si parfait, du bonheur qu'il éprouvait rien qu'à entendre sa voix... Son regard parcourut la pièce. Il se souvenait de cette salle, aussi. Lorsqu'il conduisait la jeune fille vers la citadelle des nuages, ils avaient dû y passer la nuit, nuit qui fut la plus belle de sa vie. La mémoire lui revenait donc. Il pouvait à présent se rappeler qu'il était amoureux fou de Leïa.
Heureux, l'elfe se rendormit, tout en s'imaginant que l'amour de sa vie était tendrement blottie contre lui.
Chapitre 31 : Le sanctuaire de tous les dangers 
Le lendemain matin (en fait vers deux heures de l'après-midi, mais il faut excuser les garçons qui ont eu une épuisante journée), Link ne parla pas de sa mémoire retrouvée à ses amis. C'était un bonheur bien trop intime. De plus, il y avait une question qui le déroutait... Pourquoi Leïa ne lui avait-elle pas dit qu'elle était sa petite amie, et était-elle la mère du garçon prisonnier du sorcier ? Depuis qu'il était revenu d'entre les morts, son comportement était étrange. Sa main rencontra sa flûte. Il se dit qu'il jouerait l'air enseigné par Zelda le soir même. De plus, il allait revoir Ranos qui pourrait certainement l'éclairer.
Il poussa ses deux amis à partir le plus tôt possible. Après un bref arrêt à Saut-de-Roc, où Link prit ses dispositions pour la fuite d'Aromir, ils partirent pour le lac Hylia. Ils galopèrent avec zèle jusqu'à leur prochaine destination. Ils arrivèrent au crépuscule et constatèrent que rien n'avait vraiment changé. Les eaux du lac avaient toujours l'air aussi noir. Cette fois-ci, l'endroit était désert.
- Où sont passés les Zoras et Ranos ?
- Ils sont peut-être retournés vivre dans les profondeurs de l'eau.
- Dans une eau pareille ? Non. Ils ont dû partir. Prions pour que Ranos ne les ait pas suivis. Nous allons perdre beaucoup trop de temps à le chercher.
Les garçons se décidèrent à faire le tour du lac à la recherche d'indices. L'elfe, doté de sa vue perçante, ne mit pas longtemps à constater qu'une légère fumée s'élevait du pierrier. Des gens campaient près de l'ancienne galerie.
Prudemment, car ils ne savaient pas sur quoi ils allaient tomber, ils s'approchèrent de la source de fumée. Ils découvrirent que les Zoras s'étaient confortablement installés et avaient commencé à construire un village terrestre. Les hommes-poissons les accueillirent cordialement et les conduisirent à leur chef.
- Alors, Ranos, nous constatons que tout va beaucoup mieux...
- Je crois que les miens commencent à comprendre qu'ils ne sont plus faits pour les eaux... La taille du lac a bien diminué avec le temps. Si les Zoras continuent de vivre comme des êtres aquatiques, ils sont condamnés. Je suis heureux qu'ils aient accepté la vérité avec tant de facilité.
Les quatre amis discutèrent encore un long moment. Link annonça avec satisfaction qu'ils avaient trouvé le moyen d'entrer dans le sanctuaire de corail. Le visage du chef des hommes-poissons s'illumina. Il leur promit de leur enseigner la symphonie des Zoras dès le lendemain matin. Toutes ces bonnes nouvelles firent oublier à Link de poser ses questions concernant l'étrange comportement de la dame blanche.
Les trois aventuriers furent logés dans un coin de la caverne. Ils dormirent sur des pseudo matelas constitués de plumes, d'algues séchées et de toiles en laine grossièrement tissées. Tout le monde dormit paisiblement, même Link qui rêvait qu'il passait un agréable moment au bord d'un bassin naturel près d'une chute d'eau avec la dame de ses pensées.
Le lendemain, le chef des Zora conduisit ses amis au bord du lac. Après leur avoir indiqué dans quelle zone se trouvait l'entrée du temple, il sortit sa lyre et joua un air mélancolique que Boru et Link s'efforcèrent de reproduire. Les deux garçons devinrent instantanément des créatures sveltes et élégantes, à la peau scintillante et aux longues et gracieuses nageoires.
- Toutes mes félicitations, les gars. Vous voilà devenus des magnifiques représentants de notre espèce. Je vous conseille de vite signaler à Laruto que vous n'en êtes pas des vrais, ou vous lui donnerez de faux espoirs.
Les deux apprentis Zoras le remercièrent, saluèrent Rick qui restait sur la berge et plongèrent dans le lac.
Vue du dessous, l'eau n'était pas si noire. Au contraire, ils évoluaient dans un univers parfaitement clair et pur. Les rayons du faible soleil qui traversaient la surface du lac donnaient au paysage un aspect irréel. Les deux demi-poissons nagèrent dans ce décor fabuleux aux tons gris, verts, ocres et constatèrent qu'ils étaient visiblement les seuls êtres vivants. Il n'y avait aucun poisson, aucun crustacé, ni aucun des monstres décrits par le peuple en exil. Ils traversèrent l'ancien village qui était à présent désert.
Bientôt, ils virent apparaître un incroyable édifice multicolore, illuminant les alentours par ses couleurs vives. Ils mirent beaucoup de temps à comprendre que cet amoncellement de plantes et de divers coraux rouges, verts, jaunes, bleus était le fameux sanctuaire qui portait parfaitement son nom. Ils repérèrent l'énorme rocher qui obstruait l'entrée. Link vérifia que les bracelets de force étaient toujours là et s'approcha de l'imposante masse. Il la souleva sans grande difficulté et la jeta un peu plus loin. Les deux amis pénétrèrent ensuite dans l'édifice. Ils furent surpris de découvrir que le sanctuaire était dépourvu d'eau. C'était une cloche d'air. Les deux garçons reprirent leur apparence humaine et explorèrent les lieux. Ils furent presque immédiatement accueillis par des méduses volantes que Link décima à coups de flèches. Plus loin, ils arrivèrent à un bassin sur lequel flottaient des énormes araignées d'eau. Les bestioles foncèrent sur les deux arrivants et ces derniers eurent pas mal de difficulté à les exterminer. Le bassin était malheureusement impossible à traverser. Un énorme tourbillon s'était activé au moment où Link donnait le coup de grâce à la dernière des créatures. Les aventuriers se concertèrent. Ils ne savaient pas comment atteindre la salle suivante et étaient dès lors bloqués. Par contre, le tourbillon semblait ouvrir un passage vers une autre pièce, plus bas. Nos deux héros se re-transformèrent en Zoras et se jetèrent à l'eau (dans les deux sens du terme).
Ils furent aspirés puis propulsés dans une cave inondée. Ils constatèrent que plusieurs conduits en forme de tuyau partaient de la salle. Ils décidèrent de se séparer et d'en emprunter chacun un. Ils devaient se retrouver juste avant l'épreuve finale. Le conduit que Link emprunta était assez étroit et faisait penser à un égout. Notre héros arriva dans une salle pleine d'immondices. Il eut à y éliminer des serpents couverts de boue et de choses répugnantes. Une fois les monstres vaincus, il vit une petite clef tomber du plafond et se perdre dans les détritus. Le pauvre elfe regarda aux alentours. Une seule porte se trouvait dans la pièce et elle était fermée à clef. Il dut se résoudre à la chercher. Lorsqu'il la ramassa, vingt minutes plus tard, il était aussi sale et répugnant que les serpents qu'il venait de tuer. Il se dépêcha d'ouvrir la porte.
La salle suivante était également curieuse. Un large mur de glace fermait la porte. Qu'à cela ne tienne, Link sortit son fléau. Hélas, la glace n'était pas naturelle. L'elfe avait beau frapper, il ne pouvait pas infliger la moindre égratignure. Il devait se rendre à l'évidence. Il lui faudrait réussir une épreuve pour passer. En regardant la pièce, il constata la présence d'un escalier où il s'engagea. Il eut à éliminer de nouvelles méduses volantes. Il arriva dans ce qui ressemblait à une salle de concert. Il y avait des gradins disposés comme dans un amphithéâtre et une scène au milieu d'un bassin. Il y avait une statue d'une charmante Zora féminine. Un étrange objet traînait à ses pieds. Le jeune aventurier n'eut pas le temps d'aller vérifier ce que c'était car il sentit une présence hostile dans la pièce. Un étrange homme vêtu d'un large manteau bariolé et avec un masque d'oiseau venait d'apparaître dans un bruit d'étranges incantations.
- Jeune homme téméraire... Mon maître, le seigneur Ganondorf, m'a chargé de surveiller ce sanctuaire et de tuer tous les imprudents qui s'y aventurent. Tu vas donc découvrir les pouvoirs du mage Reïcros !
Et le sorcier disparut en prononçant des mots étranges. Il réapparut trois secondes plus tard dans les mêmes bruits à dix mètres de Link, pour lui lancer des boules de feu. Link bondit sur le côté et fit une pénible chute pour éviter les projectiles. Le sorcier disparut à nouveau dans un grand éclat de rire. Link se releva péniblement et dû se re-plaquer au sol pour éviter de nouvelles boules de feu. Il devait se débarrasser de ce dingue, mais comment ? Le temps que Link rejoigne son adversaire, il lui lançait de nouvelles boules de feu et disparaissait après son forfait. L'elfe devait l'atteindre avec des flèches, mais il devait être rapide. Il guetta le bruit des incantations de son adversaire et dirigea son tir sur le bruit. Au moment où le sorcier se matérialisa, Link tira. Sa flèche alla se figer entre les deux yeux du magicien de seconde zone. Il poussa un long cri d'agonie et roula en bas des gradins. Reïcros était mort.
Link, quoique mal en point, se dépêcha de rejoindre la statue et l'étrange objet. Il s'agissait d'une paire de gants. Ces derniers étaient confectionnés dans une étrange matière bleu marine. Link ne pouvait dire s'il s'agissait de métal ou d'écailles de serpent. Il voulut les mettre, mais constata qu'ils étaient trop fins pour ses mains de garçon vigoureux. L'elfe se résolut donc à reprendre son apparence féminine. Cette fois-ci, ils lui allaient parfaitement. Le travesti sentit une étrange énergie circuler dans ses doigts. Les gants devenaient lumineux. L'elfe comprit qu'ils étaient magiques. Pour tester leurs pouvoirs, il s'approcha du corps du mage au masque d'oiseau et pensa aux projectiles de feu dont il avait été la victime. Une vague de chaleur envahit ses mains et une lueur rouge se matérialisa au creux de celles-ci. Il les lança sur le cadavre qui s'enflamma aussitôt.
- Parfait, se dit Link. J'ai résolu le problème de la porte de glace.
Il redescendit à l'étage inférieur et répéta l'opération sur le mur. La glace fondit en un instant. A cet instant, un violent cri de douleur parvint à ses oreilles. Il franchit la porte et vit Boru aux prises avec deux colosses qui semblaient constitués d'eau. Ces deux derniers tentaient d'étouffer leur victime. Le sang de Link ne fit qu'un tour. Il tira son épée et se jeta sur les deux monstres. Hélas, comme leurs corps étaient liquides, il était impossible à Link de les blesser. Si seulement il pouvait les rendre sensible au toucher. Les deux créatures lâchèrent le gardien du sanctuaire des sables et s'avancèrent vers le nouvel arrivant. Notre bel elfe réfléchissait à toute vitesse. Son regard fut vite attiré par ses gants lumineux. En y pensant, il avait lancé des boules de feu, pourrait-il faire de même avec des boules de glace ? Il se concentra et dirigea ses mains vers ses assaillants qui n'étaient plus qu'à deux mètres de lui. Une vive lueur blanche jaillit de ses mains et enveloppa les deux monstres. Quand elle se dissipa, les deux colosses étaient de magnifiques statues de verre. La fausse jeune fille saisit alors son fléau et les réduisit en miettes. Une autre lumière apparut dans la pièce. Elle fit place à un coffre orné de pierres précieuses. Link l'ouvrit et en sortit une belle clé en vermeil et ouvragée en forme de Zora. C'est ce moment que choisit Boru pour se relever.
- C'est gentil de m'avoir sauvé des aquanams, mais vous auriez au moins pu vérifier si j'allais bien avant de s'occuper du butin.
- Je ne te savais pas aussi douillet, Boru !
Le bédouin dévisagea la jeune fille à qui il parlait.
- Euh... on se connaît ?
- Mais enfin, Boru, c'est moi Link !
- Link ?!?!? Euh... pas possible, c'est un garçon !
- Abruti ! Je me suis transformé en fille pour pouvoir me servir d'une nouvelle arme. L'arbre Mojo m'a appris un air qui me permet de le faire.
Le jeune homme avait du mal à réaliser à qui il parlait. Son ami(e) l'aida à se relever. Boru fit un bilan de son expédition. Il avait trouvé une carte du bâtiment, plus une boussole. Il était parti à la recherche de son ami lorsqu'il fut surpris par les deux créatures. Les deux amis consultèrent la carte. Ils découvrirent un chemin (plutôt un toboggan) qui leur permit de revenir dans la salle au tourbillon. Le typhon avait cessé et les araignées étaient de retour. Au lieu de les tuer, Link décida de simplement geler l'eau. Les bestioles, prisonnières des glaces, regardèrent leurs ennemis traverser tranquillement la pièce avec fureur.
La pièce suivante était un long et large couloir rempli d'eau. La piscine était parcourue par de puissants courants qui entraient tous vers des murs garnis de pieux. Cette fois-ci, Link ne put pas geler l'eau. Les deux jeunes gens durent se transformer en Zoras et affronter les courants. Heureusement pour eux, leurs formes aquatiques étaient d'excellents nageurs et ils atteignirent la fin du parcours sans trop de mal. Une fois sorti du bassin, Link grogna.
- Cette Laruto... Comment peut-on construire un parcours aussi compliqué ? Comment veut-elle qu'on la libère ?
Les deux aventuriers regardèrent autour d'eux. Ils étaient arrivés devant une imposante porte argentée, décorée de pierres précieuses et fermée par un gros cadenas. L'épreuve finale se trouvait derrière. C'est à ce moment que Link réalisa que les gants magiques lui convenaient également lorsqu'il était sous forme de Zora. C'était bon à savoir. Il aurait plus de facilités si le combat se révélait être aquatique. Nos deux héros franchirent la porte.
Ils arrivèrent devant un très large bassin rempli d'eau. La salle était vide. Les deux amis savaient qu'ils devaient malgré tout se tenir sur leurs gardes. L'arène du géant de pierre leur avait également semblé vide. Effectivement, au bout de quelques secondes, de gigantesques tentacules jaillirent de l'eau. Un poulpe géant se trouvait à l'intérieur. Le monstre tenta d'attraper les demi-poissons, mais ceux-ci s'étaient mis à courir. Link lança une boule de glace dans le bassin. Leur agresseur se trouva paralysé. Boru en profita pour s'en approcher et tenter de l'achever à l'épée, mais la créature avait plus d'un tour dans son sac. Lorsque le faux Zora fut à quelques mètres d'elle, la bête cracha un épais liquide noir et propulsa Boru à l'autre bout de la salle. Link examina le liquide. L'odeur et la consistance de la substance lui donnèrent une idée. Il cria à Boru de s'éloigner le plus loin possible du liquide. Ensuite, l'elfe lança une boule de feu sur le liquide noir. Celui-ci s'enflamma violemment. Les flammes remontèrent jusqu'au poulpe qui finit grillé. La bête fut réduite en cendres et la glace fondit. Au fond de l'eau apparut un coeur de cristal. Link plongea le chercher. Lorsqu'il revint à la surface, un grand halo bleuté était apparu près de la porte. Boru expliqua qu'il s'agissait certainement d'un téléporteur activé par la gardienne du sanctuaire ou par Ranos. Ils s'y engagèrent et apparurent dans l'amphithéâtre où Link avait combattu Reïcros. Laruto les y attendait.
Chapitre 32 : Laruto 
- Bonjour, beaux héros...
Link, se souvenant des sarcasmes de son frère, reprit immédiatement son apparence normale. Laruto n'en parut pas moins enchantée.
- Je suis heureuse de voir que nos soins t'ont parfaitement remis sur pied.
- Vos soins ??? Quand est-ce que je suis passé par ici ?
- C'est vrai que tu étais inconscient. Tu ne peux pas t'en souvenir.
- Bon, arrêtez de faire des mystères. Dites-nous quand Link a été soigné ici.
- Après l'accident, je me suis rendue à la rivière qui passe en dessous de la citadelle des nuages. J'ai vu d'autres sages qui cherchaient également ta trace. Ils avaient trouvé tes armes dans les rochers, mais pas ton corps. J'ai donc suivi le cours de la rivière et j'ai aperçu une étrange bulle violette coincée entre des rochers. Ça ressemblait à un oeuf de poisson géant... enfin, tu étais enfermé à l'intérieur.
- Comment j'ai fait pour me trouver dedans ?
- J'ai ma petite idée. Pour continuer, c'est cette sorte d'oeuf qui t'avait permis de survivre à ta chute. Elle t'a servi de cocon protecteur, t'a alimenté en air et en substances nutritives pendant un bon moment. C'est à ce moment que la malédiction de "vous-savez-de-qui-je-parle" a frappé. Mon corps a été pétrifié, mais pas mon esprit. Par télépathie, j'ai communiqué mes instructions à mon frère qui nous a transportés tous les deux dans cette pièce. Je lui ai demandé de te libérer de l'oeuf. Pendant son ouvrage, une étrange fée est sortie de l'objet visqueux et nous a défendu de continuer. Elle nous a expliqué les vertus de l'oeuf et nous a demandé de t'y laisser encore un moment. Elle a juste réclamé les gants que tu portais pour son usage personnel.
- Quels gants ?
- Heu... ce sont ceux que tu portes, je crois.
- Bizarre, car je les ai trouvés ici, justement.
- Elle les aurait ramenés ?
- Ça aussi, c'est peu probable, car l'entrée du sanctuaire était fermée par une énorme pierre.
- La pierre... il est temps que je continue mon histoire. A ce moment-là, nous avons tous les trois senti une présence maléfique entrer dans le sanctuaire. Ranos et la fée t'ont alors transporté à l'extérieur et scellé l'entrée pour emprisonner la créature.
- Laisse-moi deviner la suite. Lorsqu'il a réussi à entrer en contact avec Leïa (car je suis certain qu'ils se sont parlé), il m'a laissé sur le bord de la rivière et est parti se cacher. Il était la seule personne vivante avec cette fée (dont je ne me souviens pas) à savoir que j'étais encore en vie et il ne fallait pas que cela se sache.
- Je pense... je crois que c'est plus ou moins ça. Il m'a en tout cas signalé qu'il avait réussi à établir un contact télépathique avec l'héritière de la Triforce. Je suppose qu'ils ont combiné l'affaire ensemble. Je n'ai pas tout suivi et sais peu de choses à ce sujet. La communication télépathique fatigue énormément.
- Je suppose que j'ai donc besoin d'une bonne discussion avec Ranos. Il y a beaucoup trop de choses qu'il me cache.
La belle Zora conduisit ses amis vers la sortie. Elle leur expliqua qu'elle estimait qu'il valait mieux qu'elle se cache dans le sanctuaire et qu'elle referme le bâtiment. Avant de partir, Link lui demanda conseil pour pouvoir entrer dans les pièces condamnées du sanctuaire de pierre. Laruto leur trouva une mélodie parfaitement appropriée : la ballade des souris. Elle sortit sa propre lyre et enseigna l'air aux aventuriers. Après maintes recommandations, les deux garçons prirent congé de la grande sage des Zoras et retournèrent au village terrestre. Rick et Ranos les attendaient avec un repas à base de poissons. Les deux aventuriers purent donc se restaurer tout en faisant un rapport de leur expédition. Ensuite, alors que Boru et Rick faisaient une petite sieste, Link emmena le chef des Zoras à l'écart.
- Ranos, maintenant, je veux savoir la vérité.
- Vérité ? Sur quoi ?
- Sur Leïa, par exemple. Je sais que vous vous êtes longuement parlé. Je sais à présent que je l'aime. Pourquoi ne m'avez-vous rien dit ? Est-elle la mère de mon fils ?
Le chef des Zoras regarda longuement son interlocuteur.
- Leïa est... bien la mère de ton fils. Elle me l'a annoncé à notre premier entretien.
- Tu le savais depuis le début...Pourquoi tu n'as rien dit ?
- Elle me l'avait défendu. Elle ne voulait pas que le bruit se répande. Elle ne voulait pas prendre le risque qu' "IL" soit au courant. Elle ne pouvait pas supporter l'idée que son arrière-arrière-grand-père mette la main dessus. Pendant les six mois de sa captivité, elle a vécu dans l'angoisse qu'il ne le découvre.
- Hélas, il a fini par en entendre parler.
- Que veux-tu ? On ne cache pas un ventre rond indéfiniment.
- PARDON ???
- Huit mois et demi de grossesse, ça devient très dur à dissimuler. Les robes extra-larges et les nombreux repas ne suffisent pas à ce stade-là.
- Attends... tu es en train de me dire qu'elle est enceinte en ce moment ?
- Oui, et la grossesse va bientôt arriver à terme. Ganondorf la surveille de très près à présent. Il va lui prendre l'enfant dès qu'elle l'aura mis au monde. Comme c'est en quelque sorte son descendant, il va l'éduquer pour en faire son héritier. Personnellement, je trouve ce projet absolument immonde.
Link n'arrivait pas à en croire ses oreilles. Une telle chose ne pouvait pas arriver. De plus, quelque chose clochait dans son récit. Pourquoi Leïa lui avait-elle dit qu'elle avait vu l'enfant et dissimulé les liens qu'il avait avec elle ? Link en fit part au confident de sa femme.
- Te souviens-tu de ce que je t'ai dit il y a quatre jours à propos de ton amnésie ? Je pense qu'elle a les mêmes opinions que moi et qu'elle ne veut pas te forcer la main. Ta femme doit avoir peur de tes réactions.
L'elfe resta pensif. Il pensait à la femme de sa vie, à cette pauvre jeune fille que l'amour faisait tant souffrir. Il éprouvait tant de chagrin pour elle. Si seulement il pouvait se trouver à côté d'elle, la prendre dans ses bras, la consoler, lui jurer de l'aimer éternellement... Puis, il revint à la réalité. Il comprit que l'unique moyen de défendre sa famille, c'était d'affronter le monstrueux sorcier. Il devait délivrer le dernier sage et entrer dans la citadelle. Ensuite, il irait libérer son épouse et anéantir son tortionnaire.
La conversation privée était terminée. Link et Ranos retournèrent au village. L'elfe réveilla ses amis et exigea qu'ils soient prêts à partir le plus vite possible. Vingt minutes plus tard, les garçons disaient "au revoir" aux hommes-poissons et galopaient vers le sanctuaire de pierre. Lorsqu'ils furent loin du village, Link interrogea Rick.
- Bon... je pense qu'il est temps que tu nous parles de ta stratégie pour s'introduire dans la citadelle.
Chapitre 33 : Le dernier sage 
Les garçons arrivèrent à destination à la tombée de la nuit. Les habitants du sanctuaire souterrain les accueillirent aussi dignement que la fois précédente : festin, chambre confortable... Cependant, Link n'avait pas envie de se reposer. Il s'était juré de ne connaître aucun répit avant d'avoir achevé la première phase de sa mission. Il se dirigea immédiatement vers la stèle enchantée. Il joua la ballade des souris et devint quelques secondes plus tard un vrai lilliputien de cinq centimètres de haut. Il s'engagea sans hésiter dans le trou de souris. Ce qui l'attendait de l'autre côté calma vite ses ardeurs. En effet, il faisait noir comme dans un four et Link ne voyait absolument rien, mis à part ses gants. Il fut surpris de constater que ceux-ci s'étaient élargis et convenaient à présent à ses mains masculines. De plus, il remarqua que ces gants dégageaient une faible lumière bleue. L'elfe se rappela les pouvoirs de ces gants magiques. Il se concentra et matérialisa une boule de lumière. Son environnement s'illumina. Il entendit du bruit derrière lui. Boru et maître Darnia avaient utilisé la même mélodie.
- Tu pensais vraiment qu'on allait te laisser y aller seul ? Je suis certain que notre aide ne te sera pas inutile.
Comme ils étaient arrivés dans une vaste salle, ils reprirent leur taille normale et continuèrent leur chemin. Les sombres couloirs qu'ils parcouraient étaient vides et silencieux. On voyait bien que personne ne s'y était aventuré depuis des siècles. Après avoir traversé une dizaine de pièces et couloirs, ils atteignirent leur premier sérieux obstacle. Devant eux se trouvait une fosse dont le fond était rempli d'une eau suspecte. En face d'eux se tenait une gigantesque balance. Deux larges assiettes en bronze, reliées à un mécanisme au plafond par de larges chaînes pendaient au-dessus du vide. Les trois explorateurs examinèrent les murs. Sur la gauche du précipice, à la hauteur des balances, s'ouvrait un passage. En levant les yeux, les aventuriers remarquèrent une autre plate-forme. Link demanda à Boru de sauter sur l'assiette de droite pendant qu'il s'engagerait sur celle de gauche. Comme leur poids était plus ou moins le même, la balance resta en équilibre. Ensuite, toujours en parfaite coordination, Link sauta dans le passage pendant que Boru retournait rejoindre maître Darnia. L'elfe continua seul. Au bout de dix minutes, il arriva dans une salle éclairée par des torches où rôdaient une douzaine de moblins. Link s'efforça de les abattre le plus rapidement possible à coup de flèches, d'épée et de boulet. Après cet ouvrage, l'elfe explora la pièce et mit la main sur un magnifique coffre contenant une belle clef dorée. Ensuite, le garçon retourna sur ses pas, appela Boru pour lui servir de contrepoids et remonta sur la balance.
- A présent, il nous faut trouver le moyen d'atteindre l'autre plate-forme.
- Pour arriver à sa hauteur, il suffit que maître Darnia vienne alourdir le poids d'un des deux côtés.
- Et comment ferais-je pour remonter ? demanda maître Darnia. Je vous signale qu'il y a de l'eau, là-dessous. Ça me tuerait.
- Tu n'auras qu'à te transformer en Zora et nager jusqu'à l'échelle.
La question étant réglée, les trois compagnons mirent leur plan à exécution. Rien que le poids de Maître Darnia faisait monter l'assiette de Link de huit mètres. Il y avait juste un petit problème... L'assiette était encore trop loin du bord. Link joua donc le refrain Gerudo, mit ses bracelets ailés et vola jusqu'au mur (qu'il se prit dans la figure ^^). Remis du choc, il examina l'endroit où il était tombé. Il se trouvait face à une belle porte dorée scellée par un gigantesque cadenas. A côté de la porte se trouvait une bonne série de jarres contenant des coeurs, des flèches, des rubis et une fée que Link s'empressa d'enfermer dans son flacon. Nul doute que le démon se trouvait dans la pièce suivante. Il revint sur ses pas pour faire part à ses amis de sa découverte. Ensuite, il franchit la porte.
La salle suivante était également sombre. Link grogna. Son adversaire voulait l'affronter dans le noir. Son oreille se dressa. Il entendit des battements d'ailes. Il y avait une chauve-souris dans la pièce, et vu l'ampleur du son, elle n'était pas petite. Il l'entendait tourner autour de lui, le frôler, l'énerver. Pour mieux voir son adversaire, il matérialisa une boule de lumière qui illumina la salle. Un cri strident retentit dans la pièce. Le mammifère volant était furieux que l'intrus ait trouvé une parade. L'elfe regarda le monstre avec horreur. L'animal était aussi grand qu'un être humain, recouvert de longs poils noirs et sales. Il avait quatre yeux rouges et deux énormes crocs couverts de sang et de bave. Link faillit vomir à la vue de la créature. Il n'avait jamais rien vu d'aussi repoussant. Il banda son arc et tira une flèche vers la tête de l'erreur de la nature. La chauve-souris émit un nouveau cri insupportable et se posa sur le sol. Elle s'enveloppa de ses ailes, se redressa pour laisser voir une silhouette humaine. La créature réouvrit ses ailes. Ce n'était plus un animal, mais un homme repoussant avec une longue barbe et des yeux vitreux. Il sourit.
- Tu n'as pas l'air idiote, ma mignonne. Ce combat sera amusant.
- Lorsque que je t'aurai transpercé avec mon épée, tu ne le trouveras plus drôle.
- Tu vas me faire faire un bon exercice... Déchaîne-toi, mais je crains que tu n'arrives pas à me transpercer comme tu le souhaites.
Là-dessus, la lumière se mit à baisser, et le vampire devint presque translucide, et probablement impalpable. Il devint un fantôme de chauve-souris blanc. Link tenta de l'atteindre avec ses flèches ou son épée, mais ses armes traversaient le corps sans rien toucher. Enfin, si Link ne pouvait pas toucher son adversaire, le vampire ne le blesserait pas non plus. La bestiole volante chargea... Au dernier instant, le mammifère volant se matérialisa. Link fit un bond de côté, mais fut quand même envoyé à terre. Le monstre émit une série de petits cris qui ressemblaient à un méchant rire. La fausse jeune fille se releva. Son adversaire tentait une nouvelle attaque. Cette fois-ci, elle l'attendait de pied ferme. Lorsque le mammifère redevint solide, elle lui lança une puissance boule de feu. La bête hurla de douleur, mais ne s'avoua pas vaincue.
La lumière baissa encore. Le fantôme de la chauve-souris prit une couleur de flamme. Link tenta une nouvelle boule de feu, mais ce fut en pure perte. Lorsque son ennemi se matérialisa, il avait un corps enflammé. L'elfe dut plonger sur le côté, mais sentit une violente brûlure sur la joue. La fausse jeune fille attendit la nouvelle attaque du vampire pour lui lancer une vague de glace. C'était insuffisant. Le monstre la faisait fondre. "Tant pis, se dit Link, je dois essayer quelque chose de plus fort qu'un sortilège glacé, je vais lui envoyer de l'eau". Il se concentra et fit apparaître une grosse bulle d'eau. Le mammifère chargeait à nouveau. "SURPRISE" ! cria l'elfe en lui lançant son petit cadeau. Le vampire hurla de colère et la lumière baissa encore. Le fantôme prit une teinte gris foncé. Quel serait son point faible, cette fois ?
Le travesti n'eut pas le temps de réfléchir. La chauve-souris chargeait déjà. Histoire d'éblouir et de surprendre le monstre, Link lui lança une boule de lumière. Le cri de douleur que poussa la bestiole faillit rendre notre Héros sourd. La lumière revint. Le vampire, qui avait repris forme humaine, essayait de reprendre ses esprits. Link tira son épée. L'elfe déclara : "Finalement, ce combat a été très amusant", avant d'enfoncer l'épée dans le coeur du démon. Ce dernier se désintégra en un tas de cendre et laissa sur le tas un beau coeur de cristal. Link libéra sa fée pour guérir ses morsures et brûlures, et retourna sur ses pas.
Quand ils le virent, Boru et maître Darnia le félicitèrent, mais ces expressions de joie n'étaient rien à côté de l'accueil triomphal qui les attendait à la sortie du passage secret. Link fut porté en triomphe, remercié personnellement par le roi et fut servi comme un prince tout le reste de la soirée. En allant se coucher, vers une heure du matin, notre elfe fut interpellé par le gardien du sanctuaire de pierre, le frère Vèltore.
- Link, je pense que je dois te remettre quelque chose.
- Il est inutile de me remercier. Sauver le royaume est une tâche qui me tient à coeur.
- Non, ce n'est pas ça... C'est juste que... Avant que tu ne partes pour la citadelle des nuages, tu m'avais donné une lettre. Tu voulais que je la conserve, sans la lire et que je devais tout faire pour te la rendre si les choses tournaient mal. Comme c'est le cas, je tiens à accomplir ma tâche.
Link prit la lettre et l'examina d'un air perplexe. Quel genre de texte aurait-il bien pu écrire dans ces circonstances ?
Chapitre 34 : Une étrange lettre 
"Link,
Si tu es en train de lire cette lettre, c'est que ce que je prédisais s'est accompli. Je suppose que tu n'as pas su vaincre Ganondorf et que tu as échappé à la mort par miracle. J'imagine aussi que tu as été frappé d'amnésie. Tu te demandes certainement comment se fait-il que je puisse prédire avec tant de certitude ce qui ne m'est pas encore arrivé. C'est, hélas, très long à expliquer et le temps me manque. Pour retrouver ton passé et des explications, je te conseille de retrouver Rick, Boru et Leïa, surtout elle. Je lui ai tout dit... Elle t'expliquera tout. Le seul conseil que moi seul puisse te dire, c'est de t'accrocher et de suivre ton coeur. Tu dois comprendre que tu es prisonnier d'un cycle infernal. Ce cycle va te faire souffrir. Je ne sais pas comment vont évoluer les choses pour toi, mais tu vas beaucoup perdre. Le seul moyen de sauver ce à quoi tu tiens, c'est de retourner aux origines... Accepte ton sort, ta nature de héros éternel, d'esclave du temps, et retourne aux origines. C'est le seul moyen de faire revenir le soleil et de sauver les gens que tu aimes.
Toi-même,
Link."
Le garçon lisait la lettre qu'il s'était écrite six mois auparavant. Elle le laissait perplexe. Il ne comprenait pas... Comment avait-il prédit qu'il allait perdre, qu'il allait se retrouver amnésique ? Il avait tout dit à Leïa... était-ce pour ça que la jeune fille avait gardé foi en lui, qu'elle avait continué de résister, de le chercher et de préparer son retour ? Il avait écrit qu'il allait souffrir... Comment ? En perdant ses amis, comme la lettre l'insinuait ? La partie la plus énigmatique de la lettre faisait allusion à un retour aux origines... mais enfin, quel genre d'origines ? En somme, la lettre était bien loin de l'aider. Le seul point clair était que Leïa savait tout. Il suffisait de l'interroger. Il sortit sa flûte et joua l'air enseigné par la princesse Zelda. La douce mélodie lui remémora d'anciens moments où il jouait avec l'instrument. Il revoyait sa communauté de voleurs l'écouter d'un air admiratif. La dame de ses pensées se trouvait assise parmi eux et écoutait la musique avec un plaisir marqué. L'elfe ferma les yeux pour figer l'image.
- Qui c'est ? Link ? Tu me contactes enfin ?
- Enfin... J'ai eu pas mal de difficulté à comprendre tout ce qui se passait. Sans aide, ce n'est pas évident. Maintenant, j'ai besoin que tu m'aides à clarifier les choses.
- Ecoute, je serai enchantée de tout t'expliquer, mais IL a renforcé sa surveillance. IL peut me découvrir en transe à tout moment. Je ne peux pas tout gâcher maintenant.
- Dis-moi juste pourquoi tu ne m'as pas dit la vérité !
- Quelle vérité ?
- A propos de nous, de notre amour, de notre fils !
- Comment... comment l'as-tu découvert ? La mémoire t'est donc revenue ?
- Je me souviens de toi, que de toi, rien que de ton visage, de tes yeux, de ton parfum, et du bonheur que nous avons vécu ensemble. Ma vie ne se résume qu'à toi.
- Oh Link !
- Pourquoi ne m'as-tu rien dit, pas même un petit indice ?
- Tu m'aurais crue ?
- ... Je ne sais pas. J'ai toujours cru tout ce que tu me disais. Je ne pense pas que cela aurait été différent.
- Moi, je pense que si.
- Ecoute... demain, ou après-demain, je serai près de toi et je te montrerai à quel point je suis sincère.
- Demain ?
- Oui, on a délivré tous les gardiens, et le couple royal s'occupe de trouver les derniers prisonniers.
- Les derniers ? Tu parles des enfants ?
- Quels enfants ?
- La pouffiasse ne t'a pas dit ? Ganondorf m'a montré ses prisonniers, tour à tour. Je sais que vous avez délivré tes anciens amis, les Sheikahs, mais pas les enfants. Il m'a dit qu'ils étaient enfermés non loin de la forteresse, pour qu'ils soient les premiers à souffrir de mes bêtises.
- Aïe ! Donc, ils doivent être assez bien surveillés.
- Oui, les deux paons auront des difficultés. Ça va être très dangereux. De plus, ils ne pourront pas bénéficier de ton aide.
- Pourquoi ?
- Mais voyons... si on t'y voit, tout est perdu.
- Bon.
- Ecoute, Link, je ne peux vraiment pas rester plus longtemps, je sens de l'activité près de la porte. Je sens qu'IL va entrer. Je dois te laisser. Je t'aime !
- Moi aussi, je t'aime...
Le lien psychique était rompu, et les deux amoureux, séparés. Avec tout ça, l'elfe n'avait pas pu lui parler de la lettre.
Chapitre 35 : Une terrible vision 
La salle du trône de la citadelle des nuages est plus sombre et sinistre que jamais. Cette fois-ci, la salle est presque vide, est désagréablement silencieuse, et l'ambiance est des plus orageuses. Celui qui se fait appeler le seigneur du malin est assis sur son trône, ses fidèles mercenaires sont près de lui. Ils font cercle autour d'un misérable soldat. Celui-ci est terriblement angoissé par les regards que lui jettent les divers guerriers d'élite, mais encore plus par la colère dans laquelle il a mis le maître.
- Alors, ce chien galeux a fait évader les Sheikahs, et vous ne l'avez même pas arrêté ?
- Hélas, mon seigneur, il s'est échappé lui aussi.
- PAUVRE CREATURE INCOMPETENTE !
- Pitié, pitié... Il n'est pas allé loin... Nous l'avons abattu à coup de flèches.
- PAUVRE DEMEURE ! C'était la dernière chose à faire ! Il fallait le suivre. Il aurait rejoint les prisonniers et ses éventuels complices. Il ne parlera plus à personne à présent.
- Pitié, il avait utilisé la force pour s'échapper. Nous avons paniqué !
- Tu mérites que je t'envoie dans le monde où j'ai été enfermé durant ces longs siècles, mais tu peux encore y échapper. Comment s'est-il comporté ces derniers jours ? Avait-il des contacts avec l'extérieur ? Quand avez-vous pris conscience de sa trahison ?
- Ce midi... Il tenait toujours à aller nourrir les prisonniers, mais il a été brusquement retenu par un accident à l'extérieur. Alors, un de mes collègues a décidé de s'y rendre à sa place. En regardant à travers la trappe, il a réalisé que l'oubliette était vide. Il s'est empressé d'aller prévenir Aromir qui n'a pas voulu le croire. On l'a mis devant le fait accompli. Il en avait conclu que les Sheikahs avaient réussi à trouver un sortilège pour s'échapper, et qu'il irait vous faire un rapport détaillé des événements. C'est alors que j'ai fait allusion à une curiosité que j'avais notée il y a deux jours. Il a brusquement changé de comportement, disant qu'il devait partir au plus vite.
- QUELLE CURIOSITE, PAUVRE IMBECILE ?
- C'est juste que... il s'entretenait une fois de plus seul avec les prisonniers. Nous étions loin et ne comprenions rien. J'avais juste eu l'impression d'entendre une voix de femme, ce qui était impossible puisque tous les prisonniers étaient des hommes. Un peu plus tard, nous avons entendu une mélodie jouée avec une flûte, puis plus rien. Nous n'avons plus jamais entendu les prisonniers parler.
- Et bien voilà ! C'est à ce moment-là qu'ils se sont échappés.
- Un de mes collègues a tenté de retenir Aromir, de le questionner... Mais le traître a sorti son épée, l'a tué et est parti précipitamment. Il ne nous a pas fallu longtemps pour comprendre qu'il avait des choses à cacher. Il s'est enfui à cheval, mais nos archers l'ont abattu.
- Vous avez réagi d'une façon des plus pitoyables, et tu m'as fait perdre un temps précieux en ne me parlant pas immédiatement de la voix de femme.
Le grand sorcier se lève et fait apparaître une énorme boule d'énergie rouge. Le malheureux soldat est terrifié. "Pitié, mon seigneur, non..." Le seigneur du mal n'en a aucune. Il lance son sort et réduit l'infortuné en cendres.
- Qu'on me balaye ces déchets.
- Maître... Devons-nous nous lancer à la poursuite de ces fugitifs en plus de chercher la princesse Soraya ?
- Inutile de se fatiguer à chercher la petite. Les Sheikahs l'ont certainement rejointe. Partez plutôt au sanctuaire de glace me ramener l'aînée.
- Sauf votre respect, que voulez-vous faire d'un glaçon ?
- Détrompez-vous, le petit glaçon a fondu. Partez sur-le-champ et ne revenez pas sans la princesse Zelda ! Une dernière chose, tâchez de me la ramener vivante et en un seul morceau.
Loin de là, dans sa chambre du sanctuaire de pierre, Link se réveille en sueur.
Aromir est mort, l'évasion est découverte. Ganondorf va se venger et est déjà à la recherche de Zelda... Elle est en danger de mort.
Chapitre 36 : Sacrifices 
L'elfe se leva sur-le-champ, s'habilla et réveilla ses amis. Il leur fit part de ses visions. Les deux garçons, bien qu'encore à moitié endormis, furent bouleversés par la nouvelle. Rick annonça :
- C'est très mauvais, ça. Il va falloir accélérer les choses si on veut sauver nos amis.
Boru n'avait pas l'air enchanté par cette solution.
- On est vraiment obligé de suivre cette méthode ? Ne risque-t-on pas de les mettre encore plus en danger ?
- Si on va vite, non. Mais si Ganondorf capture Zelda, nous n'aurons plus le choix, il faudra suivre mon plan.
Boru n'était toujours pas convaincu. Link n'écoutait même pas le débat des deux garçons. Il s'équipait.
- Où vas-tu Link ?
- Bête question... Je vais essayer de retrouver Zelda et la prévenir du danger qui la menace...
- Tu es fou ??? Si on vous trouve ensemble, c'est la fin !
- Je dois faire quelque chose. C'est de ma faute si elle est dans cette situation. Le sorcier nous a confondus... On m'a entendu lorsque j'avais mon apparence féminine et on m'a entendu jouer avec ma flûte. Ganondorf a immédiatement pensé à Zelda et à son ocarina.
Boru et Rick eurent beau essayer le retenir, rien ne pouvait faire changer l'elfe d'avis. Ce dernier ramassa ses armes et alla préparer son cheval. Ses deux amis se dépêchèrent de le suivre. A défaut de le retenir, ils pourraient le dissimuler. Ils sortirent précipitamment du sanctuaire et s'arrêtèrent pour regarder le ciel. Il devait être neuf heures du matin, mais le ciel était noir et orageux.
- Notre ennemi se réveille... Nous n'avons pas de temps à perdre. Je t'en supplie, Link. Partons pour la citadelle des nuages. La prison des gamins sera certainement sur notre chemin.
La dernière phrase fit réfléchir l'elfe téméraire. Si la prison était sur leur passage, ils auraient des chances d'y voir Zelda. Link accepta la proposition de Rick. Il était temps pour eux d'aller détruire Ganondorf. Rick partit chercher un sac mystérieux et ils se remirent en route.
- Dis, qu'est-ce qu'il y a dans le sac ?
- Notre passeport pour la prison de la dame blanche.
Les garçons galopèrent vers le fond de la vallée, tout en remontant la rivière. Lorsqu'ils atteignirent la zone d'un ancien éboulement, Rick fit signe à ses amis de mettre pied à terre et d'avancer prudemment. Il savait que l'ancien camp de base du sorcier était dans les parages. Il fallait se montrer prudent, car ses sbires n'avaient certainement pas déserté les lieux. Ils continuèrent donc dans le plus grand silence, en se cachant derrière les gigantesques rochers. Ils aperçurent bientôt des filets de fumée, et entendirent des cris. Rick fit signe à ses amis de se préparer pour leur mise en scène. Ils approchèrent du camp, et donc de la phase d'infiltration. Mais à ce moment-là, les événements se précipitèrent. Le petit groupe entendit des bruits de pas précipités. Des gens couraient, fuyaient même. Link se risqua à regarder. Il reconnut quelques-uns des fugitifs. Il y avait trois membres de son ancienne bande de brigands, deux Sheikahs aussi.
L'elfe sortit de sa cachette. Les autres s'arrêtèrent, surpris.
- Que se passe-t-il ? Que faites-vous ?
- On se tire. Regarde, on a libéré les derniers prisonniers, des enfants.
- Vous avez réussi, bravo ! dit Link dans un soupir de soulagement.
L'elfe regarda autour de lui... Il ne voyait ni Zelda ni Sir Marsias ni le reste de sa bande de voleurs. Inquiet, il interrogea les Sheikahs :
- Et les autres ? Zelda, Marsias...
- On a été repérés, c'est pour ça qu'on se dépêche. Les autres sont toujours là-bas, et je pense qu'ils se battent.
Link crut que son coeur allait lâcher... Ses amis étaient perdus... Il fallait qu'il aille sur les lieux pour les sauver. Il donna son cheval aux fugitifs, et fit signe à ses deux compagnons d'en faire autant.
- Merci, allez princesse, montez.
- Princesse ?
Le Sheikah avait pris une fillette de dix ans entre des bras et la hissait sur la monture. Link l'examina. Elle avait les cheveux noirs et emmêlés, était habillée comme une pauvre paysanne, mais les traits de son visage ressemblaient à ceux de Zelda et elle avait le même regard fier. Elle le regarda et lui répondit :
- Ben oui, je suis Soraya-Zelda d'Hyrule, héritière du trône. Sur le conseil de mon tuteur, je me suis déguisée en servante pour échapper à la vengeance de l'ennemi. J'ai été capturée à la citadelle des nuages, mais le seigneur du mal n'a jamais découvert mon secret.
Link regarda la princesse héritière. Il se disait qu'à présent, il y avait de fortes chances que sa soeur ne lui réclame jamais ses anciens droits, et que l'avenir du royaume n'allait dépendre plus que d'elle. Il ne voulait pas s'y résigner. Il devait sauver Zelda. Il recommanda aux fuyards de partir le plus vite possible le plus loin possible, puis, sans que personne n'ait le temps de le retenir, il se précipita vers le lieu des combats.
Il escalada plusieurs rochers, guidé par des bruits d'épée. Il arriva bientôt au-dessus d'une cour dans laquelle se battaient plusieurs personnes, dont le couple princier. Il mit la main à son épée et était prêt à sauter lorsqu'une main le saisit à la cheville et le fit basculer en arrière. Il fut bientôt plaqué au sol par Rick.
- Je t'en prie, n'interviens pas. Ton intervention ne changera rien.
- Je ne peux pas... les laisser mourir.
- Ils sont prêts à donner leur vie pour que tu réussisses. Ne gâche pas leurs efforts.
Link se résigna à regarder le combat de sa cachette. Ses amis devaient affronter les six mercenaires de Ganondorf. L'elfe les reconnaissait, les ayant vus dans ses rêves. Dans le camp de ses amis, il n'y avait malheureusement plus que trois combattants, un Sheikah, Sir Marsias et Zelda. Leurs ennemis les encerclaient. Ils étaient perdus. Le Sheikah tenta d'utiliser une formule pour permettre à ses amis de s'échapper : "Farore, souffle-nous de...". Il ne put finir. Un des mercenaires lui avait lancé une boule d'énergie rouge, et l'avait tué sur le coup. Le couple se rapprocha. La jeune fille prit la main de son fiancé. Leurs assaillants éclatèrent de rire.
- Allez mes mignons... Lâchez vos armes et vous pourrez encore profiter de la vie.
- Dans tes rêves !
Zelda lança à son tour une série de boules d'énergie. Deux d'entre elles atteignirent le sorcier qui avait tué son compagnon. Ce dernier s'effondra en silence. Les sbires de Ganondorf ne rirent plus. Ils dégainèrent leurs armes et s'avancèrent. Leurs victimes se battirent vaillamment. Zelda trancha la gorge d'un de ses assaillants et Marsias en transperça un autre. Link observait ce dernier avec intérêt. Complètement désespéré, il se battait bien. Cependant, Link notait des failles dans sa technique de combat. Le chevalier était trop offensif, n'était pas sur ses gardes. L'elfe se remémora leur combat au sanctuaire. A l'époque, le chevalier avait une armure magique qui le protégeait. Lorsqu'elle avait perdu ses pouvoirs, l'homme n'avait plus aucune chance de gagner. En fait, le guerrier avait apparemment toujours compté sur cette défense magique, et n'avait jamais appris les règles de la défense, ce qui allait lui être fatal.
Un des mercenaires saisit Zelda et la frappa violemment dans le cou. La jeune fille tomba évanouie. Son adversaire la souleva par la taille et l'entraîna loin des combats. Le fiancé, désespéré, tenta de la rejoindre mais un autre sombre guerrier profita de son manque d'attention pour lui planter son épée dans le dos.
Link voulut hurler de rage, mais il sentit une main passer devant sa bouche et étouffer le son.
- Je suis désolé, Link.
L'elfe reçut un violent coup dans la nuque et sombra dans l'inconscience.
Chapitre 37 : La mort de Sir Marsias 
L'elfe se réveilla. Il était allongé sur le sol de la cour et au milieu d'une flaque d'eau. Il pleuvait à verse. Il regarda autour de lui. Dans une petite grotte sur le côté, il voyait Rick s'affairer à côté d'un corps. Link se redressa d'un bond et courut vers eux. Il découvrit ainsi le chevalier, le visage pâle comme la neige, torse nu, avec une large blessure au milieu du ventre. Il souffrait terriblement. Lorsqu'il aperçut le héros, il s'efforça pourtant de reprendre un visage digne. Rick ne disait rien, et essayait tant bien que mal de soigner la blessure.
- Laisse tomber... Personne ne pourra me soigner d'une pareille blessure.
- Je le sais, mais la lame qui a frappé était empoisonnée. Si je n'élimine pas le poison, tu deviendras un de ces nombreux et sinistres morts-vivants à la solde du grand sorcier.
Un éclat de terreur passa dans les yeux du mourant, mais il fit des efforts pour réprimer sa peur. Link s'approcha du blessé. Il ne voulait pas se résigner à l'inévitable. Il jeta un coup d'oeil à Rick, concentré sur la préparation d'une potion. Il parla alors à son vieux rival.
- Comment tu te sens ?
- J'ai l'impression qu'une bête est en train de me dévorer de l'intérieur, mais sinon, ça va.
- Est-ce qu'il y a un moyen de te soulager ?
- Trouver l'antipoison ou me tuer.
- Mais si tu meurs sans l'antipoison, tu sais ce que tu deviendras...
Rick choisit ce moment pour intervenir.
- Il y a un moyen pour lui d'échapper à la malédiction, sans devoir attendre la longue préparation de mon remède. Enfin... je ne me sens pas capable d'avoir recours à cette méthode, donc je continue mon travail.
- Et quelle est... cette so... solution ?
- Il faut arracher ton coeur avant qu'il ne soit atteint par le poison. C'est-à-dire, avant quinze minutes.
Link et le chevalier se turent, et se regardèrent.
- Je suppose que tu préfères attendre l'antipoison ? A ta place, j'attendrais.
- En fait... je ne pense pas être aussi endurant que le héros éternel. Je ne crois pas que je tiendrais le temps que l'autre fasse son remède. Si je meurs avant, et le coeur atteint, je ne trouverai jamais le repos. Je préférerais subir cette opération.
- Mais qui va la faire, cette opération ? Tu n'as pas la force et Rick est absolument contre cette pratique.
Le blessé regarda Link d'un air plein de reproche. Celui-ci commença à comprendre où l'homme voulait en venir. Non... Jamais... Il ne pourrait pas le faire.
- Désolé, Marias. Je ne peux pas faire ça.
- Pourquoi ?
- Je ne peux pas te tuer ! Et certainement pas de cette manière. C'est quelque chose d'inhumain.
- Ce qui est inhumain, c'est d'attendre dans la douleur de devenir une de ces goules qui dévorent l'âme des vivants.
- Je ne peux pas faire ça.
Rick avait arrêté d'écraser ses plantes et regardait l'elfe. Le chevalier, qui souffrait de plus en plus, reprit la parole :
- Tu n'en as pas le courage ?
- Qu'est-ce que tu insinues ?
- L'ancien détenteur de la Triforce du courage, le vainqueur d'innombrables démons et monstres en tous genres, celui qui a affronté Ganondorf n'a pas le courage d'abréger les souffrances d'un chevalier ?
Link se redressa d'un bond.
- Pas le courage ? Mais c'est pas une question de courage ! C'est de morale, d'amitié qu'il s'agit.
- Si c'est au nom de l'amitié qu'il s'agit, alors dis-toi que c'est un... ami qui te demande de le faire.
Link détourna son regard. Il ne voulait pas voir le regard implorant de celui qui l'avait baptisé le "ver luisant". Il ne voulait pas tuer de sang froid un mourant. Il entendit Rick retourner à son travail. Il comprit que le garçon signifiait par là qu'il ne voulait pas contraindre l'elfe à commettre cet acte. Link resta silencieux.
- Ecoute... j'aurais aimé mourir d'une autre manière. J'aurais aimé mourir à 80 ans, après avoir vu mes enfants avoir leurs propres enfants... Et j'aurais aimé partir avant Zelda. Je sais que je n'aurai jamais le bonheur d'avoir des enfants. Laisse-moi au moins partir avant elle...
Link était toujours silencieux, mais sa main s'était posée inconsciemment sur son épée.
- Tu sais, Link. Je crois que tu sais ce que tu as à faire, mais tu n'en as pas le courage.
- Ne me traite pas de dégonflé !
- Mais je comprends... Leïa t'a pris le fragment de courage. Cette grande et noble qualité qui se trouvait en toi a fortement diminué à cet instant.
- Raconte pas de bêtises. Je suis toujours courageux et je peux le prouver n'importe quand.
Le chevalier le regarda avec un faible air moqueur. Link mit quelques temps à comprendre qu'il s'était fait avoir.
- Salaud... N'essaye pas de m'avoir par la ruse.
- Essaye de comprendre. Personne ne te reprochera de pratiquer cette opération. Au contraire... Ce sera certainement l'acte le plus noble que tu feras jamais.
Link ne répondit pas, mais il avait serré son étreinte sur le manche de son épée. Il devait le faire, mais c'était au-dessus de ses forces. Il ne pouvait pas planter son épée dans le corps du blessé, il ne pouvait pas y plonger sa main, y saisir le coeur et l'arracher. Sir Marsias semblait lire dans les pensées du jeune homme.
- En fait, c'est le rituel de l'opération qui te dégoûte ! Lutin, tu es vraiment pitoyable ! Moi qui t'attribuais des sentiments nobles...
- Ce qui me dégoûte, c'est de le faire à un homme qui ne mérite pas de mourir.
- Je dois te faire une confidence... Depuis que je te connais, depuis que je t'ai vu au château d'Hyrule, j'ai toujours rêvé de te ressembler, d'avoir ta vaillance et ta force... Ne me déçois pas !
- C'est bon, c'est bon... Tu as gagné !
L'elfe entendit Rick arrêter brusquement sa préparation. Le garçon les regardait silencieusement et d'un regard inquiet.
- Merci, Link. Tu es un frère.
- Marsias... As-tu une dernière volonté ?
- Si vous arrivez à revoir Zelda vivante, dites-lui que je l'aimerai pour l'éternité et que je prierai pour elle et pour l'avenir du royaume. Sinon, je veux que tu terrasses Ganondorf, que tu fasses ce pourquoi tu es né, que tu délivres Hyrule. Tu t'en sens capable ?
Rick sourit au mourant et sortit de la caverne. Link sortit l'épée de son fourreau. Il ne voulait pas regarder le visage de celui qui l'avait tant supplié. Il ne fixait que le haut du torse de son "patient". Dans sa tête, il se disait que Ganondorf allait le payer. Il lui ferait subir le même supplice.
Un bref et puissant coup d'épée, un faible gémissement... Sa main plongea, il saisit l'organe chaud... Il le tira d'un coup sec et le déposa plus loin. Il attendit dix secondes pour regarder le visage du chevalier. Sa peau était devenue blanche. Il avait fermé les yeux. L'elfe nota que le mort avait le sourire aux lèvres.
Chapitre 38 : L'ange gardien 
Link poussa un violent cri de rage et fondit en larmes. Il l'avait fait... Il avait tué un ami.
Le désespoir l'envahissait... Il devait venger le mort, il devait aussi venger Aromir. Ces deux personnes et peut-être Zelda avaient donné leur vie pour voir l'elfe triompher de Ganondorf, mais pouvait-il y arriver ? Les mercenaires qu'il avait vus à l'oeuvre semblaient tellement forts... Et ce n'était certainement rien par rapport au sorcier. Link se sentait tout d'un coup si faible... impuissant... lâche... Il aurait aimé disparaître de la surface de la terre, ne plus être concerné par toutes ces crises. Il se sentait perdu.
Quelque chose lui pinça violemment le nez.
- Relève-toi, idiot ! Debout ! Tu as des amis à sauver ! Ce n'est pas le moment de flancher...
Link ouvrit les yeux et loucha pour voir qui lui parlait de cette façon. Devant lui se tenait une minuscule petite fée pas plus grande que son pouce. Ses jolies ailes blanches battaient presque aussi vite que celles d'un colibri. La petite fée avait des longs cheveux blancs et une courte tenue de la même couleur. Elle était adorable, mais avait un visage grave qui imposait le respect.
- Qui... qui es-tu ?
- Tu ne me reconnais pas ?
- Non, désolé, tout ce qui s'est passé il y a plus d'une semaine est banni de ma mémoire.
- Je suis Raphaëlle, la mère adoptive de Leïa et un peu ton ange gardien. Tu m'as promis que tu allais la délivrer. J'attends toujours...
- Oh ! Ça va ! Je ne peux pas aller sonner à la porte de la citadelle des nuages et provoquer Ganondorf en duel. Ça ne m'a pas réussi la dernière fois. J'ai passé une semaine épuisante à aller détruire des monstres, délivrer des prisonniers et je viens d'achever un ami. Je ne vois pas ce que j'aurais pu faire de plus. Et si tu es mon ange gardien, je voudrais savoir pourquoi tu n'apparais que maintenant.
- Monsieur la-soi-disant-réincarnation-du-héros-éternel, j'ai passé cinq mois à mener une enquête aux quatre coins du monde afin de comprendre comment Ganon a pu revenir une fois de plus dans le monde des vivants. J'ai affronté des déserts, des montagnes, des océans et des jungles pour le découvrir.
- Alors, comment a-t-il fait ?
- Et bien... En fait, c'était une monumentale erreur de ma part et des parents de Leïa. Nous avions la Triforce réunifiée entre nos mains et l'homme était vaincu, à nos pieds. Seulement, nous avions pitié de lui. Nous avions décidé de l'envoyer en enfer jusqu'à ce qu'il oublie ses désirs de conquête et de violence. Il a mis un millénaire à s'y résoudre, et une fois toutes ces sombres pensées oubliées, il est revenu sur terre. Malheureusement, il avait toujours des partisans qui le vénéraient comme un dieu. Ceux-ci se sont fait une profonde joie de lui remettre les souvenirs en place.
L'elfe regarda la fée avec colère. Ainsi donc, tous leurs malheurs étaient dus à la pitié d'une fée et de Gerudos maudits.
- Pourquoi ? Pourquoi de la pitié ? Vous avez vu ce qu'il a fait du royaume ?
- Le Ganondorf de notre époque était loin de ressembler à l'actuel. Il était humain... il arrivait à maîtriser l'esprit de Ganon. A présent, l'esprit de Ganondorf est faible, son côté diabolique a repris le dessus.
Link était toujours aussi scandalisé, mais il avait d'autres soucis en tête.
- Alors, penses-tu pouvoir le vaincre, cette fois ?
- Il y a une solution. Tant qu'il partagera son corps avec Ganon, il est aussi immortel que le héros éternel et moi-même. Donc, lorsque tu auras délivré Leïa, il faudra qu'elle fasse en sorte que les deux êtres soient séparés.
- Vous pensez que ça va marcher ? Que Ganondorf ne reviendra plus jamais ?
- Si vous le tuez une fois qu'il est libéré de l'influence du démon, il ne reviendra plus.
Link dévisagea la créature qui se faisait appeler Raphaëlle. Il ne comprenait pas comment elle pouvait éprouver de la pitié pour le monstre... Mais quoi qu'il en soit, maintenant il savait comment vaincre son ennemi.
Chapitre 39 : Le martyre de Zelda 
La princesse d'Hyrule ne subit aucun interrogatoire, mais bien la colère et la vengeance de l'ennemi éternel de la famille royale. La violence dont elle est victime est donc gratuite. Ses ravisseurs lui infligent maintes blessures à divers endroits sensibles du corps, et y répandent des substances qui lui dévorent la chair. A chaque hurlement qu'elle pousse, ses tortionnaires répondent par des rires sadiques et des nouveaux coups de couteau. Une fois que la douleur devient insupportable, qu'elle s'évanouit ou qu'elle approche de la mort, l'un des trois sadiques utilise des incantations pour la guérir de ses blessures et ils recommencent leurs petites opérations.
Malgré l'enfer que les trois mercenaires lui font subir, Zelda tient à garder la tête haute et ne pas les supplier une seule fois. Elle n'a pas l'intention de pleurer, d'implorer leur pitié. Elle est prête à souffrir et à finir en martyr. Puisqu'elle allait mourir, autant que ce soit avec honneur.
Mais voilà que les bourreaux se sont calmés. Ils la dévisagent à présent d'une autre manière. Zelda tremble... Personne ne l'avait encore regardée de cette manière, mais la jeune fille sait ce que cela veut dire. Un des trois hommes s'approche de son corps meurtri avec une dague, qu'il place au niveau de sa gorge. D'un geste brusque, il déchire la tenue de la jeune fille de haut en bas. Il dévore du regard le beau corps nu de la princesse. Les autres les regardent, d'un air angoissé.
- Suturb... A ta place, je ne le ferai pas... Le patron est contre ce genre de choses.
- La ferme ! Il n'est pas là pour nous l'interdire... Et ce serait idiot de ne pas profiter d'une pareille beauté.
- Tu te souviens de ce qui est arrivé à Eresim...
- Lui, c'est différent. C'est à la Gerudo des îles qu'il a voulu goûter... C'est normal que le patron défende sa descendante. Je ne vois pas pourquoi il défendrait celle-ci.
Le pervers s'approche de sa prisonnière, horrifiée par ce qu'elle vient d'entendre. Il pose sa main sur la cuisse. Elle veut se débattre, mais elle est enchaînée. L'homme fait remonter sa main. L'autre est occupée à défaire son pantalon. La jeune fille serre ses jambes le plus possible et ferme les yeux. Elle hurle. Son tortionnaire ne se décourage pas le moins du monde. Il s'acharne à écarter les cuisses de sa victime.
Alors que le vil Suturb a presque atteint son but, une terrible voix et une puissante explosion se font entendre.
- J'AI DIT... PAS DE ÇA ! JE PENSAIS M'ETRE FAIT COMPRENDRE IL Y A TRES LONGTEMPS.
Le silence s'abat dans la pièce. Une odeur de brûlé parvient aux narines de Zelda. Hésitante, elle ouvre les yeux. La première chose qu'elle voit, c'est le corps calciné de son agresseur. Très lentement, elle relève les yeux. Elle aperçoit la silhouette du personnage le plus haï d'Hyrule. Elle sait qu'il la fixe, mais ne veut pas croiser son regard.
- Couvrez-la et mettez-la dans une cellule décente.
Zelda n'en croit pas ses oreilles. L'ennemi mortel de la famille royale, celui qui a persécuté ses ancêtres abrège ses souffrances et lui épargne la pire des tortures en éliminant un de ses serviteurs. Ses tortionnaires lui ôtent ses chaînes et guérissent ses dernières blessures dans le plus grand silence. Toujours de la même façon, ils lui passent une longue robe de lin gris. Ensuite, le plus grand la soulève et l'emmène. La princesse ne cherche pas à connaître sa principale destination. Elle ferme les yeux et veut sombrer dans l'inconscience. Elle est bientôt déposée sur un matelas confortable et laissée seule. Elle s'endort, essayant d'oublier tout ce qu'elle a vécu ces dernières heures.
Combien de temps dort-elle ? Elle ne saurait le dire. Lorsqu'elle se réveille et se sent mieux, elle est immédiatement accueillie par la dernière personne avec laquelle elle aurait voulu se trouver seule... Ganondorf.
- Alors, ma jolie petite princesse, bien dormi ?
Zelda ne répond pas. Elle sait que son ennemi veut se moquer d'elle. Elle ne veut pas lui donner la satisfaction de voir sa provocation réussir.
- Et bien, pour une héritière du trône, tu n'as aucune éducation... La moindre des choses est de répondre à son hôte.
Zelda se tait toujours. Elle ne doit pas riposter.
- Alors... mes hommes t'auraient-ils arraché la langue et oublié de la faire repousser ?
La captive ne regarde pas son interlocuteur. Puisqu'il veut jouer avec ses nerfs, elle jouera avec les siens. Le seigneur des ténèbres reprend :
- Tu te demandes peut-être pourquoi votre opération de sauvetage ne s'est pas déroulée comme prévu. Je n'attendrai pas que tu rompes ton silence pour te répondre. Il se trouve que j'ai mis la main sur un de tes amis. Tu as réussi à convaincre un de mes serviteurs de changer de camp, mais il n'en a pas profité. Il est mort et son corps pend au-dessus du vide et sera peu à peu dévoré par des charognards. Enfin, je suis certain que ce n'est pas le seul traître. Je sais que ton équipe s'est rendue à la montagne solitaire et y a libéré les vieux compagnons de ce cher Link. Nous en avons récupéré quelques-uns uns, et ils m'ont avoué que le brave Rick a décidé de racheter ses erreurs et qu'il est toujours en vie. Alors, je n'irai pas par quatre chemins... Ce sera la vie de tous les prisonniers que nous avons faits lors de votre attaque contre celle de ce pauvre idiot.
Zelda eut un frisson... Si la tête de Rick était mise à prix et qu'il le réclamait mort ou vif, il y aurait beaucoup de chances pour que la dernière chance d'Hyrule parte en fumée.
- Oh oh... ce petit tremblement me confirme que de grands liens vous unissent. Encore un amant de plus ? Quel rôle lui destinais-tu ? Espérais-tu qu'il remplace son ancien chef, ou qu'il travaille à recruter des autres traîtres parmi mes hommes ?
La jeune fille ne dit toujours rien. Elle ne doit pas parler... De son silence dépend l'avenir du royaume. Son interlocuteur commence à perdre patience.
- Ma patience a des limites. Si je n'ai pas les informations que je demande demain matin, quatre nouveaux corps iront rejoindre celui d'Aromir, dont le tien.
- A supposer que je parle, qu'est-ce que j'y gagne ?
- Tu te réveilles enfin ! Tes amis gagneront la vie... Et tu auras peut-être encore droit à un avenir décent.
Zelda se tait à nouveau... Quel avenir l'attend à présent ? Rick n'entrera pas vivant à la citadelle, Link encore moins... Tout est perdu. Elle n'a pas la force de répondre à son geôlier. Elle enfouit sa tête dans ses genoux et sent les larmes lui monter.
- Demain matin, à huit heures, rendez-vous devant le gibet. Tu y choisiras ton avenir.
Ganondorf se lève et se dirige vers la porte. Un soldat l'interpelle.
- Maître, il y a quelqu'un qui est arrivé à la citadelle, il y a cinq minutes. Il demande à vous parler en particulier.
- On vient me formuler des requêtes ? Qui est donc le fou si téméraire qui vient braver la mort ?
- Un revenant, Maître...
Chapitre 40 : La trahison de Rick 
Divers monstres et humains pervertis par les ténèbres se serrent à l'entrée de la salle d'audience pour voir arriver l'étranger. La rumeur a circulé qu'un fou voulait mettre le grand seigneur à l'épreuve et tous veulent le voir s'avancer. Le mystérieux voyageur traverse la cour. Les créatures font une vraie haie d'honneur. L'homme porte un long manteau sombre comme la nuit et dissimule son visage sous un large capuchon. On remarque qu'il cache quelque chose sous les tissus... probablement un sac ou une arme. La deuxième solution est invraisemblable. Les portiers ont veillé à le désarmer à l'entrée du chemin, en bas de la montagne. Ensuite, les créatures observent la porte. Les deux derniers mercenaires se tiennent devant, droits et fiers, et pourtant si inquiets. Il faut dire qu'ils sont les derniers d'un groupe de 12 guerriers, pourtant réputés indestructibles. L'étranger atteint les marches menant à l'entrée. Les deux mercenaires le regardent passer de façon indifférente, lui ouvrent la porte, le font entrer, le suivent et ferment la porte.
Le seigneur des ténèbres, assis sur son trône, regarde le fou s'avancer.
- Je vous salue, ô grand maître. Me permettez-vous une question stupide ? Pourquoi ma tête est-elle subitement mise à prix ?
Ganondorf se redresse au son de la voix. Non... le jeune rebelle n'aurait pas fait une pareille idiotie ? Il ne se serait pas jeté aussi stupidement dans la gueule du loup ? Le mystérieux garçon retire son capuchon. Il a les cheveux bruns foncés, mi-longs et en bataille. Le sorcier n'en croit pas ses yeux. Le traître est là... Il est revenu.
- Pour une surprise, c'est une surprise. Que me vaut le plaisir de ton retour ?
- Il était juste temps que je revienne. Je n'avais plus rien à faire de l'autre côté. J'en savais assez.
- Mais que faisait donc un de mes commandants dans les équipes rebelles ?
- J'ai été emmené de force ! Ces idiots avaient besoin de moi, ils m'ont gardé en vie. Je me suis débrouillé pour gagner leur confiance et obtenir le plus d'informations possibles.
- Tu me prétends avoir joué les espions dans les lignes ennemies ? Et que veux-tu que j'en fasse ? La résistance a été écrasée hier dans la journée.
- Vous avez su vous débarrasser des deux principaux meneurs, mais le roi et la vraie princesse héritière d'Hyrule sont toujours vivants. C'est derrière eux que les rebelles vont se ranger.
- Le roi d'Hyrule... toujours vivant ?
- Oui, toujours vivant ! Je l'ai vu de mes propres yeux.
- Intéressant... Continue.
- Tous les grands sages ont été libérés de la malédiction que vous aviez lancée... Ils ont fini par comprendre qu'il leur suffisait de détruire les démons qui hantent les sanctuaires pour les sauver. A présent qu'ils sont réunis, ils préparent une attaque en force de la citadelle. Ils ont recherché des pouvoirs capables de s'opposer à la Triforce...
- Tu te moques de moi. Rien en ce monde n'est plus puissant que la Triforce !
- Isolées, les diverses formes de magie ne peuvent rien. Mais si elles s'unissent, elles dépassent largement les quatre fragments réunifiés de la Triforce.
- En résumé, les prêtres des déesses vont faire appel à leurs ennemis naturels pour s'attaquer à la sainte relique qu'elles ont créée. Où en est la préparation ?
- Hier, ils avaient tout ce qu'il leur fallait, mais ils préféraient attendre le retour de leur guide. Maintenant, les choses seront plus compliquées, puisque vous les avez privés d'un sage et je les ai privés du porteur de cette combinaison de pouvoirs.
- Tiens donc... C'était donc le rôle que Zelda voulait te faire jouer ?
- Pas du tout ! Je n'ai pas la capacité de supporter de telles puissances. Seul un "premier-né" comme le disaient les gardiens, peut les contenir.
- Sauf qu'il n'y a plus aucun "premier-né", mis à part moi. Ce que tu dis n'a aucun sens.
- Détrompez-vous, mon seigneur... Il y en a une qui est toujours en vie, c'est elle qui guide les rebelles.
- Comment ça ?
- Une sorte d'ange... Cheveux et ailes blanches comme la neige. Elle se fait appeler Raphaëlle.
Le visage de Ganondorf change subitement d'expression. Il semble perdu dans un souvenir.
- Raphaëlle, mon bel ange... Cesseras-tu un jour de me hanter ? Tu es encore plus tenace que le héros éternel...
- Heu... le héros éternel a bien failli revenir, lui aussi.
Le puissant sorcier revient à la réalité.
- Pardon ?
- Les Zoras ont trouvé le corps plus ou moins intact de Link dans la rivière. Ils l'ont remis aux rebelles. La "première-née" était justement partie récupérer une relique pouvant le ressusciter. Par la même occasion, elle pensait trouver au même endroit le moyen de vous anéantir une bonne fois pour toutes.
- Link ? Non ! Pas lui !
- Calmez-vous, maître. Je peux vous garantir qu'il ne pourra plus vous nuire.
- Et comment cela ?
- Parce que pour le ressusciter, il faut avoir le corps dans son intégralité. A présent, c'est parfaitement impossible.
Sur ces mots, le traître sort le sac qu'il cache sous son manteau. Il l'ouvre et présente son contenu à son seigneur et maître. Ganondorf a un bref mouvement de recul. Il n'en croit pas ses yeux...
Le sorcier maléfique s'approche lentement, tend la main pour saisir l'objet. Il le contemple pendant plusieurs longues minutes. Puis, il part dans un gigantesque et puissant éclat de rire.
- HA HA HA HA HA HA !!! Qui l'aurait cru ! Pauvre petit elfe... Quand je pense que c'est ton ex-meilleur ami qui m'apporte ce magnifique trophée ! Excellent travail ! Jeune homme, tu viens de réintégrer tes fonctions, et même de prendre du galon... Mais j'y pense, je connais une jeune femme qui serait également enchantée de voir ce trophée... Viens avec moi, Rick ! Nous avons quelque chose à montrer à une dame.
Il remet l'objet dans le sac et pousse son dévoué serviteur vers la sortie, sous les yeux ébahis des deux derniers mercenaires, plus que jamais inquiets sur leur avenir.
Le seigneur des ténèbres guide Rick à travers de grands couloirs et de sombres escaliers. Ils montent en haut de la plus haute tour de la citadelle. Au sommet se trouve une étrange bâtisse dont les fenêtres sont couvertes de voiles bleu nuit. Le sorcier entre et pousse le jeune garçon devant lui. Rick est surpris par ce qu'il y voit. L'unique fois qu'il y était entré, c'était une petite pièce grossière qui faisait office de chambre à une prisonnière. A présent, il est dans un véritable palais avec des murs et des hauts plafonds magnifiquement décorés. Une belle lumière d'après-midi éclaire les murs blancs et un doux parfum de fleur imprègne les lieux. Depuis quelques temps, Leïa a décidé d'exprimer son hostilité à son ancêtre en faisant vivre à son île un éternel printemps ensoleillé. Ganondorf ne supporte pas cette saison. Il a bien essayé de détruire les plantes ou d'invoquer des nuages noirs, mais dans cette dimension, c'était sa descendante qui commandait. Les fleurs résistent à tous ses sortilèges, et plus le sorcier s'acharne à faire venir les ténèbres, plus la jeune fille rit et plus le soleil brille. L'homme a renoncé et n'y a plus jamais posé les pieds. Aujourd'hui, pourtant, il sait qu'il va apprécier l'île. Ils traversent quelques magnifiques pièces et arrivent sur une terrasse envahie par les plantes. La gardienne de la Triforce et son chaperon, la redoutable télépathe Djingreï, jouent aux échecs. Les deux femmes interrompent leur partie à l'arrivée des deux hommes. Le visage de Leïa s'assombrit. Celui de Djingreï s'illumine lorsqu'elle voit Rick.
- Tu nous déranges, grand-père ! Djingreï a un honneur à rattraper et tu la déconcentres, dit Leïa d'un ton glacial.
- Moi aussi, je suis heureux de te voir en cette magnifique journée, ma petite.
La demoiselle regarde son geôlier d'un air sombre. A cet instant les oiseaux installés dans les arbres entament une vraie symphonie. Le bruit est presque insupportable pour le seigneur des ténèbres. La rebelle sourit, mais son arrière-arrière-grand-père aussi.
- Toujours aussi indomptable... ce fragment de la révolte... le plus puissant et plus mystérieux des morceaux de la Triforce. Tu te sens éternellement poussée à provoquer les autres et à faire le contraire de ce qu'on te demande... Tu es si déconcertante.
- Que de compliments aujourd'hui ! Tu t'attends à ce que je fasse de même ?
Les adversaires sont si occupés par leur discussion qu'ils ne remarquent pas le geste que fait Rick vers un pot de fleur. La télépathe, elle, le remarque. Le garçon la dévisage d'un air inquiet. La jeune femme le regarde, lui sourit et lui fait un clin d'oeil. Puis, ils retournent tous les deux écouter la joute verbale menée par les deux parents. Ganondorf finit par perdre sa patience.
- Au fait, mon second est venu pour te faire un joli cadeau.
Il fait un signe au jeune garçon.
- Montre-lui donc ce que tu es allé chercher chez les rebelles.
Rick s'exécute. D'un geste gêné, il sort le trophée du sac et le dépose sur la table. Il s'agit d'une tête, la tête d'un jeune homme blond, aux oreilles pointues. L'horreur envahit le visage de la jeune fille. Le ciel s'assombrit. D'immenses nuages noirs annoncent l'arrivée imminente d'un orage.
- Link... Link... Non... C'est pa... pa...
Les larmes s'emparent des yeux de la jeune fille. Sa gorge se noue. Leïa se lève, bouscule tout le monde sur son passage et se précipite à l'intérieur de son manoir. Le visage de Ganondorf est triomphant.
- Oh... j'ai comme l'impression que ton petit cadeau ne lui a pas vraiment fait plaisir. Tant pis, je vais le reprendre alors. Djingreï, le choc risque de précipiter un certain événement. Ne quitte pas ma progéniture des yeux.
- Je ne relâche pas ma surveillance, Maître.
- Bien. Mon fidèle second, nous avons encore pas mal de choses à faire ce soir. Et demain... des condamnations à mort.
Chapitre 41 : Le père de Leïa 
Dès qu'elle fut certaine que son maître était loin, Djingreï retourna sur la terrasse fouiller le fameux pot de fleurs.
- Tu peux sortir, ils sont partis.
Deux étranges créatures de cinq centimètres de haut sortirent alors du bouquet : une petite fée et un étrange lutin. Ce dernier joua une adorable musique et prit forme humaine.
- Je suppose que tu es le fameux Link, celui qui a réussi à prendre possession du coeur de Leïa.
- Et toi, que tu es la télépathe qui est chargée de la surveillance de cette jeune fille. Pourquoi donc as-tu choisi de nous aider ?
- Parce que je suis chaque jour un peu plus dégoûtée de la vie que je mène et de l'homme que je sers. Vous aider est la seule issue que je vois à cette vie. De plus, ce que je désire le plus au monde, le grand sorcier me le refuse...
- C'est indiscret de te demander quoi ?
- Heu... En fait... Rick est si mignon... J'aurais beaucoup aimé avoir une aventure durable avec lui... mais Ganondorf ne supporte pas de voir des gens vivre ce qu'il a toujours désiré et jamais obtenu. Il nous aurait tués tous les deux.
- RICK TE PLAIT ??? Trop mignon... Et bien fait pour Ganondorf ! Aucune femme ne l'aimera jamais !
Mais tandis qu'il prononçait ces mots, l'elfe se rappela la raison initiale de sa présence dans la dimension. Il se rappela que la femme qu'il aimait était en larmes quelque part dans le château. Il demanda à sa nouvelle amie où la malheureuse pouvait se trouver.
Djingreï le conduisit vers la chambre de la jeune fille. Leïa était effondrée sur son lit et pleurait toutes les larmes de son corps. Link demanda à la télépathe de l'attendre dans le salon avec Raphaëlle. Il estimait qu'il devait régler le problème tout seul. Il s'approcha doucement de l'amour de sa vie.
- Leïa... Je suis là, ne pleure plus.
La demoiselle pleurait trop fort pour l'entendre. Alors le garçon lui caressa doucement le dos. Elle se redressa pour observer le miracle. Elle le regardait droit dans les yeux, sans rien dire, ne sachant pas ce qu'elle devait croire.
- C'est fini, Leïa. Je suis de retour. Je suis là. Tu ne souffriras plus.
La jeune fille avança timidement la main vers le visage de son sauveur. Elle caressa la peau douce du garçon.
- Je rêve, tu es mort... Tu es parti.
- J'ai l'air d'un fantôme ? lui demanda Link. Je suis vivant, près de toi et je vais te tirer de là.
La jeune fille se remit à pleurer, mais de joie. Elle se jeta dans les bras du garçon.
- Tu es revenu... Je n'y croyais plus... Oh Papa... papa...
Link avait-il bien entendu ? Leïa le prenait pour son père ?
- Heu... je ne peux pas être ton père. Regarde-moi, j'ai quasi le même âge que toi. Leïa, moi, c'est Link !
La demoiselle faillit s'étrangler et regarda son amant avec horreur.
- Toi ? Mais alors... Mais alors papa... A qui appartient la tête que mon aïeul m'a montrée ?
- Lui, c'est le héros des bois. Un homme qui a vécu il y a cinq cents ans. On le nomme Robin des bois. Je pensais que Zelda et Rick t'avaient mise au courant.
Contre toute attente, son amie refondit en larmes.
- Charmant... je fais des efforts monstres pour te rejoindre, je prends des risques inimaginables et c'est tout l'accueil que tu me fais ?
- Non, Link... Tu ne comprends pas... Où as-tu trouvé cet elfe ? Comment ?
- Son corps repose depuis cinq siècles dans une tombe en pleine forêt. Rick et Zelda ont pensé que notre ressemblance pourrait piéger Ganondorf. Il est mort depuis longtemps... Pourquoi fais-tu tant de manières ?
- Tu ne comprendrais pas... Ecoute... La dernière fois que j'ai vu l'homme à qui appartient ce visage, j'avais dix ans. Il était sur le point de prendre la mer et m'avait promis d'être de retour avant une semaine. Je l'attends depuis dix ans. J'aurais espéré qu'il soit toujours en vie... Mais vous venez de me prouver qu'il est mort ! Et ça veut dire que tu es lui.
- Je ne comprends rien à ce que tu dis. Ré-explique lentement et sèche tes larmes.
- Link... Ce Robin, c'était mon père.
Le silence tomba dans la pièce. Link n'arrivait pas à comprendre ce que la dame de ses pensées venait de lui dire. Son père... mort il y a cinq siècles ? Cela n'allait pas. Elle ne pouvait pas avoir attendu pendant dix ans un homme disparu il y a cinq siècles. Il fit part de cette réflexion à Leïa. Une autre voix lui répondit.
- C'est très simple, pourtant. Et pour cela, il faut t'expliquer l'histoire des Gerudos maudits.
L'elfe se retourna. Raphaëlle venait d'entrer dans la pièce. Elle avait pris une taille humaine, ses cheveux étaient devenus vert turquoise et ses belles ailes avaient disparu, mais c'était toujours elle. Les larmes de Leïa disparurent instantanément (ainsi que la tempête dehors).
- Raphi... Toi... Ici ! Je te croyais morte, toi aussi.
- Quand comprendras-tu que les premiers-nés sont immortels ? Ni Ganon ni le héros éternel ni moi ne pouvons disparaître aussi facilement.
- Heu... c'est touchant, les rencontres, mais j'aimerais que vous m'expliquiez ce que je n'arrive pas à comprendre.
La femme sourit et commença son histoire.
Chapitre 42 : Les Gerudos maudits 
"La lignée des Gerudos maudits a commencé il y a près de 1200 ans, lorsque Ganondorf vivait au sein de la tribu Gerudo. Etant le chef de la communauté, il estima pouvoir prendre pour épouse la demoiselle de son choix, et il choisit le futur sage du temple de l'esprit, Nabooru. Le problème était que les sentiments n'étaient absolument pas réciproques et notre homme a dû avoir recours à des envoûtements pour en faire une épouse soumise. Lors d'une période de lucidité, elle réalisa qu'elle était sur le point d'accoucher. Elle profita du fait que personne ne la surveillait pour aller enfanter et cacher son enfant loin du regard malveillant de son sinistre époux.
Une dizaine d'années plus tard, le sorcier se mit à chercher la Triforce et entreprit d'envahir Hyrule. Ses plans furent anéantis par la princesse Zelda d'Hyrule et le héros du temps, un jeune homme nommé Link (je sais, c'est fou comme ce nom est populaire pour les héros) qui se révélait être une réincarnation du héros éternel. Au moment où ses adversaires le précipitaient dans le vide infernal, le sorcier maudit Link et lui fit le serment qu'il reviendrait se venger sur les descendants de l'elfe lorsqu'il ne pourrait plus les protéger. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est que le héros du temps tomberait amoureux d'une fille qui vivait dans la forêt, qu'elle se nommait Tamara et qu'elle était la fille cachée de Ganondorf. Notre monstre était donc contraint de déverser sa vengeance sur ses propres descendants. De là est née la lignée des Gerudos maudits.
Link et Tamara eurent une fille, Tanis. Ganondorf tenta de s'en emparer, mais ses parents se battirent jusqu'à la mort pour qu'elle lui échappe. Notre ancêtre ne s'avoua pas vaincu et, cent ans plus tard, il retrouva Tanis et tenta de s'en emparer. Elle dut s'enfuir momentanément. Lorsqu'elle revint affronter son grand-père, ce dernier tua l'homme qu'elle avait choisi d'aimer, et cela devant nos yeux impuissants. Oui, j'étais déjà là... J'étais une créature errante, qui un jour arriva à Hyrule. Lorsque j'ai vu la tournure que prenaient les événements, j'ai tenté d'aider les deux héros de service. Tanis vengea la mort de son amant et mit au monde un fils. Son intention de départ était de l'élever avec amour, mais elle avait en elle le fragment de la révolte, et celui-ci la rongeait de l'intérieur. Elle dut partir seule à la recherche d'un remède. Nous nous sommes retrouvés dans une région située à des milliers de kilomètres d'ici. Alors qu'elle était gravement malade, elle me demanda de retrouver Robin et de le lui ramener. Ganondorf était hélas de retour et nous dûmes une fois de plus l'affronter. Au final, les combats avaient permis à Robin de rencontrer Diana-Zelda, et moi, de faire revenir mon île engloutie depuis des millénaires.
Enfin, le pays avait subi des ravages considérables et nous en étions tenus pour responsables. Nous avons quitté ce pays ingrat et sommes partis nous installer sur mon île, bénie par les dieux. Cette sainte terre, née de la main des dieux, est située hors du temps... Un an passé là-bas équivaut à cinquante années ici. Diana mit vite au monde une petite fille, Leïa. Nous pensions pouvoir vivre un bonheur éternel.
Malheureusement, les dieux en avaient décidé autrement. Robin avait été choisi pour être le héros éternel et le protecteur d'Hyrule. Lui et le royaume étaient donc intimement liés. A chaque fois qu'un malheur s'abattait sur le pay |