Ecrit par Spoky et le Toubib
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Chapitre 1 : A. Gahnim, Ministre de l'Intérieur
Chapitre 2 : V. A. Ati, Directeur de FourSwords® Company
Chapitre 3 : L'Epargne de Gaston d'Orf NOUVEAU !
Avant-propos
Monsieur Eiji Aonuma - patron de Nintendo®, nous le rappelons au cas où -, depuis un certain temps déjà, songe à réaliser un "Legend of Zelda" se déroulant à une époque actuelle. Bon. Un ami très cher et moi-même nous sommes donc amusés à imaginer ce que cela pourrait donner, en version "Mission : Impossible". Évidemment, chacun pense ce qu'il veut de l'épisode si cher à M. Aonuma : nous-mêmes nous garderons bien de critiquer le projet, et nous nous arrêterons à faire du projet un épisode que nous espérons, non pas forcément drôle, mais aussi burlesque que l'est l'idée de notre cher patron de Nintendo®.
Bien à vous, ami lecteur,
Spoky et le Toubib
Chapitre 1 : A. Gahnim, Ministre de l'Intérieur
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Aussi célèbre que l'on soit, la postérité ne s'applique qu'aux morts.
Link, confortablement installé devant sa télévision, grignotait quelques chips en regardant distraitement les informations du soir. Son oncle dormait au-dessus, et ses ronflements parvenaient à Link comme un ronronnement lointain et soporifique.
Sur le vieux téléviseur, un flash info annonça soudain : "A. Gahnim élu ministre de l'Intérieur par le président". Link ne connaissait pas ce "A. Gahnim", et se fichait royalement de savoir qui c'était. La politique ne l'intéressait guère, sauf peut-être du côté de la jolie Zelda, fille du président, elle aussi déjà lancée sur la scène politique. Elle et son père étaient tous les deux de gauche, et avaient beaucoup oeuvré pour le pays. Link était bien placé pour le savoir : Zelda était sa patronne, c'est-à-dire qu'elle dirigeait les services secrets hyliens.
Quelques images de la cérémonie de passation de pouvoir défilèrent : costards, tapis rouges, garde d'honneur et tout. Et puis, le président, et sa fille, ravissante, pas du tout meringue dans sa magnifique robe dorée à paillettes qui suggérait plus une coupe de champagne qu'une demoiselle, mais bon.
Puis, M. Gahnim pointa sa tête, et Link tenta de lui attribuer un nom. Albert ? Alfred ? Alfonse ? Il revisita tous les prénoms commençant par "A" qu'il connaissait, s'arrêtant plus particulièrement sur un éventuel "Anatole Gahnim", qui lui semblait parfaitement ridicule.
Le portable de Link, un modèle vert - sa couleur préférée - sonna. Une musique de Koji Kondo, un compositeur qu'il adorait, retentit : il venait de recevoir un message. De Zelda, apparemment. Link soupira. "Bon, c'est pour m'inviter à dîner, cette fois-ci, ou pour m'envoyer en mission à Termina ou je ne sais où ?". Il paria sur le dîner. Perdu. Deux-cents pompes, et sur le carrelage, s'il vous plaît. Le message disait "Rejoins-nous au QG, tout de suite - mission à remplir". Link répondit au message "Je t'ai vue à la TV, sexy ta robe".
Le QG était situé à côté du château d'Hyrule, un gigantesque bâtiment ultramoderne constitué de vitres, de moquette et de vitres. Le QG, lui, était plutôt du genre constitué de béton, de moquette et de béton. Link, bloqué à quatre-cents mètres à un feu rouge, contemplait l'édifice d'un mauvais oeil. Pour lui, c'était moche, moche et ça manquait de vert. Et justement, le feu devint vert, et il redémarra en trombe. Sa mobylette, un vieux modèle, la Epona™, faisait un bruit d'enfer. Link la laissa dans le garage du bâtiment, et monta.
Zelda, qui avait visiblement changé de robe, le regardait d'un air pincé, derrière son bureau. Apparemment, elle n'avait pas apprécié le message. Link tenta un sourire timide. L'éclair que lui jeta la paire d'yeux sensuelle en face de lui le découragea immédiatement.
- Hem..., commença-t-il. Tu voulais me voir, je crois ?
Zelda radoucit son expression, et Link s'autorisa à respirer - dix minutes, c'est long, surtout quand c'est en retenant son souffle tout en se faisant enguirlander du regard.
- J'ai cru comprendre que tu avait vu la cérémonie, lâcha-t-elle d'un ton malgré tout glacial.
Link, prudent, ne répondit pas. On ne rigole pas avec sa patronne, particulièrement quand on a passé les quatre derniers mois à essayer de la draguer.
- Voilà le topo, enchaîna-t-elle : une grosse firme vient d'investir dans une prison toute nouvelle en construction près de Cocorico. L'histoire s'arrêterait là si la firme avait le moindre intérêt à construire cette prison, et surtout si le compte en banque du patron n'avait pas miraculeusement échappé aux lois mathématiques qui disent que quand on achète quelque chose, l'argent dépensé est soustrait de la somme de départ du client. Sauf que nous savons que ce n'est pas du vol : l'entreprise de construction, Goron & Cie®, a bel et bien reçu la somme prévue. Nous en concluons qu'un actionnaire qui a visiblement des intérêts à ne pas trop faire savoir qu'il existe a payé la construction tout entière au nom de notre fameuse firme.
Zelda s'interrompit, attendant une réaction de Link. Celui-ci se balança un moment sur sa chaise.
- En clair, résuma-t-il, un type qu'on ne connaît pas se fait construire sa prison perso en montagne en se servant d'une grosse firme comme couverture pour une raison qu'on ne connaît pas, et on ne connaît pas la raison qui a poussé la firme à obéir.
- C'est là que ça coince, confirma Zelda. La firme en question, c'est FourSwords®.
- Le fournisseur officiel de l'armée ? releva-t-il, étonné.
Zelda opina du chef.
- On les soupçonne de vouloir tout simplement employer les futurs prisonniers là-bas pour faire une sorte d'usine d'assemblage à bas prix - pour tout dire gratuite.
- Ah, bon ! Si c'est à but lucratif, alors tout va bien, railla-t-il. Je croyais qu'on parlait de la fin du monde, moi.
Zelda lui jeta un oeil noir - mais malgré tous ses efforts, très sensuel.
- Figure-toi que c'est grave, Link. On parle d'esclavage, là.
- Oh, pardon, je n'avais pas compris.
Elle soupira.
- Ta mission, reprit-elle enfin, sera de découvrir : primo, qui c'est ce type qui investit dans les prisons comme ça ; secundo, qu'est-ce qui le motive ; et tertio, pourquoi FourSwords® a accepté le marché.
- Mes conditions de mission ? demanda Link.
- Le train habituel : carte blanche, permis de tuer, interdiction de te faire pincer, et toutes les armes que tu demandes.
Link arbora un sourire satisfait. C'était toujours ça, à défaut d'un dîner avec la jeune femme. Il se leva, et s'apprêta à partir. Juste devant la porte, il se retourna et lança :
- Au fait, ce "A. Gahnim", c'est quoi son prénom ?
- Anatole. Pourquoi ?
Link sortit du bureau, hilare.
Chapitre 2 : V. A. Ati, Directeur de FourSwords® Company
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Ne fais jamais rien contre ta conscience, même si l'État te le demande.
Albert Einstein
Link, juché sur sa mobylette, filait à cent-trente en direction du quartier Est de la citadelle d'Hyrule, sobrement rebaptisée "Citadelle d'Hyrule", en mémoire d'un temps ridicule où une légende pathétique faisait part d'un héros minable qui aurait soi-disant traversé le temps pour sauver Hyrule. "Et le pire, se disait Link, c'est que mes parents - que je ne connais pas, en plus -, ont eu la bonne idée de m'appeler pareil que ce foutu héros." Ça lui avait valu, à l'école, un nombre incroyable de plaisanteries, moqueries, et autres, et même les profs avaient écarquillé - si, si, tous - des yeux grands comme ça en entendant ce prénom attribué au commun des mortels. C'était peut-être là l'un des rares points communs entre Zelda et lui : Zelda aussi avait un nom complètement, ridiculement, pathétiquement démodé. Seulement, en tant que fille du président, elle avait probablement eu la chance, elle, d'avoir des cours particuliers. Link l'imaginait très bien, dans sa robe champagne en plus petite, en train de faire sagement des mathématiques avec ses deux jolies mains pendant que ses deux jolis yeux enguirlandaient le pauvre professeur sans ciller.
Link arrivait : sur un panneau, vieux, rouillé et sans aucune trace de vert, on pouvait voir écrit - pardon, on pouvait supposer qu'il y avait autrefois écrit "quartier des affaires". Il tourna, prit quelques rues plus ou moins moches, et enfin, il sut qu'il touchait au but : au bout de la rue, un grand bâtiment (encore un du genre vitres, moquette et vitres) se dressait de toute sa hauteur - c'est-à-dire grand. Link observa longuement leur logo, qu'il jugeait de très mauvais goût : quatre épées côte à côte, la première étant verte - jusque là ça allait -, mais les trois autres étant respectivement rouge, bleue et violette. Link trouvait le mélange des couleurs passablement douteux. Enfin, passons.
Deux heures plus tard, au sommet de la tour d'en face, il écoutait avec un appareil d'amplification sonore ce qu'il se passait chez M. le Directeur de la compagnie, à savoir Victor-Alexandre Ati, qui se prélassait dans son bureau du dix-huitième étage, l'oeil fixé sur ce qui était certainement une horloge, pendant que deux individus en noir, encapuchonnés et donc à l'air louche lui parlaient en lui brandissant des documents divers sous le nez.
- ... mais vous vous rendez bien compte, je suppose, que nous vous faisons beaucoup plus qu'une offre, avec ça, disait l'un d'eux. Rien ne saurait égaler ce que M. d'Orf vous propose ici.
- Je le comprends bien, répondit M. Ati d'un ton passablement endormi, mais je sais aussi que votre M. d'Orf n'est pas en mesure de me dire ce qu'il peut m'offrir, de là où il est. Donc vous allez lui dire que je ne veux pas qu'un rôle de fournisseur unique de l'armée, je suis déjà fournisseur officiel, et à part recentrer les commandes militaires vers ma compagnie, ça ne changera pas grand-chose à ma vie. Dites à M. d'Orf que je veux un poste de ministre de la guerre. Et, à ce propos, dites-lui surtout que je veux une guerre. Une grosse guerre, du genre à faire marcher mes usines à fond, pour me rapporter un max en quelques mois. Et là, j'accepterai.
Link, derrière ses jumelles, aperçut le sourire carnassier que les deux hommes à l'air louche arboraient maintenant.
- Pour ce qui est de la guerre, commença celui de gauche, vous pouvez dormir tranquille. C'est un projet de M. d'Orf depuis des lustres. Il a de nombreuses idées de conquêtes, vous savez. Quant au poste de ministre... Je doute que M. d'Orf se refuse à vous l'accorder, croyez-moi.
- Ça peut se faire très vite, d'ailleurs, renchérit celui de droite. Vous serez peut-être étonné de voir que vous êtes catapulté ministre aussi vite...
- Alors nous sommes d'accord ? demanda M. Ati.
- Je crois que oui, en effet, répondit le premier.
Ils se serrèrent la main, et les deux hommes à l'air louche sortirent du bureau. Link saisit immédiatement son téléphone portable, et appela le QG.
- Passez-moi Zelda, lança-t-il alors que le "Allô ?" avait à peine retenti.
La voix sensuelle de Zelda s'éleva dans son oreille déjà sous le charme :
- Allô ?
Ça manquait de romantisme.
- Zelda ? C'est Link.
- Ça je sais, oui.
- Envoie une brigade - pas trop grosse, faudrait pas inquiéter les foules - et fais-leur arrêter deux types en noir, encapuchonnés, à l'air louche, qui vont sortir du siège de FourSwords® dans quelques minutes. Tu peux faire ça vite ?
- Sans problème. Qui c'est ?
- Des types qui parlent de politique avec un important fournisseur de l'armée, et ça ne me plaît pas.
- Comment ça ?
- Ils traitaient avec Victor-Alexandre Ati en lui disant qu'il allait devenir ministre de la guerre, expliqua-t-il, et qu'il y aurait une bonne grosse guerre pour le renflouer.
- Quoi ?
- Tu as bien entendu. A propos, tu peux m'envoyer par MMS tout ce que ton équipe pourra trouver sur un certain "M. d'Orf" ? C'est lui qui tire les ficelles, on dirait.
- Je t'envoie ça dans quelques secondes, avec les policiers.
Vers le milieu de l'après-midi, Link sillonnait les couloirs du QG des services secrets pour rejoindre le bureau de Zelda - c'était la deuxième fois de la journée, quand même : leurs relations s'amélioraient.
Dans ledit bureau, l'un des deux types, toujours en noir mais qu'on avait décapuchonné, répondait visiblement à des questions assez embarrassantes pour lui et que lui posait Zelda, secondée par un type du genre grand, musclé et baraqué, qui frappait le pauvre type à intervalles réguliers, sur un ordre de la jeune femme.
- Maintenant, je vous repose la question : qui vous emploie ?
Le type ne répondit pas. Zelda en semblait excédée. Elle sortit du bureau en rageant, et passa devant Link sans même remarquer qu'il était arrivé. Celui-ci se racla bruyamment la gorge, assez bruyamment en tout cas pour que Zelda se retournât en se demandant quel était le crétin qui était assez stupide pour venir faire passer sa toux devant son bureau. Puis elle remarqua Link, et son air redevint normal - froid et distant.
- Alors ? dit-elle simplement.
- Alors, ton M. d'Orf, là, euh... Attends.
Il sortit son portable et relut les résultats qu'elle lui avait envoyés.
- Euh... "Gaston Arthur Nathaniel Oswald Norbert d'Orf", voilà, lui, donc, c'est un ancien dictateur en prison.
- Oui, et donc ? s'impatienta-t-elle.
- Eh bien, ses sbires font construire à notre V. A. Ati une prison, non ?
Zelda écarquilla les yeux, stupéfaite.
- Ce serait donc... ?
- Oui, c'est lui qui a financé la prison, à mon avis, et s'il la construit là-bas en pleine montagne, c'est sûrement pour pouvoir s'enfuir plus facilement.
Zelda semblait plongée en pleine réflexion.
- D'accord, mais il n'a pas pu financer lui-même la prison, vu qu'il est seul à avoir accès à son compte, et qu'on a rarement l'occasion de se retirer tranquillement des sous quand on est derrière les barreaux, remarqua-t-elle.
- Eh bien, je te propose de venir avec moi.
- C'est hors de question, lâcha-t-elle d'un ton acerbe.
- Je ne parlais pas d'un dîner, mais d'aller vérifier le compte en banque de notre Gaston.
Zelda l'observa un moment d'un oeil suspicieux, puis haussa les épaules et le suivit, tandis que Link affichait un air perversement satisfait.
Chapitre 3 : L'Epargne de Gaston d'Orf
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Un Hylien dans les Bois perdus est un Hylien de moins.
Proverbe hylien
L'écran géant, tactile, à plasma et en trois dimensions affichait une liste passablement longue de comptes en banques de prisonniers. Zelda, en pianotant de ses doigts sensuels sur l'écran en question, spécifia "d'Orf - crime rang A", les crimes de rang A étant les plus graves, bien sûr. L'écran n'affichait déjà plus qu'un seul résultat. Les recherches s'en trouveraient certainement simplifiées. Zelda cliqua du doigt sur le compte trouvé, l'écran analysa quelques secondes l'empreinte digitale de la jeune femme.
- Accès autorisé, fit une voix off qui n'avait probablement aucune idée de ce que signifiait seulement le mot "autoriser".
- Le contraire m'eût relativement énervée, marmonna Zelda.
Link songea qu'elle avait encore trop bu de café.
L'écran montrait maintenant le montant du compte en banque, une jolie somme de rubis, ma foi. De quoi vivre en prince pour quelques sympathiques générations. Zelda vérifia en quelques clics les derniers retraits : la veille, un retrait important avait été effectué.
- C'est la somme exacte reçue par le Goron & Cie®, l'entreprise de construction de la prison, indiqua Zelda.
Plus de doute : Link voyait bien que ce retrait concordait avec les informations précédentes, et les autres retraits dataient tellement qu'ils ne pouvaient strictement pas avoir le moindre rapport.
- Il a forcément un complice, non ? supputa Link. Il a dû donner son code de compte en banque à quelqu'un pour que celui-ci fasse le virement à sa place.
- Non, c'était trop risqué pour lui, objecta Zelda. N'importe qui se serait enfui avec le code, quand on voit le montant du compte. Regarde : le virement a été fait à partir d'un portable. Il a sûrement un complice, en effet, mais qui lui a seulement passé un portable avec connexion à internet à l'aide d'un tour de passe-passe.
Link réfléchit un moment.
- OK, lâcha-t-il enfin, ça se tient. Maintenant, est-ce que tu peux localiser ce portable par GPS ?
- S'il est allumé, oui. Mais je n'en vois pas l'intérêt, là ?
- Je veux vérifier qu'il est bien dans sa cellule, notre Gaston d'Orf.
Zelda lança quelques ordres à son équipe, qui afficha sur l'écran la position du portable. "Cible en mouvement", disait-il. Ben voyons, c'eût été trop facile. Zelda jura.
- C'est pas vrai ! hurla-t-elle. Il a pas perdu son temps, ce type !
Cette absence de "n'" dans les phrases indiqua à Link que Zelda était vraiment très énervée. Il réfléchit à toute vitesse.
- Zelda, envoie le signal GPS sur mon portable. J'y vais, dit-il en sortant du bureau.
- Où ça ? demanda la jeune femme.
Mais Link était déjà parti.
- Zelda ! Il part en direction des monts du péril, lança-t-il dans son portable.
Il fonçait à la poursuite du signal GPS, au maximum des capacités de sa mobylette. Et sans casque, en plus.
- Je vois, cracha la jeune femme en réponse. Ils ont dû faire croire au directeur de sa prison que la prison en construction était déjà finie alors qu'elle n'est même pas commencée, et ils l'ont fait transférer pour pouvoir le laisser s'échapper... Ils ne lésinent pas sur les moyens, ceux-là...
- Tout ça c'est bien beau, fit calmement Link, mais tu ne pourrais pas plutôt envoyer une escouade pour les arrêter, à Cocorico ?
- C'est déjà fait, rétorqua-t-elle.
- Ah.
Link se sentait un peu stupide, maintenant.
Une heure plus tard, arrivé à Cocorico, il regardait, consterné, les policiers faire sortir les passagers du fourgon blindé qui exécutait le transfert. Pas trace de l'homme qu'il avait vu en photo, de face et de profil. Pas trace de G. A. N. O. N. d'Orf. Link regarda, dépité, sur son portable, la trace GPS. Apparemment, le portable était sur un homme d'une trentaine d'années, aux cheveux rasés, malpropre, qui n'aimait sûrement pas la couleur verte, et avec le mot "MEURTRE" tatoué sur le bras droit. Charmant individu, quoi.
Link demanda poliment aux policiers en train de fouiller le criminel de lui donner le portable qu'ils allaient sans aucun doute trouver, ce qu'ils firent, et Link put confirmer à Zelda, d'après le numéro dudit portable, que c'était bien celui qu'ils recherchaient, mais que l'individu n'était pas le bon.
- Je m'en doutais un peu, lui confia Zelda. Donc j'ai fait appeler le directeur de la prison, mais on passe mon équipe de ligne en ligne. Ça devient lassant...
Link raccrocha. Il fulminait. Maintenant, il fallait attendre, et il détestait ça. Attendre qu'un directeur de prison daignât sortir de ses magazines people pour adresser la parole à la directrice des services secrets hyliens, et lui dît enfin où se trouvait ce crétin de Gaston d'Orf.
L'après-midi touchait à sa fin lorsque Link atteignit son appartement. Il entra et s'assit par terre, devant son bureau. Il resta ainsi les quelques instants qu'il lui fallut pour se demander pourquoi il était assis par terre et pas sur une chaise. Il y avait une chaise, d'habitude, devant son bureau, non ? Il y réfléchit quelques secondes, jusqu'à ce qu'il remarquât que la chaise qu'il cherchait était renversée un peu plus loin, sur un amoncellement d'affaires en désordre. Pourtant il était assez ordonné.
Il bondit sur ses pieds. On venait apparemment de fouiller son appartement, et les types chargés de la besogne n'avaient pas vraiment pris soin de tout remettre en ordre après. Link gravit les marches qui menaient à l'étage d'au-dessus quatre à quatre, et entra dans la chambre de son oncle en ouragan. L'oncle en question gisait sur le sol, dans une étrange position désarticulée, deux trous rouges au niveau du coeur.
Une heure après, Link était assis en face du cadavre de son oncle, complètement abattu. Bon, en un sens, il n'avait jamais eu de relations particulièrement amicales avec son oncle : ils étaient plus colocataires que véritables parents, mais d'un autre côté, Link ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable de la mort de l'homme.
Il se secoua un bon coup. Finalement, bon, ben, son oncle était mort, et puis voilà tout. Il ne pouvait rien faire d'autre. Il appela Zelda.
- Allô ?
Un jour, il allait vraiment falloir qu'il lui apprenne le romantisme au téléphone.
- C'est moi, dit-il inutilement. Zelda, je ne sais pas qui a fait ça, mais mon appartement a été fouillé, et mon oncle, tué.
La réponse mit un temps incroyable à venir.
- Ah, lâcha-t-elle simplement.
Elle sembla attendre une réaction de la part de Link, mais celui-ci resta muet.
- C'est... problématique, non ? dit-elle enfin, visiblement embarrassée.
- Plutôt, oui.
Elle ne semblait pas savoir quoi dire dans ce genre de situations.
- Euh... risqua-t-elle.
- Oui ?
- Bon, tu viens au QG, décréta-t-elle avec un peu plus d'assurance dans sa voix sensuelle. Il faut qu'on te mette en sécurité.
- D'accord. Ensuite ?
- Ensuite, on avisera. C'est un avertissement, qu'ils t'ont fait, là. Il va falloir éviter que ça se reproduise, à l'avenir.
Décidément, elle semblait sous le choc, malgré tout. Link se dit qu'il marquait peut-être un point avec elle, là. Il en avait déjà oublié son oncle - pourtant, celui-ci était toujours devant lui, aussi mort qu'on pouvait l'être.
- Voilà, alors... viens vite, acheva-t-elle.
- J'arrive.
Il raccrocha. Bon, il allait avoir besoin de matériel, histoire de se défendre, au cas où. Il farfouilla un moment sous son lit, qui avait également été déplacé, et sortit de l'une des lattes, un pistolet qu'il affectionnait, son pistolet à lui, un modèle Ex-Calibur. L'arme en main, il se sentait beaucoup mieux.
A suivre...
Ce texte a été proposé au "Palais de Zelda" par son auteur, "Spoky et le Toubib". Les droits d'auteur (copyright) lui appartiennent.
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