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La Rose de Feu

Ecrit par The Magic Knight

Il s'éveilla enfin. Ses sens lui revenaient peu à peu. Il sentait... de l'herbe autour de lui. Il était allongé dans de l'herbe humide. C'était le matin... Une vive lumière lui parvenait au travers de ses paupières fermées. La lumière du soleil... Il n'aimait pas le soleil. Il aimait vivre la nuit, ou quand les nuages couvraient le ciel...
Il ouvrit les yeux, et s'assit. Il était au beau milieu d'une plaine dans laquelle un grand évènement avait eu lieu. Plusieurs, même... Il sentait d'intenses combats passés. Et... quelque chose qui en subsistait.
Il regarda aux alentours. Quelque chose brillait sur le sol, à quelques pas de lui. Il se leva, et se dirigea vers cet objet inconnu, comme une pie se jette sur quelque chose qui brille. Un fragment de métal... Il en émanait une force maléfique. Parfait... Il le ramassa. Le fragment sembla lui demander de trouver ses semblables... pour reconstituer... une épée ? Il n'aimait pas manier les épées, mais celle-ci semblait posséder des pouvoirs qu'aucune autre n'avait.
Mais un autre objet était caché dans les environs. Il le vit : un magnifique diadème argenté. Quand il le ramassa, il en émana une énergie fulgurante. Du pouvoir à l'état brut.
Il alla le mettre sur sa tête, mais se ravisa : le dernier chapeau magique qu'il avait porté lui avait attiré plus d'ennuis qu'autre chose, puisqu'il s'était fait détruire... Mais étant devenu un puissant sorcier, son âme s'était échappée des enfers et avait reconstitué un corps capable de marcher à nouveau sur Terre. Mais cette manoeuvre avait affaibli ses pouvoirs. Il devait s'en procurer de nouveaux...
Eh bien, ce diadème et ce fragment maléfique lui en confèreraient à nouveau ! Il serait le maître sur ces terres, ou bien sur d'autres, s'il s'avérait que ce serait impossible ici... Il existait beaucoup de monde, et ce n'étaient pas les passages qui manquaient. Il allait devenir un dieu vivant.
Place à Vaati, le Maître Mage de l'Univers !

Sarah posa un genou à terre. Elle était exténuée.
"Sensei... Je suis crevée... La séance est bientôt finie ?
- Elle est finie, oui. Tu n'arriveras pas à être plus productive aujourd'hui, de toute façon. Allez, rentre chez toi."
La jeune fille ne se le fit pas dire deux fois : elle se leva, prit son matériel, et quitta la salle d'entraînement de la maison de son maître d'armes. En dix minutes, elle fut chez elle, comme à chaque fois qu'elle revenait de sa séance d'entraînement, toutes les semaines depuis dix ans. Elle était très douée au maniement des armes... Mais ces derniers temps, elle avait vécu une aventure éprouvante au cours de laquelle elle avait perdu ses deux meilleurs amis... Elle perdait le goût de vivre, elle qui était si joyeuse et souriante auparavant.
Elle jeta son sac sur son lit, et s'y affala elle-même. Elle repensa à tous ces évènements, survenus deux mois plus tôt... Ç'avait été une aventure certes excitante, mais la fin l'avait été beaucoup moins... Sofia tuée par cette kunoichi retorse, et Léo par cette ordure de Raphaël Sorel... Mais Sorel avait été tué. Ç'avait été ce que Sarah aimait appeler un "double K.O".
Et parfois elle aurait aimé avoir été mise K.O, elle aussi... Elle se sentait si seule... Pourquoi eux, et pas elle ? C'était pas juste ! Elle versa une larme. Son deuil était interminable. Elle n'avait jamais eu personne à part eux... Et son Sensei bien sûr, mais c'était différent...
Elle regarda la photo de Sofia et Léo dans le cadre sur sa table de nuit. Qu'ils étaient beaux tous les deux... Ils n'avaient guère eu le temps de s'aimer... Une autre larme roula sur sa joue.
Elle se leva et se dirigea vers la salle de bains. Un bon bain chaud lui ferait du bien... Il y avait une grande baignoire chez elle, autant en profiter. Elle fit couler l'eau et se déshabilla. Heureusement que sa tenue de combat était tout ce qu'il y avait de plus léger, elle transpirait beaucoup ! Elle se glissa dans l'eau et attendit que le bain soit rempli. Elle activa le mode bulles sur la télécommande fixée au mur. Ça faisait un bien fou... Elle s'endormait presque... Mais il lui manquait des bras pour la serrer fort, très fort. Manque de tendresse ambiant. Nouvelle larme versée. Tout cela ne serait-il pas plus simple, seulement en... s'immergeant entièrement dans l'eau ? Pour toujours ?
Elle se laissa glisser d'un centimètre. Là-dedans ça ne pouvait être qu'agréable, ce n'était pas un fleuve glacé... Un autre centimètre. Elle les rejoindrait... Ils seraient heureux, tous les trois... Encore un centimètre... Jusqu'au menton... Elle leva lentement la main et coupa les bulles. Désagréable. Jusqu'à la lèvre inférieure... Il y avait beaucoup de place dans cette baignoire... On peut s'y allonger entièrement au fond, même pour quelqu'un de grand. Et elle n'était pas grande. Jusqu'au bas du nez... Un remous sur son visage lors de son mouvement. Elle respirait lentement. Elle ne respirerait bientôt plus du tout, de toute façon. Un mouvement involontaire la fit glisser un peu plus, son nez était totalement dans l'eau.
Elle faillit se redresser, par réflexe, mais se ravisa : ce n'était pas le but... Dans quelques minutes... De longues minutes, puisque son entraînement lui permettait de rester longtemps sous l'eau. Mais ce serait rapide...
Une minute passa, Sarah ne bougea pas. Elle se sentait bizarre... Pas désagréable, au contraire... Comme le sommeil, qui vient plus rapidement que d'habitude... Elle aurait seulement voulu quelques caresses tendres avant de partir... Deux minutes. Elle avait l'impression d'avoir fumé quelque substance illicite. Mais plus le temps passait, plus la sensation était agréable. Trois minutes... Ses forces semblaient la quitter... Elle n'en était pas sûre, puisqu'elle n'en avait plus besoin. Quatre minutes... Elle se sentait flotter, comme sur un nuage...
La fin était toute proche...
"Sarah !"
La jeune fille se redressa aussitôt, haletante, dans un mouvement de surprise. Par réflexe, elle cacha ses seins. Mais il n'y avait personne. C'était sa mère qui l'avait appelée du rez-de-chaussée de la maison.
"Quoi ?
- Tu es dans la salle de bains ?
- Ouais... pourquoi ?
- Dépêche-toi un peu, chérie, j'aurais besoin d'y aller.
- Ouais, ouais..."
Elle sortit de l'eau, toujours haletante, et prit une serviette.
"Et merde..."
Elle s'essuya rapidement les cheveux, enroula la serviette autour d'elle, et alla dans sa chambre.
Sauvée ? Ou à nouveau condamnée ? De toute façon, elle n'oserait plus le faire. On lui disait souvent : "tu es belle jeune et intelligente, tu as la vie devant toi !" Mais parfois, elle avait beaucoup de mal à y croire. Belle, peut-être... La beauté était une question de point de vue, mais comme on le lui répétait souvent... Jeune, eh bien elle avait dix-sept ans, et comme le disait un célèbre poète de la même nationalité qu'elle : "on est pas sérieux quand on a dix-sept ans". Intelligente... Bonne question, ça ! On lui disait ça à cause de ses notes à l'école. Et qu'est-ce qu'elle pouvait bien en avoir à faire de l'école, en ce moment ? Il n'y avait que des boulets dans son lycée... Aussi bien chez les élèves que chez les profs ! Et après ce qu'elle avait vécu, qu'en avait-elle à faire de la fonction exponentielle, ou de la Guerre Froide ?
Elle voulait repartir à l'aventure. C'était ce qui l'empêcherait de sombrer. Vivre dans l'action... C'était ce qu'il lui fallait ! Mais que pouvait-elle faire dans ce monde pour cela ? Rien. Il n'y avait rien ici lui permettant de vivre sa vie comme elle l'entendait.
Elle prit son sèche-cheveux et le brancha. Elle n'aimait pas avoir les cheveux mouillés en dehors de la salle de bains. Il fallait qu'elle tente quelque chose.
Elle ouvrit son armoire et y prit une jupe rouge descendant en dessous des genoux, ainsi qu'un chemisier à manches courtes. Elle enfila ses bottines rouges et sortit, se dirigeant vers la maison de son maître d'armes. Ce dernier était dans son jardin en train de s'entraîner à son tour. Il utilisait des techniques étranges que Sarah n'avait vues que lors de son escapade dans des royaumes où régnait la magie.
Quand elle entra, il s'arrêta, et sans se retourner, lui dit :
"Quelque chose te tracasse, mon enfant ?
- Oui. Je... Comment retourner au Royaume du Feu ?"
Mitsurugi se retourna et la dévisagea. Il avait un air grave sur le visage.
"Tu veux y retourner... Mais pour y faire quoi ?
- Vivre ma vie. Sans action, je m'ennuie, après tout ce qui s'est passé...
- Je vois. Pourtant ce que tu as construit est ici, et tu ne pourras pas l'emmener. Ta famille, tes amis...
- Ma mère se débrouillera très bien sans moi, tout comme vous. Quant à mes amis... Ils s'appelaient Sofia et Léo, vous vous souvenez ? Et ils ne sont pas ici.
- Si tu pars, ce ne sera sûrement pas sans moi ! Tu ne connais pas ce monde, il y a énormément de différence entre ici et là-bas. Des dangers que tu n'imagines même pas ! Et les derniers que tu y as affrontés étaient ceux envoyés par nos ennemis, à présent disparus à jamais. Léo a tué Sorel, et tu as détruit la Soul Edge."
Il lui avait dit cela en lui lançant un regard dur comme de la pierre. Il rengaina son arme et s'avança vers elle. Elle soutint son regard pendant quelques secondes, puis baissa les yeux. Elle se risqua :
"Alors... pourrai-je partir ?
- Non. Je n'ai pas envie de te surveiller jour et nuit là-bas. L'endroit où je vis ne m'importe aucunement, mais ta vie oui, en revanche. Et je n'ai personne à qui te confier !
- Et Talim, Kilik et les autres ?
- Ils ont bien d'autres chats à fouetter ! Je ne pense pas que ta compagnie puisse leur être désagréable, mais le mal rôde encore dans les deux Royaumes. Aussi ils ne pourront pas te garder...
- Me garder ?! hurla-t-elle, perdant son sang froid. Je ne suis plus une enfant ! Et vous m'avez appris à me battre il me semble ! Je pourrais les aider ! J'ai même reçu une bénédiction de la Fée du Soleil !
- Et elle n'est plus active ! répondit Mitsurugi d'un ton autoritaire. Elle ne l'est plus depuis que tu es rentrée ici, où la magie n'est pas active.
- Quand bien même, je veux vivre là où est l'action ! Pas dans une société où tout ce que j'aurai à faire c'est consommer, me trouver un mari quelconque et faire des gosses ! D'ailleurs, je veux pas de gosse ! Mes seuls enfants sont Kali et Kira, mes sabres !"
Cette fois, elle ne flancha pas et soutint le regard de son maître d'armes. C'est lui qui baissa les yeux le premier.
"Ce qui est sûr, c'est que tu as une volonté de fer... Quand il s'agit de faire changer les choses pour les rendre plus mouvementées. Mais cela me fait plaisir que tu retrouves ton tempérament d'antan ! Tu devenais presque molle. Or, le style de combat que je t'enseigne est pour les jeunes filles vives d'esprit. Je l'ai même personnalisé pour toi... Mais il te reste beaucoup à apprendre, et surtout des techniques très utiles.
- Je ne demande que ça !
- Il va d'abord falloir t'évaluer. Je ne sais pas si tu as le niveau requis pour cela.
- Ah ! Mais j'ai passé ma dernière évaluation il y a une semaine... Ça veut dire que...
- Oui, qu'il va d'abord falloir t'entraîner. Les techniques qu'il te reste à apprendre ne sont que des versions plus puissantes que celles que tu connais déjà, et de celles que je vais t'apprendre d'ici ta prochaine évaluation. C'est d'ailleurs à ce stade que tu obtiendras le statut de Kunoichi. Pour l'instant, tu n'es qu'une disciple."
Sarah fronça les sourcils, mécontente.
"Cela ne veut pas dire que tu ne te débrouilles pas bien ! J'ai parlé de notre escapade dans les autres mondes, et de tout ce que tu avais fait aux membres du Collège des combattants.
- Qu'est-ce que c'est, ce Collège ?
- Une institution qui gère dans le monde entier les détenteurs et utilisateurs d'armes blanches, tels que nous. Ils délivrent les permis d'utilisation et enregistrent ceux qui deviennent maîtres d'armes ou disciples de ces maîtres.
- Je pensais que nous n'avions rien à voir avec une quelconque institution ! En fait je pensais que vous et vous seul décidiez de quand j'étais prête à passer une évaluation, vous qui m'aviez donné mon permis...
- Je t'ai fait passer ton permis. Mais c'est bel et bien moi qui décide quand tu dois passer une évaluation... ou presque. Le collège souhaite qu'il y ait toujours un délai minimal entre deux évaluations, et ce délai augmente au fur et à mesure que tu gagnes en niveaux. Tu es censée attendre neuf mois avant de pouvoir passer la prochaine. Réjouis-toi, car tu es celle qui as les délais les plus courts. La première évaluation de chaque élève détermine toujours ces délais en fonction du niveau qu'ils ont, de leur style de combat...
- Je ne peux pas attendre neuf mois ! Il faut que j'apprenne ces techniques sans tarder et que je parte !
- J'ai donc parlé à ce Collège, et ils sont d'accord pour que je décide seul de la date de ton évaluation, à la seule condition que tu dois être évaluée par un jury et non par moi. Normalement, je devais être à nouveau le seul à décider si tu pouvais devenir Kunoichi ou rester encore ma disciple, les niveaux les plus élevés ne devaient correspondre qu'à ceux qui voulaient aller plus loin.
- Parfait ! Comme ça ils verront ce que j'ai dans le ventre !
- C'était le but, dit Mitsurugi d'un air sérieux. Dans un mois, si tout va bien, je t'aurai appris les quelques techniques manquantes, alors tu pourras passer devant ce jury.
- Et en quoi consistera cette épreuve ? Dégommage de mannequin ?
- Non. Tu affronteras un autre candidat, qui lui aura plus d'expérience que toi. Bien sûr vous vous battrez avec des armes d'entraînement inoffensives. En revanche, tous les coups sont permis.
- Bon, comme ça je pourrai lui cogner dans les...
- Ah, j'oubliais encore une chose !
- Oui ?
- Il n'y a plus d'échelons de niveaux quand on n'est plus disciple. Cela veut dire que lors de ton évaluation, tu pourrais aussi bien affronter un jeune nia ou alors un autre maître d'armes. Crois-moi j'en connais qui sont à la limite de la cruauté. Ils n'hésiteraient pas à te démembrer, et ils en auraient les moyens.
- Pourtant vous êtes un des plus puissants, et je vous ai déjà battu en entraînement !
- Certes, mais crois-tu que j'y sois déjà allé avec toute ma puissance contre toi ? Mon but était de vérifier si tu étais capable d'utiliser certaines techniques, pas de te tuer. C'est pour cela qu'avant de passer ton évaluation, je devrai te tester moi-même.
- Pas de problème ! Bon, je vais rentrer chez moi, je suis un peu fatiguée... Je vous revois mercredi prochain !
- Oui, à mercredi, répondit Mitsurugi, souriant."
La jeune fille s'éloigna d'un pas vif et léger, son coeur l'étant tout autant. Quelques techniques à apprendre, et elle s'en irait !

Une pâle lumière traversa ses paupières clauses. La lune se levait, au dehors. Il allait en faire autant. Assez dormi. Il ouvrit ses yeux rouges aux pupilles félines, et posa son regard sur son trésor. Le diadème et le fragment d'épée étaient toujours là, personne n'était venu les lui prendre pendant son sommeil.
Il les prit, et se leva. Il devait en apprendre davantage sur ces objets avant de pouvoir en exploiter les pouvoirs. Ses connaissances de mage ne lui suffisaient pas. Il avait pu deviner que le diadème renfermait une énergie propre à la foudre, et liée à la lune. Quant au fragment métallique, il semblait vouloir lui parler, mais n'était pas assez puissant pour cela. Vaati avait seulement compris qu'il y en avait d'autres, et qu'il fallait reconstituer l'épée. Et l'épée saurait ce qu'était le diadème.
Il devait se mettre en quête de l'épée au plus tôt, tout de suite. Il retourna à l'endroit où il avait trouvé le premier fragment, puisque la caverne où il avait dormi était tout à côté. Il tenta de soutirer plus de force du fragment d'épée qu'il possédait afin de retrouver cette énergie ailleurs. Il regarda intensément son fragment, identifiait précisément la source, le pouvoir de la lame... Maléfique... Maudite... Oui... A quelques pas d'ici... Une chance, il ne pensait pas vraiment pouvoir en trouver un autre. Et pourtant... Il sourit.
Les deux fragments séparés n'avaient pas de forme définie, ils ressemblaient à deux cailloux bruts prélevés dans une carrière. Un éclair d'énergie passa entre eux, ils se rapprochèrent, et s'assemblèrent. Ils avaient à présent la forme d'un cylindre lisse aux extrémités pointues. Un oeil semblait gravé dessus. Et cet oeil semblait regarder Vaati en permanence.
"Trouve les autres... Tous les autres..."
Etait-ce son imagination, ou bien les deux fragments ensemble pouvaient lui parler ?
"C'est au programme... répondit le mage sournois."
Il y avait en tout vingt fragments, Vaati devait donc en chercher encore dix-huit. Il n'était pas encore très bien dirigé, mais il saurait reconnaitre l'énergie maléfique en passant à proximité.
Encore fallait-il y passer, à proximité... Il allait d'abord se renseigner. Quelqu'un avait peut-être d'autres fragments... La Citadelle d'Hyrule se trouvait non loin de là. Mais évidemment, il faisait nuit, et les humains dormaient, la nuit. Sauf quelques-uns. Certains préféraient la veille tardive dans une taverne mal famée plutôt que le confort de leur lit. Pourquoi ne pas aller boire un verre ? Il possédait quelques pierres précieuses, elles feraient l'affaire pour payer une chopine et ouvrir quelques bouches.
Arrivé en ville, Vaati se dirigea vers la rue Est, où se trouvaient les établissements les plus mal fréquentés. Il y trouverait certes une bonne majorité d'ivrognes, mais il pouvait aussi tomber sur une personne assez peu commune, qui en saurait beaucoup sur les éléments magiques qu'il possédait. Il trouva une auberge sale, le Cabot Boiteux. Pourquoi pas ici... Mais avant d'entrer, il devait changer de vêtements, sa robe et son chapeau de mage le rendaient trop indiscret. Il les changea en un manteau à capuchon noir, puis entra. Une odeur de sueur et de vin embaumait la salle commune, où des hommes buvaient, seuls ou en groupes, l'air joyeux ou triste.
Vaati s'assit à une table reculée, et le tavernier vint prendre sa commande.
"Qu'est-ce que ce sera ? demanda-t-il.
- Une chope de bière, répondit le mage noir en sortant une petite pierre de sa bourse."
Les yeux de l'homme brillèrent un court instant, puis il se reprit.
"Tout de suite, monsieur."
Il revint quelques instants plus tard avec la boisson, et demanda :
"Je peux faire quelque chose d'autre pour vous ? Désirez-vous une chambre ? Nous en avons de très confortables, malgré l'apparence de cette pièce, et...
- Que savez-vous de ceci ?"
Vaati l'avait coupé en lui montrant le fragment de métal maléfique. L'homme eut une expression de soudain malaise sur le visage.
"Je... Rien du tout... Mais ce machin-là ne m'inspire pas du tout confiance !
- Je me moque de ce qu'il vous fait ressentir. Je veux des informations dessus, rétorqua le mage en sortant de sa bourse une deuxième pierre précieuse, plus brillante que la précédente. Ou si vous connaissez quelqu'un susceptible de m'aider..."
Le tavernier s'assit en face de Vaati, se pencha en avant, et dit tout bas :
"Je ne sais rien sur cet objet, mais pas plus tard qu'hier soir, quelqu'un est venu ici avec un bout de métal dans le même genre. Il voulait aussi des informations dessus, mais lui n'avait pas de jolis cailloux, alors je l'ai prié de sortir...
- Qui est-ce ? A quoi ressemblait-il ? Savez-vous où il est allé ?
- Son nom, il ne me l'a pas dit, tout comme vous... Quant à son apparence... Eh bien, il ressemblait à un bretteur. Mais rien à voir avec le héros d'Hyrule, Link... Non, celui-là était plutôt du genre... ténébreux. Il était habillé en noir, avec une grande cape, et les cheveux noués en queue, d'une façon guerrière... Plutôt bruns, les cheveux. Et il avait une épée, aussi, qu'il portait de côté, sur sa gauche. Et quand il est parti... Il n'a pas laissé entendre sa destination."
Cela ne faisait pas une grande quantité d'informations, se dit le mage, mais tant pis. Il remercia le tavernier, se leva, et se dirigea vers la porte. Au moment de sortir, l'homme le rattrapa et lui dit :
"Un autre détail m'a frappé... Il ne m'a jamais regardé directement, sauf quand je lui ai demandé de partir... Son regard était alors... plutôt intimidant..."
L'Oeil de Peur ? S'il s'agissait bien de cette technique magique, Vaati pourrait peut-être retrouver cet homme plus facilement. Mais le combat serait aussi peut-être inévitable.
"Savez-vous où je pourrais acheter une épée ?
- Pour sûr ! Le meilleur forgeron de la ville, c'est Targas. Vous le trouverez dans la rue sud, près de la Taverne de Telma."
Vaati fit un signe de tête au tavernier, puis sortit. Targas... Il trouva la boutique assez rapidement, s'assit près du bâtiment, là où le forgeron avait déposé tout un tas de bricoles inutiles, puis utilisa un sort de dissimulation. On ne le voyait plus, à moins de savoir qu'il était ici, et de le regarder de près.
Il attendit jusqu'au matin, et à l'ouverture de la forge, il entra. Le forgeron, un homme grand et musclé, le salua.
"Bonjour. Vous cherchez quelque chose en particulier ?
- Je voudrais voir vos épées. Il m'en faut une légère, plutôt courte, et facilement maniable...
- Hm... Vous ne taperez pas fort avec ce type d'arme.
- Ce n'est pas mon but."
Le forgeron partit dans son arrière-boutique, et en ressortit ave une épée courte en acier. Il la tendit à Vaati, qui fit quelques mouvements avec.
"C'est parfait. Je la prends, dit-il en sortant trois pierres précieuses de sa bourse."
Le forgeron écarquilla les yeux, prit les pierres, et Vaati s'en alla, l'épée à la ceinture. Sa magie lui permettrait de l'enchanter pour la rendre beaucoup plus puissante. Il maîtrisait l'élément de l'air, et pourrait créer une lame de vent, bien plus tranchante qu'une lame en acier.
A présent, il fallait se mettre à la recherche de l'individu dont lui avait parlé le tavernier la veille. De noir vêtu... Maniant l'épée, et connaissant la magie... Vaati avait la certitude qu'il s'agissait là d'un Chevalier Noir. Et il possédait un fragment de l'épée... Ceci était une erreur. Il allait la rectifier.
Vaati n'aimait pas les Chevaliers Noirs. D'abord parce que ces guerriers de pacotille bâclaient la pratique de l'art magique, qui ne devrait être appris que par des sorciers dignes de ce nom, ensuite à cause de leur apprentissage d'origine, qui n'avait rien à voir avec la magie Sombre que lui pratiquait. Il se souvenait du livre qu'il avait lu à leur propos...

L'apparition des Chevaliers Noirs eut lieu en l'an 396 de la Deuxième Ere. Un jeune Paladin, lors d'une mission, se laissa abuser par un subterfuge d'un Mage noir. Il désobéit à l'un des Principes Divins, ce qui lui interdit l'utilisation de ses pouvoirs. Ayant abandonné toute vertu, il n'était plus armé que de son épée, qui, bien que magique, ne lui fut d'aucun secours face au Mage, qui le tua. Ou plutôt, il ne tua que son âme, et en introduisit une autre, noire, damnée, à l'intérieur de son corps. Le Mage réussit à retrouver les fondements de la magie des Paladins, et la copia, en la rendant maléfique. Ainsi naquit le premier Chevalier Noir, ou Paladin Déchu.

****

Il méditait. Comme à son habitude lorsqu'il revenait d'Hyrule. Les voyages inter-spatiaux étaient éprouvants, surtout lorsqu'on les effectuait si fréquemment... Il avait retrouvé un fragment de Soul Edge, l'épée maléfique buveuse d'âmes. Sa dernière destruction était récente, et avait eu lieu en Hyrule... C'était inquiétant, si elle allait d'un monde à un autre. Et si quelqu'un d'autre avait trouvé un ou plusieurs de ses fragments ? Entre de mauvaises mains, l'épée pourrait... Non, même entre de bonnes mains ! Si cette arme continuait de dévorer et d'asservir les âmes des meilleurs guerriers, les mondes courraient à leur perte. A leur destruction. La fin de toute vie, l'anéantissement total. Retour au néant. Il avait appris cela durant sa première formation. Sa formation de Paladin. Et il était d'accord avec eux : cela ne devait jamais arriver. Sans quoi Soul Edge deviendrait le seul être vivant existant. Si on pouvait la qualifier ainsi, mais faute de mieux...
Lyosen. C'était le nom de ce jeune homme. Il était devenu un Chevalier Noir, et ne servait que sa propre cause. Son séjour à l'Ordre des Paladins lui avait appris que s'il voulait bel et bien devenir fort, ce n'était pas pour servir la "justice", ou la "bonté", des valeurs particulièrement subjectives. D'ailleurs, les Paladins eux-mêmes semblaient avoir une vision bien étrange de la justice et de la bonté. Leur philosophie était suspecte à bien des égards.
Bien, il était l'heure. Il avait un examen à passer, pour enfin devenir maître d'armes lui-même. Le Collège l'avait formé, et avait décidé qu'il était temps d'évaluer ses capacités de combattant. Qui allait être son adversaire ? Un débutant qui allait paniquer, ou un guerrier confirmé ?
Lyosen esquissa un mouvement vers son épée, avant de se rappeler qu'on lui prêterait une fausse lame, pour qu'il ne tue pas son opposant. Soit, il devrait se contenter de le couvrir de bleus... Et puis, il pourrait toujours le tuer une autre fois.

****

Sarah n'était pas nerveuse. Elle était calme. Ou plutôt enjouée. Enfin ! Elle allait devenir Kunoichi ! Il était temps ! Elle avait maîtrisé à la perfection toutes les techniques que Mitsurugi lui avait enseignées. Que son adversaire prenne garde ! La Rose aux deux lames arrivait !
"Sarah, tu es prête ?
- Oh que oui, Sensei ! On y va ?
- Qu'est-ce que tu es pressée ! dit Mitsurugi en souriant. Oui, en voiture."
Et au bout d'une heure de trajet, la jeune fille bombardait son maître d'enfantins "on est arrivés, Sensei ?". Si elle était assidue lorsqu'on lui apprenait quelque chose, la patience n'était malheureusement pas dans ses vertus.
Finalement, vers treize heures, ils atteignirent le dojo où devait se dérouler l'examen. A l'accueil, une femme leur demanda leur identité : les formalités administratives commençaient ici... Puis l'élève et son maître atteignirent la salle d'entraînement (et d'examen). Sarah remarqua que les trois membres du jury étaient de toute évidence des combattants aguerris. La jeune fille se présenta devant leur bureau.
"Mademoiselle Sarah Vandeleur... Dix-sept ans... C'est jeune, pour passer un tel examen. Rares sont ceux qui l'ont réussi à votre âge. Vous sentez-vous prête ?
- Oui, je suis prête.
- Alors que son adversaire s'avance."
A l'autre bout de la pièce se tenait un jeune homme, à peine plus vieux qu'elle. Il s'approcha de l'aire de combat, une grande épée en bois à la main. Il ne laissait transparaître aucune émotion. Elle le trouva beau... Mais il ne semblait pas être un jeune homme de charmante compagnie ! Bah, peu importait, elle le battrait, et obtiendrait son diplôme...
On lui présenta un râtelier contre le mur où étaient disposées les armes mises à la disposition des candidats. Elle trouva deux sabres courts, en bois, puis s'avança en face du beau ténébreux.
"Les règles sont les suivantes. Il n'y a aucune limite de temps. Aucune arme personnelle n'est autorisée, mais vous pouvez à tout moment aller chercher ce dont vous avez besoin sur ce mur. Tous les coups sont permis, à moins qu'ils ne soient fatals à votre adversaire. La défaite ne signifie pas votre échec à l'examen, tout comme la victoire ne vous garantit rien. Nous seuls seront les juges qui décideront si vos compétences vous vaudront le titre de ninja. Saluez, puis commencez !"
Sarah regarda son adversaire dans les yeux, avant de s'incliner légèrement. Il fit de même, puis les deux combattants se placèrent sur le tamis. Alors le combat commença.
Sans attendre, le jeune homme fonça sur la jeune fille et esquissa un coup de taille vers le haut, qu'elle bloqua sans difficulté, avant de contre-attaquer en visant le bras droit de son adversaire. Malgré la rapidité de ses gestes, il esquiva avec une facilité déconcertante. Il tenta de la faire chuter d'un coup de pied, mais un saut en arrière rendit le geste futile. Il se rua alors sur elle en assénant un coup vertical, cette fois vers le bas. Elle bloqua l'épée de son adversaire entre ses deux lames, et ce fut l'épreuve de force pendant presque une minute, essayant de lui briser sa garde, elle tentant de le renverser pour contre-attaquer. Finalement, il fit un mouvement vers le côté pour se dégager, mais ne fut pas assez rapide pour lui donner un coup sur le bras ; elle se baissa avant de se jeter à corps perdu sur lui pour le renverser.
Malheureusement, sa corpulence de crevette ne fit que la rapprocher trop dangereusement du jeune homme, qui la fit tomber à plat dos. Elle esquiva de justesse un coup de pied dans l'estomac en roulant sur le côté, et se releva en gardant cette fois ses distances. Ses yeux plissés indiquaient qu'elle se concentrait pour chercher une faille dans sa garde, alors que le visage du jeune homme n'indiquait toujours rien. Il était fort, résistant, et rapide. Il pouvait la balayer comme un vulgaire insecte. Sa seule chance serait alors d'essayer de lui infliger le plus possible de bleus, mais encore fallait-il qu'elle puisse dépasser sa garde, ce qui n'était pas non plus une mince affaire !
Par la suite, elle tenta maintes fois de le feinter, ce qui n'eut guère de succès. Puis, alors qu'elle tenta un énième coup de taille horizontal, il frappa son arme de toutes ses forces, et le petit sabre vola en éclats. Surprise, elle ne réagit pas assez vite quand il s'empara de sa seconde arme, avant de la briser aussi. Désarmée ! Elle ne pouvait plus se défendre ! Il fit pleuvoir les coups sur sa pauvre adversaire, qu'elle sut tout de même esquiver avec brio. D'ailleurs, elle ne faisait pas qu'esquiver : chacun de ses mouvements la rapprochaient du mur où étaient disposées les armes. Elle saisit donc un katana à deux mains, para un coup, puis renversa la tendance. Le jeune ténébreux parait tous les coups qui lui arrivaient dessus, mais la détermination de Sarah ne faiblissait pas, et elle réussit à bloquer l'épée de son adversaire, et en esquissant un coup circulaire, à le désarmer. Elle n'avait plus qu'à frapper pour le soumettre ! Mais comme par magie, il disparut de son champ de vision. Il était derrière ! Mais trop tard, il avait saisi le bras de Sarah, lui prit son arme, la fit de nouveau tomber, posa un pied sur son ventre, et pointa la lame de bois vers sa gorge. Elle ne pouvait plus se défendre. C'était fini, elle avait perdu...
Elle remarqua alors que le regard du jeune homme avait changé. Il semblait avide de tuer ! Et il n'avait pas besoin d'une arme en acier, il lui suffirait de lui tordre le cou...
"Assez. Nous, juges et arbitres de cette rencontre, déclarons Lyosen Akabara vainqueur."
Le regard mauvais redevint neutre, et il laissa la jeune fille se relever. Les concurrents rangèrent leurs armes dans le râtelier, et se présentèrent à nouveau devant le bureau des juges.
"Veuillez patienter dans le hall, nous allons délibérer. M. Akabara, vous êtes venu en candidat libre. Mlle Vandeleur, votre maître d'armes Heishiro Mitsurugi vous a inscrite à cet examen, et va délibérer avec nous à votre sujet. Sa présence est d'autant plus requise que vous êtes un cas particulier. Jamais aucun élève n'a progressé aussi rapidement que vous."
Les deux concurrents se rendirent donc dans le hall. Lyosen s'assit sur l'une des chaises, rapidement rejoint par Sarah.
"Alors... Tu t'appelles Lyosen ? demanda-t-elle.
- Oui.
- C'est un beau nom ! Je me demande d'où il vient. Moi c'est Sarah, ça vient de...
- Tais-toi.
- Hé, mais je voulais juste discuter !
- Moi pas. Ta présence me dérange."
Il se leva, et quitta le hall. La jeune fille se demanda pourquoi les beaux ténébreux étaient toujours aussi stupides et asociaux. Et puis elle partit au vestiaire pour se rhabiller.
Tandis qu'elle était en sous-vêtements, il lui sembla entendre comme un bruit venant d'un casier inoccupé de l'autre côté du vestiaire. Elle était pourtant seule... Elle s'approcha dudit casier, tenta de regarder à l'intérieur par les fentes horizontales situées à la hauteur de ses yeux, et aperçut une paire d'yeux ! Elle poussa un "hé !" furieux, et un jeune garçon de treize ou quatorze ans sortit en trombe du casier, en renversant presque la jeune fille au passage. Elle lui courut après dans le couloir, en hurlant des "attends un peu !" ou "je t'aurai, toi !", tandis qu'elle le poursuivait... en sous-vêtements. Malheureusement, il courait vite, et sortit du dojo avant qu'elle n'ait pu lui mettre la main dessus. Elle se retourna, et vit Lyosen, qui la dévisageait.
"Euh... Tu n'as rien vu, OK ?
- En fait, je ne te trouve absolument pas intéressante, par contre tu devrais retourner te changer avant que quelqu'un d'autre te voie ainsi. Ça pourrait te coûter ton diplôme.
- Hem... Ouais..."
De retour au vestiaire, elle vérifia qu'aucun autre étudiant en anatomie féminine ne se dissimulait dans un casier, puis s'habilla enfin. Elle attendit ensuite une demi-heure dans le hall, jetant des coups d'oeil à Lyosen de temps à autre, pour l'observer. Ce type était étrange... Au bout d'un moment, il dit :
"Arrête de me regarder, c'est énervant. Si tu cherches à me séduire, tes tentatives sont toutes plus pathétiques les unes que les autres.
- Pardon ? Quelles tentatives ? Qu'est-ce qui te dit que je veux te séduire ?
- Ton arrivée fulgurante en sous-vêtements, et tes coups d'oeil incessants, c'est ce que j'appelle des tentatives inutiles de séduction.
- Hé, tout à l'heure je voulais juste flanquer une claque à ce gamin mateur !
- Tu aurais mieux fait de sortir habillée du vestiaire. De toute façon, tu me sembles insignifiante."
Sarah sentit la moutarde lui monter au nez, mais elle ne répondit pas. Quel sale type ! D'où est-ce qu'il croyait qu'elle tentait de le séduire ? D'accord, il était beau, mais encore plus effrayant ! Et méchant, avec ça !
Finalement, Mitsurugi fit son apparition.
"Vous deux, le jury a finalement délibéré. Venez."
Lyosen et Sarah le suivirent dans la salle d'examen, et se présentèrent pour la troisième fois devant les juges.
"Lyosen Akabara. Vous êtes le vainqueur, vous d'abord donc. Votre style et votre technique sont excellents, vous ne vous laissez pas influencer par vos émotions. De plus, vous avez une force à toute épreuve. Ainsi, nous vous décernons votre diplôme. Signez ici."
Le juge lui tendit un papier sur lequel le jeune homme imposa son seing.
"Toutefois, nous avons senti de la cruauté envers cette jeune fille. Elle n'était pourtant pas nécessaire. Faites attention à cela, la méchanceté pourrait vous coûter très cher."
Lyosen ne répondit pas, et partit.
"Sarah Vandeleur. Bien qu'ayant perdu ce combat, votre style et votre technique sont au moins aussi bons que ceux de M. Akabara. Mais votre mental semble aussi plus fragile, ainsi que votre capacité à encaisser des coups. Toutefois, vous parez et esquivez sans difficulté, ce qui comble largement cette faiblesse physique. Il est clair que de toute façon vous n'avez pas la carrure pour prendre des coups sans sourciller. Voici votre diplôme."
Le visage de Sarah s'illumina alors. Enfin ! Elle n'était plus apprentie ! Elle signa, et fut aux anges.
"Attention toutefois à vos sentiments. Vos émotions pourront vous coûter cher à vous aussi.
- Compris.
- Vous pouvez y aller.
- Au revoir, et merci messieurs !"
Elle sortit du dojo, suivie par son maître d'armes. Elle le regarda ; il souriait.
"Je savais que tu réussirais, dit-il. D'ailleurs, je n'ai pas eu à délibérer, ils ont presque tout de suite décidé de te donner ton diplôme.
- Vraiment ? Je les ai impressionnés ?
- Oh, rien n'impressionne jamais ces gens-là, mais moi tu m'as impressionné, oui. Je suis vraiment fier de toi."

"Non, Colin ! Tu baisses ta garde trop facilement !"
Colin, le fils du défunt Moï, s'entraînait au maniement de l'épée avec son maître d'armes, le héros d'Hyrule, Link.
"Désolé, Link... Je fais de mon mieux, tu sais... Seulement, je ne peux pas m'empêcher de repenser...
- A la mort de ton père ?"
Le regard du jeune garçon s'assombrit, et son poing droit se crispa sur la poignée de son épée.
"J'y pense souvent également, tu sais. Mais il est mort en nous sauvant. Tu n'étais pas là, mais s'il ne s'était pas sacrifié... Nous y serions tous passés. Ton père était un modèle de courage, de force, et de sagesse.
- Hé... Il me disait souvent ça à propos de toi... Et que c'était pour ça que tu avais pu utiliser l'épée Excalibur, pour vaincre Ganondorf.
- C'est vrai, sans cette épée ce démon aurait été invincible.
- Et puis après, il y a eu Sorel, les deux Tiares... Dire qu'Hyrule a failli être détruite !
- Nous avons eu de précieux alliés pour contrer cette fatalité.
- Tu veux parler des Moblins ?
- Oui, et le peuple de l'Ombre, ainsi que tous les combattants venus d'autres mondes. Deux d'entre eux ont perdu la vie..."
Colin soupira. Il était visiblement épuisé, ce qui était concevable après deux heures d'entraînement à la suite. Il rengaina l'épée forgée par son père, et Link rengaina Excalibur. Cette fois, il avait préféré la garder, au cas où le mal frapperait de nouveau Hyrule. Prudence était mère de sûreté, après tout...
Soudain, les deux épéistes entendirent un bruit de course venant de l'extérieur du village. Le facteur ! Il ne se déplaçait pourtant que dans la plaine d'Hyrule... Que faisait-il à Toal ?
"MONSIEUR LIIIIIIIIIINK !"
L'homme semblait épuisé quand il se présenta devant le bretteur, une lettre à la main.
"J'ai... Du courrier... Une lettre... Pour vous... De la part de..."
Il s'écroula. Colin se pencha vers lui, pour voir s'il allait bien, et un ronflement sonore se fit entendre. Link prit la lettre, et Colin partit chercher Iria, la meilleure amie de Link ; elle pouvait s'occuper de l'homme à terre.

Mon très cher Link,
Je t'ai fait parvenir en urgence cette lettre car ici, à la Citadelle, des évènements étranges ont été recensés. Deux hommes à l'air louche cherchaient des informations à propos de l'épée maléfique qui a été récemment détruite dans la plaine. L'un portait une épée, et l'autre avait l'air d'un magicien. Ils n'étaient pas ensemble, mais cherchent la même chose. La Princesse du Crépuscule est arrivée incognito ce matin au château ; elle est venue sur l'appel de Zelda. Elles m'ont demandé de t'écrire afin de te demander de venir au plus vite pour tenir un conseil extraordinaire, Hyrule a trop souffert pour que cette fois on se permette de laisser le mal s'y introduire sans réagir avant qu'il ne soit trop tard.

Telma

Quand Link acheva sa lecture, Iria était arrivée et donnait à boire au pauvre facteur, qui se réveilla.
"De la part de Telma, dit-il à l'adresse de Link."
Et il s'assoupit de nouveau.
"Qu'est-ce qui se passe, Link ? demanda Colin.
- Je dois partir pour la citadelle immédiatement, répondit le jeune homme. Iria, occupe-toi du facteur jusqu'à ce qu'il aille mieux. Colin, entraîne-toi. Et... protège bien le village."
Sans plus tarder, Link grimpa sur le dos d'Epona, sa jument, et partit au galop en direction de la forêt de Firone. Iria était rongée d'inquiétude.
"Ne t'en fais pas, Iria, lui dit Colin. Tout ira bien. Link est encore plus fort qu'avant. Et il m'apprend tout ce qu'il sait. Nous ne perdrons pas."

****

La plaine de Firone était calme, rien ne présageait un danger. Quelques Moblins patrouillaient, au cas où des bandits auraient l'idée saugrenue de s'en prendre aux voyageurs, ils saluèrent Link quand il passa près d'eux. En effet, depuis que Ganondorf avait été vaincu, les créatures s'étaient ralliées à Link, puisqu'il était devenu plus fort que leur ancien maître.
Bientôt, il atteignit l'entrée sud de la Citadelle, laissa Epona, et entra en ville. La plupart des habitants ne le connaissaient pas, et il trouvait cela préférable. Il croisa trois demoiselles qui bavaient et gloussaient à sa vue, car il avait remporté le premier prix d'un jeu stupide.
Arrivé devant le château, deux gardes lui barrèrent la route.
"Halte là ! On ne passe pas !
- La Princesse Zelda m'a convoqué... répondit le bretteur.
- Hé, on n'est pas si bêtes que ça, gamin ! On le saurait si la Princesse...
- Laissez-le passer ! fit une voix sur un ton autoritaire."
Zelda se tenait près des portes du château, accompagnée de Midona et de quelques gardes. Link fut donc autorisé à entrer.
"Heureuse de te voir, Héros d'Hyrule ! lui dit Zelda en souriant. Je ne voulais pas te causer plus d'ennuis, mais je ne savais pas vers qui d'autre me tourner. Midona et moi ne pouvons tout régler...
- Je comprends. Je ferai de mon mieux pour vous venir en aide.
- Décidément, tu ne peux pas t'empêcher d'aider les gens ! le railla Midona."
Le jeune homme répondit par un sourire. Le petit groupe se dirigea vers le hall du château, où ils furent accueillis par la garde personnelle de Zelda (composée de soldats compétents, eux). Ils ne mirent pas longtemps à atteindre la salle du Conseil, une pièce circulaire ou presque, dont les murs comportaient de nombreux vitraux en guise de fenêtres. Malgré le verre teinté, la salle baignait de lumière. Au centre se trouvait une table ronde, autour de laquelle étaient déjà assises plusieurs personnes que le jeune homme connaissait : Telma, la gérante de la taverne, Lafrel, Ash et Jehd, âmes valeureuses qui avaient aidé Link contre Ganondorf. Il ne manquait que Moï au tableau...
D'autres gens se trouvaient dans la pièce : le roi des Zoras, Lars, un des doyens des Gorons, Gorr Cobalt, le père Reynald, prêtre de Cocorico, Bodhan, le chef du village de Toal, et un homme que Link ne connaissait pas, qui s'avérait être le général des armées d'Hyrule. Il portait le même tabard que ses soldats, mais pas de heaume, révélant ainsi une longue queue de cheval. Son seul regard inspirait le respect et montrait qu'il était un guerrier aguerri.
"Bien, à présent que tout le monde est là, nous pouvons commencer, dit Zelda."
Elle s'installa sur le trône, en face de la porte, Midona à sa droite et Link à sa gauche. La chaise à la gauche de Link resta vide. Plus vide que jamais, se dit-il.
"Tout le monde est présent, nous pouvons commencer, continua la princesse.
- J'aurais une question, Votre Altesse, fit le général.
- Oui, général Michaël ?

- Aucune armée n'est apparue et aucune attaque n'a eu lieu. De quoi nous inquiétons-nous exactement ?
- Justement, nous n'en sommes pas sûrs, répondit Telma. Et ne pas agir tant qu'aucune menace ouverte n'a plané sur Hyrule nous a valu bien des ennuis, et des gens sont morts. Nous devons donc décider de la marche à suivre pour éviter que de tels évènements ne se reproduisent.
- Notre union à tous serait la meilleure solution, dit Lars. Chacun de notre côté, nous serons vulnérables, si nous sommes attaqués. Mais tous ensemble, nous devrions pouvoir résister.
- Mais résister à quoi ? s'impatienta Michaël. A quelle menace ?
- A ce qui nous a paru suspect, répondit Zelda. Deux hommes louches qui cherchent des informations sur la Soul Edge, une épée maléfique qui a été détruite récemment, est une mauvaise nouvelle. A priori, les deux hommes n'étaient pas ensemble. Mais chacun semblait assez dangereux.
- Dangereux comment ? demanda le général.
- Le premier était un bretteur, reprit la princesse, d'après la grande épée qu'il transportait, et le second...
- Un sorcier, continua Midona. J'ai senti des traces de magie après son passage. Mais je crois que le premier n'était pas tout à fait ignorant en matière de magie, lui aussi.
- Alors nous avons deux sorciers dangereux dans les parages ? fit Jedh.
- Plus exactement, un sorcier, et... un Chevalier Noir."
Les mots de Midona jetèrent un froid dans l'assemblée. Personne ne savait exactement ce qu'était un Chevalier Noir, mais le nom semblait terrifiant.
"Qu'est-ce qu'un Chevalier Noir ? demanda Link.
- Un Chevalier Noir... est un Paladin déchu. C'est un guerrier qui peut utiliser les pouvoirs des forces de l'Ombre. La magie en elle-même n'est pas maléfique, mais son âme a été pervertie. Si un Paladin utilise les pouvoirs de la Lumière pour servir les Hommes, le Chevalier Noir ne répond qu'à ses propres besoins, et si c'est au détriment d'autrui, ce n'est pas gênant... Ces guerriers sont très rares, aussi bien Noirs que Blancs. Link... En ayant été choisi par les Déesses de la Triforce, tu es ce que nous avons de plus proche d'un Paladin. Tu n'as pas de pouvoirs magiques à proprement parler, mais la Magie de la Lumière s'exprime par ta lame."
Link repensa à l'épée Excalibur. S'il était capable de la manier, ce n'était sûrement pas par hasard : seuls les coeurs valeureux pouvaient prétendre brandir cette lame. Il l'avait rendue encore plus puissante dans le Palais du Crépuscule : les Astres du Monde des Ombres y avaient déversé leur lumière chaleureuse. Dans le Crépuscule, la lame semblait alors dégouliner de Lumière, dissipant les brumes de ténèbres.
"Et comment peut-on vaincre un Chevalier Noir ? demanda le général.
- Comme n'importe quel ennemi : on lui plante une épée dans le ventre, ou on lui écrase la tête avec une masse, répondit la Princesse du Crépuscule.
- C'est si simple que ça ?
- Oui, si on prend en compte le fait que simple ne veut pas dire facile. Généralement, ces guerriers sont très forts, et même sans arme, un seul pourrait terrasser tous les gardes de la Citadelle.
- Il faut croire que notre ami Link va devoir se montrer indispensable une nouvelle fois ! lança Zelda.
- Ne peut-on demander de l'aide ? Aux Esprits de la Lumière par exemple ? demanda le bretteur.
- Je ne sais pas s'ils pourront t'aider plus, répondit la Princesse. Midona, est-ce que la Lumière est efficace contre ce genre de guerrier ?
- Pas plus que n'importe quelle magie. Je crains que si Link n'est actuellement pas en mesure de défaire cet adversaire, alors seul un dieu en sera capable."
L'assemblée resta silencieuse un moment. Un Porteur de la Triforce, guidé par les Esprits de la Lumière, envoyés en Hyrule par les Déesses fondatrices, ne pouvait pas échouer...
Ils continuèrent à débattre sur la meilleure façon de vaincre un Chevalier Noir, ne s'inquiétant même pas du sorcier.
"Que décidons-nous, Princesse Zelda ? finit par demander Telma.
- Nous allons mettre en place un plan de vigilance. Michaël, vos gardes et soldats devront patrouiller dans tout Hyrule, en cherchant un homme correspondant au signalement du Chevalier Noir. Vous passerez le commandement à un officier de confiance, car Link et vous-même allez rendre visite aux quatre Esprits de la Lumière, afin de leur demander conseil, et si possible une aide. Lorsque nous aurons mis la main sur le Chevalier, vous tenterez de savoir ce qu'il cherche. Si besoin, vous le tuerez.
- Que faisons-nous ? demanda Telma.
- Vous quatre, vous cherchez des informations susceptibles de nous aider dans notre recherche. Midona, fais de même dans le Crépuscule. On ne sait jamais, il a pu y aller pour se cacher.
- Très bien. Je pars sur-le-champ."
Joignant le geste à la parole, la Princesse du Crépuscule quitta la pièce, bientôt suivie par les autres.

****

Son sort était très efficace ! Personne, pas même cette Princesse utilisatrice de la Magie des Ombres, n'avait remarqué sa présence ! Et il avait même su dissiper son image de la pensée de ce conseil. Tous se focalisaient uniquement sur ce Chevalier Noir, qu'il allait bientôt contrôler. Et quand ils se tourneraient à nouveau vers Vaati, le Mage du Vent, il serait trop tard, et Hyrule tomberait sous son contrôle !
Une ombre sortit du lustre au-dessus de la table du Conseil, et s'envola par une fenêtre ouverte.

Lyosen courait. Seuls les bruits de ses pas pressés troublaient le calme de la nuit. Il semblait avoir une armée de démons à ses trousses, tandis qu'il fusait le long de la route reliant les terres d'Ordinn à celles de Lanelle. Il ne prenait même pas le temps de tuer les monstres sur son passage, et il était bien trop rapide de toute façon pour se faire attaquer.
Alors qu'il arriva sur le grand pont, au-dessus du lac Hylia, une sensation étrange s'empara de lui. Il s'arrêta, et dégaina sa grande épée.
Mais rien.
Il rangea son arme, et reprit sa route. Un blob faillit lui tomber dessus, il esquiva l'assaut de justesse et tua la créature. Mais trois autres se ruèrent sur lui. Et quand il en tuait un, d'autres surgissaient de nulle part. D'habitude, les blobs n'étaient pas si nombreux dans la région !
Il faillit être submergé, mais utilisa sa magie au bon moment : il planta son épée dans le sol, et une seconde plus tard, une salve d'énergie repoussa tous les monstres autour du Chevalier Noir. Il en profita pour repartir, encore plus vite qu'avant.
Il atteignit finalement son objectif : la caverne gelée près de l'entrée du domaine Zora. D'après ce qu'il avait entendu, un fragment de Soul Edge s'y trouvait. A l'intérieur, une série de portails devaient être ouverts en résolvant des énigmes. Pas le temps de s'amuser à pousser des blocs sur des interrupteurs : Lyosen démolissait les barrages à grands coups d'épée. Au fond de la caverne, il trouva bel et bien un morceau de l'épée. Il était étrange qu'il trouvât cet objet ici, mais ce n'était pas important, il avait ce qu'il cherchait. Il se pencha, et ramassa le fragment métallique. Il en avait à présent deux en sa possession.
Quand il se retourna, un homme, assez petit, ayant plutôt l'apparence d'un enfant, se trouvait face à lui. Il le dévisageait.
"Qui t'es, gamin ? Je n'ai pas le temps de m'occuper de toi ! File de là !
- Tu es tombé dans mon piège, Chevalier Noir. Comme je le pensais, tu es un idiot."
L'idiot en question brandit son arme, et tenta de frapper l'insolent. Mais au moment où la lame allait lui trancher la tête, il disparut. Le mage réapparut dans le dos de Lyosen, en dégainant une épée courte. Il attaqua, mais le Chevalier Noir para. Après quelques coups, il semblait évident que le mage ne faisait pas le poids en combat au corps à corps. Il fut rapidement désarmé, et à la merci de Lyosen. Celui-ci lui transperça la gorge. Il se releva pour repartir, quand il sentit une lame lui pourfendre le dos. Il ne sentait pas de douleur, mais plutôt une vague glaciale lui parcourir le corps. Il sombra alors dans les ténèbres.

****

"M'man... J'y vais.
- Fais bien attention à toi, surtout... Je sais que tu es douée pour te défendre, mais qui sait ce qu'il y a là-bas...
- Ne t'en fais pas, j'y suis déjà allée. Et puis Mitsurugi sera là pour me protéger si je tombe sur un adversaire trop fort pour moi !
- Tu reviendras me voir de temps en temps, hein ?
- Bien sûr que oui, m'man !
- Tu as bien pris toutes les affaires dont tu as besoin ?
- Ouais, j'ai rien oublié. Bon, j'y vais, je suis déjà à la bourre ! A plus tard m'man !"
Il était neuf heures du matin. Dehors, le ciel était d'un gris maussade. La jeune kunoichi prit son sac, presque aussi lourd qu'elle, et sortit de la maison de sa mère, en espérant que la pluie attendrait son départ avant de tomber. Même si la vie dans ce monde ne lui convenait pas, elle le trouvait beau. En passant devant les parterres de fleurs, et les arbres débordant d'une vie lente calme, elle se dit que malgré tout ce que les hommes construisaient pour améliorer leur quotidien, la nature leur donnait déjà de si jolies choses, qu'ils ignoraient si souvent. Même elle, qui ne pouvait se passer d'action, les trouvait idiots de ne pas profiter de la vie.
"Tout n'est plus qu'argent ici... J'me casse."
Elle arriva chez son maître d'armes, qui l'attendait.
"Tu es en retard. C'est bien la première fois depuis que je te connais !
- Ben, je retrouvais plus mes shurikens... J'allais pas partir sans.
- Je pense que je peux te pardonner pour une quinzaine de minutes. Nous y allons ?"
Au loin, le tonnerre gronda.
"Ouais. Avant qu'il pleuve. J'aime pas être trempée.
- En avant, alors. Entre."
Elle entra dans la maison de Mitsurugi, qui était presque entièrement vide.
"J'ai déjà déménagé mes affaires. Il y a une chambre pour toi dans ma maison, au Royaume du Feu. Je n'y ai mis que les meubles, mais tu y rajouteras tout ce dont tu auras besoin."
Ils descendirent à la cave, où se trouvait le portail qui les emmènerait dans l'autre monde. Dans une pièce secrète, pièce ronde dont les murs étaient couverts de vitraux, se trouvait ce portail, fait de cristal. Il avait la forme du Yin et du Yang, et reflétait mille couleurs, provenant de la lumière des vitraux. Mitsurugi leva la main, et au bout de quelques secondes, le téléporteur brilla de rouge.
"Comme la dernière fois... Tu y entres après moi."
Il s'avança dans le portail, et disparut. La jeune fille s'avança à son tour, et après être passée par une déferlante de couleurs chaotiques, elle se retrouva dans une autre salle, similaire à celle dont elle était partie. Mais elle savait qu'elle n'était plus dans son monde : ici, il y avait de l'énergie magique.
"Ça y est, se dit-elle, je suis revenue... Pour commencer une nouvelle vie."
Elle sortit de la pièce par un mur déplaçable, et retrouva Mitsurugi qui l'attendait, dans ce qui semblait être un salon.
"On se croirait dans une maison japonaise, remarqua Sarah.
- Tu te rappelles que c'est monnaie courante ici ?
- Oui, c'est vrai. C'est vraiment joli !
- Les cerisiers sont en fleurs, dehors. Si tu veux voir..."
Elle se précipita vers la grande baie vitrée, puis sortit sur la terrasse en bois. L'immense jardin était magnifique ! Il était traversé par une grande allée de graviers blancs et fins. A sa gauche, tout près de la terrasse, se trouvait un petit pavillon, et derrière un petit bassin d'eau. Plus loin, une grande étendue de sable représentant quelque motif abstrait, était entouré par quatre lanternes de pierre. Un parterre de fleurs s'étendait un peu plus loin, et au fond du jardin se trouvaient des camélias. De l'autre côté de l'allée, près de la maison, se trouvait une mare peu profonde, avec une petite chute d'eau tout au fond, à laquelle on pouvait accéder grâce aux pierres de gué. A côté de cette mare s'élevaient les cerisiers en fleurs, dont les pétales tombaient comme une pluie de lumière rose. D'autres arbres décoraient la partie droite du jardin jusqu'au fond, où trônait un grand chêne, probablement vieux de plusieurs siècles.
Sarah resta sur la terrasse à contempler cette oeuvre d'art pendant quelques minutes, puis Mitsurugi la rejoignit.
"Tu devrais aller poser tes affaires avant d'aller regarder de plus près. Je vais te montrer ta chambre."
Elle le suivit à l'intérieur, ils montèrent à l'étage, et il ouvrit une porte coulissante. Elle trouva une chambre un peu plus petite que celle qu'elle avait dans l'autre monde, mais beaucoup plus à son goût : la fenêtre donnait directement sur le jardin, les murs étaient blancs, attendant quelques éléments décoratifs (armes ou tableaux), et les meubles, un grand lit, une armoire et un bureau, étaient en bois clair. Sur le bureau se trouvait une petite lampe et un bonzaï.
Mitsurugi laissa sa disciple, qui rangea ses affaires. Elle disposa ses sabres sur le mur, croisés, au-dessus du bureau, le reste fut déposé dans l'armoire, à l'endroit prévu à cet effet, près des vêtements (qui étaient nombreux). Une fois ses affaires installées, elle ouvrit la grande fenêtre et contempla le jardin. L'étage n'était pas très haut, et, par flemme de redescendre, elle sauta par la fenêtre et atterrit sur la terrasse.
"Tu veux boire quelque chose ? lui demanda son maître d'armes, assis sous le pavillon.
- Avec plaisir !"
Quelques minutes plus tard, le son d'un cor retentit dans la rue. Sarah se leva, en alerte.
"Qu'est-ce que c'est ?
- Le héraut, il vient annoncer une importante nouvelle. Viens vite !"
Ils sortirent de l'autre côté de la maison, et virent qu'ils n'étaient pas les seuls à être venus écouter ladite nouvelle. Un homme, accompagné d'une escorte, déroula un parchemin, et dit d'une voix claire et forte :
"Les deux Tiares enchantées qui jadis ont divisé nos deux nations, ne sont plus ! La Porte a été ouverte, et nous nous unissons avec le Royaume de la Foudre ! La guerre est terminée, et nos deux rois règneront ensemble !"
Si courte que fût l'annonce, on entendit des cris de joie partout. Les deux Royaumes, ennemis ancestraux depuis la création de ces artefacts enchantés avec l'aide des deux Fées, étaient enfin en paix, et plus encore : unis sous une même bannière.
"Alors ils sont enfin en paix ? demanda Sarah à son maître.
- Officiellement oui, mais les tensions entre les deux peuples ne vont pas s'amenuiser d'un coup. Ces gens poussent des cris de joie, mais quand ils croiseront quelqu'un de l'autre région, ils pourraient serrer les poings. Traditionnellement, ils ne s'aiment pas."
La jeune fille baissa la tête.
"Ce monde-ci n'est donc pas si différent du nôtre, après tout.
- C'est vrai. La seule grande différence est l'utilisation de la magie à la place de la technologie. S'ils sont plus proches de la nature, ce sont aussi des hommes.
- La magie... Hé, mais il faudrait que j'apprenne à l'utiliser !
- Oh, j'avais prévu de te la faire apprendre. Mais je ne suis guère magicien, tu sais. Je vais devoir te confier à quelqu'un d'autre pour cela.
- Ah, et à qui ?
- A l'un des meilleurs mages du Royaume du Feu. Nous irons le voir cet après-midi.
- Très bien. Ah euh... quelle heure est-il ici ?
- Normalement, la même heure que sur Terre... Oui, dix heures moins le quart. Bien, veux-tu aller faire un tour de la ville en attendant ? Il y a beaucoup de choses à voir ici.
- Ah oui, une visite ! Je veux tout voir !
- Je ne sais pas si je pourrai tout te montrer en une matinée, répondit Mitsurugi en souriant. Mais je vais essayer. Oh, et il te faudra de nouveaux vêtements. Ici, on ne porte pas tout à fait les mêmes que dans l'autre monde."
Un peu de shopping ? Pourquoi pas ! Quelques minutes après, ils étaient partis, à travers une ville joyeuse et ensoleillée, où Sarah trouva des choses merveilleuses, qui était le quotidien des habitants. Certains portaient des armes, d'autres ressemblaient à des magiciens avec une barbe assez bizarre et une robe étrange. Mais ce qu'elle trouva le plus étrange, c'était le fait que tous parlaient sa langue !
"Dites Sensei... On parle français ici ?
- En fait non, mais comme la magie est très présente ici, tu comprends tout ce qu'ils disent, et inversement. Je ne sais pas moi-même à quoi ressemble leur langue, ils n'en ont peut-être pas. Mais que je leur parle en français ou en japonais, ils comprennent. Et j'entends la réponse dans la langue que j'ai précédemment employée. D'ailleurs, si je te parlais japonais, tu entendrais du français. Mais si tu me répondais, je t'entendrais parler japonais.
- Oh, ça a l'air un peu compliqué...
- Peut-être, ce doit être un sort très complexe, mais nous n'en voyons que le résultat.
- Dites, ça fait un moment qu'on se balade, je commence à avoir faim... Y'a pas quelque chose... RAMEN !"
Comme si la ville elle-même avait compris le souhait de Sarah, elle se trouvait juste devant un restaurant où l'on servait son plat favori, les ramen. L'heure du déjeuner pour les deux protagonistes était donc arrivée.

****

"Je suis ton maître. Tu me dois obéissance.
- Vous êtes mon maître. Je vous dois obéissance.
- Pars chercher les fragments de l'épée. Ramène-les-moi tous.
- Je pars. Je les ramène."
Le regard de Lyosen était vide. Il se leva et sortit. Il devait rapporter à Vaati, son maître et seigneur, tous les fragments restants de l'épée. Il tuerait quiconque se dresserait sur son chemin.
L'un des fragments devait se trouver dans la forêt, au sud, près du Temple Sylvestre. Sa prochaine destination.

Link patrouillait, chevauchant Epona, dans la forêt de Firone. Comme il avait été dit au Conseil présidé par Zelda, il était allé voir les quatre Esprits de la Lumière, accompagné du général en chef des armées d'Hyrule, mais aucun n'avait été en mesure de leur conseiller quoi que ce fût, à part de rester vigilant. Les soldats et Link effectuaient donc des patrouilles dans tout Hyrule.
Quand il passa près du vendeur d'huile à lanterne, celui-ci l'accosta :
"Hé, le gars de Toal !
- Bonjour !
- On dirait qu'il y a de l'agitation, partout en Hyrule ces derniers temps... Les soldats sont partout ! Tu ne saurais pas ce qui se passe par hasard ?
- Hem..."
Link ne voulait pas l'affoler, créer la panique dans le royaume ne semblait pas une très bonne idée.
"Nous recherchons un criminel. Il ne devrait pas être très dangereux, mais les évadés doivent être récupérés...
- Ah, ouais, je comprends. Dis-moi, est-ce que par hasard tu aurais besoin d'huile pour ta lanterne ? Si tu patrouilles de nuit, ça pourrait te servir...
- C'est vrai que je n'ai plus aucun flacon d'huile en réserve... Je vais vous en prendre un.
- Alors ça fera vingt... non, quinze rubis pour toi, petit gars."
Link sourit, paya le vendeur, et repartit avec une réserve d'huile. Elle serait effectivement utile car le soleil se couchait. Le crépuscule... Il trouvait ce moment de la journée particulier, depuis son aventure avec Midona.
Il repartit en direction de la forêt. Alors qu'il passait devant la source de l'Esprit Firone, il aperçut quelque chose de brillant dans l'eau. Il descendit de sa monture et s'approcha de la source.
"Un morceau de métal... dit-il en le prenant"
Il ressentit tout de suite son influence maléfique, et le laissa tomber.
"Qu'est-ce que c'est que ça ?
- C'est ce que je suis venu chercher."
Link releva la tête, et se retrouva en face d'un jeune homme tout de noir vêtu, portant une épée longue. Son air malveillant ne laissait aucune place au doute : le Chevalier Noir.
"Alors... c'est toi le Chevalier Noir que nous cherchons ?
- Je suis donc déjà recherché ? Maître Vaati m'avait prévenu, mais je ne pensais pas avoir une proie fraîche dès ma première recherche."
Sur ces mots, il dégaina son épée, incitant Link à faire de même. Lyosen attaqua. Le héros d'Hyrule eut tout juste le temps de lever son bouclier pour parer, et une autre attaque fusa vers lui. Il esquiva, de justesse à nouveau. Il n'avait jamais combattu d'adversaire si puissant, même Ganondorf était loin d'être aussi rapide et puissant ! Link contre-attaqua, mais le Chevalier Noir repoussa son épée comme si elle ne pesait rien. Il sembla cependant gêné par le pouvoir émanant d'Excalibur. Link le remarqua et enchaîna les coups. Son adversaire esquivait, ayant visiblement décidé de bannir la parade de sa méthode pendant ce combat.
Lyosen évitait d'attaquer pour le moment, préférant à tout prix éviter le moindre contact avec l'épée de son adversaire. Le pouvoir lumineux qu'il avait ressenti lorsqu'il avait paré lui avait infligé une certaine douleur à la tête, comme si un côté lumineux essayait de reprendre le dessus sur lui. Mais la volonté de Vaati avait banni cette lumière, le sauvant de ce changement. Soudain, Link feinta, et Lyosen sentit qu'il ne pourrait esquiver. La victoire semblait être pour le héros, mais Lyosen créa une barrière d'énergie qui toucha l'épée à la place du combattant, déviant sa trajectoire. Le Chevalier Noir contre-attaqua rapidement, frappant le bouclier de Link de toutes ses forces, le déstabilisant ainsi, avant de lui planter sa lame dans le ventre. Link s'effondra, laissé pour mort.
"Nul ne peut se dresser en travers de mon chemin, héros. Tu vas rejoindre tous ceux qui s'y sont essayé. Dis-leur que les jeux sont faits."
Sur ces paroles méprisantes, Lyosen ramassa le fragment de Soul Edge, et repartit dans le repaire de Vaati.

****

"Maître, voici le septième fragment."
Vaati prit le morceau de métal de la main de son esclave, puis le fit fusionner avec les autres. Soul Edge put alors prendre la forme d'une épée courte, comme celle que portait Vaati.
"C'est parfait... mon arme était devenue inutile depuis que je t'ai frappé avec. L'enchantement a été consumé lors du coup porté, et je ne peux plus rien en faire."
Il prit son arme dans son fourreau et la lança à Lyosen.
"Fais-en ce que tu veux, je n'en ai pas besoin, dit le mage en passant Soul Edge à sa ceinture. Celle-ci me sied bien mieux.
- Où dois-je chercher à présent, maître ?
- Il n'y a... plus de fragments dans ce monde-ci. Les autres ont changé de plan. Mais les treize ne sont pas tous au même endroit... J'en ai distingué neuf dans un monde où la magie n'a pas été utilisée depuis si longtemps, qu'elle est devenue inactive. Les cinq autres se trouvent quant à eux sur une terre très chargée en magie. Tu vas devoir commencer par ceux-ci, car il va me falloir réactiver les énergies magiques dans l'autre monde, sinon tu ne pourras pas revenir avec mon trésor. Fais attention, il doit y avoir de puissants mages et de grands guerriers là-bas. As-tu eu des... ennuis en récupérant ce fragment ?
- Le héros d'Hyrule était en travers de ma route, mais il ne m'a pas tenu tête longtemps. Les pouvoirs que vous m'avez conférés sont extraordinaires. Mais il possédait une épée chargée d'énergie lumineuse... Et la bloquer a failli me coûter la vie.
- Je vois... Une épée magique qui dissipe le mal, comme la lumière dissipe les ombres... Espérons que tu ne tomberas plus sur elle. A présent, aide-moi à créer un portail vers le monde sans magie, j'ai besoin de ton énergie."
Lyosen s'agenouilla, et son maître posa une main sur sa tête. Il portait Soul Edge et la Tiare de Foudre, qui lui donnèrent suffisamment de puissance pour ouvrir un passage vers la Terre.
Quand il se releva, Lyosen se sentait épuisé.
"Ce portail te mènera là où tu dois aller, mais tu dois te reposer avant. Sinon, épuisé, tu seras vite vaincu."
Et Vaati disparut dans le portail. Le Chevalier Noir s'allongea alors dans un coin de la caverne où résidait son maître.

****

Sarah s'étira. Cela faisait deux jours qu'elle vivait dans le Royaume, mais elle n'avait rien eu à faire d'intéressant.
"Waaaah, je m'ennuie !"
Elle regarda Mitsurugi qui était en train de donner à manger aux carpes qui vivaient dans la mare du jardin.
"C'est pour qui ça ? Mais oui, c'est pour mes petits amours ! Ah eh bien, tu n'as pas mangé toi ! Viens donc par ici.
- Vous parlez à des poissons, là, Sensei...
- Hein ? dit-il en se retournant. Oh, oui, ça m'arrive parfois...
- Parfois ? A chaque fois que vous les nourrissez, plutôt ! Dites, c'est joli ici mais... Y'a rien à faire ! J'ai l'impression d'être aussi inactive que ces carpes !
- Ayate ne t'a rien donné à travailler ?
- Il m'a dit de me concentrer sur les énergies qui se trouvent partout. Et que quand je saurai faire ça, je saurai utiliser la magie, et qu'il ne pourra rien pour moi avant... J'ai beau essayer, quand je me concentre, je pique du nez..."
La jeune fille poussa un soupir désespéré.
"Vous voulez pas qu'on s'entraîne aux armes blanches ?
- Ah je suis désolé, mais j'ai beaucoup à faire aujourd'hui.
- Nourrir des poissons...
- Je dois sortir toute la journée. En attendant, je veux que tu t'entraînes à capter les énergies magiques. Si j'y suis parvenu, tu devrais pouvoir y arriver !"
Sarah ouvrit des yeux ronds.
"Vous m'aviez dit que vous ne pourriez pas m'enseigner la magie !
- C'est vrai. J'aurais pu te dire la même chose qu'Ayate, sur les énergies, mais c'est tout. Je ne suis pas capable d'utiliser beaucoup de sorts.
- Qu'est-ce que vous savez faire alors ?
- Je peux utiliser l'énergie du vent pour rendre ma lame plus affûtée, ou bien lancer une illusion sur mes adversaires pour qu'ils perçoivent mes mouvements avec un petit temps de retard. C'est tout.
- C'est puissant ça ! Vous pourrez m'apprendre ?
- Tout dépendra de ce pour quoi tu es la plus douée. Je sais que les différents sorts, existants ou que l'on invente, sont divisés dans plusieurs écoles de magie, et chacun est plus ou moins doué dans chaque école. Si tu maîtrises la magie de l'air et les illusions, je pourrai t'apprendre mes sorts. Mais Ayate pourrait t'en apprendre de bien plus puissants ! J'ai commencé mon apprentissage de la magie sur le tard, donc ma formation est plus qu'incomplète. Mais je pense que tu seras douée avec l'école du feu. Après tout, tu as reçu la bénédiction de la Fée du Soleil."
L'école du feu... Sarah s'imaginait, crachant des flammes telle une dragonne, enflammer ses sabres, ou encercler ses ennemis avec des cercles de feu...
"Bon, je vais me remettre à l'entraînement alors !
- Je peux peut-être te donner une indication... Mais je ne sais pas si cela va marcher avec toi.
- Dites, au point où j'en suis...
- L'énergie magique se trouve partout. Dans la terre, dans l'air, dans chaque être vivant, dans ce rocher, dans cette herbe... Essaie d'aller la chercher à un endroit précis. C'est une sorte de matériau qui aurait façonné le monde..."
Et Mitsurugi partit. Sarah s'allongea dans l'herbe. Un matériau présent partout, qui aurait façonné le monde ? Elle ferma les yeux. Une brise fraîche souffla sur son visage. Le vent, c'est de l'énergie, se dit-elle, qui fait se mouvoir l'air. Elle s'efforça de ressentir cette énergie. Mais rien. Dans la terre ? Elle tenta de ressentir toute la grandeur d'une planète, avec le pouvoir qui s'en dégageait... Elle n'eut pas plus de succès. L'herbe ? Ce lit doux sur lequel elle était couchée... Elle caressa quelques brins d'herbe de sa main droite. Ça vit ? Mais elle ne put pas ressentir la vie de l'herbe. Les poissons ? Elle tendit ses pensées vers la mare, d'où provenait le bruit de la cascade. Elle se figura les carpes dans la mare, mais ne put les percevoir.
Dans la terre. Dans l'air. Dans l'eau. Dans chaque chose vivante. Le vent sur l'herbe. Les poissons dans l'eau. Sarah sur la Terre. Une énergie dynamique, qui transformait les choses. Le Feu. Energie qui détruisait, et créait en même temps. Le Feu qu'elle ressentait quand elle combattait. Son Feu.
Elle le sentait. L'énergie émanait d'elle et de tout ce qui l'entourait. Elle pouvait la ressentir. Lui demander le Feu. Elle ouvrit les yeux. Une étincelle explosa devant elle. Elle se leva et alla chercher ses sabres dans sa chambre. Dehors, elle leva son bras droit devant elle, la lame de son arme bien droite. Feu, se dit-elle. Feu sur la lame, mais qui ne détruit pas la lame. Feu !
Aussitôt, la lame s'embrasa, comme lorsque la bénédiction de la Fée était active en elle. A présent, elle avait compris. Elle avait compris le Feu. Elle fit s'embraser son autre sabre, et esquissa des mouvements contre des ennemis imaginaires. Tous tombaient comme des mouches. Elle pouvait commander la magie pour que les langues de feu sur ses armes grossissent pendant un court laps de temps, suffisamment pour frapper un ennemi qui esquivait.
Elle vit un archer, posté loin devant elle, qui avait une flèche encochée à son arc. Elle devait l'avoir à distance, sinon la flèche la transpercerait. Elle ressentit tout le Feu qu'elle avait en elle, aspira un grand coup, comme si elle allait retenir sa respiration, et souffla. Une gerbe de flammes s'échappa de sa bouche, et frappa cet archer imaginaire, posté à vingt mètres d'elle.
Elle hurla de joie : la magie n'avait plus de secrets pour elle ! Du moins la manipulation de base.

"Comment il va ? Est-ce qu'il va s'en sortir ?
- Il en a vu de toutes les couleurs, mais ça va aller. Comme il est tombé dans la source de l'Esprit, il n'est pas mort des suites de sa blessure... Et puis il en a vu d'autres."
Link ouvrit les yeux. Il était allongé dans la source de Firone, et aperçut les visages de Colin, Iria, et Midona. Il poussa un gémissement.
"N'essaie pas de parler, tu vas perdre des forces, dit Midona. Ferme les yeux et repose-toi. On va s'occuper de toi, pour une fois."
Le héros referma les yeux et tomba dans les bras de Morphée.

****

"Ayate. De quoi voulais-tu me parler ?
- De ceci."
Le mage sortit de sa manche un fragment de métal à l'aura maléfique, que Mitsurugi reconnut aussitôt.
"Soul Edge ! Mais... Comment...
- Je n'en sais rien. Mais j'avais cru comprendre que tu avais déjà croisé le chemin de cette épée auparavant.
- Oui, je... Une seconde, comment tu sais que ça vient d'une épée ?
- C'est un artéfact magique, qui parle à l'âme de son possesseur. Un bon magicien est capable de soutirer des informations à ce genre d'objets. Ce morceau n'est qu'un vingtième du pouvoir de l'épée, il ne peut donc pas me posséder. Visiblement, lors de sa destruction, certains fragments sont passés d'un plan à un autre. As-tu une idée sur la cause de ces déplacements ?"
Mitsuguri réfléchit. Il trouvait cela particulièrement étrange, pourquoi certains fragments de l'épée et pas d'autres avaient-ils changé de plan ?
"L'épée... n'a pas été détruite dans son plan d'origine. Des guerriers qui en ont possédé vivent ici, et dans la région de la Foudre. C'est peut-être pour cela que quelques fragments sont ici. D'autres doivent être restés en Hyrule. Certains peuvent avoir atterri dans leur monde originel..."
Si un seul de ces fragments se trouvait bel et bien sur Terre, cela impliquait un grand danger pour toute la planète. Il y avait plus d'un siècle que l'épée n'y était plus.
"Il n'y a plus ou presque plus de guerriers capables de s'en occuper, là-bas. Je vais devoir y retourner, avec quelques coéquipiers. Garde un oeil sur Sarah. Quant à ce fragment de Soul Edge, il doit être caché... Je vais l'apporter au Temple du Feu, avec Soul Calibur. Là-bas son pouvoir malfaisant sera annihilé par l'autre épée. Si d'autres fragments sont trouvés, ils devront impérativement être placés sous la domination de Soul Calibur."
Le guerrier prit le fragment de l'épée et partit aussitôt. Quand il arriva au temple, il y trouva Talim, Kilik, Maxi et Xianghua, des combattants qui avaient déjà détruit l'épée maudite auparavant. Quand Mitsurugi entra, ils sentirent la présence maléfique de la lame.
"Soul Edge ? Ici ? fit Maxi. C'est impossible !
- Et pourtant, j'ai trouvé un fragment de l'épée, dit-il en le montrant. Soul Calibur est ici ?
- Oui, sur l'autel, répondit Talim.
- Il faut créer un sceau et y placer ce premier morceau. D'autres le rejoindront sûrement. Je dois partir sur Terre, car certains morceaux doivent y être. Vous quatre, vous restez ici. Gardez ce fragment-ci et cherchez-en d'autres. Xianghua, occupe-toi du sceau. Si besoin, pars à la guilde des mages et demande de l'aide à maître Ayate. Je pars sur Terre avec Isabella. Siegfried y est déjà."
Il se retourna pour partir, et s'arrêta avant d'avoir franchi la porte.
"Je suis désolé de vous imposer ça. Mais vous êtes parmi les seuls à pouvoir vous occuper de ça."
Une fois parti, les quatre combattants convinrent d'un plan.
"Bon, il faut absolument trouver les autres fragments du Royaume, dit Xianghua. Je reste ici et construis le sceau. Vous trois, partez et retrouvez les fragments.
- Ça me semble la meilleure solution, répondit Kilik. Plus nous couvrirons de terrain, plus vite nous mettrons la main dessus. Au revoir et fais attention à toi."
Ses trois compagnons partirent, laissant Xianghua seule. Elle prit Soul Calibur et plaça le morceau de métal maléfique sur l'autel. Elle commença à tracer des signes dans l'air avec l'épée, en psalmodiant des incantations. Bientôt, un halo bleu entoura l'autel, et la guerrière y planta son épée. Le sceau était en place. Elle reprit son arme.
"Un effort inutile, demoiselle, fit une voix près de l'entrée du temple."
Xianghua se retourna. Un homme se tenait dans l'ouverture de la porte, une grande épée à la main. Son regard seul prouvait qu'il était malveillant et qu'il recherchait lui aussi les fragments de Soul Edge. Il n'en avait visiblement aucun en sa possession, ce qui était plutôt étrange...
"Vous venez pour ça, n'est-ce pas ? demande la combattante, en désignant l'autel. Ne pensez pas que je vous le cèderai. Il va vous falloir me passer sur le corps.
- C'était ce que j'avais prévu. Je ne prendrai pas ce fragment avant de t'avoir rendue à la poussière, sinon je n'aurai obtenu aucune victoire.
- Préparez-vous, démon !"
La jeune femme se rua sur son ennemi en brandissant l'épée sacrée. Lyosen para et sentit à nouveau une énergie sacrée.
"Encore une arme de lumière ? Vous pensez que ces artéfacts pathétiques m'arrêteront ? hurla le Chevalier Noir."
Cette fois, l'arme n'envoya aucune décharge lumineuse dans son esprit. Il était trop bien protégé par la volonté de Vaati. Il fit danser son épée sombre et Xianghua esquiva. Elle était visiblement plus rapide que Link, mais nettement moins résistante. Il lui donna un violent coup de pied dans l'estomac, l'obligeant à baisser sa garde. La lame noire traversa la gorge de Xianghua.
"Encore une victoire facile... Décidément, personne n'est en mesure de m'affronter !"
Il s'approcha de l'autel et tendit la main. Le sceau le repoussa. Il leva son épée et le transperça. La barrière protectrice vola en éclat et Lyosen s'empara de ce qu'il était venu chercher.
"Bien... Au suivant !"

****

Mitsurugi se tenait devant la villa d'Isabella, dans la Région de la Foudre, comme on l'appelait désormais. Il attendait que la jeune femme réponde.
"Mais que fait-elle ? Elle ne doit pas être sortie..."
La porte s'ouvrit finalement.
"Heishiro ! Quelle bonne surprise. Désolée pour l'attente, je travaillais dans mon laboratoire...
- Je crains d'être aujourd'hui un oiseau de mauvais augure. C'est Soul Edge."
Isabella pâlit.
"Entre."
Le guerrier la suivit dans le salon.
"Il y a des fragments de l'épée détruite sur Terre.
- Comment ? Cela n'était pas arrivé depuis des années !
- D'où l'urgence de la situation. Il faut que tu viennes avec moi. Nous y retrouverons Siegfried. Il ne pourra s'en occuper tout seul.
- J'ai beaucoup de travail ici... répondit-elle en soupirant. Mais je n'ai pas le choix. Nous partons immédiatement, je présume.
- Tu présumes bien.
- Je vais chercher mon arme. Attends-moi près du portail."
Isabella se leva et disparut dans son laboratoire. Mitsurugi se dirigea vers la salle où se trouvait le téléporteur. Il fut rejoint par la combattante quelques minutes plus tard. Celle-ci activa le portail de transfert et ils disparurent.
En arrivant dans la maison d'Isabella sur Terre, ils découvrirent un désordre notoire.
"Ah, oui... J'ai oublié de ranger lors de mon dernier passage.
- Qu'importe ! Nous ne sommes pas là pour nous reposer. Allons chez Siegfried."
Quand ils sortirent de la maison, l'horreur les frappa de plein fouet. Partout, les ténèbres avaient envahi le monde. Le soleil brillait, mais sa lumière et sa chaleur semblaient lointaines, illusoires. Les gens avaient tous la même expression : celle du désespoir. Ce monde semblait dénué de toute énergie vitale, remplacée par une énergie magique malfaisante.
"Isabella, tu nous as emmenés dans un autre monde ! Ce n'est pas chez nous !
- Mon portail ne relie que les Royaumes magiques et la Terre ! Il n'y a pas d'erreur possible !
- Allez, nous devons trouver Siegfried au plus vite !"
Ils montèrent dans la voiture de Mitsurugi, qui était restée chez Isabella, et il roula le plus vite qu'il put, chez les parents de Léo, le jeune combattant défunt.
Maria, la femme du guerrier, leur ouvrit la porte.
"Maria ! Siegfried est là ? demanda Isabella."
La femme répondit par un sanglot.
"Siegfried... Il est mourant... Je ne sais pas ce qui se passe, mais sa vie le quitte de jour en jour !
- Quoi ? Nous devons le voir !
- Entrez."
Le colosse était assis dans le canapé du salon, sous une couverture chaude. Il faisait peine à voir, lui qui était si puissant et débordant de vie jadis. Quand ses amis arrivèrent devant lui, il ne put leur adresser qu'un faible sourire.
"Je suis content de vous voir... Avant de mourir...
- Que t'est-il arrivé, Siegfried ? demanda Mitsurugi.
- Je ne sais pas... J'ai senti Soul Edge revenir, et plus tard... Les ténèbres... Kof Kof ! Les ténèbres ont envahi le monde... Mais ça ne vient pas... de l'épée..."
Il dégagea son bras de la couverture, ouvrit une petite boîte posée sur la table près de lui, et en sortit un des fragments maudits.
"Tenez... Vous devez chercher ça. Je n'en ai trouvé qu'un, mais il y en a sept autres. Ils ne doivent pas être très éloignés..."
Mitsurugi prit le morceau de métal.
"Merci. Repose-toi. Nous allons les chercher."
Siegfried opina du chef, puis s'allongea. Il s'endormit aussitôt. Sa respiration était rauque, et il transpirait beaucoup.
Une fois sortis, Isabella et Mitsurugi avaient la larme à l'oeil.
"Ne meurs pas, s'il te plaît... dit le guerrier."

****

"Fouillez chaque recoin d'Hyrule, bande de larves ! Je veux que vous retrouviez ce fichu Chevalier Noir !
- Michaël, vous n'avez peut-être pas besoin de hurler comme ça sur vos soldats... dit Midona.
- Vous, quand vous commanderez une armée, je vous demanderai votre avis, mais pas avant !
- Il se trouve que le chef des armées du Crépuscule, c'est moi, alors oui, je suis aux commandes d'une armée ! Et ce n'est pas en s'énervant sur les soldats qu'on obtient un meilleur résultat !
- J'ai toujours été vainqueur avec cette technique, je ne vois pas pourquoi j'en changerais sur la simple demande d'une...
- Arrêtez ! Ça suffit vous deux ! intervint Zelda."
Midona et Michaël baissèrent les yeux.
"Pardon, Princesse. Cela ne se reproduira plus.
- Pas devant vous, en tout cas, répondit la Princesse du Crépuscule."
Zelda soupira. Faire coopérer ces deux-là lors d'une mission ne serait pas une mince affaire.
"Bon, Midona... De quoi vouliez-vous nous parler ?
- De ce que vous n'avez plus mentionné durant le conseil.
- Hein ? répondit Michaël. Mais le problème du Chevalier Noir était la priorité...
- Il a été rapporté qu'il y avait un Chevalier Noir, ainsi qu'un sorcier. Seulement, ledit sorcier nous a ensorcelés pour qu'on l'ignore. Mais son enchantement ne m'a pas touchée.
- Alors pourquoi ne pas en avoir parlé à ce moment-là ? demanda Zelda.
- Il était dans la salle à ce moment-là."
Michaël eut l'air indigné.
"Mais... mais...
- Il s'était dissimulé. Mais j'ai repéré sa présence.
- Nous aurions dû le tuer sur l'instant dans ce cas !
- Oh, il est bien trop puissant ! Il maîtrise un grand nombre de magies différentes, contrairement à la plupart des mages d'Hyrule. De plus, nous n'étions que deux à pouvoir utiliser la magie dans cette salle, moi, et vous Michaël. Et encore, vous êtes un guerrier, vos pouvoirs magiques sont limités.
- Je reste quand même un excellent soigneur. C'est assez utile dans l'armée. Alors, que fait-on ?
- Le sorcier et le Chevalier Noir sont partis d'Hyrule. Ils semblent utiliser une technique particulière, que je ne connais pas. J'ai retrouvé leurs traces dans une caverne dans la plaine d'Ordinn. Il va falloir qu'on aille y enquêter, quand Link sera totalement rétabli.
- Je suis d'accord, dit Zelda. Un sorcier malfaisant aussi dangereux ne peut errer en toute impunité en Hyrule. Vous pouvez disposer. Que la Triforce soit avec vous."

"Ayate-Sensei ! Où est Mitsurugi ? Je ne l'ai pas vu depuis trois jours...
- Oh, Sarah. Il est reparti dans votre monde natal, pour une affaire importante.
- Importante ? Mais c'est quoi ?
- C'est... ça concerne Soul Edge.
- Mais je l'ai détruite...
- Pas vraiment. Personne ne sait comment la détruire pour de bon, tu l'as juste réduite en morceaux. Et ces morceaux sont en train d'être de nouveau assemblés.
- Mais... alors pourquoi est-il reparti sur Terre ? Ce n'est pas là-bas qu'elle a été fragmentée...
- Certains de ses morceaux ont changé de plan, lors de sa destruction. Certains sont sur Terre et d'autres ici.
- Je vais les chercher.
- Non. D'autres s'en chargent. Ils sont dans la Région de la Foudre, alors...
- Et tous les fragments sont aussi dans la Région de la Foudre ?
- Nous n'en savons rien. Nous n'avons aucune nouvelle des combattants partis à leur recherche. De plus, ils peuvent être dangereux...
- Je sais. J'ai senti la puissance maléfique de l'épée. Je peux y résister.
- Et ton entraînement ? Ta maîtrise de la magie est limitée, comment veux-tu...
- Je n'ai pas besoin d'être une grande magicienne. J'ai maîtrisé le Feu, et je me débrouille avec l'Air. C'est suffisant pour améliorer mes techniques de combat.
- Pas contre un puissant magicien ! Réfléchis..."
Sarah baissa les yeux un moment, avant de les relever, pleins de résolution.
"J'y vais. Plus nous serons à chercher les fragments de l'épée, moins il y aura de chances pour qu'ils tombent entre de mauvaises mains."
Elle se retourna et commença à partir.
"Euh... comment je peux trouver ces fragments, au fait ?"
Ayate soupira.
"Tu vois ? Tu pars au quart de tour sans réfléchir ! Je veux bien te laisser partir, mais à une condition : fais attention à toi. Pour trouver les fragments, souviens-toi de l'aura de Soul Edge. C'est ça qui te guidera. Mais résistes-y, par tous les moyens !
- Merci, Ayate-Sensei !"

****

"Encore un guignol qui se prend pour un guerrier. Tu vois, trouver ce fragment de l'épée avant moi ne t'a servi qu'à mourir. Comme tes trois camarades."
Kilik regardait Lyosen avec haine, tandis que du sang s'écoulait de sa bouche.
"Et de quatre... Plus qu'un à trouver avant de rentrer. J'ai même eu droit à un idiot armé à chaque fois ! Ils sont amusants ici. J'espère que le dernier fragment est détenu par quelqu'un d'un peu plus puissant, je crois que je finis par m'ennuyer."
Il avait réuni les quatre fragments en un seul. Ils avaient pris la forme d'une sorte de baguette, que Lyosen agita en l'air.
"Le cinquième est plus loin... vers l'ouest."
Il rangea sa baguette à sa ceinture et partit en courant.

****

Sarah se concentrait. Elle se souvenait de cette sensation de mal. Mais elle n'arrivait pas à percevoir cette énergie quelque part. Et puis une petite voix, au fond d'elle, lui dit :
"Va au sud-est."
La jeune fille, qui était sur une colline tout près de la capitale de la Région du Feu, où elle vivait avec Mitsurugi, se leva, et suivit la direction indiquée. Plus elle s'approchait, plus elle percevait une aura maléfique, celle de Soul Edge.
"Enfin, un fragment !"
Effectivement, elle en trouva vite un, par terre dans une grande plaine. Elle le ramassa et sentit l'énergie maudite plus clairement que jamais.
"Avec ça... je peux retrouver les autres."
Elle se concentra de nouveau afin de détecter d'autres fragments de l'épée. Elle en sentit quatre autres, qui s'approchaient d'elle à grande vitesse. Ils étaient à l'est. Elle partit à leur poursuite.
Après plusieurs minutes de course, qui l'avaient peu fatiguée grâce à son entraînement, elle s'arrêta net. Les morceaux de l'épée étaient tout proches, et venaient vers elle. Derrière elle, le soleil se couchait. Il allait bientôt faire nuit. Mais le terrain, complètement plane, et l'absence de nuages, compenseraient le manque de lumière en cas de combat. De plus, la nuit allait être lumineuse grâce à la pleine lune.
Soudain, elle vit une forme humaine se dessiner au loin. Les fragments étaient dans cette direction. Le porteur de malheur s'avança alors vers Sarah, d'un pas lent et déterminé. Avant qu'elle ne pût distinguer son visage, elle le vit tirer l'épée. Elle fit donc de même. S'il voulait se battre, il serait servi. Cette méthode convenait à la jeune fille.
Alors qu'il continuait d'avancer, elle reconnut son visage : c'était lui qu'elle avait affronté lors de son examen ! Le garçon au regard assassin ! Il avait l'air encore plus fort et plus terrible qu'à ce moment-là.
"Toi ! lança-t-elle. Tu recherches les fragments toi aussi ?
- Je dirais plutôt que je les collecte. Je vais te tuer, puis prendre celui que tu possèdes. J'espère seulement que tu m'amuseras un peu plus que mes quatre précédents adversaires.
- Ne crois pas gagner cette fois. Je ne peux pas te laisser répandre le mal comme ça. Et si je dois te tuer... Je le ferai.
- Tu n'as pas l'air convaincue... Tu n'as rien d'une tueuse. Et c'est ce qui manque à ta force. Ton coeur est sensible, donc faible. Le mien ne ressent rien. Je suis fort.
- Tu es peut-être fort, mais tu es un idiot. Si tu es seul, pourquoi est-ce que tu vis, hein ? Pour donner ton âme à cette fichue épée ?"
Le garçon sourit, avant d'éclater d'un rire effrayant. Un garçon si mignon... Pourquoi devait-il être complètement taré ?
"Eh bien, tu m'amuses déjà, petite ! Bien. J'espère que tu as bien profité de ta misérable vie. Car elle se termine ici."
Sarah se mit en garde, tandis que Lyosen bondit sur sa proie. Elle fut rapide et esquiva son coup sans effort, avant de contre-attaquer.
"Bien, tu es devenue rapide ! Je m'amuse déjà ! Ha ha ha !"
Les deux adversaires s'échangeaient des coups à une vitesse ahurissante, tandis que Lyosen riait comme un démon. Sarah commençait à fatiguer. Elle s'éloigna de son ennemi d'un bond en arrière, avant d'enflammer ses armes.
"Tu as même appris la magie ? Je devrais peut-être t'ensorceler pour te forcer à me rejoindre, plutôt que te tuer.
- Je ne me ferai pas avoir par un sort débile ! Je ne vais ni me faire ensorceler, ni me faire tuer !"
Lyosen rit de plus belle et attaqua de nouveau. Le corps à corps devenait gênant pour lui, à cause des langues de feu sur les sabres de Sarah. Elle tenta plusieurs fois de l'atteindre avec son sort, mais il était vraiment rapide.
Soudain, Lyosen recula.
"Tu sais, moi aussi j'utilise la magie ! Tu veux voir ?"
Sarah ne répondit pas. Elle fatiguait et n'avait plus envie de lancer la moindre répartie. Lyosen leva la main gauche, et une salve d'énergie frappa la jeune fille de plein fouet. Elle ne tomba pas. Elle essaya de bloquer la deuxième salve avec ses armes, mais cela ne servit à rien, et elle fut renversée, et désarmée. Ses sabres avaient volé loin, et elle ne serait pas en mesure de les récupérer avant que Lyosen, qui chargeait, ne lui arrive dessus.
Mais alors qu'il arrivait et criait "fini de jouer !", elle dégaina le grand katana qu'elle avait réussi à cacher dans son dos, et para le coup violent de son ennemi, qui fut surpris.
"Tu es pleine de ressources, petite ! Comme la dernière fois ! Allez, fais-moi plaisir ! dit-il, avec son air de plus en plus dément."
Sarah ne maîtrisait pas aussi bien cette arme que ses sabres jumeaux. Elle n'était pas assez rapide et fut rapidement désarmée. Cette fois, elle n'avait plus aucune arme de rechange. Le soleil, derrière elle, s'était couché, tandis que la lune se levait derrière Lyosen. Il lui donna un violent coup de pied dans l'estomac, et elle tomba à la renverse, complètement sonnée. Elle allait se relever, mais la lame de son adversaire lui caressait le menton.
"Je me suis bien amusé. Je t'en remercie."
Il leva son épée. Sarah ferma les yeux.
"C'est fini... se dit-elle. Pardon, Ayate, Mitsurugi... Maman..."
Mais l'épée de Lyosen fut bloquée.
La jeune fille ouvrit les yeux et vit une lame d'un bleu éthéré, venant de derrière elle, retenir celle du Chevalier Noir. Celui-ci semblait abasourdi et enragé à la fois.
"Qui es-tu ? Qu'est-ce que tu fais là ? hurlait-il. Tu n'as même pas l'air d'être humain !
- Tu ne peux pas prétendre l'être non plus, Lyosen, répondit une voix qui semblait familière à Sarah."
Elle se releva et n'en crut pas ses yeux. L'être qui bloquait l'épée noire avait une apparence humaine, mais dégageait une forte aura de magie. Son épée bleue brillait à la lumière de la lune, comme si elle y réagissait. Mais ce qui la surprenait le plus, c'était son visage.
"Tu ne peux pas... Mais... Tu es... Léo ?"
Le dénommé Léo ne se retourna pas, mais lui répondit :
"Ah... C'était mon nom lorsque nous vivions sur le même monde. Je suis Almalexius, le Protecteur. Je suis devenu un dieu mineur à ma mort. Et tu es destinée à le devenir aussi. Mais pas maintenant."
Il repoussa Lyosen avec son épée, qui tomba à la renverse.
"Quant à toi, tu n'es pas destiné à faire le mal.
- De quoi parles-tu ? Je suis un Chevalier Noir, mes pouvoirs sont liés à l'ombre ! Au mal !
- L'ombre et le mal sont deux choses différentes. Mon pouvoir est d'ombre, mais je fais le bien. Cependant, tu devais appartenir à la lumière."
Almalexius tendit la main gauche, et les fragments de Soul Edge en possession de Lyosen vinrent au dieu.
"Tu ne dois pas posséder cela. L'épée sera détruite à jamais, lorsque tous ses fragments seront en ma possession. Son mal ne peut affecter un dieu. Sarah, donne-moi celui que tu as ramassé."
Elle s'approcha de son ancien ami et lui remit le morceau de métal. Tout près de lui, elle le dévisagea. Il la laissa faire.
"Tu as... changé...
- Je ne suis plus un humain, mais un être de magie.
- Et... Sofia ?
- Elle est aussi une déesse. Et elle a gardé le même nom. Nous veillons sur toi tous les deux. Comme ce soir, nous te protégerons de la mort de notre mieux."
Il se tourna de nouveau vers le vaincu :
"Tu seras délivré de l'influence de Vaati. En attendant, retourne en Hyrule. Il va y revenir. Dis-lui qu'il ne pourra pas vaincre les dieux, et que les cinq fragments que tu cherchais lui ont été confisqués."
Il tendit la main vers Lyosen, qui disparut dans un éclair aveuglant. La nuit redevint calme.
"Je suppose que tu as un tas de questions à me poser, dit-il sans se retourner.
- Je... Bah..."
Sarah éclata en sanglots.
"T'étais où pendant tout ce temps, quand j'étais toute seule ? Si vous êtes devenus des dieux, pourquoi vous pouviez pas me voir ? Qu'est-ce que vous aviez à faire de si important pour m'oublier ?"
Tandis qu'elle pleurait, Almalexius la prit dans ses bras.
"Je suis vraiment désolé. Nous ne pouvions pas, car en tant que dieux, nous avons des responsabilités... Et puis nous avons perdu une partie de notre humanité. Nous avons moins de sentiments, pour pouvoir être impartiaux, nous sommes les juges de ce monde. Et surtout, si nous n'avons pas pu venir... C'est parce que nous sommes des dieux de ce monde, pas de la Terre.
- C'est rien, je comprends, répondit-elle en séchant ses larmes. Je serai plus forte désormais.
- Je crois que tu n'as pas idée de la force que tu as gagnée depuis le début de toute cette histoire. Tu sais, les dieux mineurs étant de plus en plus nombreux, nous devrions pouvoir venir à toi de temps en temps. Mais ce ne sera plus jamais comme avant. Nous ne pouvons plus être tes amis.
- OK... Alors... Lyosen ne cherche pas les fragments pour lui, d'après ce que tu as dit... C'est qui ?
- Un sorcier malfaisant du nom de Vaati. Il est apparu en Hyrule, et à présent il est sur Terre. Mitsurugi et Isabella y sont allés. Tu devrais t'y rendre aussi. Pour l'instant, Vaati n'a pas commencé les recherches, mais il a réactivé la magie et maudit la planète entière pour la plonger dans les ténèbres et le désespoir. Il a également créé une armée semblables aux Solaires. Ce sont les Lunaires.
- Tu veux dire qu'il a la Tiare de Foudre ?
- Exactement. Ne t'en fais pas, nous allons pouvoir intervenir grâce à la nouvelle magie. A présent, retourne en ville, et va prévenir ton maître magicien. Sofia et moi t'attendrons sur Terre."

Isabella et Mitsurugi marchaient d'un pas vif à travers les bois. Ils pensaient avoir repéré un fragment de l'épée dans ce secteur. Le fait que, une fois détruite, l'épée cherchait d'elle-même à se reconstituer était un avantage : si on trouvait un morceau, il guidait vers les autres. Soudain, le samouraï s'arrêta.
"Silence. Nous sommes suivis.
- Par qui ? chuchota Isabella.
- Je ne sais pas... Ils sont environ vingt... Ils doivent aussi être après le fragment."
Il dégaina silencieusement son katana, tandis qu'Ivy se tint prête avec son épée-serpent.
"Je le vois... dit-elle. A dix mètres. Là.
- Je vais le prendre. Ne bouge pas."
Mitsurugi s'avança silencieusement. Il se baissa, et au moment où il saisit le morceau de métal, il entendit les cris de guerre des créatures qui les avaient suivis. Il rejoignit rapidement sa coéquipière, tandis que de petites créatures à la peau violette sautaient des arbres.
"Des Solaires ? s'écria Isabella.
- Impossible, ils venaient de la Tiare détruite ! Ils doivent venir de l'autre, qui est restée en Hyrule !"
Les créatures étaient nombreuses, mais bien plus faibles que les deux combattants. Mitsurugi les tranchait une par une, tandis qu'Isabella faisait danser sa lame, frappant plusieurs adversaires en peu de temps, mais pas de façon mortelle. Un seul l'atteignit au bras, mais son coup ricocha contre la pièce métallique qui protégeait la combattante. En moins de cinq minutes, les vingt assaillants étaient morts.
"Je crois qu'on peut en déduire que le porteur de la Tiare de Foudre est dans les parages, et qu'il a une ambition au moins aussi grande que celle qu'avait Sorel... Et il veut aussi Soul Edge, dit Mitsurugi.
- Exactement, fit une voix."
Il apparut devant eux. Un mage avec des airs de gamin, tout de noir vêtu. Il les railla de son rire aigu et agaçant.
"Je vous remercie d'avoir récupéré ces deux fragments de l'épée pour moi. Je n'ai pas le temps de m'occuper des recherches moi-même pour le moment. Continuez à les ramasser, je viendrai à vous quand vous les aurez tous.
- Qui es-tu toi ? s'écria Isabella.
- Mon nom est Vaati. Je serai bientôt le maître d'Hyrule, de cette Terre, et des Royaumes de la magie.
- Pas si on te fait ta fête avant, dit-elle en se jetant sur le sorcier."
Le coup le traversa, comme un fantôme.
"C'est inutile. Je ne suis pas là en personne. Ce n'est qu'un hologramme. Sachez que vos efforts sont vains."
Il montra l'épée courte qu'il avait créée grâce aux fragments de Soul Edge qu'il possédait déjà.
"Ils étaient vingt, éparpillés partout. En voici sept. Huit autres sont dans ce monde, vous en avez deux. Mon Chevalier Noir est dans les Royaumes de la magie, et il est en train de récupérer les cinq manquant. Quand j'aurai l'épée, j'absorberai son pouvoir, ainsi que celui du diadème enchanté. Je serai plus puissant qu'un dieu. Et on ne peut vaincre un dieu !"
L'hologramme disparut.
"Que faisons-nous, Heishiro ? S'il possède la Tiare et une partie de l'épée, nous ne pourrons pas le vaincre... Devons-nous laisser les autres fragments où ils sont ?
- Non, ils pourraient tomber entre les mains d'innocents. Ils subissent déjà le Brouillard des Ténèbres...
- A ce propos, pourquoi ne sommes-nous pas affectés ?
- Je ne suis pas sûr. Soit il prend effet au bout d'un certain temps, et il peut être là depuis un bon moment, soit il n'est effectif qu'au moment de son apparition. Bien, allons chercher le reste de ces fragments maléfiques. Nous aviserons plus tard. Nous pourrons retourner dans les Royaumes et les sceller une fois que nous les aurons tous."

****

"Lyosen. Te revoici. Sans les fragments...
- Maître... Je... Vous ne pourrez pas vaincre les dieux... Les cinq fragments ont été... confisqués."
Vaati resta un moment sans rien dire. Son visage restait impassible.
"Les dieux... Alors nous avons un ennemi de taille.
- Que dois-je faire, Maître ?
- Pour le moment, rien. Tu ne m'es pas utile. Nos ennemis collectent les fragments sur Terre pour nous. Je m'occuperai d'eux en temps voulu. Ensuite, j'irai voir ce prétendu dieu. J'ai vu le jour bien avant lui. Je saurai le défaire. Oui... Je sais comment faire. Repose-toi. Quand tu seras en forme, viens sur Terre. Je te dirai quoi faire."
Lyosen se dirigea vers le fond de la caverne, tandis que Vaati sortait. Tout à coup, une vive douleur saisit le Chevalier Noir à la tête.
"Mais tu as échoué, je ne peux pardonner un échec, même face à un dieu ! cracha Vaati. Tu dois être puni !"
Le sorcier du mal ne bougeait pas, tandis que Lyosen hurlait de douleur.
"Tu cries ? Quelle faiblesse. Enfin, je n'ai pas pu trouver mieux, alors... je ne vais pas te tuer."
La douleur s'arrêta. Lyosen se coucha en position foetale sur sa couche. Pourquoi son Maître l'avait-il blessé ? Les paroles du dieu lui revinrent en tête. Délivré de l'influence de Vaati ? Oui... Ce gamin n'était pas son Maître, mais un sorcier prétentieux qui l'avait ensorcelé ! Il n'avait jamais eu besoin de lui ! Il irait sur Terre une fois reposé, mais pas pour lui obéir. Il le tuerait.
Il s'endormit, épuisé.
"Tu devais appartenir à la lumière."
Dans son rêve, il revit des moments qu'il pensait oubliés à jamais. L'Ordre des Paladins... On l'y avait emmené quand il avait quatre ans, après le meurtre de ses parents. Tout l'intimidait alors. Mais il se fit vite des amis : Arthur, Maeve, Victor, Elena... Des apprentis, comme lui. Et les instructeurs, toujours chaleureux et patients. Pendant dix ans, Lyosen était le plus doué de l'académie de l'Ordre. Et un jour, il sombra dans l'ombre et le mal. Il avait trouvé cette épée maudite. Mais il était devenu si fort avec...
Quand le grand maître de l'Ordre avait voulu la détruire, Lyosen l'avait tué. Après, il avait tenté de massacrer tout le monde. Ses anciens camarades n'avaient pas survécu, mais il avait été stoppé avant d'aller plus loin. Mort ? Non. Son âme avait survécu dans l'épée, qui s'était volatilisée... Et qui avait reconstitué son corps. En plus fort.
"Vis pour toi, lui disait la lame maudite. Ne t'occupe pas d'autrui, car personne, à part moi, ne s'occupera de toi. A partir de maintenant, Lyosen, tu ne pleures plus. Tu es A MOI !"
Il se réveilla. Il pleurait. Qu'avait-il fait ? Ses amis... Tués... Non, ce n'était pas lui, c'était l'épée, c'était l'épée, se répétait-il. L'ombre ? Non. Le mal contenu dans l'épée. Il réalisa que Vaati avait déjà annihilé ce mal, pour le remplacer par sa volonté. A présent, plus rien ne retenait l'esprit du jeune homme. Il restait un Chevalier Noir, mais n'apporterait plus le mal.
Il se leva et regarda la nuit au dehors. Il avait dormi à peine une heure, mais se sentait complètement reposé. Il resta là, à contempler le ciel sans nuage. Il laissait les larmes ruisseler sur son visage. Toutes les atrocités qu'il avait commises... Il devait les expier. Il irait au château d'Hyrule le lendemain et dirait tout à la Princesse. Il se rappela du chevalier en vert qu'il avait tué... Le héros d'Hyrule ! Tous ces combattants dans le Royaume de la magie... Et cette petite, qui avait été protégée par le dieu, son ancien ami... Il devait aller avec elle, la protéger ! Il restait du côté de l'ombre, mais redeviendrait un vrai Paladin !
Il contempla le ciel tout en se repentant intérieurement de ses meurtres, jusqu'à ce que le soleil se lève. Il se souvint enfin de la beauté du jour, plus radieux qu'une nuit étoilée. Il se dirigea alors vers la cité, tout d'abord en marchant lentement, puis il accéléra jusqu'à courir.
En ville, il s'arrêta devant le château. Il s'adressa aux gardes :
"Je suis le Chevalier Noir qui a causé du trouble en Hyrule dernièrement. Je souhaiterais voir la Princesse Zelda afin de m'excuser.
- Tu crois qu'on va t'croire, gamin ? lança l'un des gardes. Encore un taré qui veut entrer au château sans raison valable !"
Il regarda Lyosen plus attentivement.
"Tu corresponds au signalement... Mais ça m'a tout l'air d'un piège. On va t'escorter à l'intérieur. Tu vas nous donner tes armes. Au moindre geste suspect, ma hallebarde se retrouvera dans ton estomac. Vu ?
- Vu, répondit-il en lui donnant son épée. Je ne porte aucune autre arme."
Après une fouille rapide, le garde acquiesça et entra dans la cour. Lyosen le suivit et le second garde le talonna. Le Chevalier fut guidé à l'intérieur du bâtiment jusqu'à une grande salle, où Zelda parlait avec ses conseillers. Il y avait une autre femme, qui ressemblait à une Elfe noire.
"Princesse Zelda, cet homme prétend être le Chevalier Noir responsable des récents troubles d'Hyrule."
La Princesse se leva, abasourdie, et dévisagea Lyosen. Il n'avait absolument pas l'air mauvais... Un piège ?
"Midona ?"
La Princesse du Crépuscule s'avança et posa ses mains sur les tempes de Lyosen.
"Il dit vrai. Mais il n'est plus mauvais. Tous ses actes n'étaient pas issus de sa volonté. En fait il n'est pas à blâmer.
- Pas à blâmer ? s'exclama Michaël. Mais les faits sont là, il y a bien un responsable et il doit être puni !
- Sauf que le responsable en question est soit déjà mort, soit trop loin, dans le temps et dans l'espace, pour qu'on puisse l'atteindre.
- Si vous cherchez un responsable à punir, j'accepterai d'être condamné à mort, dit Lyosen. Mais avant, je dois réparer le mal que j'ai au moins contribué à répandre.
- Nous ne vous punirons pas, lui répondit Zelda. Votre coeur est bon. Vous nous aiderez, puisque c'est votre souhait et le nôtre aussi.
- Je suis à vos ordres, Princesse, dit-il en s'agenouillant.
- Très bien. Commencez par nous dire ce que vous savez sur cette affaire. Et relevez-vous, je vous prie. Le formalisme n'a jamais été ma tasse de thé.
- Eh bien, comme vous le savez, continua-t-il en se levant, l'épée Soul Edge a été détruite il y a un bon moment dans la plaine d'Hyrule. Certains de ses fragments se sont dispersés dans le pays, tandis que d'autres ont changé de plan, allant sur Terre ou dans le Royaume de la magie. C'est par hasard que je suis tombé sur l'un de ces morceaux qui dégageait de l'énergie maléfique, près de la Citadelle. Vaati, le sorcier maléfique, en retrouvait plusieurs au même moment, et à l'aide de ses pouvoirs, il m'a ensorcelé. Il a réussi, avec mon aide, à collecter les sept fragments dispersés dans Hyrule. Il m'a ensuite envoyé dans le Royaume de la magie pour trouver cinq fragments, pendant qu'il allait sur Terre pour trouver les huit derniers. J'ai trouvé les fragments, mais un dieu me les a confisqués, tout en me délivrant de l'emprise de Vaati. Je dois aller retrouver ce sorcier sur Terre dans peu de temps, pour continuer ma mission. Je pensais y aller... et le tuer."
Pendant un moment, le silence régna. Puis Midona prit la parole.
"Ce serait un bon plan, s'il n'était pas aussi puissant. Ne le prenez pas mal, Chevalier, mais seul, vous n'avez aucune chance de l'abattre. Il nous faudrait y aller à plusieurs, et encore, je ne sais pas si nos pouvoirs conjugués suffiront. Que savez-vous de sa puissance ?
- Peu de choses, Princesse. Je n'ai pas eu l'occasion de voir beaucoup de ses pouvoirs. Mais il est au moins assez puissant pour annihiler une volonté... Et il a Soul Edge...
- Il n'a pas toute l'épée, il ne devrait pas en tirer grand-chose. Et puis cette lame a la propriété de consumer l'âme de son porteur, alors..."
La porte s'ouvrit soudain. Link entra, accompagné de deux gardes. Lyosen fut agréablement surpris de le voir en vie, mais le héros porta sa main gauche à son épée.
"Non, Link, il est avec nous, dit Zelda.
- Avec nous ? Il a failli me tuer, Princesse !
- Ce n'était pas de son plein gré, intervint Midona."
Link baissa sa garde. Lyosen s'approcha de lui.
"Ecoute... Je suis désolé. Je suis surtout content que tu ne sois pas mort... Mais... comment as-tu survécu ?
- Je suis tombé dans la source de l'Esprit, qui a la propriété de soigner ceux qui utilisent son eau. Ma blessure n'a donc pas été fatale. Je suis en vie et de nouveau prêt pour la bataille, c'est l'essentiel."
Le héros tendit la main et Lyosen la serra.
"Je suis content de t'avoir pour partenaire, plutôt que comme ennemi !"

Sarah courait, guidée par la lumière de la pleine lune. Si le combat contre Lyosen l'avait fatiguée, elle était encore capable de voyager rapidement. Sa cape volait derrière elle, tandis qu'elle approchait de la ville. Un bon bain, un gros dodo, et elle irait voir Ayate le lendemain !
En ville, la nuit était particulièrement calme. Seuls ses pas troublaient le silence, tandis qu'elle se dirigeait vers la maison de Mitsurugi. Plus elle avançait, plus elle ralentissait, moins par fatigue que par méfiance : d'habitude on pouvait voir quelques activités nocturnes par-là...
Elle atteignit la maison et prit son bain sans encombre, avant de s'endormir comme une masse dans la baignoire. Elle s'éveilla alors que le soleil pointait à peine le bout de son nez.
"Zut... J'étais vraiment crevée pour m'endormir ici..."
Elle sortit du bac rempli d'eau qui avait refroidi, et fit quelques mouvements. Elle avait quelques courbatures, mais rien de bien méchant. Elle s'habilla, puis sortit pour aller acheter quelque chose à manger (trois ou quatre croissants, se disait-elle, lui feraient un bien fou). Mais la ville était toujours aussi déserte que la veille. Une lumière dorée commençait à envahir les rues, mais l'air était plus froid qu'il aurait dû être. Sarah frissonnait. Elle n'aurait pas dû sortir sans sa cape chaude... Ni sans ses armes.
La boulangerie n'était pas ouverte. Elle courut jusqu'à l'académie de magie pour trouver Ayate, son petit-déjeuner attendrait. Mais là encore, personne à l'intérieur. Elle appela, mais personne ne répondit. La peur la prit au ventre. Elle saisit son courage à deux mains et se dirigea vers le portail de transfert. Elle devait aller sur Terre.
Mais un petit détail lui revint en tête alors qu'elle se tenait devant le cercle magique :
"Erf... Comment ça marche ce truc ?"
Comme si les dieux avaient entendu sa prière, le portail fut enclenché.
"Lé... Almalexius ?
- Entre. Je t'attends sur Terre, lui répondit une voix qui semblait être celle du dieu."
Elle s'exécuta. Après le tourbillon de couleurs, elle retrouva un endroit presque familier : la pièce secrète de la maison de son maître. Elle sortit et fut frappée d'horreur en découvrant à quel point son monde natal avait changé depuis son départ. Les ténèbres l'avaient envahi. Plus aucune fleur, aucune feuille sur les arbres. Le gazon était gris, voire noir par endroits. Des nuages rouges et noirs couvraient le ciel. Le fleuve qui passait à travers la ville était recouvert d'une brume sombre, et des poissons flottaient à la surface. Sarah fit un pas en avant et écrasa un oiseau mort. Elle poussa un cri étouffé en portant ses mains à son visage. Et elle éclata en sanglots.
"C'est pas vrai... Qu'est-ce qui s'est passé ? C'est le sorcier qui a fait tout ça ?"
Elle s'assit sur le perron et tenta de se calmer. Une silhouette s'arrêta devant elle et une voix féminine qu'elle connaissait bien lui dit :
"Allons, je te croyais plus forte que ça."
La jeune fille leva les yeux et crut voir un ange.
"Sofia ? C'est toi ?"
L'ange lui sourit et lui tendit la main. Elle était habillée à la façon d'une guerrière grecque, avec des sandales dont les bandes de cuir montaient presque jusqu'au genou, une jupe courte bleue et blanche, ornée de petites plaques d'or, une cuirasse légère faite de fines plaques du même métal, et une couronne de laurier sur la tête. Elle était armée d'une grande rapière dont la garde ressemblait à des ailes d'or, et d'une targe (NdA : la targe est un petit bouclier dont le diamètre ne dépasse pas 40 cm). Sarah lui rendit son sourire, et se releva.
"Je suis devenue la déesse de la sagesse et de la lumière. Mais j'ai toujours le même nom.
- C'est bizarre... Léo... Enfin Almalexius, m'avait fait un drôle d'effet quand je l'ai vu la nuit dernière... Et là...
- C'est parce que nous avons perdu une partie de notre pouvoir en venant ici. Vaati a réactivé la magie et la contrôle en partie, ce qui fait que nous, dieux d'un autre plan, sommes redevenus mortels.
- Mortels ? Mais comment on va faire ?
- Rassure-toi, nous sommes toujours très forts. Mais notre impartialité magique n'a plus d'effet ici. Pour des dieux, c'est plutôt contraignant...
- Bah, si vous êtes de mon côté et que vous aviez prévu de toute façon de m'aider, ça ne change rien au plan, non ?
- C'est quand même dangereux, fit la voix d'Almalexius, qui arrivait."
Sofia avait dit vrai : l'aura de puissance divine que Sarah avait ressentie n'entourait plus son ancien ami. Elle retrouva le Léo qu'elle connaissait, et ne put s'empêcher de l'appeler par ce nom.
"Léo ! Euh...
- Je comprends ta confusion, elle était prévisible. Tu peux m'appeler comme ça tant que je n'ai pas recouvré mon immortalité. Je ne suis plus un dieu ici. Nous nous sommes trompés. Vaati... peut défier les dieux. Et il est plus puissant qu'il ne l'a jamais été, même dans ses vies antérieures.
- Ses vies antérieures ? fit Sarah avec des yeux ronds.
- Oui, il a plusieurs fois été tué, scellé... mais est toujours revenu.
- Et il s'est toujours pris pour un dieu, ajouta Sofia. Il veut conquérir Hyrule et le Royaume de la magie."
Sarah regarda autour d'elle.
"C'est lui qui a fait tout ça ? demanda-t-elle.
- Oui, répondit son amie. Il a empli le monde de ténèbres. C'est ce sort qui nous a affaiblis. Il est destiné à plonger les hommes dans le désespoir, et aussi à rendre les dieux mortels. Il se nourrit de ce qu'il nous a pris, et devient plus fort.
- Nous n'aurions pas dû venir ici, reprit Léo. Nous ne pourrons reprendre ce que nous lui avons donné... Oh bien sûr si nous rentrons dans le Royaume, nous retrouverons notre force, mais elle ne nous servira à rien contre lui.
- Seul un mortel pourrait le vaincre. Mais il lui faudrait la puissance d'un dieu.
- Je suppose que le mortel en question devra être moi ? demanda Sarah.
- Oui, mais pas seule, répondit Léo. Dans peu de temps nous devrions recevoir de l'aide en provenance d'Hyrule.
- Et aussi de ton maître d'armes. Lui et Isabella sont ici."
Sarah sourit, soulagée d'entendre que son maître allait bien.
"Et ton père ? demanda-t-elle à Léo."
Il baissa les yeux.
"Il se meurt. Les ténèbres et le pouvoir de Soul Edge le rongent. Malgré les cinq fragments que nous gardons dans le Panthéon, les quinze autres auront raison de lui si nous ne réussissons pas rapidement.
- Oh... je suis désolée.
- Ce n'est rien, dit-il en souriant. De toute façon il fallait bien que tu le saches."
Des bruits d'armures se firent entendre. Un groupe de soldats, en armures violettes, approchaient. Ils étaient entièrement couverts, si bien qu'on ne pouvait dire s'ils étaient humains, ou autre chose... Il y avait une quinzaine de soldats, derrière un officier. Du moins, c'était ce que suggéraient les armures. Les soldats étaient un peu plus petits que des humains de taille normale (environ un mètre quarante), et portaient tous une épée aussi bien faite pour porter des coups de taille que des coups d'estoc, tandis que l'officier mesurait près de deux mètres et portait un très grand cimeterre et un pavois (NdA : le pavois est un grand bouclier, couvrant presque entièrement le corps).
Il s'avança vers les trois compagnons.
"Vous êtes ceux qui sont venus pour arrêter le Seigneur Vaati, maître de cette Terre. Une combattante et deux dieux affaiblis par le pouvoir de mon Maître... Vous n'êtes donc plus des dieux à présent. Nous allons nous débarrasser de vous."
Sa voix était semblable à celle d'un démon issu des enfers. Il tira son arme, suivi par ses soldats. Sarah, Léo et Sofia les imitèrent.
"Nous ne sommes peut-être plus immortels, mais nous ne sommes pas faibles, lança Léo, en pointant son épée sur l'officier. Vous êtes des Lunaires, issus de la Tiare de Foudre, je présume. Bien qu'étant plus forts que les Solaires créés par Sorel, vous ne nous arrivez toujours pas à la cheville."
Deux soldats se jetèrent sur Léo, qui les coupa en deux d'un seul coup d'épée. Quelques secondes après, les quatre morceaux remplacèrent les parties manquantes de leur corps, et les deux Lunaires devinrent quatre. Léo sourit.
"Un challenge intéressant. Voyons-voir..."
Il leva son épée devant lui et fit mine de donner un coup vers l'avant : la lame-serpent se déploya et s'enfonça dans le ventre d'un des monstres. Quand Léo retira sa lame, le Lunaire ne chuta pas.
"Ainsi les coups normaux ne vous font rien. Bien. J'aurais dû me douter que ce sale gosse aurait un peu plus d'imagination que mon précédent adversaire. Sarah, Sofia, restez en arrière pour le moment.
- Léo... fit Sofia. Tu es sûr que ça va marcher ?
- Bien sûr que non, mais il faut bien tenter tout ce qu'on pourra pour s'en débarrasser. Si les coups normaux ne leur font rien, à part les démultiplier, il vaut mieux essayer la magie."
Léo tint son épée droite devant lui, le fil face à lui et à ses opposants. Soudain, une énergie puissante se dégagea de la lame. Il donna une série de coups dans le vide, en direction des Lunaires, et des lames de vent en sortirent. Les quatre soldats furent réduits en morceaux.
"Bien. Passons aux..."
Mais Léo parla trop vite : chacun des morceaux reconstitua un corps entier. Une cinquantaine de Lunaires faisaient face au dieu mortel.
"Nul n'est à l'abri de l'erreur, faux dieu, dit l'officier. Que vas-tu tenter à présent ?"
Sofia s'avança d'un pas.
"Léo, tu as agi trop vite. Regarde quelle est leur nature avant de tenter autre chose.
- Tu as raison. Désolé."
Il ferma les yeux. Son esprit se tendait vers ses ennemis. Il s'introduisit dans l'esprit d'un des soldats, puis étudia le fonctionnement de son corps. A part un flux immense d'énergie magique faite pour utiliser la foudre, leurs corps étaient ceux d'humains, en plus petits. Ils respiraient.
"Votre faiblesse est percée à jour, monstres. Mourrez."
Les Lunaires furent parcourus de soubresauts, et plusieurs tombaient à genoux ou sur le dos, les mains sur la gorge ou la bouche. Quelques minutes plus tard, plus aucun ne bougeait. De l'eau s'échappait d'en dessous de leurs casques. Léo les avaient noyés. L'officier sembla se crisper sur ses armes.
"C'était un sort puissant, mais inutile contre moi, dit-il."
Léo envoya sa lame-serpent dans l'idée de le transpercer, mais l'officier leva son pavois, et une onde de choc repoussa la lame. L'énergie remonta jusqu'à Léo, qui fit un vol plané en arrière.
"Les attaques à distance non plus ne m'affectent pas. Je peux vous le dire : vous ne pourrez m'avoir qu'au corps-à-corps, je ne dispose pas des mêmes propriétés de clonage que ces soldats. Mais je suis trop fort pour vous. Je suis le plus grand épéiste sur cette Terre !
- Cette Terre, oui, c'est le mot !"
Ils étaient arrivés à point nommé. Derrière l'officier Lunaire se trouvaient Mitsurugi et Isabella, accompagnés d'un groupe de combattants Hyliens : Midona, le général Michaël, Link, et Lyosen. Tous avaient leurs armes tirées, ou étaient prêts à lancer un sort.
Sarah regarda Lyosen et fut abasourdie.
"Mais... qu'est-ce que tu fais là toi ? T'es pas avec les méchants.
- Plus maintenant, répondit-il en souriant. J'ai retrouvé ma volonté propre. Je n'ai jamais voulu faire de mal à personne, sauf à ceux qui ont commencé. J'ai perdu une partie de mes pouvoirs, ceux conférés par la haine contenue dans cette épée, mais je commence à retrouver mon ancienne force de Paladin. Et... je voulais m'excuser, pour l'autre fois...
- Oh... ben... c'est rien.
- Alors, on s'occupe de cet impertinent, oui ou non ? dit Léo en se relevant. A neuf contre un, il ne nous résistera pas très longtemps."

Les neuf combattants encerclaient l'officier Lunaire. Celui-ci ne broncha pas. Au contraire, il se mit à rire.
"Haha ! Vous êtes tous des guignols ! Je vous aurai tous mis hors de combat en peu de temps... Mon Maître Vaati est le Seigneur et Dieu de ce monde, nul ne peut s'opposer à lui !"
Il avait prononcé cette phrase avec un fanatisme dément, comme s'il était possédé. Lyosen, devant lui, s'avança d'un pas.
"Vaati n'est pas un dieu... Ce n'est qu'un sale gosse qui se prend pour un sorcier ! Sa magie de pacotille ne m'a pas retenu bien longtemps, face à la puissance d'Almalexius !
- Almalexius... Il n'est rien ici... S'il est si puissant, pourquoi a-t-il échoué en voulant m'abattre, hein ? Il n'existe même pas en tant que dieu ici, il n'est qu'un simple mortel !
- Sofia et moi sommes peut-être mortels, dit Léo, mais derrière nous se trouve tout le Panthéon du Royaume de la magie, gouverné par le Dieu Suprême, être de magie pure. Sa force s'opposera à celle de Vaati, à travers nous, où que nous soyons. Nous n'avons qu'à faire appel à son pouvoir infini."
Un rire aigu et glacial retentit alors. Il était familier à certains.
"Un Dieu Suprême, vous dites ? lança la voix de Vaati, tandis que le sorcier apparaissait aux côtés de son officier. Allez-y. Invoquez-le."
Il ne dit plus rien, et ne bougea pas. Personne ne bougeait.
"Invoquez son pouvoir. Je veux voir ce que ça donne.
- Et depuis quand tu nous donne des ordres, espèce d'empereur en carton ? hurla Sarah, les nerfs à rude épreuve.
- Ce n'est pas à toi que j'ai parlé.
- J'vais te...
- Calme-toi, Sarah, dit Léo. Nous allons l'invoquer, puisque c'est son souhait."
Sofia et lui rangèrent leurs armes, et s'avancèrent. Ils joignirent leurs mains devant eux, et fermèrent les yeux. L'énergie magique affluait vers eux, et un halo de lumière blanche les entoura. Le flux d'énergie magique était impressionnant. Quelques minutes plus tard, Léo et Sofia avaient retrouvé toute leur puissance divine. Peut-être plus encore : les yeux d'Almalexius brillaient de flammes bleues, et Sofia émettait une puissante aura de lumière. Ses ailes d'ange n'étaient que lumière d'or, aussi pure que celle de la Triforce.
La voix d'Almalexius résonna comme l'orage :
"Reculez. Nous allons nous occuper d'eux."
Les deux dieux tirèrent les armes. Ils se jetèrent sur l'officier, Sofia en plaçant un coup d'estoc et Almalexius arrivait en taillant. Malgré la rapidité de leurs coups, le cimeterre géant dévia la rapière divine et le pavois arrêta l'épée serpent.
"Moi aussi je suis soutenu par un dieu, dit le Lunaire. Et ce dieu est maître de la magie en ce monde.
- Ne soyez pas trop confiant tout de même, Général Griffe d'Ours, dit Vaati en s'éloignant, leur puissance est immense. Même avec mon soutien, si vous ne faites pas attention, ils vous battront."
Sofia se replaça en position de combat, mais Almalexius tendit le bras devant elle.
"Laisse-moi m'en occuper seul pour le moment.
- D'accord, répondit-elle."
Il leva le bras gauche, et fit apparaître un bouclier de la même forme que le bouclier d'Hylia. Celui-ci était bleu luisant, comme la lame-serpent du dieu. Ces armes n'étaient pas aussi grandes que celles du Général, mais leur puissance était presque palpable.
Le Lunaire se jeta sur Almalexius, qui bloqua le coup de cimeterre avant de contre-attaquer par un coup d'estoc cette fois. Le pavois bloqua le coup, de face, et absorba tout le choc. La lame glissa sur la surface lisse du bouclier, et le dieu faillit tomber en avant. Alors que Griffe d'Ours allait lui trancher la tête, Almalexius disparut, pour réapparaître juste derrière le Général. Malgré la rapidité de son attaque, le Lunaire esquiva. Comment était-ce possible ? Il ne pouvait pas l'avoir vu !
Puis il comprit : Vaati. Lui voyait toute la scène de là où il était, et devait transmettre ce qu'il voyait à son pantin.
L'esquive du Général le plaça juste devant Sofia. Elle tenta d'attaquer, mais Griffe d'ours lui saisit le bras droit et le serra jusqu'à ce que la déesse lâche son arme. Même la puissance du Dieu Suprême n'était pas suffisante contre celle de Vaati et son Lunaire. Ce dernier saisit sa proie à la gorge, et fit un bond d'une trentaine de mètres pour éviter l'assaut d'Almalexius. Il commença à l'étrangler, et une énergie très sombre, très ténébreuse sortit de sa main : il parvenait à ôter la vie à un être immortel ! Tandis que l'autre dieu arrivait sur lui, le Général bondit de nouveau, s'enfuyant avec Sofia tout en continuant à l'étrangler. L'énergie vitale de la déesse passait à Griffe d'Ours, qui la retransmettait à Vaati. C'était ainsi qu'il se nourrissait de puissance et d'immortalité.
Sarah lança un kunai sur le Lunaire, mais il ricocha simplement sur la lourde armure. Almalexius ne semblait pas réussir à le rattraper, et les trois protagonistes furent bientôt hors de vue pour les autres. Sauf pour Vaati : il avait les yeux fermés, et devait donc continuer de suivre la scène d'une manière ou d'une autre.
"Non c'est pas vrai, qu'est-ce qu'on fait ? s'écria Sarah.
- On attend, répondit Mitsurugi. Nous ne pouvons pas intervenir dans un combat digne de la puissance des dieux.
- Exactement, lança Vaati. Elle va mourir, et je prendrai sa vitalité. Ensuite, ce sera le tour d'Almalexius. Quand j'aurai bu leur énergie vitale, je serai immortel. Plus rien ne m'arrêtera.
- Ce moment n'est pas encore arrivé, répliqua Lyosen. Tu es toujours mortel !"
Il tira son épée, et se jeta à corps perdu sur le mage noir, mais celui-ci était protégé par une barrière invisible. Le jeune homme fut repoussé, et si Sarah n'avait pas réagi assez vite, sa tête aurait heurté un mur en pierre.
"Ça va ?
- Oui, merci. Je t'en dois une, répondit-il.
- Il faut trouver un moyen de briser sa barrière, comme ça on le forcera à réagir ici, et il laissera Sofia tranquille, dit la jeune fille.
- J'ai la technique, mais pas la puissance. Il faudrait que je réunisse le plus d'énergie magique possible. Peux-tu m'en prêter ?
- Je crois, oui... Et ça suffira ?
- Non. Tout le monde, écoutez ! J'ai besoin que vous m'aidiez à démolir sa barrière magique !
- Je vois, répondit Midona. Tu vas utiliser la Rune Brise-Garde ?
- Oui.
- C'est dangereux... Si nous échouons...
- Nous allons réussir, Princesse du Crépuscule. Mettez tout le monde en position."
Lyosen se plaça face à Vaati, et Midona fit former aux autres deux arcs de cercles derrière lui. Elle se plaça juste derrière, et tendit les mains vers le jeune homme. L'énergie commença à affluer vers lui, tandis qu'il psalmodiait une incantation dans une langue inconnue de presque tous. Un cercle lumineux apparut devant le groupe, et d'étranges symboles ésotériques s'inscrivirent dedans et autour. Le Sceau ainsi formé alla se placer sur la garde de Vaati, qui ouvrit les yeux : un énorme bruit de verre brisé retentit, tandis que la barrière d'énergie volait en éclats. Lyosen s'écroula, épuisé. Sarah se baissa pour le soutenir, tandis que Link et Mitsurugi tirèrent leurs armes et fondirent sur le mage noir, qui sauta en arrière et se mit à flotter en l'air. Il toisa le groupe férocement.
"Vous avez gagné, cette bataille, mais pas la guerre. Je puiserai l'énergie de leur Dieu Suprême. Je vous tuerai tous."
A ce moment-là, Sofia et Almalexius revinrent, leurs épées plantées dans l'armure du Général. Quand ils les retirèrent, Griffe d'Ours s'écroula, mort. L'aura d'immortalité s'évapora des deux dieux, et Léo lança un regard victorieux à Vaati. Celui-ci le toisa avec férocité. Il ne dit rien, et disparut.
Lyosen se releva.
"On a réussi ? demanda-t-il, la voix faible.
- Ouais, ils lui ont botté les fesses ! répondit Sarah, enjouée.
- A Vaati ou au Lunaire ?
- Seulement au pantin, répondit Léo. Honnêtement, je ne vois pas comment on pourra le battre pour de bon. Surtout s'il retrouve plus de fragments de l'épée. Où sont les deux fragments qui ont été pris ?
- Je les ai, répondit Isabella.
- Je vais les prendre. Ils iront au Panthéon, avec les autres. Deux de moins contre nous. Et puis... cela sauvera peut-être mon père..."
Sofia tomba à genoux, les mains sur la gorge. Sarah accourut, mais la déesse leva la main :
"C'est normal. Ne t'en fais pas. Je n'ai rien. Je vais aller mieux d'ici quelques instants."
Sarah eut un regard troublé, mais ne protesta pas. Elle se tourna vers Léo, se rappelant quelque chose d'important :
"Au fait, quand je suis sortie de chez Mitsurugi tout à l'heure pour venir ici, il n'y avait plus personne dans la ville... Que s'est-il passé ?
- Je n'en sais rien. Je pourrai te répondre quand j'y serai retourné. En attendant, le mieux est que tu ailles à Hyrule avec Lyosen et les Hyliens. Heishiro et Isabella, vous continuez de chercher les fragments de l'épée. Sofia et moi allons nous reposer, l'invocation du Dieu Suprême nous a demandé beaucoup d'énergie dans cette condition.
- Et que doit-on faire en Hyrule ? demanda Sarah.
- Quelque chose dont tu as horreur, je le crains. Attendre."
Sarah et Lyosen allaient protester, mais Léo leva la main :
"Ne commencez pas ! dit-il avec un ton autoritaire. Vous pouvez (et devez) vous entraîner. Sarah, tu dois approfondir tes connaissances en matière de magie, notamment concernant l'élément de l'Air. Lyosen, retrouve tes souvenirs, lorsque tu étais aspirant Paladin. Tu manqueras de pouvoirs sans la magie blanche. A présent, tout le monde au Portail, je m'occupe des différents transferts."
Le groupe, hormis Mitsurugi et Ivy, retournèrent dans la maison du guerrier. Dans la pièce secrète, Léo activa le téléporteur, et un par un, les Hyliens y entrèrent, suivis par Lyosen, et Sarah, qui jeta un dernier regard à son ami. Celui-ci changea ensuite la destination prévue par la machine, avant de s'y engouffrer à la suite de Sofia.
La Terre retrouva un calme relatif...

****

Siegfried ouvrit les yeux.
"Mon chéri !
- Maria... Je croyais... Je croyais la fin arrivée, et...
- Et ?
- Il y a... des fragments de l'épée qui sont partis... Je ne suis plus condamné à présent. Juste faible..."
Maria sourit, et embrassa tendrement son époux.

****

"De retour à la maison ! s'écria Michaël.
- On est au Château d'Hyrule, ici, général... répondit Midona. Vous n'êtes pas chez vous.
- Pas plus que vous, Princesse du Crépuscule.
- Certes, mais moi je ne me suis pas exclamée...
- Suffit, vous deux ! lança Zelda, qui les attendait."
Le groupe sortit de la petite pièce au téléporteur près de la salle du trône.
"Wah, le Château d'Hyrule ! s'écria Sarah. Je ne pensais pas y revenir un jour...
- Tu y es déjà venue ? lui demanda Lyosen.
- Ouais, il y a quelque chose comme deux ou trois mois... C'est là qu'ils sont morts...
- Désolé.
- Bah, pas grave. De toute façon c'est aussi là qu'on a botté les fesses aux méchants."
Lyosen sourit. La jeune fille songea qu'il était plutôt mignon, sans son air de psychopathe !
Zelda les guida vers la salle du Conseil. Quand tout le monde y fut installé et que Midona eût vérifié qu'il n'y avait aucun intrus, Zelda prit la parole.
"Sarah, et Lyosen. Nous allons aborder la question de votre entraînement.
- Un Conseil pour ça ? s'enquit Michaël.
- C'est crucial. J'ai fait un rêve la nuit dernière. J'y ai vu Ganondorf, le porteur de la Triforce de la Force. Les Déesses l'en ont désisté, comprenant notre détresse. Et c'est l'un d'eux qui en héritera. Lequel, je ne le sais pas. Mais ils doivent devenir forts tous les deux."
Sarah et Lyosen échangèrent un regard stupéfait. En effet, certains disaient que Ganondorf avait dérobé la Triforce de la Force à la famille royale d'Hyrule... Mais si c'était vrai, ni l'un ni l'autre ne pensait un jour devoir en hériter.

Plusieurs semaines après les derniers évènements, l'agitation s'était calmée, sur Terre comme à Hyrule. Vaati ne s'était pas à nouveau montré, et ne semblait pas avoir réuni d'autres fragments de Soul Edge. Cela avait permis à Sarah et Lyosen de s'entraîner convenablement, sans être dérangés.
La jeune fille maîtrisait aussi bien son grand katana que ses deux sabres, et réussissait à mieux contrôler l'énergie magique. Elle n'était cependant pas encore capable de déchaîner des puissances gargantuesques, mais elle pouvait aiguiser ses armes grâce à des lames de vent. Lyosen, quant à lui, maintenait un bon niveau d'escrime. Ses souvenirs du paladinat lui revenaient peu à peu, notamment ce qui concernait la morale et le comportement que devait adopter un Paladin. Mais il ne pouvait pas utiliser de magie, mis à part un peu de télékinésie.
"Déjà fatiguée ?
- Sûrement pas. Tu me demandes ça pour pouvoir faire une pause ?
- C'est que je ne voudrais pas t'épuiser, tu ne m'as pas l'air au mieux de ta forme depuis un moment !
- C'est parce que j'y vais doucement avec toi, mon gros nounours en peluche."
Cela faisait quatre heures qu'ils s'entraînaient au maniement des armes, sans la moindre petite pause. A présent, leur force était équivalente. Aucun ne surpassait l'autre dans l'art martial. Auparavant, Sarah était la plus rapide, mais Lyosen donnait des coups plus puissant. La jeune fille avait donc amélioré sa force de frappe, et le jeune homme sa rapidité. Parfois, Link venait s'entraîner avec eux, et en profitait pour voir les progrès accomplis. Il avait du mal à les battre en combat singulier, et perdait parfois. Cela ne le vexait pas, bien au contraire : trois puissants épéistes au lieu d'un au service d'Hyrule : il n'aurait plus à être partout à la fois. De plus, l'un d'eux allait recevoir le dernier Fragment de la Triforce.
Lyosen rengaina son épée.
"Pour tout avouer, sans être à bout de forces, je propose la pause déjeuner.
- T'as raison... répondit Sarah en imitant le jeune homme. J'ai faim."
Ils quittèrent la cour du Château d'Hyrule pour se diriger vers la salle à manger. Étant donné que l'un d'eux allait recevoir des pouvoirs divins au même titre que la Princesse qui gouvernait ce royaume, et que son champion, ils étaient invités à sa table. On les traitait comme des hôtes de marque.
Quand tout le monde fut installé, la Princesse Zelda prit la parole :
"Sarah, Lyosen, vous avez fait d'énormes progrès durant votre entraînement. Din, la Déesse de la Force, a jugé que vous étiez prêts. Aujourd'hui, la Triforce aura un nouveau porteur."
Les deux jeunes épéistes se regardèrent. Sarah se sentait plus puissante, malgré ses lacunes en matière de magie. Mais Lyosen... Il n'avait pas retrouvé ses anciens pouvoirs. De sa formation, il n'avait retrouvé que le code d'honneur (et ne le reniait plus). Mais pas de pouvoirs...
Ils mangèrent en silence, anxieux. Puis, à la fin du repas, Link leur fit signe de le suivre. Il les mena à travers nombre de corridors et passages secrets dans le Château, jusqu'à une partie de la cour visiblement ignorée de beaucoup de monde. Les plantes y poussaient librement, sans entretien d'aucune sorte. Ce petit jardin était entouré de hautes murailles, de sorte qu'on ne pouvait le voir depuis l'extérieur.
Link se dirigea vers le mur opposé à celui par lequel ils étaient arrivés. Il tendit sa main gauche devant lui. Le Courage brilla, et sur le mur se révéla une gravure de la relique divine. Un instant après, une nouvelle porte secrète s'ouvrit sur un passage qui mènerait Link, Sarah et Lyosen dans les ténèbres. Le héros d'Hyrule alluma une lanterne, et s'y engouffra.
Ils marchèrent pendant une dizaine de minutes à travers ce sombre couloir, qui n'avait aucun tournant. Puis ils arrivèrent dans une grande pièce circulaire, dont les murs étaient à peine visibles avec la lanterne. Le plafond, quant à lui, n'aurait aussi bien pu ne pas exister. Au dessus de leur tête, les ténèbres les contemplaient.
"Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? demanda Sarah.
- On attend, répondit Link."
Quelques minutes plus tard, ce fut la Princesse Zelda qui les rejoignit. Sarah et Lyosen ne cachèrent pas leur surprise.
"Cet endroit est un autel secret dédié aux trois Déesses, leur dit Zelda. La Triforce se trouve en cet endroit. Mais pour que le troisième porteur soit désigné, les deux autres doivent être présents également. Venez."
Elle les mena au cœur de la pièce. Le sol était recouvert par une Triforce géante. Elle se plaça sur le triangle de gauche, Link sur celui de droite. Les deux autres durent aller entre les trois marques.
Soudain, une vive lumière envahit la salle, venant d'en haut. Une voix forte résonna :
"Force. Sagesse. Courage. Ces vertus seront récompensées. L'équilibre doit être apporté."
Sarah tomba par terre, inconsciente. Lyosen voulut voir ce qu'elle avait, mais fut incapable de bouger.
"Ne crains rien, lui dit Zelda, elle va bien.
- Et tu vas y passer aussi, après, lança Link."
Il eut à peine le temps de comprendre la phrase du bretteur qu'il tomba à son tour dans les pommes. Il lui sembla se réveiller l'instant d'après, au même endroit, mais seul. Tout à coup, trois rayons colorés de rouge, de bleu et de vert surgirent des trois triangles. Lyosen leva les yeux pour voir où ils étaient allés, il vit trois lumières au dessus de sa tête. La bleue et la verte se retirèrent peu à peu, tandis que la rouge descendit devant lui, de plus en plus brillante.
"Din ?
- Paladin. Tes pouvoirs furent scellés par une puissance maléfique face à laquelle tu étais impuissant. Je vais te confier le pouvoir de la Force, la Force de repousser le mal qui te ronge toujours, et de recouvrer la totalité de tes propres pouvoirs. Ta lame, maléfique de nature, répandra désormais la lumière, comme elle répandait jadis les ténèbres."
Lyosen revit alors tout ce qu'il avait appris lors de sa formation. Il se souvint de tous ses sortilèges, du plus basique au plus puissant. Il se rappela les formules de protections, pour lui ou ses alliés. Il réapprit à chasser les ténèbres par une lumière chaude et apaisante. Il se souvint comment soigner les blessures, quelles qu'elles soient.
Il se rappela comment utiliser sa bonté et son courage comme armes.
Les deux autres Déesses descendirent alors auprès de Din.
"Nous veillerons à ce qu'aucune des trois parties de la Triforce ne tombe jamais plus entre de mauvaises mains. Nous avons été négligentes. Cela ne se reproduira plus. Transmet notre message... Adieu, Lyosen le Paladin."
Lorsqu'il se réveilla, il était étendu non pas entre les trois triangles, mais sur celui qui étaient encore inoccupé quand il s'était évanoui. Sarah était debout, toujours au milieu.
"Eh bien, c'est toi qui as hérité de la Triforce, mon grand ! lui dit-elle avec un grand sourire. Elle ne semblait pas déçue le moins du monde de ne pas avoir été choisie, bien au contraire : Lyosen sentait le soulagement suinter de tous les pores de la jeune fille.
- J'ai l'impression que c'est pour ton plus grand bonheur, ma petite.
- T'en fais pas, les Déesses m'ont aussi donné un cadeau.
- Ah ? Et de quoi s'agit-il ?
- Secret."
Le jeune homme n'insista pas. Sans plus tarder, tous les quatre repartirent en direction du château ; le regard de Lyosen restait fixé sur sa main droite, désormais marquée du triple triangle. Il remarqua également que son épée n'était plus noire, mais blanche et dorée. De retour à la cour intérieure, il demanda :
"Pardon, mais vous ne sauriez pas si quelqu'un en ville sait forger des armures enchantés ? Je ne suis pas à l'aise dans des boîtes de conserve en acier, mais le cuir ou les mailles me semblent trop fragiles...
- C'est juste une question d'habitude, répondit Link. Va toujours voir aux galeries Balder sur la Grand Place, il y avait une armure magique, peut-être sauront-ils t'indiquer où trouver un plus large choix."
Lyosen se rendit donc à l'endroit indiqué, où on lui spécifia que l'armure était là avant l'ouverture de la filiale, et que pour en savoir plus, il devrait s'adresser à l'ancien propriétaire, connu sous le nom d'Horloger Toqué.
"C'est un vieux fou. Personne ne sait comment un horloger est entré en possession d'un magasin pour ensuite chercher à y pratiquer des tarifs exorbitants, d'autant qu'il l'a pratiquement cédé à Monsieur Balder. Vous trouverez sa maison près de celle du docteur, dans la rue est.
- Je vous remercie.
- Mais de rien, ce renseignement était gratuit ! Vous ne voudriez pas acheter quelque chose par hasard ?
- Euh non, je n'ai pas de rubis sur moi et...
- Très bien ! A la prochaine, monsieur !
- A la prochaine..."
Le jeune Paladin se rendit devant la maison du docteur. Il n'avait qu'un seul voisin, qui devait être le fameux Horloger. Il frappa trois coups à la porte. Après avoir attendu près d'une minute, la scène qui s'en suivit n'en fut pas moins théâtrale. Le docteur jaillit de la maison, arborant son habituel air désagréable, et somma Lyosen de se pousser de son chemin, en grommelant que cet horloger était vraiment un vieux fou.
"ET LA PROCHAINE FOIS, NE SOYEZ PAS EN RETARD ! hurla une voix de vieillard hystérique à l'intérieur.
- Hmpf ! fit le docteur."
Le jeune homme passa la tête à l'intérieur de la maison et son regard croisa celui d'un vieil homme grand et mince, aux cheveux blancs plaqués sur sa tête. Il portait des lunettes de protection, des mitaines brunes en cuir, des bottes de la même couleur, un vieux pantalon et une vieille chemise décolorés. Malgré tout, il émanait de lui une certaine prestance. Lyosen n'osa pas prendre la parole.
"Vous aussi, vous êtes en retard, jeune homme !
- En retard pour quoi, monsieur ?
- Pour vos leçons !
- Mes leçons ?
- Eh bien, vous êtes un Paladin, oui ou non ?
- Eh bien, oui... répondit-il, éberlué.
- Alors entrez ! Et fermez la porte derrière vous, je n'attends plus personne aujourd'hui."
Le jeune homme s'exécuta. Des leçons ? Et comment savait-il qu'il était Paladin ? L'intérieur de la maison était en fait un grand atelier. Il y avait des montres et des horloges partout. Certaines étaient à l'heure, d'autres non. Le silence ne régnait jamais, on entendait des tic-tacs en permanence. Il y avait une petite table avec une chaise dégagées dans un coin, et un lit défait dans un autre, seules preuves indiquant que quelqu'un vivait ici.
"Excusez-moi, mais comment savez-vous que je suis Paladin ? Et de quelles leçons parlez-vous ?
- Tu as de bonnes bases, mais il te manque les aspects les plus puissants de la magie. Magie qu'on sent en toi à des kilomètres à la ronde, quand on est initié. Dès que tu es entré en ville, j'ai su à qui j'avais affaire !
- En fait, j'étais venu pour un renseignement au départ.
- Quoi donc ? Tu ne penses pas que t'entraîner est plus important ? Nous n'avons pas le temps ! Il faut sauver Hyrule ! Et d'autres mondes ne plus ! Quelle pagaille, je vous jure.
- Mais j'ai besoin d'une armure enchantée !
- Eh bien achète une armure qui te convient et enchante-la toi-même !
- Mais je ne sais pas faire ça !
- Oh, par les Déesses, je te pensais plus doué que ça. Bon, eh bien nous allons voir ce que tu sais faire. Tu vas me faire une démonstration de tous tes pouvoirs, et quand je te jugerai prêt à enchanter des objets, tu iras en ville t'acheter une armure en cuir, je suppose que tu devrais arriver à bouger là-dedans. Compris ?
- Euh... Oui.
- Oui MAÎTRE, s'il te plaît. A partir d'aujourd'hui, je serai ton mentor, et tu as beaucoup de choses à apprendre, nouveau porteur de la Triforce !"
Lyosen haussa les épaules.
"Oui, Maître. Je suis prêt à apprendre."

A suivre...

Ce texte a été proposé au "Palais de Zelda" par son auteur, "The Magic Knight". Les droits d'auteur (copyright) lui appartiennent.

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