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The Legend of Zelda: le maître du temps
Ecrit par El Wap
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Chapitres 1 à 26 - Chapitres 27 à 53
Prologue
C'était la nuit et il pleuvait à verse. On entendait rien d'autre que le bruit des gouttes d'eau ruisseler sur les rochers, les plantes et la rivière. Cette pluie durait depuis plusieurs jours et commençait lentement à faire déborder le lit de la rivière. On aurait dit que toute la vallée pleurait de désespoir. Les deux jeunes gens qui s'efforçaient de la traverser en auraient mis leur main au feu et estimaient qu'elle avait raison. En effet, comment le désespoir ne pouvait-il pas gagner la nature ? Depuis que les ténèbres s'étaient abattues, le soleil n'apparaissait plus et les pluies torrentielles suivaient les sécheresses, entraînant la ruine et le chaos. Le royaume, qui avait été riche et prospère, n'était plus qu'un chant de désolation où les gens se battaient pour survivre. Le pire, c'était que personne ne pouvait expliquer la raison de ces malheurs. Les anciens répétaient que les pouvoirs des dieux étaient tombés entre de mauvaises mains, et que ces mauvaises mains voulaient la perte du royaume, mais ces explications ne satisfaisaient personne.
Ces deux jeunes gens, donc, devaient affronter le noir, la pluie et le froid d'une nuit sans fin pour rejoindre un village situé dans les hauteurs. Ils avaient presque atteint le lit de la rivière lorsqu'ils furent aveuglés par une puissante lumière. Lorsque leurs yeux furent habitués, ils distinguèrent une demoiselle enveloppée d'un halo de lumière. Ses cheveux étaient blancs comme la neige et on pouvait presque en dire autant de la prunelle de ses yeux. Elle avait la peau gris clair et le visage grave. Les deux jeunes gens ne savaient s'ils avaient à faire à un spectre ou à une fée. Les deux pouvaient être possibles. L'apparition répondit à leur question avant qu'ils n'ouvrent la bouche :
- N'ayez crainte, mes amis, je ne suis ni spectre, ni démon. Je suis une créature bienfaisante et je viens à vous pour sauver le royaume. Faites-moi confiance et suivez-moi, je vous donnerai le moyen de chasser les ténèbres d'Hyrule.
La créature avait une voix douce, chaleureuse et calme. Elle gagna immédiatement la confiance des deux jeunes gens qui la suivirent sans hésiter. Ils longèrent un moment la rivière et atteignirent ce qui ressemblait à une plage, pleine de boue. Quelqu'un y était allongé. C'était un jeune homme d'environ vingt ans, aux cheveux blonds et vêtu de vert. Il avait des vêtements de combat mais ils étaient en lambeaux. Il avait de nombreuses blessures. A première vue, il semblait mort. La dame blanche annonça aux deux jeunes gens :
- Il est vivant. Emmenez-le au village et soignez-le. Quand il sera rétabli, il saura ce qu'il faut faire pour sauver Hyrule.
Elle sourit et s'évanouit dans les airs. Les deux jeunes gens ne savaient pas vraiment comment un garçon à moitié mort pouvait sauver le royaume, mais il y avait eu tellement de force et d'espoir dans la voix de la dame blanche qu'ils firent ce qu'elle avait dit sans hésiter. |
 Dame Blanche, vue par Inook |
Chapitre 1 : Les frères forestiers
Lorsque le jeune homme ouvrit les yeux, il aperçut un visage blanc qui lui souriait. Il voulut l'appeler. Un nom lui sortit instinctivement des lèvres : Leïa... Mais le visage commençait à disparaître. Il devint translucide, puis transparent et disparut complètement. Le jeune homme se leva, mais fut gêné par toutes sortes de bandages et d'attelles. Et puis, il eut mal... Il se souvint qu'il avait été violemment blessé, qu'il était tombé dans le vide. La douleur était telle qu'il avait cru mourir. Mourir... Mais il n'était pas mort ? Il aurait juré que si. Comment était-il arrivé là ? Pourquoi était-il vivant ?
Pendant qu'il réfléchissait à tout cela, la porte de sa chambre s'ouvrit et deux jeunes garçons entrèrent dans la pièce. Ils s'approchèrent du jeune homme et lui demandèrent comment il allait.
- Tu es déjà réveillé ? Tu vas bien ?
- C'est dingue ! Quand on t'a trouvé, on se demandait si tu étais encore vivant et...
- Quand le médecin t'a soigné, il a dit qu'il ne comprenait pas comment un homme aussi mal en point et ayant passé plusieurs heures dans la boue et le froid pouvait être encore vivant. Il pensait que tu ne te réveillerais jamais.
- Vraiment, tu es surprenant ! Se rétablir aussi vite de pareilles blessures... La dame blanche avait peut-être raison, peut-être que tu peux faire des miracles.
Ils parlaient tour à tour sans s'arrêter. Ils ne laissaient pas au jeune homme le temps de parler. Mais au bout d'un moment, l'un d'eux posa une vraie question :
- Enfin, comment as-tu pu te mettre dans un état pareil ? Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?
Et ils se turent pour entendre la réponse.
Le jeune homme répondit qu'il ne savait pas, pas plus que ce qu'il faisait là. Là-dessus, il posa la question qui le démangeait depuis que les zigotos étaient entrés dans la pièce.
- Où sommes-nous et qui êtes-vous ?
- Nous, on nous appelle les frères forestiers, parce qu'on a des noms d'arbres et qu'on connaît la forêt comme notre poche. Moi, c'est Tilleul, et mon petit frère, c'est Erable. Tu es dans notre maison au village de Saut-de-Roc, au-dessus de la vallée d'Hylie, mais nous n'y vivons pas toute l'année. Nous vivons quatre mois au village et huit mois dans la forêt.
- Mais nous avons peur que cela ne change, car depuis que les ténèbres se sont abattues sur Hyrule, la pluie rend les sentiers impraticables, et des monstres se mettent à rôder.
- On a beau être les garçons les plus courageux du village, on ne peut pas aller reprendre notre travail de bûcheron.
- Nous t'avons trouvé sur le bord de la rivière Zora, qui coule au milieu de la vallée. Tu étais presque mort et couvert d'algues et de boue.
Sur ce, les deux agités lui annoncèrent que la plupart de ses affaires étaient en miettes. Ils lui annoncèrent également qu'il devait sa présence dans cette demeure au fantôme de la dame blanche qui avait prédit qu'il pourrait ramener l'espoir dans le royaume.
Le jeune homme regarda ses deux interlocuteurs. Lui ? De l'espoir ? Quel genre d'espoir pouvait-il donner, lui qui était enveloppé de bandages ? Et il n'avait plus rien, même pas son nom. Il sortait du néant. Il n'avait jamais entendu parler des ténèbres qui se répandaient, comment pouvait-il les chasser ? Pourtant, il sentait qu'il ne pouvait pas décevoir ses deux sauveurs. Il leur répondit qu'il n'en avait encore aucune idée et qu'il devait prendre du repos et des forces. Il expliqua que le choc qu'il avait subit avait profondément perturbé ses pensées et qu'il ne se souvenait de rien. Les deux frères, compatissants, acceptèrent sa réponse et lui donnèrent un petit flacon contenant de la poudre de fée. Ils lui expliquèrent que cette poussière avait des vertus curatives particulièrement puissantes, pour peu que le patient soit conscient. Le garçon ouvrit immédiatement le récipient. La poudre était douce et parfumée. Il éprouva une magnifique sensation de bien-être. Il en oublia sa douleur et ses bandages. Au bout d'un moment, il réalisa qu'il ne sentait plus rien. Effectivement, ses blessures avaient disparu et ses os s'étaient ressoudés. Les bandages ne lui servant plus à rien, il s'en débarrassa. Tilleul lui annonça que ses vêtements avaient été réparés par une voisine et qu'à présent qu'il allait mieux, il pouvait sortir aller chercher le reste. Erable l'interpella avant qu'il ne passe la porte et lui donna une bourse, lui expliquant que la somme qui se trouvait à l'intérieur était tout ce qui lui restait. Il y avait à peine 50 rubis.
Chapitre 2 : Ballade au village 
Là dessus, le jeune homme sortit de la demeure. Il n'avait pas fait quelques pas qu'un vieil homme se précipita sur lui.
- Link ! Toi, ici ? Quelle surprise ! Si je m'attendais à te voir... Qu'est-ce qui t'amène à Saut-de-Roc ?
- Je n'en sais rien monsieur, et d'abord, qui êtes-vous ?
- Bonne blague, Link ! Tu n'as tout de même pas oublié le vieux Lucar ? Tu as fait tellement pour ma famille. Tu ne peux pas avoir oublié tout ça.
- Apparemment si.
- Ce n'est pas grave. Moi, par contre, je n'oublie jamais mes bienfaiteurs. Je te serai éternellement reconnaissant. Est-ce que tu te souviens que tu m'as laissé ta vieille épée ? Non ? Tiens, c'est celle-ci... reprends-la. Moi, je n'en ai pas vraiment besoin.
Le vieil homme tendit au jeune homme, qui à présent savait qu'il s'appelait Link, une petite épée au manche de bois peint. La lame était bien aiguisée, mais semblait fragile. C'était bizarre, mais Link avait l'impression de l'avoir déjà tenue. Peut-être que le vieux Lucar avait raison.
- J'y pense, Link, on raconte que la dame blanche aurait confié aux frères forestiers le soin de soigner le sauveur d'Hyrule. Ce ne serait pas toi, par hasard ? Car je crois que cela expliquerait beaucoup de choses.
- Qui est la dame blanche ?
- On ne sait pas vraiment. Elle est apparue presque en même temps que les ténèbres. On dirait une sorte de fantôme car elle flotte dans les airs et n'a pas de corps matériel. Je ne l'ai jamais vue, mais on dit qu'elle guide les personnes en détresse. Une fois, elle a guidé des secouristes dans un incendie et elle leur a permis de sauver une dizaine d'enfants des flammes. Personnellement, je me demande s'il ne s'agit pas d'une fée ou d'une déesse venue pour alléger notre peine. Si je me fie aux rumeurs, elle apparaît souvent dans les ruines du sanctuaire de pierre. Enfin, je crois qu'on peut lui faire confiance, et si une personne peut sauver Hyrule, c'est bien toi. Je sais que tu en es capable.
Intrigué par toute cette histoire de dame blanche, Link décida d'aller au sanctuaire de pierre. Il demanda au vieux Lucar où il se trouvait.
- Tu veux aller au sanctuaire ? Tu ne vas quand même pas t'y rendre rien qu'avec une épée ? On dit que l'endroit est devenu dangereux. Prends au moins un bouclier, ou des projectiles...
- J'ai de l'argent, je me les procurerai. Dites-moi où se trouve ce sanctuaire.
- Bon... tu vois le sentier derrière la pharmacie ? Tu le suis et lorsqu'il se divisera en trois plus petits, prends celui recouvert de pavés. Tu arriveras aux ruines.
Link remercia le vieil homme, et se mit en quête de magasins. Il n'y en avait que quatre, mais ils étaient assez intéressants. Il nota également la présence d'une banque, mais étant jugé sa situation financière, il n'avait guère de raison de s'y rendre. D'abord, il y avait la pharmacie. Elle était assez bien équipée, mais la plupart de ses produits étaient trop chers pour son budget. De plus, il n'avait qu'un seul flacon, et toutes les mixtures devaient se transporter dedans. Il quitta la pharmacie sans rien acheter pour aller dans le magasin suivant. Il s'agissait plutôt d'une bibliothèque. Il y avait des écrits sur l'histoire du royaume d'Hyrule, sur sa famille royale, ses légendes, ses fées, ses étranges créatures et ses démons. Il y avait un livre intitulé "mémoires et expériences d'un maître de l'épée", un atlas du royaume rempli de diverses cartes, ainsi qu'un carnet d'adresses de divers magasins, ateliers et bars dispersés à travers tout le royaume. Cette bibliothèque était assez pratique pour s'éclaircir les idées. Link avait à présent plus de repères. Après la bibliothèque, le garçon tomba sur la forge, le magasin le plus important à ses yeux. Il y avait beaucoup d'armes différentes, mais elles étaient pratiquement toutes trop sophistiquées. Inutile d'acheter des flèches, car il n'avait ni arc, ni carquois. Il ne pouvait pas prendre de bombes non plus, car il n'avait pas de sac approprié. Par contre, il y avait des boucliers de plusieurs sortes. A l'exception d'un seul, ils étaient trop chers. Ce dernier était simple mais très résistant. Cela lui suffisait, il le paya quarante rubis. Il entra ensuite dans le dernier magasin, qui était une sorte de grand bazar. On y trouvait de tout ! Certains articles vus précédemment y étaient moins chers, mais en plus petite quantité. Il n'y avait rien qui ne l'intéresse vraiment pour le moment, à part des petites noix mojos, des grosses graines qui faisaient office de mini-bombes fumigènes.
Chapitre 3 : Les secrets du sanctuaire 
Ainsi paré, Link se sentit prêt à s'aventurer aux ruines du vieux sanctuaire. Il suivit le chemin indiqué par le vieux Lucar. Arrivé à la fourche, il constata que l'un des chemins était un défilé bouché par un énorme rocher. Un autre débouchait sur un pont, mais celui-ci était détruit. Le chemin au-delà du précipice semblait monter haut dans la montagne, vers un sommet entouré de nuages noirs. Link n'avait finalement pas le choix de la destination et prit le seul chemin possible, celui du sanctuaire de pierre. Il le prit donc, et s'amusa chemin faisant à trancher les touffes d'herbe sur les bords du chemin tout en ramassant les quelques rubis qui y traînaient. Il atteignit un vieux portail de pierre, qui marquait l'entrée des ruines, mais s'arrêta net. A quinze mètres devant lui, il y avait une affreuse créature, armée d'un sabre grossier, qui patrouillait. Il se souvint avoir vu la créature dans un livre à la bibliothèque, c'était un moblin. Comme il n'en voyait pas d'autre, il se lança à l'assaut du monstre. C'était étrange, Link avait l'impression de manier l'épée depuis des années, et d'être un maître dans l'art du combat. Ce n'était pas le cas du moblin qui fut vaincu en quelques coups d'épée. Link le dépouilla d'un petit rubis vert et continua son chemin. Les ruines semblaient désertes, mis à part quatre autres moblins qui ne posèrent pas de problèmes. Une chose était claire, la dame blanche ne s'y trouvait pas. Il atteint ce qui restait d'une petite chapelle. Le toit s'était effondré mais Link y circula sans peine. Il n'y avait rien que des objets cassés à l'intérieur. Sur le mur du fond se trouvait une énorme stèle, avec plusieurs cavités de forme géométrique et des inscriptions. Il était écrit :
"Le temps des périls approche à grands pas, ainsi nous nous sommes enfermés dans ce refuge inviolable. Si tu arrives, voyageur téméraire, à lire cette incantation, c'est que ton âme est pure et que le danger est temporairement éloigné. Tes intentions sont donc honnêtes à notre égard et tu mérites notre confiance. Vois les cavités dans la stèle. Elles ont été conçues pour contenir quatre joyaux, que nous avons cachés, sentant venir le danger. Ils se trouvent dans un donjon secret près d'ici. Si tu es digne de nous rencontrer, triomphe des épreuves qui t'y attendent. Les joyaux seront la clé de notre porte."
Link resta perplexe. Des "épreuves" l'attendaient dans le donjon, mais devait-il y aller ? Qu'est-ce qui l'obligeait à s'y rendre. Il avait certainement mieux à faire... Non, il n'avait rien d'autre à faire. Il était seul, n'avait qu'une épée et quelques rubis pour passer et la prédiction de cette dame blanche pour avenir. Il n'avait rien d'autre à faire que de rencontrer ces gens. De plus, peut-être qu'ils pourraient l'aider.
Comme il quittait la chapelle, une vive lumière l'aveugla. Quelques instants plus tard, une étrange demoiselle était là. Son coeur bondit. C'était la personne qui veillait sur lui à son réveil. Elle avait la peau gris clair, des yeux, des cheveux et des vêtements blancs. Personne n'aurait pu porter mieux qu'elle le surnom de "dame blanche". Elle avait l'air terriblement réjouie de le voir.
- Oh ! Link ! Je suis si heureuse que tu ailles bien. J'ai eu si peur pour toi. Quand "Il" m'avait annoncé qu'il t'avait tué, j'ai cru mourir de désespoir. Comme je suis contente. Et j'avais si peur que le choc ne t'ait rendu amnésique. Mais le fait que tu sois là prouve le contraire.
- Euh... en fait, on m'a juste conseillé de venir ici. Je cherche juste quelqu'un qui puisse m'éclairer sur mon passé.
- Et tu m'as trouvée, moi ! Tu connaissais l'importance que ce lieu a pour nous deux. Tu n'as pas changé ! Oh, Link ! Tu n'as pas idée de l'espoir que tu me procures, ainsi qu'au monde entier.
- Ah... et comment ça ?
- Enfin, Link, tu as déjà fait tellement de choses pour Hyrule. Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé entre "lui" et toi, mais je sais que tu pourras le vaincre.
- Qui ça ?
- Ganondorf ! Ne me dis pas que tu ne te souviens pas de tout ce qu'il a fait !
- Je vous le répète, je sors du néant. Je ne vois pas qui est ce Ganondorf, je ne vois pas pourquoi tout le monde compte sur moi.
- Mouis, effectivement, tu n'es plus le même. Logique, tu as failli mourir. Je n'ai malheureusement pas le temps de t'aider. Je ne peux pas me déplacer plus de cinq minutes, sinon, il découvrira que je peux contourner ses sortilèges. Je vais bientôt partir alors écoute-moi bien. Si tu cherches des explications, les sages qui se sont enfermés dans le sanctuaire de pierre pourront te donner un coup de main. Affronte les épreuves qui forment leur défense et tu pourras les rejoindre. Si je peux revenir, je t'aiderai. Avant toute chose, il faut que je te prévienne, ton plus grand atout face aux forces de Ganondorf, c'est qu'il croit t'avoir tué. Il a utilisé le pouvoir de la Triforce pour supprimer toute forme de résistance. Il se croit intouchable et néglige sa surveillance. S'il ne se doute de rien, je pense que tu n'auras pas trop de mal à me libérer. Dans le cas contraire, je n'ose imaginer ce qui pourrait nous arriver à tous les deux. On s'occupera du sort de ce monstre à deux. Pour le moment, dans ma situation, je ne peux rien faire.
Le corps de la jeune fille commençait à disparaître.
- Hé ! Attends, tu ne m'as rien expliqué... Je ne sais toujours pas qui tu es...
- Trop tard ! J'entends "ses" pas dans le couloir. "Il" crie après ses serviteurs. "Il" va bientôt me voir en transe... Il ne faut pas... Va voir les sages !
Chapitre 4 : Premier test 
La jeune fille s'évanouit dans les airs. Le garçon se retrouva à nouveau seul dans les ruines, mais il n'était plus si dépourvu. A présent, son passé et son avenir prenaient forme. Cette fille, qui était inévitablement la dame blanche, était convaincante. Il avait envie de l'aider. Il retourna auprès de la stèle pour voir le chemin qui conduisait au donjon. Apparemment, un sentier de terre contournait les ruines et descendait dans une autre vallée. Il le suivit et arriva dans une ancienne carrière de pierre. Il entra dans un tunnel abandonné. L'entrée était tapissée de planches en bois mais, dix mètres plus loin, les murs s'étaient effondrés. Divers objets jonchaient le sol : seaux, chariots, rails. Des cordes pendaient ou disparaissaient dans l'obscurité du plafond. Il n'y avait pas moyen d'aller bien loin. Link conclut à une erreur, se disant que si donjon il y avait, il était désormais trop tard. Mais il constata des inscriptions sur une pierre qui traînait sur le sol.
"Ame pure qui veut rejoindre la lumière, tes épreuves commencent ici. L'entrée que tu ne vois pas sera la première. Active l'interrupteur et profite de la belle lumière. L'une ouvrira le passage, les autres scelleront l'entrée à jamais... Nous ne voulons pas prendre de risques !"
Link se sentit nerveux. D'après la pierre, il n'avait pas le droit à l'erreur, mais il n'avait pas compris ce qu'il devait faire. Il se mit malgré tout en quête d'un interrupteur. Il se trouvait sous le chariot. Link poussa celui-ci sur le rail, enfonça l'interrupteur du pied et attendit. Le plafond de la mine s'illumina. Il vit un système de contrepoids retenu par une corde, corde qui s'emmêlait parmi les autres. Toutes les cordes commençaient à un même endroit et disparaissaient chacune de leur côté. L'instant de lumière ne dura que cinq secondes, mais Link avait compris ce qu'il devait faire. Il devait couper la corde qui maintenait le poids. Le seul problème était qu'il n'avait pas su repérer laquelle des cordes attachées au mur était la bonne. Il retourna actionner l'interrupteur et regarda soigneusement le chemin de la corde. Lorsque la lumière s'éteignit, il savait que c'était la deuxième en partant de la gauche. Il la trancha de son épée. La corde glissa de ses mains. Le garçon l'entendit frotter les poutres ainsi qu'une grosse masse frapper sur une paroi de métal. Il entendit un bruit de rouage qui lui indiquait qu'il avait réussi. Au bout de dix secondes, un halo de lumière descendit du plafond. Au moment où Link s'engageait dans le rayon, il entendit une voix sourde résonner entre les murs.
"Félicitations, tu as percé la première énigme, l'épreuve d'observation. Nous allons encore mettre tes aptitudes à la réflexion, au combat ainsi que ta vaillance à l'épreuve."
Chapitre 5 : Les épreuves du sanctuaire 
L'entrée de la mine disparut dans un éclat de lumière. Quand le jeune homme put voir à nouveau, il était dans une vaste crypte circulaire. Lui-même se tenait sur un cercle de dessins lumineux. Il en descendit et observa la salle. Il y avait trois portes, dont une était fermée par une herse. Il en prit une au hasard. Elle menait dans une salle séparée en deux par un grand précipice. Au milieu de la salle se dressaient des gigantesques piliers. Il y avait également une étrange plate-forme qui flottait du côté de Link. Il en conclut que c'était là-dessus qu'il devrait traverser la salle. Il y monta et l'examina. Elle était de forme carrée, encerclée de barrières. Il y avait un levier de chaque côté. Il activa le levier orienté vers la rive opposée. La plate-forme se mit brusquement en mouvement et alla heurter violemment un pilier. Sous le choc, Link fut projeté en arrière. Il comprit la raison de la présence des barrières ainsi que celle des piliers : ils servaient à s'orienter. Il jeta un coup d'oeil à la rive opposée. Elle était barrée par de hauts murs, sauf à un endroit. Il nota la présence d'un pilier à proximité. Il se dit : "Si j'arrive à m'arrêter du côté gauche de ce pilier, je pourrai m'orienter directement sur l'autre rive."
Après plusieurs manoeuvres et beaucoup de chocs, Link parvint à ses fins. Il sauta de la plate-forme et se dirigea vers la porte. Avant de la franchir, il remarqua une échelle qui montait dans une alcôve, dans le pilier en face de l'ouverture, et s'il y avait quelque chose là-bas ? Link remonta sur la plate-forme et mit le cap sur le pilier. Il monta à l'échelle et atteint le creux du pilier. A l'intérieur se trouvait un grand coffre qui renfermait un bel arc et un carquois contenant une trentaine de flèches. Le garçon retourna dans son véhicule et sur la rive opposée. Il prit la porte. Dans la nouvelle pièce, il y avait un coffre près de lui, ainsi qu'un autre en hauteur. Le jeune homme ouvrit celui à sa disposition pour y trouver une carte du donjon. Celui sur la plate-forme était momentanément inaccessible. Link remarqua des blocs de plusieurs tailles dans la pièce. En les déplaçant, il arriva à former un escalier de fortune. Il grimpa ainsi jusqu'au coffre, qui contenait un joyau vert triangulaire. Au moment où il le ramassa, il réentendit l'étrange voix.
"Félicitations, jeune homme, tu as le premier joyau, et triomphé des épreuves de la réflexion. Ce n'est pourtant pas encore fini. Rejoins le téléporteur et trouve les trois autres."
Alors que la voix se taisait, un cercle de dessins lumineux apparut sur le sol. Il ressemblait énormément à celui sur lequel il était arrivé dans le donjon. C'était sans aucun doute le téléporteur. Le jeune garçon se plaça sur le cercle. La pièce disparut pour laisser place à la salle principale. Une torche s'était allumée au-dessus de la porte qu'il avait ouverte précédemment et la herse qui obstruait une des autres portes avait disparu. Link consulta sa carte et décida de s'engager dans la porte à droite de celle qu'il avait utilisée. Six moblins, qui l'attendaient dans la salle suivante, se jetèrent sur lui. Se battre contre un moblin était une chose, en affronter six en même temps en était une autre. Il pouvait en isoler un quelques instants, mais les autres finissaient toujours par l'encercler. Leurs sabres étaient peut-être grossiers, mais ils faisaient mal. Link se sentit vite mal en point. Il plongea sur le côté pour éviter un coup qui aurait pu lui être fatal et roula à côté d'une jarre. Il la brisa instinctivement de son épée. A l'intérieur, il y avait des formes rouges, gélatineuses, qui ressemblaient à des coeurs. A peine les avait-il touchées qu'elles se décomposèrent, et une étrange énergie l'envahit, une force curative. Il sentit toutes ses blessures se cicatriser, et du coup, reprit des forces. Il se releva d'un bond et assomma deux moblins d'un coup. Ils n'avaient rien compris, Link profita de l'effet de surprise pour se débarrasser des autres. Il se dirigea vers la porte suivante, mais eut la mauvaise surprise de constater qu'elle était fermée à clef. Il poussa un juron malgré lui. Tout ce mal pour rien... Il fouilla la pièce, mais il fallait se rendre à l'évidence : la clef se trouvait dans la troisième partie du bâtiment. Link retourna dans la salle principale et prit la troisième porte, celle qui avait été fermée par la herse. Derrière elle, il y avait un grand escalier que Link monta. Celui-ci n'était pas en très bon état et le garçon dut sauter plusieurs fois pour progresser. Il arriva dans un couloir étrange. Un chemin de fines planches en bois et de plates-formes au-dessus d'un précipice constituaient le sol. C'était un véritable parcours du combattant. Le garçon se dit en lui-même que c'était certainement l'épreuve d'adresse. Avant de s'engager sur les poutres, il regarda les murs. Régulièrement, il y avait des renfoncements dans lesquels se trouvaient toutes sortes d'objets. Il se dit qu'il lui vaudrait mieux passer partout s'il ne voulait pas passer à côté d'objets importants, comme la clef aux moblins. Le parcours n'était vraiment pas évident. En plus de l'étroitesse des planches, elles étaient encombrées de rochers et de jarres que le jeune homme devait délicatement saisir et s'en débarrasser. Il découvrit qu'il y aurait plusieurs chemins à suivre s'il voulait atteindre toutes les alcôves. Il dut s'armer de patience et surtout de courage pour parvenir à ses fins. Le résultat de sa tournée était bonne : deux clefs, vingt rubis et une boussole. Cette dernière devait avoir un pouvoir particulier, car désormais, des emplacements de coffres apparaissaient sur la carte, ainsi qu'une tête de mort au bout de la série de pièces commençant par le couloir aux moblins. Il prit la porte au bout du parcours et atteint une autre salle, occupée par trois moblins que Link élimina sans trop de peine. Alors qu'il achevait la dernière créature, un coffre se matérialisant à côté de lui contenait une étrange clef en bronze, se terminant en trois petits triangles. Elle devait ouvrir une porte spéciale. Il regarda la porte à l'autre bout de la pièce, fermée par des barreaux. Au-dessus se trouvait un interrupteur. Link sortit son arc et le visa. Cela déclencha l'ouverture de la porte qu'il franchit. La pièce suivante avait un énorme escalier et menait à une salle où se trouvait un coffre. Link l'ouvrit et mit la main sur un deuxième joyau : bleu, hexagonal. Un téléporteur apparut sur le sol, l'invitant à explorer la dernière partie du donjon. Le jeune homme retourna dans le couloir aux moblins. A son grand mécontentement, les moblins avaient été renouvelés. Il ne re-commit pas l'erreur de la fois précédente, resta près de la porte, attendit que les moblins s'approchent tour à tour de lui et ne négligea pas les "coeurs" dans les jarres. La pièce suivante était assez différente de la précédente, se composant de plusieurs parties. Il se trouvait dans une cage de métal, avec une large ouverture. Ensuite, il y avait une grande salle que parcourait une lame gigantesque. Elle était aussi longue que la pièce et ne mettait guère plus de quelques secondes à la traverser. Après la lame, il y avait deux cages. L'une d'elle était fermée par une lourde chaîne et un cadenas. S'il voulait entrer dans cette pièce-là, il lui faudrait beaucoup de temps pour retirer la chaîne. Il lui faudrait trouver un moyen de bloquer la lame, car celle-ci ne lui laisserait même pas le temps d'atteindre la porte. Il observa l'autre cage, qui ne nécessitait pas de clef, et consulta sa carte. Derrière cette porte se trouvait la tête de mort, certainement la dernière épreuve. Il était certainement trop tôt pour aller de ce côté-là. De plus, la porte de l'autre cage menait sur deux trésors. Link rangea la carte, résigné à combattre la lame. Comment la bloquer ? La réponse lui vint tout de suite, lorsque son regard se posa sur un énorme bloc de pierre à côté de lui. Il le poussa dans la grande salle. La lame, fonçant sur lui à toute vitesse se stoppa net dans un grand choc. Link se dirigea tranquillement vers la porte au cadenas, fit jouer sa deuxième clef, ôta la chaîne et se dirigea vers la porte à l'intérieur de la cage. La pièce dans laquelle il entra était assez sombre. Une torche éclairait une stèle.
"La pierre de sable ne supporte pas les rayons du soleil"
y était écrit. "Pierre de sable sensible à la lumière" : merci, mais où était cette pierre de sable ? Il faisait noir comme dans un four. Comment pouvait-il trouver la pierre en question ? Un instant, il se souvint de la pièce aux torches et chercha à tâtons d'autres brûleurs à allumer, mais il n'y avait rien. Link se mit à réfléchir. Quelle lumière allait bien avoir raison de la pierre de sable ? Il trouva vite la réponse à sa question, étant aveuglé par un très mince rayon de soleil traversant un lourd rideau. Le rayon était si léger qu'il ne l'avait pas remarqué en entrant. S'il pouvait se débarrasser du rideau, il aurait déjà résolu le problème de la lumière. Mais, comment l'atteindre ? Ce rideau était beaucoup trop haut pour être touché. En fait, qui lui demandait de tirer sur le rideau ? Tant que le rideau disparaissait, l'affaire était réglée. Il lui suffisait de le détruire, de le brûler... La manoeuvre que Link avait en tête était délicate. Il se plaça derrière la torche, et s'orienta pour que celle-ci et le rideau soient parfaitement alignés. Ensuite, il sortit son arc et visa soigneusement. Selon ses calculs, la flèche traversant la torche s'enflammerait et irait finir sa course dans le rideau, le faisant brûler. Cette manoeuvre était étonnement bien plus difficile que de tirer dans l'oeil d'un gros insecte. Ce ne fut qu'à sa cinquième tentative qu'il atteignit sa cible. Comme il l'avait prévu, le rideau prit feu et tomba en morceaux, laissant passer un puissant rayon de lumière. L'intérieur de la pièce devint nettement plus visible. Le garçon vit une jarre contenant des flèches, un grand miroir à pied et un piédestal, mais rien ne lui semblait être de la pierre de sable. A quoi donc cela pouvait-il ressembler ? La pierre serait-elle plus claire, plus fragile, un peu comme cette... partie de mur, se dit-il en remarquant un morceau de mur dont la couleur des pierres était beaucoup plus claire que celle des autres murs. Il n'avait plus besoin de réfléchir. Il alla chercher le grand miroir et le plaça dans le rayon de lumière. Il orienta la surface réfléchissante vers le mur et attendit. La pierre de sable s'éclaircit encore pour atteindre la couleur du sable d'une plage au soleil. A ce moment-là, elle tomba en poussière, libérant un passage vers une nouvelle pièce, qui n'avait rien de particulier, sinon un grand coffre. Link l'ouvrit et obtint un troisième joyau : le joyau rouge octogonal. Link s'attendit ensuite à voir apparaître un nouveau téléporteur, mais il n'en fut rien. Enfin, c'était normal, puisqu'il n'en avait pas encore fini avec cette partie du donjon. Il retourna dans la salle au rayon de lumière. Selon la carte, il y avait encore un coffre dans la pièce, mais il ne le voyait pas. Sans doute était-il lui aussi dissimulé par de la pierre de sable, mais il ne voyait vraiment pas où pouvait encore se trouver de la pierre de sable. Il regarda le piédestal. S'il traînait dans cette pièce, ce n'était sûrement pas par hasard. Il avait certainement un lien avec le coffre. Link l'examina sous tous ses angles. Au milieu de la pierre se trouvait une petite inscription :
"La lumière révèle bien des choses"
Le garçon ne devait pas se le faire répéter deux fois. Il retourna au miroir et dirigea le rayon sur le centre de la pierre. La lumière était réfléchie par un objet invisible, peut-être le... L'objet en question devenait opaque, prenait des couleurs, de la matière. Au bout de quelques secondes, il s'était transformé en coffre très imposant et raffiné. Lorsqu'il voulut l'ouvrir, il réalisa que malheureusement, il était fermé à clef. Le garçon observa la serrure. Elle avait une forme triangulaire, comme la curieuse clef qu'il avait trouvée précédemment. Il ne traîna pas, sortit sa clef et ouvrit le coffre. A l'intérieur se trouvait une autre clef, mais dorée et avec une tête de mort comme poignée. Il la mit en poche, se disant qu'il devrait également bientôt l'utiliser. Il retourna donc dans la salle à la grande lame. Il tira le bloc vers la cage d'où il l'avait ramassé. La lame se remit à parcourir la pièce. Alors, le garçon repoussa le bloc pour la bloquer de l'autre côté de la salle. Il atteignit la troisième cage et passa la porte. Il arriva dans un couloir qui n'avait rien de particulier. Il y avait une jarre contenant des flèches, une autre contenant des coeurs et une troisième contenant 5 rubis. Au bout du couloir se trouvait une grande porte magnifiquement décorée, mais scellée par un énorme verrou et des grandes chaînes dorées. Link sentit que sa dernière clef allait entrer en jeu. Lorsqu'il l'eut tournée dans la serrure, un étrange mécanisme se déclencha et toutes les chaînes disparurent. Link eut un frisson. Derrière la porte se trouvait son épreuve finale... Mais qu'est-ce qui l'attendait ? Il prit sa respiration et franchit la porte.
Chapitre 6 : Retour au bercail 
Il arriva dans une grande salle éclairée par quatre lanternes bleues. Au bout de la pièce, il y avait un grand autel de pierre, et quelqu'un agenouillé devant. De dos, Link identifiait le personnage comme un homme en armure, luisant sous la lumière artificielle. L'homme était silencieux et ne bougeait pas. Pourtant, il était impossible qu'il n'ait pas entendu le nouvel arrivant. Link s'approcha doucement du guerrier, la main sur son épée. Arrivé à cinq mètres de l'homme, il se risqua à l'appeler. Il était fort possible que son épreuve consiste à le battre, mais il était certain que l'effet de surprise ne lui servirait à rien, car ce serait plutôt lui qui se retournerait d'un bond et qui le surprendrait. L'homme réagit à cet appel.
- Je te pensais plus lâche. Je m'attendais à ce que tu me frappes dans le dos. Enfin, tu n'es pas stupide, c'est déjà ça. Tu aurais tenté de me frapper lâchement, tu l'aurais amèrement regretté.
L'homme se retourna. Il devait être un peu plus âgé que Link, et son armure brillait d'une couleur fantomatique. Le jeune homme fut surpris en voyant le nouvel arrivant.
- Mais... c'est le lutin ! Tu espérais revenir au bercail ? Comment as-tu pu espérer qu'on te ferait un bon accueil, après un échec aussi cuisant ? Tu espères peut-être qu'on va te pardonner ?
- Pardonner quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
- Ha ha ha ! Tu te moques de moi ? Est-ce que tu réalises, lutin, que tous les maux dont souffre actuellement Hyrule sont de ta faute ?
- Ma faute ? Attends un peu, sale type !
- Qu'est-ce que tu espères, au juste, lutin ? Nous n'avons pas besoin de gens qui apportent toutes les armes nécessaires à l'ennemi. Tu voulais te faire pardonner, ou qu'on t'accorde une fin honorable ?
- Je ne suis pas venu ici pour me faire insulter. Donne-moi le dernier joyau, ou je le prendrai sur ton cadavre.
- Il veut se battre, le lutin ! Ne compte pas sur moi pour te laisser passer. Je ne laisserai pas introduire Ganondorf dans nos dernières défenses. Je te tuerai s'il le faut, mais je protègerai ce qui reste de la résistance. Prépare-toi à mourir !
- On verra qui mordra la poussière le premier, ver luisant ! Tu ne me fais pas peur du tout !
- Tu auras peur ! Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, la magie présente dans cette pièce rend mon armure indestructible. Tu ne pourras pas me blesser.
Là-dessus, il dégaina son épée. Link avait confiance dans sa maîtrise de l'arme, mais si ce sale prétentieux disait vrai, cela ne lui servirait pas. Pour l'écraser (car il en avait la ferme intention), il lui faudrait chasser l'aura magique. Il réfléchissait tout en parant les coups de son adversaire. L'armure luisait, sous l'effet de la magie, mais cette lumière était semblable à celle qui émanait des lanternes. Cette constatation lui valut une seconde d'inattention dont profita son adversaire pour lui infliger un violent coup. Link devait détruire ces lanternes le plus vite possible. Il s'éloigna du guerrier et sortit son arc. Il devait viser vite et juste avant de se faire rattraper. Il décrocha une première flèche qui alla briser une lanterne. Le guerrier s'arrêta net et pâlit. L'éclat de son armure diminua. Link jubilait ! Il avait trouvé le point faible. Il visa vite une autre lanterne et la fit éclater. L'éclat de l'armure baissa encore. Son porteur n'avait plus l'air d'un ver luisant. Mais, dans sa peur, il redoubla ses coups. Link dut ressortir son épée et se défendre. Le ver luisant réussit à lui porter un nouveau coup. Le jeune homme commença à s'affaiblir, il ne supporterait pas un autre coup. Son regard se posa sur des jarres de l'autre côté de la salle. Si seulement il pouvait s'y trouver des coeurs ! Ver luisant brandit son épée pour le frapper. Le jeune homme plongea sur le côté et fonça de l'autre côté de la pièce. Il brisa une jarre et y trouva deux coeurs qui lui redonnèrent des forces. Il esquiva une nouvelle attaque et s'éloigna du guerrier. Il reprit son arc et visa une nouvelle lanterne. L'armure ne renvoyait maintenant que le reflet de la dernière lanterne. Le guerrier commençait à s'affoler. Il frappait dans tous les sens, n'essayant même plus de viser son ennemi. Il préférait le dissuader de le toucher. Etait-il devenu vulnérable ? Link ne voulut pas tenter l'expérience. Il courait partout dans la pièce pour échapper à son adversaire et essayer d'atteindre la dernière lanterne. Trois fois il tira, trois fois il manqua sa cible. Le ver (plus du tout luisant) ne lui laissait pas le temps de viser correctement. Il fallait trouver un moyen de le calmer. Il lui vint soudain une idée. Le ver avait une armure, mais pas de casque. Il devait l'assommer un instant. Il plongea la main dans sa poche pour en sortir une des graines mojos qu'il avait complètement oubliées. Il la lança au visage du ver, qui poussa un cri de surprise. Le garçon profita du fait que son adversaire frottait ses yeux pour pulvériser la dernière lanterne. L'armure devint terne et noire. Le ver s'en aperçut et ressaisit son épée. Cela ne lui fut pas utile, car Link avait découvert la bonne méthode pour le battre. Il lui relança une graine mojo et profita de son étourdissement pour le mitrailler de coups.
- Arrête !
Le guerrier avait lâché son épée et se rendait.
- Ça va... Je reconnais que tu es le plus fort.
- Ça ne me suffit pas comme excuse !
- Pardon... Je me suis laissé emporter par mes émotions. C'est vrai que je suis mal placé pour te faire la morale...
- Vraiment très mal placé !
- Oui, bon... c'est vrai. Toi, au moins, tu as essayé de la délivrer.
- Qui ?
- Qui ça qui ? Mais, Leïa, bien sûr !
Le ver le regardait à présent d'un air ahuri. Link avait visiblement oublié un épisode important. L'homme ne voulait pas en croire ses oreilles.
- Allez, ne te moque pas de moi !
- Je ne me moque pas de toi. Ma mémoire ne remonte qu'à ce matin. Je ne sais plus qui je suis, ni ce que je faisais de ma vie avant mon réveil.
- HA HA HA HA ! Pas possible ! Le grand, le courageux, le téméraire Link a oublié sa noble quête, ses grands exploits ! Il n'est rien de plus qu'un chat perdu. Que c'est pitoyable !
- Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle là-dedans.
- Que malgré le vide dans ta tête, tu reviens au sanctuaire de pierre, tu viens me donner une leçon et tu ne sais même pas pourquoi tu te donnes tant de mal.
- Je me suis donné tout ce mal car la dame blanche m'a dit que les gens du sanctuaire pourraient m'aider.
- La dame blanche... Tu parles de Leïa ?
- Elle ne m'a pas donné son nom. Elle était pressée et m'a dit qu'on me connaissait dans le sanctuaire.
- Ainsi, elle t'a retrouvé... Puisque c'est elle qui le désire, on va y aller. Prends déjà ça. Les joyaux doivent être mis à leur place par une seule et même personne.
L'homme lui remit le dernier joyau : sphérique et indigo. Ensuite, il prit une clef sur l'autel et la planta dans un trou dans le sol. L'autel se fendit en deux, laissant place à une grande porte. L'homme allait s'y engager lorsqu'il se souvint de quelque chose.
- Au fait, je ne sais pas si ça t'intéresse, mais je suis censé remettre un prix à la personne ayant triomphé de toutes les épreuves du donjon. Tu le veux ?
- Possible, montre...
L'homme sortit de sa cape un gigantesque cristal rose en forme de coeur.
- C'est un cristal énergétique comme tu as déjà dû en voir beaucoup. On les appelle familièrement "coeurs de cristal". Ils augmentent considérablement tes capacités énergétiques personnelles. Ils sont normalement entre les mains de gens puissants, et il faut vaincre ces personnes pour s'en emparer.
- Ça m'intéresse. Passe-le-moi s'il te plaît.
C'est ainsi que Link reçut son premier coeur. En le touchant, il sentit sa force et son endurance s'accroître. C'était un trésor de choix. Un rude combat en valait la peine. L'homme lui fit signe de le suivre. A deux, ils franchirent la porte et se retrouvèrent à l'entrée de la chapelle en ruines. Conformément à ce que le guerrier lui disait, Link plaça les joyaux dans leur cavité respective. Ils s'illuminèrent et, phénomène inexplicable, leurs couleurs se mélangèrent à la couleur grise de la stèle. Celle-ci avait bientôt l'air d'un arc-en-ciel. Les couleurs se mélangeaient encore. La pierre devint blanche puis disparut dans une lumière éblouissante. Un grand escalier obscur descendait dans le sol. Le guerrier s'y engouffra sans dire un mot et disparut. Link s'arrêta. Qu'est-ce qu'il allait y découvrir ? Quel était ce mystérieux passé que le gros prétentieux semblait si bien connaître ? Tout ce qu'il avait entendu lui faisait peur ? Etait-il une sorte de héros, traître malgré lui ? Enfin... il allait savoir. Il entra dans le sombre tunnel. A peine avait-il fait quelques pas que la stèle s'était reformée. Il descendit dans le noir pendant un long moment et arriva dans une salle éclairée par des torches, et qui ressemblait par son architecture et ses pierres à celles qu'il avait visitées dans le donjon. Il n'y avait personne, mis à part la statue grandeur nature d'un moine. Le ver luisant n'avait pas pris la peine de l'attendre. Il continua son chemin et franchit la porte au milieu de la salle.
- Nous sommes heureux de te revoir en forme, Link. Bienvenue au bercail.
Link regarda autour de lui. Il venait d'entrer dans une grande salle octogonale encerclée de gradins dans lesquels étaient assis un grand nombre d'érudits. La personne qui venait de lui souhaiter la bienvenue était un homme plus vieux et plus imposant que tous les autres, vêtu d'un riche manteau, portant une grande couronne ornée de nombreux joyaux et assis dans une gigantesque chaire avec d'autres sages et... ver luisant.
- C'est avec une profonde joie que nous te voyons revenir du plus profond des ténèbres. Nous pensions tous qu'avec ta chute s'en allaient tous nos espoirs. Mais d'après les paroles de sir Marsias, tu es revenu avec la ferme intention de changer les choses.
- Veuillez m'excuser votre seigneurie, mais je ne lui ai jamais rien dit de tel. J'ai juste affirmé que pour affronter mon avenir, il me fallait récupérer mon passé, et que je le souhaite plus que toute autre chose.
- Ton passé... Bien sûr. Tu es revenu d'entre les morts avec une nouvelle vie. Il ne te reste rien de la précédente. Nous allons donc nous efforcer de t'en rendre le plus possible. Nous allons te raconter comment le royaume a sombré, du début à la fin, car tu en fais partie intégrante. De ce que tu vivais avant, nous n'en savons rien. Es-tu prêt ?
- Oui, votre seigneurie.
- Ne m'appelle pas comme cela. Je suis Daphnès Nohansen Hyrule, roi d'Hyrule, et tu m'as toujours appelé majesté ou roi.
Le roi d'Hyrule ? Cela expliquait les honneurs qui lui étaient dus. Link fut soudain pris de vertiges. Comment pouvait-il contraindre le roi à lui raconter son histoire ? Avait-il accompli de si grandes choses ?
Le roi commença son histoire.
Chapitre 7 : Histoire d'une légende 
"A la naissance du monde, trois déesses sont apparues sur Terre : Din, Farore et Naryu. Elles apportèrent au monde vie, force et ordre. Après avoir accompli leur oeuvre, elles s'en retournèrent en laissant au monde qu'elles avaient créé une sainte relique, dernier lien entre la terre et les dieux : La Triforce d'or, composée elle-même de trois fragments. Ces fragments, appelés les Triforces de pouvoir, de sagesse et de courage, permettent, une fois réunis, d'exaucer tous les souhaits de la personne touchant la sainte relique. La Triforce a, depuis la nuit des temps, suscité de nombreuses convoitises. De nombreuses fois, des êtres malfaisants ont tenté de s'en emparer pour asservir le monde. La pire de ces créatures est sans conteste Ganon. Cet être, que beaucoup de gens considèrent comme l'incarnation du mal absolu, aurait vu le jour lorsque les hommes érigèrent un royaume pour dissimuler la Triforce. L'unique but de son existence est de pervertir le pouvoir de la sainte relique et de l'utiliser pour plonger le monde dans les ténèbres. Heureusement pour nous, il s'est toujours trouvé quelqu'un sur son chemin pour le faire renoncer à ses sombres projets. Les textes disent que lorsque les dieux découvrirent la menace que leur cadeau faisait courir au monde, ils choisirent un jeune homme de grande valeur et lui conférèrent le pouvoir d'éternité. Tant que Ganon ou l'une de ses diverses créatures menaceraient l'équilibre du monde, ce garçon reviendrait les combattre et rétablir l'équilibre. Et toi, Link, as accompli suffisamment d'exploits aux yeux des hommes et des dieux pour te révéler être une réincarnation de ce héros.
Le temps suivit son cours et le saint royaume aussi. Ganon, après avoir été repoussé plusieurs fois, a eu recours à une nouvelle méthode. Il s'est multiplié. C'est ainsi que le sinistre Ganondorf a vu le jour. Ainsi, dans une de tes précédentes vies antérieures, alors que tu avais découvert l'arme ultime pour le détruire, tu anéantis Ganon, mais son incarnation humaine, Ganondorf, en réchappa. Il y a quelques années, il revint à la surface de la terre rassembler les créatures maléfiques pour ré-envahir la terre. Hélas, à l'époque, nous ignorions tout de ta destinée, et désespérés, nous fîmes une ultime requête aux dieux. Nous leur demandâmes un gardien de la Triforce. Un gardien qui, une fois en possession des trois fragments, puisse être l'unique maître de leurs pouvoirs. Les dieux nous entendîmes et nous révélèrent un gardien, mais Ganondorf l'apprit, et fut plus rapide. Il partit à la recherche de ce gardien, et lors de leur rencontre, celui-ci ou plutôt celle-ci assimila la Triforce du pouvoir que Ganon avait dérobé. C'est là que tu intervins. Tu partis en quête de ces morceaux, et rapportas un deuxième fragment pendant que l'ennemi préparait sa contre-offensive. Malgré sa résistance, la gardienne fut capturée. Lorsque nous t'annonçâmes la nouvelle, tu partis à son secours, avec le dernier morceau que tu venais de récupérer, car seul le pouvoir de la Triforce pouvait triompher des obstacles. Nous ne savons pas ce qui s'est passé là-bas, mais Ganondorf s'empara du dernier fragment et des pouvoirs de la gardienne. Ses sortilèges la gardent prisonnière, mais elle a trouvé le moyen de s'enfuir sans son enveloppe corporelle. Elle nous a annoncé que le sinistre sorcier t'avait tué."
Chapitre 8 : Plan de bataille 
Link regarda ses interlocuteurs. Et une image lui revint à l'esprit. Un homme gigantesque habillé de noir et armé de deux grands sabres fonçait sur lui. Il levait un sabre, l'abattait... puis Link voyait un précipice apparaître devant lui, s'en rapprocher à une vitesse vertigineuse... Il tombait... Puis un fleuve apparut et ce fut le noir.
Voilà donc ce qui s'était passé, pourquoi il s'était réveillé couvert de bandages et complètement amnésique.
- J'espère que notre discours t'a éclairé.
- Oui... maintenant, je me souviens de... la chute.
Sir Marsias en profita pour placer un commentaire.
- Ainsi, il t'aurait vaincu. Mais cela n'a pas de sens. Si le possesseur d'un fragment de la Triforce est tué, le fragment éclate et se disperse. Comment se serait-il emparé de la relique ? Tu t'en étais débarrassé avant ! Et il s'en est emparé aussitôt. Il n'aurait pas pris le risque de te tuer dans le cas contraire. Tu lui as tout livré ! Je le savais !
- Paix, Marsias. Tu ne sais rien de ce qui s'est passé là-bas.
- Je le devine !
- Dis donc, tu n'aurais pas besoin d'une seconde défaite pour te calmer ? Link commençait à en avoir assez de ce chevalier prétentieux. Pourquoi n'es-tu pas allé la chercher toi-même, la relique ?
- Du calme, tous les deux. L'heure n'est pas aux règlements de compte, mais à l'organisation de l'avenir. Link, je suppose que tu as déjà eu un petit aperçu de ce que notre ennemi a fait faire à la gardienne.
- Si vous parlez des ténèbres, des créatures qui rôdent et de l'ambiance qui règne dans les villes et villages, je suis au courant.
- Ce n'est pas tout. L'un des souhaits de Ganondorf était de "neutraliser tout ce qui pouvait lui nuire à ce moment-là". Ainsi, les sages capables de s'opposer à lui furent pétrifiés. Tu as dû voir l'un d'entre eux en arrivant.
Link se rappela la statue du moine dans le hall d'entrée. Il fit part de cette idée.
- Et oui. Il s'agit du maître du sanctuaire de pierre, dans lequel nous nous trouvons et nous cachons. Au moment du souhait, nous constations l'avancée des nuages noirs et étions en train de constater que tout espoir était perdu. Lui seul n'avait pas perdu la foi, et c'est ce qui lui a coûté son immobilisation. Sans lui, ainsi que les autres sages, il est impossible de s'approcher de la forteresse de Ganondorf.
- Que fait-on, alors ?
- La situation n'est pas aussi dramatique qu'elle en a l'air. Leïa nous a longuement parlé du sortilège qu'elle avait lancé. Vois-tu, le fait que la Triforce soit gardée possède un avantage. C'est son maître qui décide de ses actes. Elle était tenue de jeter une malédiction sur tout ce qui menaçait le sorcier, mais il n'était pas assez précis. Elle a donc prévu un moyen de tout annuler. Plus que personne, elle a gardé l'espoir et s'attendait à te voir revenir, ce dont nous doutions. Voici ses instructions : chaque victime du sortilège est prisonnière d'un démon. Pour la libérer, il te faudra détruire ce démon. Leïa nous a également précisé qu'elle a seulement frappé les gardiens des sanctuaires de pierre, de glace, de corail, de lave, de sable et des bois. Je pense sérieusement que si tu arrives à libérer les six sages, ils pourront te conduire jusqu'à la gardienne.
- C'est tout ce que j'ai à faire ? Ça n'a pas l'air terrible.
- Les exorciser, peut-être, mais les atteindre, c'est différent. Même en temps de paix, les sages font de leur sanctuaire une terrible défense. Tu es venu à bout de celui de pierre, mais je crois que tu as eu affaire au sage de loin le moins paranoïaque.
- Ce n'est pas grave. Cela ne me fait pas peur.
- Nous n'en attendions pas moins de toi. Sir Marsias va te guider vers le temple de sable. Tu commences ta quête tout de suite.
Chapitre 9 : Mon royaume pour un cheval 
Les deux hommes descendirent jusqu'au village de Saut-de-roc. Le chevalier Marsias tenait à s'approvisionner en divers objets et retirer des rubis à la banque. Les maigres économies de Link ne s'élevant guère à plus de 100 rubis, celui-ci décida de l'ignorer. Une fois les provisions faites, le garçon souhaita partir, mais son compagnon l'arrêta.
- Ecoute, le sanctuaire de sable est loin d'ici, dans un désert. Je n'ai pas l'intention d'y aller à pied. Il faut s'y rendre à cheval. Si tu n'en as pas, il est inutile de songer à partir. Il faut d'abord que tu t'en procures un. Il y a une écurie dans le bas du village. Va y faire un tour.
Le jeune garçon suivit son conseil et descendit le sentier. Il arriva effectivement à l'écurie, mais une étrange odeur lui annonçait qu'il n'allait pas y trouver ce qu'il voulait. En entrant dans le bâtiment, il vit les éleveurs affairés autour de plusieurs bêtes malades. Il en interpella un pour savoir ce qui se passait. On lui expliqua qu'une étrange maladie avait frappé la moitié de l'élevage. Le personnel était très pessimiste quant à leur sort car la seule personne capable de leur trouver un remède, le pharmacien, était à court d'ingrédients. Mais lorsque les palefreniers aperçurent l'épée dans le dos de Link, ils lui proposèrent d'aller chercher ses ingrédients en échange d'un cheval. Link accepta la mission. Il sortit et se dirigea chez le pharmacien pour s'enquérir des ingrédients à trouver. Le pharmacien était enchanté de pouvoir discuter avec quelqu'un qui s'intéressait à ses malheurs. Effectivement, comme les frères forestiers ne retournaient plus en forêt, ils ne lui apportaient plus de plantes aux nombreuses vertus. Il était très heureux de rencontrer un jeune garçon prêt à l'aider. Il lui montra dans un herbier les plantes qu'il aurait à ramener et lui signala où il pourrait les trouver dans la forêt. Link le remercia et partit la forêt. Il constata que le sol était encore boueux. Ses pieds s'enfonçaient dans le sol et ses pieds étaient trempés. Il atteignit non sans-mal la lisière de la forêt. Elle était encore très humide, mais c'était normal, la pluie diluvienne ne s'était arrêtée que le matin même. Le jeune homme espérait que la pluie n'avait pas endommagé les ingrédients qu'il venait y chercher. Un premier regard lui assura que la flore autour de lui se portait bien. Il pénétra dans le bois sombre. Chacun de ses pas faisait un petit bruit de boue écrasée. Ses bottes étaient déjà couvertes d'herbe, de terre et de mille autres choses. La forêt n'était pas désagréable, mais le garçon savait qu'il ne tenait pas à y rester longtemps. Le pharmacien lui avait dit que les ingrédients en question, fleurs Aritunières et champignons devaient se trouver près d'un saule pleureur et d'une fontaine. Au bout d'un moment, les flaques de boue devenaient des flaques d'eau, et le garçon constata que parmi elles s'écoulait un véritable ruisseau. Au bout de cinq minutes, il arriva à un bassin de pierre, qui se déversait naturellement dans un ruisseau artificiel, mais celui-ci débordait, et c'était la raison pour laquelle Link avait trouvé un nouveau ruisseau. Sur un terrain plus élevé poussait un imposant saule pleureur. Les fleurs poussaient en dessous. Visiblement, leur position en hauteur et sous un grand arbre les avait préservées de la pluie. Le jeune en cueillit deux, laissant le soin aux autres de sauvegarder l'espèce. A présent, il ne lui restait plus qu'à trouver le champignon. Il retourna près de la fontaine, mais dans toute la boue, rien ne ressemblait à un champignon. Le garçon remarqua pourtant quelque chose : des empreintes de pas. Il poussa un juron. Les empreintes allaient jusqu'à la fontaine et s'en allaient. Il n'y avait plus aucun doute, quelqu'un était certainement venu spécialement pour les champignons et s'en était allé. Les traces étaient récentes. Peut-être que le cueilleur de champignons n'était pas loin. Le jeune homme décida de les suivre. Il n'avait pas fait cent mètres qu'il entendit quelqu'un hurler : "A l'aiiiiiiiiiiiiiiide" ! Etait-ce le cueilleur de champignons ? Il se dit que, qui que ce soit, cette personne devait être secourue. Il s'élança dans la direction du cri. Il déboucha dans une grande clairière. Devant lui, il y avait un groupe de six ou sept moblins qui harcelaient un malheureux voyageur couvert de boue. Le voyageur était recroquevillé et implorait la pitié, il ne voyait pas Link. Le garçon décida d'attaquer les monstres à coups de flèches. A son premier tir, il atteignit une des créatures à la tête. Elle s'effondra en un cri rauque. Les moblins étaient désormais avertis. Ils se ruèrent sur le nouvel arrivant. Profitant de la distance qui le séparait encore de ses assaillants, le jeune homme tira une autre flèche, qui alla atteindre la jambe d'une des créatures. Elle était ralentie momentanément. Les autres monstres avaient atteint le gêneur. Link dégaina son épée. Se souvenant de son expérience du sanctuaire de pierre, il resta derrière les rochers et cueillit les moblins un à un. Quand il eut terminé, il s'approcha du voyageur toujours recroquevillé. Il gémissait :
- Non... ne me tuez pas, je vous donnerai tout... Ne me tuez pas...
- Ne t'inquiète pas. Moi, je n'ai même pas l'intention de te faire du mal. Relève-toi. Les moblins ont eu leur compte.
- Hein ?
L'homme se releva. Il portait un long manteau à poches, dont Link ne pouvait identifier la couleur, à cause de la boue. Sinon, il était aussi grand que Link, des longs cheveux blonds mal coiffés et des oreilles pointues. Il lui ressemblait beaucoup, en fait.
- Tu les as fait fuir ?
- Mieux que ça, je les ai envoyés au pays des ombres.
- Whaaaaa, génial ! Tu es mon sauveur ! Attends... tu étais déjà mon sauveur... BIEN SUR ! Tu es l'elfe de grand chemin, Link !
- Attends... on m'appelle l'elfe de grand chemin ?
- Ouais ! Je ne m'étais pas trompé, tu es inoubliable. Je me souviens encore du jour où tu nous as sauvés dans le sanctuaire des bois. On t'avait porté en triomphe ! La gardienne du sanctuaire et la princesse Zelda t'avaient couvert de remerciements et n'ont pas arrêté de vanter ta bravoure et ton audace !
- La gardienne du sanctuaire des bois ? J'ai été si admirable ?
- Pas seulement admirable, pour le peuple Kokiri et les Hyliens, tu es devenu notre héros mythique ! Réponds-moi, mon héros, comment puis-je te témoigner ma gratitude et ma vénération ?
- Euh... Est-ce toi qui es passé à la fontaine ?
- Oui, mon maître m'avait envoyé chercher des champignons de ver. Nous en avons besoin pour préparer des philtres très spéciaux.
- Si tu en as, peux-tu m'en passer un ou deux ?
L'apprenti sembla hésiter. Il porta sa main à son sac et réfléchit quelques secondes.
- Je ne sais pas... il y en a peu, mon maître pourrait me faire des reproches... mais quand je lui dirai que c'est à Link que je les ai donnés...
Il releva la tête et sourit.
- Ça marche. Je vais t'en donner un gros, mais avant, pourrais-tu m'accorder une faveur ? S'il te plaît, mon héros, pourras-tu venir saluer mon maître pour lui confirmer que c'est à toi que j'ai donné le champignon ?
- Et bien... de toute façon, il est dans mon programme de me rendre au sanctuaire des bois. Ce ne sera pas tout de suite, mais c'est promis, je viendrai.
- Whaouw ! Génial ! Je vais annoncer à tout le monde que Link, l'elfe de grand chemin, est bientôt de retour. Attends-toi à un accueil digne du roi d'Hyrule.
- Euuuuh... A ce sujet, justement, je ne veux pas de grande fête et de nouvelles qui se répandent partout. Je dois rester discret pour le moment. Je n'ai pas le temps de t'expliquer, mais il y a des gens qui me croient hors combat et qui doivent continuer à le penser.
- Tu parles de "Lui" ?
- Ça dépend de quel "Lui".
- Le sorcier maléfique qui a répandu les ténèbres...
- Nous parlons du même "Lui".
- Sois sans crainte. Je tiendrai ma langue. Mis à part mon maître qui comprendra certainement ta situation, personne ne sera au courant.
L'homme lui sourit, plongea la main dans sa sacoche et en sortit un gros champignon qui ressemblait à une feuille d'arbre. Il le donna à Link qui le rangea avec les autres ingrédients. Ils se serrèrent la main et partirent chacun de leur côté, l'assistant vers le sanctuaire des bois et Link vers Saut-de-roc. Le jeune garçon courut avec hâte dans l'impatience de retrouver un sol sec et le chevalier Marsias, mais avant cela, il devait se rendre à la pharmacie. En arrivant dans le village, il rencontra le chevalier qui venait de se mettre à sa recherche.
- Te voilà ! Qu'est-ce que tu fais ? Tu n'étais pas sensé trouver un cheval ? Cela fait deux heures que je t'attends. On peut oublier l'idée de partir aujourd'hui. Dans une heure, il fera noir. Où donc étais-tu passé ? Tu n'as rien de mieux à faire que de te promener ?
- Je suis allé à l'écurie où on m'a demandé de trouver un remède pour soigner les chevaux. Je suis allé chez le pharmacien qui m'a demandé d'aller dans la forêt chercher les ingrédients nécessaires. Je me suis rendu dans cette forêt qui ressemblait plus à un marécage qu'à une forêt et où j'ai dû tenir des engagements vis-à-vis d'un habitant du sanctuaire des bois. Maintenant, je retourne chez le pharmacien qui me donnera le médicament nécessaire à la guérison des chevaux de l'écurie et lorsqu'ils seront guéris, alors je pourrai avoir mon cheval. Sinon, désolé de t'avoir fait attendre !
- D'accord, ça va... Je ne te trouvais plus alors, je me suis permis de faire des suppositions. Quand tu auras réglé cette affaire, viens me retrouver à l'auberge des bouquetins.
Les deux hommes se séparèrent et Link poussa un long soupir. Voyager avec le chevalier Marsias n'allait pas être une partie de plaisir. Il entra donc dans la pharmacie où il fut accueilli comme un roi. Le pharmacien se saisit des ingrédients et fit un tri minutieux. Il réduisit le tout en poudre et le versa dans un chaudron bouillant. En attendant que la cuisson arrive à terme, il se proposa d'acheter les autres ingrédients et de répondre aux questions du jeune aventurier.
- La potion que je prépare a des vertus spéciales. Elle brise les malédictions qui te font perdre régulièrement de la force ou elle t'immunise temporairement contre elles. Ces pauvres chevaux auraient dû en prendre il y a bien longtemps. Ramène-moi les mêmes ingrédients et je t'en re-préparerait une. C'est très pratique quand on s'aventure dans des endroits où on ne sait pas sur quoi on va tomber. Je veux dire, je sais que tu es le genre d'aventurier qui s'aventure dans des endroits mystérieux peuplés de créatures toutes plus surprenantes les unes que les autres. Plusieurs d'entre elles peuvent te faire souffrir de cette façon.
Le garçon remercia le commerçant et une fois la potion prête, il partit pour l'écurie. Dehors, il commençait effectivement à faire sombre, enfin... le ciel qui était couvert et lourd depuis le début de la journée devenait de plus en plus noir, et la visibilité baissait à grande vitesse. Il se hâta d'atteindre le bas du village, où l'étrange odeur qu'il avait perçue lors de son premier passage semblait être devenue de plus en plus suffocante. Apparemment, le mal devait empirer. Il se mit à courir et arriva au bâtiment plongé dans l'obscurité. La grande salle n'était éclairée que par trois flambeaux, et les bêtes qu'il avait aperçues au début de l'après-midi étaient en piteux état. Les écuyers le reconnurent aussitôt et se jetèrent sur lui pour savoir s'il avait rempli sa mission. Link sortit son flacon avec un sourire triomphant. Les écuyers furent si heureux de voir la petite bouteille qu'ils hurlèrent de joie. On répartit la potion dans différents bols et on les fit boire aux chevaux. Ce n'était pas une tâche facile, car les chevaux ne bougeaient presque plus, mais en quelques secondes, les bêtes retrouvèrent toute leur vigueur. Elles se redressèrent vivement et se mirent à hennir pour témoigner de leur vitalité. Tout le monde dans la salle se mit à danser et à chanter pour fêter l'événement. Le maître des lieux s'avança, ne sachant comment remercier le jeune héros. Celui-ci demanda une monture comme récompense, une qui serait endurante, capable de couvrir de longues distances. Le maître des chevaux réfléchit et lui proposa une jument palomino, qui n'avait pas été frappée par l'étrange maladie. Elle avait l'air en bonne santé, douce et débordante d'énergie. Il n'y avait donc aucune raison de refuser. Link accepta l'offre et obtint la jument qui se nommait Getella.
Chapitre 10 : Cauchemars 
Il s'arrangea avec les palefreniers pour qu'il puisse venir la chercher le lendemain. Il quitta ensuite l'écurie où tout le monde avait l'intention de faire la fête toute la nuit et rejoignit donc le chevalier à l'auberge des bouquetins, qui s'était installé et ne semblait nullement pressé de partir. L'homme invita Link à partager son repas. Il lui offrit également le service pour la nuit, qui comprenait le prix de la chambre, du repas du soir et du matin. Link fut surpris par sa soudaine bonne volonté. Le chevalier semblait tenir à ce qu'il reprenne des forces et qu'il aille pour le mieux. Le jeune garçon, quoi qu'étonné, décida d'en profiter, et alla se coucher une demi-heure plus tard, avant que l'auberge ne soit pleine de monde. Le chevalier Marsias insistait sur le fait qu'il devait être vu par le moins de monde possible, ce que Link comprenait. En montant vers leur chambre, le jeune garçon demanda à son compagnon :
- Pourquoi dois-je me cacher de tous ces gens ? Pensez-vous que certains d'entre eux iraient me livrer au sombre sorcier, sans savoir qui je suis vraiment ?
- Même si aucun d'entre eux ne se doute de ta mission et de la menace que tu représentes pour "LUI", il n'empêche que tu laisses des traces de ta présence. Tu en laisseras inévitablement tout au long de ta quête. Si "IL" comprend que quelqu'un le menace, il mènera une enquête. Dans ce cas-là, il est impératif qu'il ne trouve rien. S'il apprend qu'un elfe vêtu de vert parcourt le monde de sanctuaire en sanctuaire, il saura que tu es de retour. Crois-moi, il possède actuellement suffisamment de pouvoirs pour te neutraliser d'un seul geste sans que tu n'aies rien vu venir. Moins on se souviendra de toi, mieux cela vaudra.
Les deux hommes atteignirent leur chambre respective, se dirent bonsoir et se séparèrent. En se couchant, Link méditait intensément. Tant d'événements s'étaient produits en une seule journée, journée qui semblait être sa première sur terre. Tellement de choses lui étaient tombées dessus, sans qu'il n'y soit préparé. Pourquoi diable avait-il accepté cette quête qui se révélait longue et compliquée ? Qu'est-ce qui l'avait poussé à se lancer là-dedans ? Il pouvait certainement vivre normalement, rejetant tout passé, et en se recréant une identité. Il avait beau se retourner et se retourner, cette question obsédait son esprit. Il se remémorait le discours que lui avait fait le roi d'Hyrule, la façon dont il avait accepté la mission qu'il voulait lui confier... et puis il se souvint d'un des sarcasmes de Sir Marsias. "Malgré le vide dans ta tête, tu reviens au sanctuaire de pierre, tu viens me donner une leçon et tu ne sais même pas pourquoi tu te donnes tant de mal." Etait-il naturellement attiré par l'aventure ? Dans ce cas, une vie de redresseur de tort solitaire pouvait aussi lui convenir. Rien ne le contraignait à aller libérer les sages pétrifiés et à détruire le sorcier maudit. Cette dernière pensée l'empêchait de dormir. Elle l'accablait de remords. Il se sentait lâche, coupable. Après tout, si ce sorcier était si puissant, il en était un peu responsable. De plus, cet homme avait une dent contre lui. Il le poursuivrait toute sa vie, et si le roi d'Hyrule avait raison, ce conflit pourrait bien durer l'éternité. A quoi bon fuir son destin si celui-ci vous poursuit ? Link s'endormit sur cette idée. Son sommeil fut parcouru par de nombreux et curieux rêves. Il y voyait apparaître des créatures étranges, évoluant dans des décors irréels. Certaines ressemblaient à des immenses rochers, d'autres étaient des elfes dont la peau était brune comme l'écorce des arbres. Il y avait d'autres elfes, plus grands, plus nobles, mais qui vivaient terrés au fond de sombres grottes. Il rêvait aussi de monstres et de somptueux paysages. Il voyait un gigantesque château dans une grande ville au bord d'un lac, ainsi qu'une grande forteresse dans les montagnes. Il ne savait pas pourquoi, mais il mourrait d'envie de voir cette forteresse de plus près. Elle était vaste, assez belle, mais ce n'était pas cela qui le fascinait. Il devait y entrer, y chercher quelque chose. Il fallait qu'il y entre. Link se trouvait à présent sur les remparts et cherchait l'entrée. Il voyageait de toit en toit, regardant partout. Enfin, il repéra une large terrasse. Mais à peine l'avait-il atteinte que tout changea brusquement. Il faisait noir, il pleuvait et Link ne distinguait plus les bâtiments. Il ne voyait que "LUI", tenant une immense épée. "IL" la levait, l'abattait... Link se réveilla en sursaut. Même dans ses rêves, le sorcier noir le poursuivait. Pourrait-il s'en débarrasser un jour ? Le jeune homme se rendormit lentement, tout en essayant de faire le vide dans son esprit. Il ne devait penser à rien. Il ne voulait pas être harcelé par des cauchemars toute la nuit. Il était prêt à aller dans les confins du monde pour pouvoir trouver le repos. Si le prix à payer était un nouvel affrontement avec Ganondorf, il était prêt à se battre. Sur cette conclusion, il se rendormit. Il ne rêva plus que d'un grand espace bleu, paisible et chaud, où évoluait une série de spectres à la peau blanche rayée de bleu. Il y avait dans cet endroit une étrange mélodie, qui le fascinait. Toute la sérénité du lieu apaisa son esprit, tant et si bien qu'à son réveil le lendemain matin, tous ses soucis étaient oubliés. Il se sentait calme, fort et téméraire. Il n'avait plus aucune inquiétude quant à son avenir. Il se sentait aussi résistant qu'une montagne. La foudre, la pluie, le temps et le vent ne pourraient en venir à bout. Dans cet état d'esprit, il était prêt à accomplir n'importe quoi, car il se sentait certain de triompher de toutes les embûches. Il s'était levé avant le chevalier. Lorsqu'il descendit dans la salle à manger, il n'y avait personne à l'exception du personnel. Il prit donc un petit déjeuner en solitaire puis, ayant pris soin de laisser un message à l'attention de Sir Marsias, il partit pour l'écurie chercher son cheval. Peu de gens étaient debout. Visiblement, beaucoup d'entre eux avaient fêté la guérison des chevaux toute la nuit et venaient seulement de s'endormir. L'un des seuls palefreniers debout se fit cependant une joie de lui sceller son cheval et de lui donner quelques leçons élémentaires d'équitation. Ces leçons étaient à peine nécessaires car le jeune homme avait l'impression d'en avoir fait toute sa vie. De surcroît, il lui semblait qu'il connaissait sa monture par coeur, qu'il pouvait prévoir ses réactions. La leçon prise, il emmena sa monture à l'auberge des bouquetins d'où sortait tout juste le chevalier. Celui-ci eut un mouvement de surprise.
- Le cheval... Tu l'as donc retrouvé ?
- Ah... parce que je le connais aussi ?
- Ha ha ha, si tu connais cette jument ? Bien sûr que tu la connais ! C'est ton cheval. Tu l'as trimbalé durant toute ta quête. Pourquoi fais-tu cette tête ? Ah, je vois... si tu l'as payée, tu t'es fait avoir !
Non, Link ne l'avait pas payée, il l'avait reçue en échange d'un service. Il ne songeait pas à leur en demander plus, car ces braves gens en avaient au moins pris soin.
- Tu dis que c'est mon cheval... Je l'avais laissé à cette écurie ?
- Je n'en sais rien mais, dans mes souvenirs, tu es parti à la forteresse de Ganondorf avec elle. Je ne sais pas comment elle a pu arriver ici toute seule. C'est ce qui est surprenant.
Chapitre 11 : Rendez-vous au coucher du soleil 
Les deux hommes installèrent leurs bagages et se mirent en selle. Ils partirent rapidement, avant d'attirer l'attention. Ils voyagèrent ainsi toute la journée. Ils traversèrent la vallée, franchirent la rivière dont les eaux étaient presque revenues dans leur lit. En fin d'après-midi, ils atteignirent une grande plaine. Le chevalier lui donna un bref cours de géographie. En suivant la rivière, il finirait par atteindre le bourg d'Hyrule et son château, mais c'était une route à éviter car les créatures de Ganondorf avaient envahi les lieux depuis plusieurs mois. Au fur et à mesure qu'ils avançaient, les cendres devenaient plus fines et devenaient une vraie poussière, cela devenait presque du sable noir. "Le sanctuaire de sable" se trouvait dans un décor parfaitement adapté. Chemin faisant, il se demandait si ce sanctuaire de sable était tout aussi dissimulé que celui de pierre. Quel genre d'épreuves l'attendrait là-bas ? Il promenait son regard partout, à la recherche d'un bâtiment qui puisse le renseigner. Son compagnon de route s'en aperçut.
- Si tu espères trouver le sanctuaire des sables de cette façon, tu perds ton temps. L'entrée se trouve dans une fosse. Rien ne dépasse du sol.
- Sais-tu ce qui nous attend là-bas ? Tu y es déjà entré ?
- J'y suis allé mais... Je ne suis jamais allé plus loin que la première pièce. En temps normal, il suffit de jouer un air particulier devant la grande stèle pour invoquer le gardien. Il apparaît presque instantanément. Maintenant qu'il est pétrifié, les choses sont différentes. Il va d'abord falloir trouver un moyen de briser la sainte stèle, car elle scelle le passage vers les autres pièces. J'avoue que j'avais oublié ce détail. Enfin... nous y serons dans une heure. Cela nous donne du temps pour y réfléchir.
L'heure passa beaucoup trop vite. Les deux cavaliers atteignirent bientôt un petit canyon peu profond. Tout en bas, il y avait une petite habitation de branchages à côté d'une grande porte taillée dans la roche. Ils attachèrent leurs chevaux et frappèrent à la porte de la cabane. L'homme qui se trouvait là était une sorte de vieux marchand. Il vendait de menues choses destinées à honorer le gardien du sanctuaire et de quoi se ravitailler. Ils achetèrent de la nourriture pour les chevaux. Au moment où ils allaient sortir, le vieil homme les rappela.
- Attendez... On m'avait averti de votre venue. On m'avait aussi chargé de vous faire un message. Vous êtes attendus à l'intérieur du sanctuaire. Vous devrez y entrer lorsque le soleil se couchera.
- Qu'est-ce que c'est que ce charabia ? Qui t'a demandé de faire ce message ?
- Je n'ai pas vu son visage. La personne n'a pas pris la peine d'entrer et moi, je suis trop vieux pour sortir aussi vite de ma demeure. Bien que n'ayant pas vu mon interlocuteur, je pense que c'était une personne bienveillante. Sa voix était assez sympathique. Je dois avouer, pourtant, que tout ceci est étrange. Le gardien du sanctuaire a été pétrifié il y a plusieurs mois et je n'ai plus vu personne depuis. Trois personnes en deux jours, c'est vraiment curieux.
Les deux voyageurs remercièrent le vieux fou, pourtant troublés par ce qu'il venait de dire. De plus, le vieux n'allait apparemment pas les oublier de sitôt.
- Je n'aime pas ça, dit le chevalier. Quelqu'un est déjà au courant pour notre quête, quelqu'un qui a effectué la distance Saut-de-roc jusqu'ici en moins d'un jour et qui connaît notre signalement et nos objectifs.
- Vous pensez qu'un serviteur du sorcier nous fixerait un rendez-vous au couchez du soleil ?
- Si ce n'est pas un piège, nous pouvons déjà en tirer la conclusion que nous n'avons pas été assez discrets. Que faire ?
- Le vieux ne se méfiait pas. Je pense que nous ne risquons rien à rencontrer cet étrange messager. Attendons le couchez du soleil.
Ils s'installèrent, nourrirent les chevaux et se reposèrent. Le soleil était déjà près de l'horizon. Ils ne devraient pas attendre longtemps. Ils ne parlaient guère, se méfiant des rochers. Peut-être étaient-ils surveillés ? Dans ce cas, mieux valait se taire. Lorsque le ciel commença à devenir noir, ils se levèrent et se dirigèrent vers le grand portique. La porte de fer n'était pas fermée. Ils la poussèrent doucement, tous sens aux aguets. Ils entrèrent dans une pièce sombre éclairée par deux grandes lanternes qui se tenaient aux extrémités d'une grande mosaïque. Le chevalier fit une remarque :
- Regarde ces dalles triangulaires. Elles représentent la sainte Triforce. C'est aussi le symbole de la famille royale d'Hyrule. C'est à cet endroit que l'on doit jouer l'air de la famille royale pour convoquer le gardien. Tiens... à propos du gardien...
Le chevalier désignait une statue à côté d'un grand autel. Elle représentait un jeune homme d'un peu plus de vingt ans. Il était mince et musclé, torse nu. Il était visiblement vêtu d'un large pantalon richement décoré. La pierre dans laquelle avait été représenté le jeune homme avait la même couleur que celle du moine du sanctuaire de pierre. Il n'y avait pas de doute possible, c'était le gardien. Il semblait être entrain de se diriger vers l'autel lorsqu'il fut pétrifié. Quelque chose intriguait Link. Les effets personnels du gardien avaient subi le même sort que leur propriétaire, tous sauf un. Une jolie flûte de Pan en argent était coincée dans sa main gauche.
- Sir Marsias... Vous avez vu cette...
Il fut interrompu par un violent éclat de lumière. Une forme lumineuse se matérialisait près de l'autel. Link savait qui allait apparaître, l'ayant déjà vu à l'oeuvre. Le mystérieux messager n'était rien d'autre que la dame blanche. En un jour, elle ne semblait pas avoir changé, et elle était visiblement ravie de les voir.
- Enfin je vous retrouve ! Je me suis rendue hier au sanctuaire de pierre, mais vous n'y étiez déjà plus.
- Leïa, vous nous avez fait peur. Je craignais que nous n'ayons pas été assez discrets. Evidement, cela explique bien des choses.
- Je savais que vous n'alliez arriver qu'aujourd'hui, alors je me suis téléportée ici, et j'ai demandé au vieil ermite de vous donner un rendez-vous. Moi, je pense que le seul moment vraiment sûr pour quitter ma prison est au coucher de soleil. A ce moment, "IL" reçoit tous ses rapports de l'autre côté de la forteresse. Il ne veut pas que je les entende. J'ai donc plus d'une heure pour mes affaires.
- Attends un peu... Maintenant qu'on a plus de temps pour discuter, il faut que tu m'expliques plusieurs choses.
- Je suis venue pour ça. Pour commencer, je sais comment tu peux passer la porte du sanctuaire...
- Ça peut attendre. D'abord, je veux savoir d'où tu viens, et pourquoi tu ne peux pas t'échapper tout simplement.
- Je ne sais pas si c'est le bon moment pour tout t'expliquer, mais soit. Ganondorf me retient prisonnière à la citadelle des nuages, dont il a fait son quartier général. Il a exigé des dieux que je ne puisse pas quitter une certaine pièce. Je ne peux donc sortir matériellement. La seule façon que j'ai trouvée jusqu'à présent est de téléporter mon esprit. En dehors de la citadelle, je ne suis qu'un fantôme sans pouvoirs. Pour s'assurer que je ne tente rien contre lui, ce monstre a fait une vingtaine de prisonniers à la citadelle. Il les a enfermés dans plusieurs cachots dissimulés dans le royaume d'Hyrule. Au moindre geste suspect de ma part, les geôliers ont pour ordre de les exécuter. Tu comprends maintenant pourquoi je tiens à agir dans la plus totale discrétion ?
- Je vois...
- Je ne veux pas t'accabler avec un fardeau supplémentaire, mais tant que ces gens seront prisonniers, il m'est pratiquement impossible de lui résister. Il faut que quelqu'un les libère.
- Pour ça, je suis certain que le chevalier Marsias va me donner un coup de main. Depuis le temps qu'il désire prouver sa valeur, il ne va certainement pas refuser...
- Je me chargerai des prisonniers, répondit l'homme avec empressement. Mais maintenant, peut-on parler de choses sérieuses ? Tu disais tout à l'heure que tu savais comment passer dans le reste du temple.
La dame blanche sourit. Elle flotta jusqu'à la statue du gardien.
- Lorsque Ganondorf a commencé à relâcher sa surveillance, je me suis mise à errer aux environs de votre dernier combat. Là-bas, j'y ai rencontré certains gardiens qui cherchaient également ta trace. Ensemble nous avons retrouvé certaines de tes armes et compris que ton corps avait été emporté par la rivière. Malheureusement, nous avons été surpris, et c'est ainsi que le sorcier a eu recours à des méthodes draconiennes pour me garder près de lui. Enfin... ce qui compte, c'est que les gardiens aient eu le temps de retourner à leur sanctuaire respectif pour préparer ton retour. Ils ont une technique secrète pour se téléporter. Je ne sais pas si tu as remarqué que Boru, notre compagnon de pierre, possède un tambourin, pétrifié lui aussi. Tous les gardiens ont leur propre instrument. Faire de la musique est leur façon de prier les dieux. En jouant un air particulier, ils obtiennent le pouvoir de rejoindre leur temple.
- C'est bien joli, mais je ne connais pas ces airs. De plus, je ne dispose d'aucun instrument.
- Ah ! oui ? La flûte d'argent que Boru a ramenée des chutes Zora ne te rappelle rien ?
Link regarda la statue. La flûte coincée dans la main de pierre était-elle à lui ?
- Comment se fait-il qu'elle n'ait pas été pétrifiée ?
- La flûte n'appartient pas à Boru et il n'avait pas l'intention de s'en servir. Je réfléchissais à toute vitesse lorsque le monstre a formulé ce souhait-là, et par chance, j'ai pu jouer sur ses mots. Tout ce que les gardiens n'utilisaient pas contre lui a été épargné, et voilà !
Link décrocha la flûte des mains de la statue.
- Je suis content de récupérer cet instrument, mais je te rappelle que je ne connais aucun air sacré de musique.
- Mais nous, nous en connaissons. J'en ai appris pas mal pendant que tu cherchais la Triforce, notamment la mélodie du désert, qui fonctionne pour le sanctuaire des sables. Je vais te l'apprendre.
Leïa fit apparaître un luth et joua un petit air oriental. Ensuite elle demanda au jeune elfe d'essayer de le reproduire. Au bout de trois essais, Link parvint à le jouer correctement. Il se sentit alors enveloppé par un vent sec et chargé de sable. Il ferma les yeux pour se protéger. Lorsque le vent cessa et qu'il ouvrit les yeux, il était dans une autre pièce, où seule la dame blanche se trouvait. Elle lui expliqua qu'il n'avait fait que traverser un mur, et que le chevalier attendrait qu'il ait libéré le gardien et qu'il sorte du sanctuaire. Elle dit encore que le maître du sanctuaire ne craignait pas réellement les intrus, et que donc le système de sécurité ne serait pas un grand problème. Sur ces derniers mots, elle disparut, laissant le jeune aventurier à son sort.
Chapitre 12 : Le sanctuaire des sables 
Celui-ci se mit immédiatement à observer la pièce dans laquelle il se trouvait. Les murs étaient composés de larges blocs de pierre rose sur lesquels étaient gravés des textes dans une ancienne langue. La salle était éclairée par des flambeaux accrochés aux murs. Autour de lui se trouvait toute une série de jarres. Link alla les fouiller. Deux d'entre elles contenaient des coeurs, trois autres renfermaient des rubis, la dernière contenait cinq flèches. Après cette collecte, le jeune elfe prit l'unique porte de la pièce. L'endroit dans lequel il débarqua était pour le moins singulier. La salle était très basse et le sol était recouvert de sable. Il n'avait aucune idée de la profondeur à laquelle se trouvait le vrai sol de la pièce, mais il y avait visiblement un étage enseveli, car il voyait un bout d'échelle dépasser. Un chemin de pierre traversait la pièce et menait à une sortie. Comme rien ne bougeait et que tout était silencieux, le garçon en conclut qu'il était seul. Hélas, au milieu du parcours, il vit un trou se former dans le sable juste à côté de lui. Un ver géant en bondit, la gueule ouverte, décidé à faire de l'elfe son repas. Le garçon fit un bond de côté pour éviter la bestiole, sortit son épée et lui trancha la tête. En retombant, celle-ci se désintégra, mais le ver n'était pas vaincu pour autant. Une nouvelle tête avait repoussé. Le jeune homme la découpa à nouveau, mais le même scénario se reproduisit, à une différence près, la couleur du ver avait pris une teinte ressemblant au sable. De plus, le monstre semblait avoir perdu toute sa souplesse. Le jeune guerrier trancha la tête du ver une dernière fois. Cette fois-ci, elle ne se régénéra pas. Le monstre se désintégra dans une poussière couleur sable. Un bruit de mécanisme se fit entendre et une grille s'abaissa à l'autre bout de la salle. Il en restait encore une. Un autre ver se trouvait donc caché, et il lui faudrait le pulvériser pour pouvoir changer de pièce. Il continua son parcours lentement et silencieusement. Il avait presque atteint la porte barrée lorsque le second monstre se montra. Celui-ci était visiblement plus rapide que son prédécesseur. Eviter sa grande mâchoire n'était pas chose aisée, mais l'elfe finit par en avoir raison. La deuxième grille s'abaissa, libérant une porte incrustée d'or. Link se méfia. La dernière porte magnifiquement travaillée qu'il avait franchi le menait à son épreuve finale. Sur celle-ci pourtant, il n'y avait aucun système de serrure. Elle s'ouvrit effectivement sans le moindre problème, et donnait sur une pièce fantastique. C'était plutôt un gigantesque puits, traversé par des ponts de bois et de cordes sur plusieurs niveaux et également parcouru par des échelles, des plates-formes... En dessous, c'était le précipice. A son étage, le garçon n'avait pas le choix. Un unique pont de corde traversait le vide. A l'autre bout, il y avait un sombre couloir. Une seule torche était allumée à l'entrée. Le garçon avait une bonne vue, mais sa visibilité se limitait à une dizaine de mètres. Il distinguait tout de même plusieurs flambeaux disposés en ligne droite prêts à être allumés. Seulement, il n'avait rien pour les allumer. Un léger reflet lui indiquait également qu'une grille bloquait le couloir. Il lui fallait pourtant passer. Son regard se posa sur une jarre à l'entrée du tunnel. Elle contenait cinq flèches. "Je suis vraiment le roi des idiots ! Ça brûle, une flèche. Il suffit de l'allumer et de tirer assez vite et assez précisément pour les allumer en une fois." Evidement, c'était plus facile à dire qu'à faire. Les flèches prenaient très bien le feu, mais pour tirer sur les flambeaux, c'était une autre histoire. La présence de la grille ne facilitait pas les choses. Après six essais, Link finit par trouver une ligne de mire parfaite. Sa flèche frôla les flambeaux de la première partie du couloir en les allumant, passa à travers les barreaux et alluma les flambeaux suivants. Elle termina sa course en tranchant une corde, laquelle libéra un mécanisme qui fit tomber la grille. Le couloir illuminé possédait les mêmes décorations que les premières pièces. Le garçon se dit en lui-même : "Quand je pense que la dame blanche disait que le système de sécurité serait simple à déjouer..." A quoi donc ressembleraient les autres sanctuaires ? Rempli de doutes, il continua son chemin. Le couloir tournait, descendait et s'agrandissait. Il était également rempli de créatures que l'on n'aime pas rencontrer au coin de la rue et que Link élimina sans trop de mal. Il arriva devant deux portes. Il choisit celle de droite. Elle donnait sur une petite pièce éclairée par deux flambeaux. Elle contenait un coffre que le garçon s'empressa d'ouvrir. Il contenait la carte du donjon, à la grande joie du jeune homme. Il sortit et prit l'autre porte. Il consulta sa carte. Il allait revenir dans le grand puits, mais à son niveau le plus bas. Il passa la porte et contempla la formidable ville de bois et de corde suspendue au-dessus de sa tête. Il se souvenait que plusieurs d'entre elles avait un mécanisme commun qui fonctionnait comme un ascenseur et se trouvaient de l'autre côté de la pièce. Il lui faudrait d'abord traverser un pont de bois en très mauvais état. Il n'était pas à exclure qu'il s'écroulerait dès que le garçon passerait dessus. Link respira un grand coup et s'élança sur le pont. Effectivement, ses pas étaient accompagnés de grincements et de cordes qui cassent. Il ne voulait pas savoir ce qui se passait, il continua à courir. Ce ne fut que lorsqu'il atteint l'extrémité du pont et un sol dur qu'il se retourna. Aucune planche n'avait résisté. Des cordes et les morceaux de bois pendaient misérablement dans le vide. Il n'entendait pas le bruit d'objets qui se fracassent contre le sol. Il n'osa pas imaginer le temps qu'il aurait mis à tomber dans le vide s'il n'avait pas été assez rapide. Il examina l'endroit où il était arrivé. Il y avait un grand échafaudage en bois parcouru par un grand nombre d'échelles. Il constata également que l'ascenseur se trouvait à l'intérieur. Celui-ci était malheureusement inaccessible de l'extérieur. N'ayant pas d'autre chemin à suivre puisque le pont avait disparu, il s'engagea sur le parcours d'échelles. Arrivé en haut de l'échafaudage, il ne vit pas d'autre chemin qu'un parcours de plates-formes retenues au plafond par des cordes. Le jeune pria pour que cela ne soit pas une fois de plus un parcours piégé. Il prit une grande inspiration et sauta sur la planche la plus proche de lui. Il ne se passa rien. Le parcours n'était pas piégé. Il devait juste sauter correctement. Il sauta de plate-forme en plate-forme jusqu'au milieu de la pièce. Là, il découvrit deux chemins possibles, enfin... D'un côté, le même genre de plates-formes qui le conduisaient à un sol dur et à une porte, de l'autre côté, une autre série de plates-formes (mais mouvantes) le menait à un renfoncement dans la paroi et à un coffre. Le garçon était perplexe. Devait-il se risquer sur le parcours compliqué ? Et s'il ratait quelque chose d'important ? Après une longe réflexion, il décida de prendre le risque et, après avoir savamment calculé son coup, s'engagea sur le parcours. Son expédition lui mérita une boussole. Comme celle du sanctuaire de pierre, elle lui indiquait l'emplacement des coffres et sa propre position. Il la mit en poche et retourna sur ses pas. Il sauta machinalement, sans réaliser que la planche s'en allait. En arrivant dessus, il perdit l'équilibre... et tomba dans le vide. Il ferma les yeux, terrifié, se maudissant d'avoir été aussi distrait. Tout était fini, il plongeait dans un abîme qui allait l'engloutir, lui et sa mission.
Il lui sembla qu'une éternité s'était écoulée, et il n'avait toujours rien touché. Allait-il tomber éternellement ? Par curiosité, il ouvrit les yeux. Il vit des dalles de pierre, tout un chemin de pierre. Il était allongé sur un des rares chemins solides du grand puits. Il se redressa, étonné. Il avait atterri au niveau le plus bas de la salle. Devant lui se trouvait le vieux pont branlant, intact. Avait-il rêvé ? Comment avait-il pu revenir à cet endroit, sans rien sentir ? Et comment le pont qu'il avait vu à l'état d'épave avait-il pu être réparé ? Il glissa la main dans sa poche et y trouva la boussole. Ce n'était donc pas un rêve. Mais comment donc était-ce possible ? Il resta plusieurs minutes, perplexe, à réfléchir à ce qui venait de lui arriver. Ne trouvant aucune explication qui pouvait lui convenir, il décida de continuer son périple, se disant que ce genre de phénomène pourrait peut-être encore lui sauver la vie. Il retraversa le pont instable et ré-escalada la tour de l'ascenseur. En haut, comme il n'avait plus de boussole à aller chercher, il suivit le parcours simple et arriva sans problème à la porte. La salle suivante avait une forme particulière. Pas un des huit murs n'avait la même apparence. De grands blocs noirs étaient encastrés dedans, alors que d'autres étaient visiblement constitués de roche des sables. Malheureusement, il n'y avait pas la moindre trace de rayon de soleil. Il devrait s'occuper de la roche plus tard. Il s'approcha d'un des blocs et le tira. Pendant qu'il menait cette opération, il constata qu'un "chemin" avait été préparé pour le gigantesque cube. Il était impossible de l'en faire sortir. Le garçon poussa donc le bloc de pierre le long du chemin, se disant que si ce chemin conduisait quelque part, c'était certainement à un endroit où le volumineux objet avait une utilité. Effectivement, après avoir traversé la moitié de la pièce, il sentit le bloc s'enfoncer légèrement dans le sol. Un étrange mécanisme se déclencha pour ouvrir une grande lucarne à travers laquelle passait un grand rayon de soleil. Ce rayon se dirigea tout droit sur un des murs composés de roche de sable. Au bout de quelques secondes, une grande partie du mur se désintégra, laissant le passage à un couloir. Au fond de celui-ci se trouvait un grand miroir semblable à celui que Link avait vu au sanctuaire de pierre. L'elfe avait tout de suite compris l'usage qu'il devait en faire. Il le tira jusqu'à ce que le rayon de soleil se réfléchisse sur la surface polie. La lumière fut renvoyée sur le mur à l'opposé de la pièce. Ce mur n'était pas composé de la roche sensible à la lumière et il ne se passa rien. Pourtant, il y en avait, des murs construits dans cette matière. Ils étaient juste hors de portée du rayon. Le garçon se dit en lui-même qu'il lui fallait malgré tout trouver un moyen de courber le rayon, sans quoi rien ne changerait dans la salle. Il observa le miroir avec méticulosité et découvrit que la partie supérieure, celle où se trouvait la surface réfléchissante, était mobile. Link n'eut aucun mal à orienter la lumière sur tous les murs sensibles aux rayons. L'un des murs cachait un autre miroir, les autres, des coffres. Link récupéra ainsi plusieurs rubis de couleur rouge. Une fois sa tournée terminée, il sortit sa carte et sa boussole. Il y avait visiblement une sortie qu'il ne voyait pas. Il leva les yeux. La pièce continuait, mais à quelques mètres au-dessus de lui. Il n'avait aucune chance de l'atteindre. Il devait passer par un autre côté. Il s'apprêtait à repartir quand il aperçut une étrange sculpture au-dessus du premier mur qu'il avait détruit. Elle ressemblait à un soleil. Et si... Le garçon déplaça le deuxième miroir de façon à ce que le rayon de soleil se reflète sur la paroi lisse. Ensuite, il orienta la lumière sur la statue. Celle-ci prit immédiatement une couleur vive et dorée et s'illumina. Elle éclairait à présent la pièce dans son entièreté. Il y eut un étrange bruit. L'elfe leva les yeux pour voir une partie de la plate-forme inaccessible tomber en poussière, révélant un escalier. Hélas, il était encore inaccessible. Le jeune homme devait trouver une échelle de substitution pour pouvoir l'atteindre. Son regard fit le tour de la salle. Il constata deux autres blocs. L'un d'eux se trouvait juste en dessous de l'escalier et était trop haut pour être tiré. L'autre se trouvait encastré dans le bas du deuxième mur à droite. Il comprit immédiatement ce qu'il avait à faire. Il tira le bloc juste en dessous de l'escalier. Ensuite, il monta dessus et fit sortir l'autre bloc. Après cela, il atteint enfin la plate-forme. Il y trouva plusieurs jarres contenant des coeurs et des flèches. Un tel ravitaillement ne lui disait rien qui vaille. Enfin... la boussole lui indiquait un trésor dans la salle suivante. Il aurait probablement à le mériter. Il prit une grande inspiration et poussa la porte. Il arriva dans une pièce dont le sol était constitué de sable. Le garçon se rappela alors que dans la dernière pièce à avoir cette particularité, des vers géants s'étaient jetés sur lui. Il n'eut pas le temps de faire demi-tour. Une grande herse s'était abaissée sur la porte qu'il venait de franchir. Il sortit son épée, guettant le moindre remous dans les sables. Effectivement, trois trous ne tardèrent pas à se former près de lui. Il fit un bond de côté pour éviter un des monstres et constata avec effroi que deux autres bestioles faisaient leur apparition. Il devait courir et sauter de tous côtés pour éviter les créatures visiblement affamées. En quelques secondes, il réalisa qu'il avait pas moins de huit vers des sables à ses trousses. Il lui fallut tout son courage et toute sa ténacité pour les anéantir une à une. Et le pire était qu'elles mordaient bien. Heureusement pour lui, chaque bête vaincue abandonnait un petit coeur, lui permettant de retrouver des forces. Après un combat acharné, il porta enfin le coup fatal au dernier de ses assaillants et s'effondra sur le sol. Alors qu'il fermait les yeux pour se reposer, une étrange lumière se mit à briller au centre de la salle. Il se redressa et remarqua qu'une stèle avait fait son apparition. Il s'en approcha péniblement et lut l'inscription qui y était écrite :
"Voyageur téméraire, tu viens de prouver ta détermination et ton courage. Moi, Boru, Gardien du sanctuaire des sables, considère que tu es capable de détruire le démon qui hante ces lieux et me retient prisonnier. Je ne peux pas t'être d'une grande aide, mais peux t'apporter plusieurs conseils. La créature ne supporte pas la lumière du soleil, c'est pourquoi elle s'arrange pour la faire disparaître. Je peux t'apprendre à la faire revenir. En dessous de mes sages paroles se trouve la partition du chant du soleil. Joue l'air pour invoquer le jour ou la nuit."
Le garçon poussa un soupir. Le trésor était une musique et des conseils ! Il sortit sa flûte pour suivre la partition qui était gravée au bas de la stèle. L'air était léger et joyeux comme un matin. Après l'avoir joué correctement plusieurs fois, il s'allongea sur le sable et s'endormit. Après tout, il devait bien être plus de minuit et il ne s'était pas reposé depuis longtemps. Il avait besoin d'un peu de repos et de récupération. Il dormit plusieurs heures puis prit la porte suivante. C'était un autre grand puits, mais avec un escalier raide et étroit qui descendait en faisant le tour de la salle. Au centre, il y avait un puits sans fond. Le garçon nota que la porte du bas était fermée par des barreaux et qu'il lui fallait donc trouver le mécanisme pour les baisser. La question fut vite résolue car un interrupteur se trouvait près de l'aventurier. Il l'activa, mais vit que son action avait, en plus d'avoir ouvert la porte, transformé les escaliers en un gigantesque toboggan qui pouvait l'expédier à la moindre erreur dans le trou béant. Il se lança quand même et, après de grandes sueurs froides, arriva indemne en bas. Il constata qu'un coffre l'attendait près de la sortie. Celui-ci contenait un rouage de cuivre. Il servirait certainement à faire fonctionner une machine. Après cela, il franchit la porte pour se retrouver dans la cage d'ascenseur qu'il avait escaladée précédemment. Il visita chacun des étages, pour tomber à chaque fois sur des coffres contenant d'autres rouages. Le dernier étage était toutefois différent. Il s'aventura dans un long couloir peuplé de chauves-souris et de moblins qui lui causèrent peu de soucis. Au bout de la pièce se trouvait une machine défectueuse, prête à recevoir les rouages collectés. Après avoir réparé l'appareil, Link actionna le levier. Un formidable grondement se fit entendre, comme si tout un sol se dérobait. Inquiet, le garçon bondit dans la salle suivante mais fut immédiatement rassuré. Rien ne semblait avoir été détruit. En observant la pièce, il constata qu'il était arrivé dans la deuxième salle du temple, celle où il avait affronté les deux vers géants. Il reconnaissait le chemin de pierre et l'échelle à l'autre bout de la salle. Le sable avait juste descendu d'un niveau. A l'autre bout de la pièce se trouvait une grande porte dorée et, devant elle, une multitude de jarres contenant en grande partie de quoi le ravitailler. Dans l'une d'elles dormait une fée que Link enferma délicatement dans son flacon. Quelque chose lui disait qu'elle allait lui être d'un grand secours. En effet, la carte indiquait qu'il venait d'arriver à son épreuve finale. Comme l'atmosphère du sanctuaire commençait à fatiguer le jeune homme, il se décida à en finir le plus vite possible et franchit la porte.
Chapitre 13 : Insecte géant et nouvel ami 
Il entra dans une vaste arène plongée dans l'obscurité et où tout était silencieux. Rien ne bougeait. Pourtant, un bruit étrange vint troubler le silence. Notre héros regarda partout et, à un nouveau bruit, leva les yeux vers le plafond. Quelque chose bougeait effectivement, il voyait quelque chose dissimuler les étoiles et changer sans cesse de place. Le jeune garçon ne comprenait rien à ce manège. Alors il se rappela l'inscription laissée par Boru. Et si la créature essayait de chasser la lumière des étoiles ? A cet instant, l'animal, s'étant sans doute rendu compte de la présence d'un visiteur, se laissa tomber sur le sol. A la lumière de la lune, Link reconnut une fourmi gigantesque dont le corps était recouvert d'une carapace invulnérable garnie de piques. A la façon dont la bête le regardait, le héros en herbe comprit qu'elle avait faim, très faim. Elle s'élança vers son dîner qui n'eut pas d'autres choix que de battre en retraite. Elle ne se déplaçait pas particulièrement vite, mais Link savait qu'un assaut frontal serait suicidaire. Il fallait qu'il trouve son point faible. A nouveau, il se souvint des conseils du gardien. Puisque le toit était ouvert, le monstre était parfaitement exposé à la lumière du jour. Le garçon, tout en courant, sortit sa flûte, s'arrêta loin du monstre et joua l'air appris quelques heures plus tôt. Le soleil vint immédiatement remplacer la lune. La fourmi s'arrêta brusquement, comme paralysée. La carapace noire et luisante devenait brune, puis ocre, avant de tomber en miettes. La bestiole exhibait à présent un corps mou. Link tenta de l'abattre avec des flèches, mais son corps était encore trop résistant, il allait devoir l'affronter à l'épée. La bête effrayée se mit à courir dans tous les sens. Le garçon constata vite que le jour ne durait pas, il passait déjà au rose. Il lui fallait achever le monstre le plus vite possible. Il fonça sur la bête et se plaqua au sol au moment où la bête allait le happer. Etonnée d'avoir perdu son dîner de vue, la fourmi s'arrêta. Link, qui se trouvait sous son corps, en profita pour planter son épée dans le gros ventre qui se trouvait au-dessus de lui. La bête hurla et s'effondra, manquant d'écraser le jeune homme. Il fit une roulade pour s'échapper, mais resta coincé sous l'énorme poids du corps. Impossible de s'en dégager. Il était sur le point d'étouffer lorsqu'il sentit la masse se soulever et une main l'agripper. Boru, en chair et en os, le tirait d'en dessous du cadavre. Le chevalier Marsias était en train de s'acharner à maintenir le cadavre en l'air.
- Bravo, mec, dit le gardien ! Euh... enfin, je veux dire... Link !
- Pas mal, en effet, ajouta le chevalier qui reprenait son souffle.
Link n'en revenait toujours pas.
- Mais comment se fait-il que...
- Que nous soyons là ?
- Je veux dire que vous, Boru, étiez pétrifié dans mes souvenirs.
- Tu viens de terrasser la créature qui maintenait cette malédiction. Dès que la vie l'a quitté, elle m'est revenue. A mon réveil, je suis tombé sur Sir Marsias qui m'a tout raconté. Comme tu ne revenais pas, nous sommes venus t'aider.
Leur discussion fut interrompue par un phénomène étrange. Le corps de la fourmi géante prenait une couleur ocre claire, puis se réduisit en cendres. Au milieu de toute la saleté, se trouvait un coeur en cristal, comme celui qu'il avait reçu du chevalier deux jours auparavant. Boru conseilla au jeune homme victorieux de le ramasser en guise de récompense. Après cela, il les invita tous les deux à se reposer dans ses appartements. Ils prirent un excellent repas et passèrent une bonne partie de la soirée à parler des événements. Boru avait besoin d'être mis au courant de tout ce qui s'était passé au royaume depuis qu'il avait été pétrifié. Ce gardien se révélait être un garçon joyeux et énergique, ce que Link appréciait beaucoup. Les deux garçons s'entendaient très bien. Le gardien lui expliqua que dans le passé, Link lui avait rendu un grand service en libérant le désert d'une autre terrible créature et que, depuis, ils étaient devenus des frères de sang. Cette nouvelle perturba l'elfe. Il se retrouvait à nouveau dans une situation qui lui échappait, faute de souvenirs. Pour changer de sujet, Link l'interrogea à propos de l'étrange phénomène dans le puits, où après avoir basculé dans le vide, il s'était retrouvé à son point de départ.
- Enfin, tu ne crois quand même pas que les dieux vont laisser leur élu finir de cette façon ? Tu as un rôle important à jouer dans l'équilibre du monde. Ils seront toujours là pour te sauver. Je suis prêt à parier qu'ils étaient aussi là pour t'empêcher de te tuer lorsque tu es tombé de la falaise à la forteresse des nuages.
Le souvenir de cette chute mit Link mal à l'aise. Pour éviter d'en reparler, il annonça à son ami qu'il avait besoin de repos.
- Il faut qu'on parte. Tu comprends... Toi, tu es libre, mais sans les autres gardiens, on ne peut pas s'attaquer à ce maudit sorcier.
- C'est logique. Va dormir. Je vais préparer votre départ. Au fait, quelle est votre prochaine destination ?
L'elfe se rappela la montagne solitaire qu'il avait vue en chemin. Cela devait être à quelques heures de cheval.
- Nous allons nous rendre au sanctuaire de lave.
Chapitre 14 : Au plus profond des ténèbres 
Citadelle des nuages, orage permanent
La lumière des éclairs et quelques brasiers sont l'unique source de lumière dans ce qui fut une des 6 merveilles du monde. Le nouveau propriétaire ne se sent pas particulièrement concerné par l'entretien des lieux. L'odeur de la mort et des détritus s'imprègne dans chaque pierre, chaque molécule d'air. Les statues si raffinées, témoins d'un art oublié, ont cédé leur place aux représentations du seigneur des ténèbres.
Le nouveau maître d'Hyrule est assis confortablement sur son trône et d'immondes créatures rampent à ses pieds. Près de lui se tiennent des humains et des elfes dans de magnifiques armures. Ce sont les "mercenaires", comme on les nomme dans l'armée. Ce sont des hommes habiles, de grands magiciens, qui ont choisi de servir Ganondorf et les ténèbres. On raconte qu'à eux-seuls, ils peuvent défaire toute une armée. C'est l'élite de l'élite, les favoris du maître.
Un à un, les serviteurs du grand sorcier se retirent. Il a demandé à être un peu seul. Au bout de dix minutes, les "mercenaires" se retirent à leur tour. Le grand maître se déplace alors vers le balcon, pour profiter de la tempête. Quelques minutes plus tard, une femme le rejoint. Elle se nomme Djingreï. C'est la plus efficace et la plus fidèle de toutes les créatures qu'il ait jamais eues à son service. Il faut dire que Djingreï est une humaine des plus particulières. Elle possède un pouvoir qui lui permet d'entrer dans l'esprit de n'importe quelle créature, pourvu qu'il soit digne d'être appelé esprit, et y fait naître toutes les émotions et sensations possibles et imaginables. C'est ce pouvoir qui lui a permis de capturer et de contrôler la "demoiselle" quelques mois auparavant. Et c'est grâce à ce même talent qu'elle s'est vue confier la tâche de veiller au plus précieux trésor du grand sorcier : Leïa et la Triforce.
Elle s'approche donc du sorcier.
- Maître, il est temps que je vous parle de votre "invitée".
- Tant qu'elle ne cherche pas à s'enfuir, il est inutile de m'en parler.
- Ce n'est pas qu'elle cherche à s'enfuir, mais si vous n'agissez pas, vous allez la perdre. Là où elle va disparaître, je ne pourrai pas aller la chercher.
- Qu'est-ce que tu insinues ?
- Le mieux est que vous le constatiez par vous-même, maître.
Elle l'emmène au sommet d'une tour, où une étrange demeure avait été érigée. Toutes les fenêtres sans exception sont recouvertes de toiles aux couleurs de la nuit. Le bâtiment semble très petit de l'extérieur, mais quand les deux sinistres individus y entrent, ils se trouvent dans une haute et vaste pièce. Rien de nouveau pour Ganondorf. Il sait que l'habitante de ces lieux a construit un véritable monde dans la pièce où elle est confinée. Elle s'est créé un manoir sur un piton rocheux au milieu d'un océan, balayé par des tempêtes incessantes. Elle dit que ça lui rappelle son île.
Aujourd'hui, il n'y a pourtant ni vent, ni orage, seulement de la pluie et une profonde obscurité. De très faibles lueurs bleues éclairent les murs. La femme télépathe guide son maître dans les hauts et silencieux couloirs. Ils arrivent dans une pièce à la vue imprenable sur la mer. L'homme remarque tout de suite une odeur désagréable. Il regarde à ses pieds. Il réalise qu'il est en train de marcher dans de vastes flaques de vin. Il doit y avoir trois ou quatre bouteilles brisées, et une dizaine de verres qui jonchent le sol. Devant la grande fenêtre, il y a un large sofa, et une jeune fille allongée. Elle ne bouge pas à leur approche et ne répond pas à leurs appels. Pourtant, elle a les yeux grands ouverts.
Le seigneur des ténèbres l'examine et doit admettre qu'il a du mal à reconnaître la belle et féroce demoiselle qu'il avait rencontrée quelques mois auparavant. Ses yeux sont aussi rouges que le vin et son regard plus vide que les bouteilles traînant dans la pièce. Elle a certainement dû beaucoup pleurer pendant la journée. Il réalise aussi à quel point elle a grossi et ses longs vêtements noirs sont mal entretenus.
Après, il constate à quel point l'atmosphère des lieux a changé. Aux premiers jours de sa captivité, la gardienne de la Triforce s'était contentée d'installer un univers macabre, dans des décors noirs, un éclairage naturel d'orage et une musique de fond réalisée à l'orgue. Il aimait bien cette ambiance là. A présent, tout est vide et silencieux. On entend juste la pluie ruisseler sur les vitres. Il comprend que la prisonnière passe ses journées devant la fenêtre dans cet état comateux.
Il ne met pas longtemps à admettre que la fille a sombré dans le désespoir, est saoule, sûremen |