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L'Elu des Ombres : L'Avènement des Démiurges

Ecrit par MetalFox


Avant-propos (A lire pour une meilleure expérience de lecture)

Bonjour, cher lecteur, et merci d'être venu sur cette page ! Avant de te laisser lire l'Elu des Ombres 2, je dois te prévenir de deux petites choses. La première est que cette fiction est la suite directe de ma précédente fiction, l'Elu des Ombres, parue il y a fort longtemps. "Directe", parce qu'on commence directement avec un nouveau chapitre, comme si ces 7 dernières années (depuis le dernier chapitre) ne s'étaient jamais écoulées. Donc si vous n'avez pas lu la première fiction, vous risquez de ne pas comprendre grand-chose !
La deuxième chose est assez particulière, puisque cette fiction est, en quelque sorte, une fiction musicale : une bande-son originale a été créée spécialement pour l'occasion, afin d'accompagner chaque moment de la fiction. Ces musiques accessibles en cliquant sur les liens, et de se laisser bercer par la musique jusqu'à ce qu'une nouvelle soit proposée (à noter que ce sont des liens "YoutubeRepeat" et non des liens "Youtube", ce qui signifie que la musique sera automatiquement jouée en boucle). Il est conseillé à tous ceux qui veulent tenter l'expérience de la "fiction musicale" de se munir d'écouteurs afin d'avoir une meilleure qualité sonore.
Je tiens à remercier Magiclynk pour ses relectures et ses conseils, Dioxymore pour ses musiques, et vous, pour avoir lu cet avant-propos. J'espère que cette fiction va vous plaire !

Ecouter "Forêt Noire"

Une table de bois trônait au milieu de la salle circulaire. A gauche se dressait une armoire, dont les portes, à moitié ouvertes, laissaient deviner un mélange d'armes et de vêtements en tous genres. De l'autre côté de la pièce se trouvait un lit, plutôt bas et relativement petit, dont les couvertures gisaient à moitié sur le sol. Link regarda avec stupeur la pièce, puis cligna des yeux en secouant la tête, comme pour sortir d'un mauvais rêve. Mais ce qu'il avait devant lui était bel et bien la réalité : ces meubles lui appartenaient, tout comme cette cabane dans laquelle il avait atterri. Il était revenu dans sa demeure.
- Darklink ? Tu as une explication ? C'est fini, les clefs ont été plantées, on a gagné, on rentre chez nous ? On a parcouru tout ce chemin, simplement pour... ça ?
On pouvait sentir une pointe de déception dans sa voix. Jusqu'à ce qu'il se rende compte que seul le bruit du vent dans les feuilles lui répondait.
- Darklink ?
Par réflexe, l'hylien se retourna et se retrouva nez à nez avec le mur, comme s'il n'y avait jamais eu de porte à cet endroit (ce qui, normalement, était le cas). Comme pour illustrer sa solitude, le vent souffla de plus belle, faisant racler quelques branches contre la fenêtre. Pendant un moment totalement absurde, Link se sentit soulagé : l'histoire n'était pas totalement finie. Mais très vite, l'inquiétude pour son ami revint. Il se dirigea vers la porte de sa cabane, le plancher grinçant sous ses pas, tout en regardant ce lieu étrange. Certes, cela ressemblait à sa demeure, mais tout semblait plus silencieux, plus triste, plus terne qu'à l'origine. Et, une fois qu'il fut arrivé à l'extérieur, le malheureux spectacle d'une forêt Kokiri morte l'attendait. Les arbres avaient perdu leurs feuilles, et leur écorce était noire, comme brûlée. Les rares plantes encore présentes s'étaient totalement asséchées, et la terre en dessous d'elles était craquelée. D'épais nuages noirs masquaient le ciel, si bien qu'il aurait été impossible de dire si c'était la nuit ou le jour. De fortes bourrasques surgissaient parfois, levant des nuages de sable et de poussière ponctués d'une légère odeur de souffre. Et au milieu de cette vision de fin du monde, une fine silhouette sombre recroquevillée sur elle-même émettait des sanglots.

Ecouter "La Valse à l'Insanité"

Ce furent ses lamentations qui sortirent Link de la surprise mêlée de peine qui l'avait envahi. Il descendit lentement de l'arbre qui supportait sa cabane, le cœur lourd, tandis qu'une fine pluie se mit à tomber sur la forêt. Il parcourut la centaine de mètres qui le séparait de l'étrange pleureuse en cherchant d'autres habitants du regard, mais, de toute évidence, l'endroit était totalement dépourvu de vie. Il arriva à côté d'elle, et s'aperçut qu'il avait affaire à une jeune Ombre.
- Est-ce que ça va ?
Elle sursauta et un tintement de métal attira l'attention de Link. L'Ombre était enchaînée à un rocher grâce à quatre lourdes chaînes de métal rouillées, et il constata avec horreur que les derniers maillons étaient directement plantés dans sa chair, l'empêchant ainsi de s'échapper. Le sol autour d'elle était rougi par le sang qu'elle avait perdu. Elle le fixa longuement sans répondre. Son regard était étrangement vide, mais trahissant une certaine surprise. Link répéta :
- Est-ce que tu vas bien ? Que s'est-il passé ici ? Et pourquoi es-tu enchaînée ?
Elle se leva lentement, ce qui, vu l'expression de souffrance que l'on pouvait lire sur son visage, était très douloureux.
- Elu ?
Link fut pris au dépourvu.
- C'est à cette appellation que je suis censé répondre, oui... Mais réponds-moi, qu'est-ce qu'il s'est passé ?
En entendant l'approbation de Link, l'ombre sourit. Un sourire factice duquel n'émanait aucune joie. Il ressemblait plutôt à un sourire carnassier, doté d'une pointe de démence.
- Enfin... enfin ! Il ne s'est rien passé ici, tout va bien ! Maintenant que tu es là... Tout est parfait... Oui... Parfait !
Elle avait une fausse voix de petite fille surexcitée, comme si une adulte essayait d'imiter une voix d'enfant.
- Tout est en ruines ! Il s'est forcément passé quelque chose ! Où sont partis les autres ?
- J'ai toujours été seule ici, je n'ai jamais eu de compagnie avant toi... A part un autre Elu qui est venu me voir, mais qui n'est jamais revenu...
- Un autre Elu ?
- Oui, il te ressemblait d'ailleurs : grand et blond aux yeux bleus. Il était vêtu d'une lourde armure, ornée de trois triangles dorés. On a parlé un peu, puis il est parti.
- Où est-il allé ?
- Chercher des réponses. La où tu dois aller aussi. Parce que tu es l'Elu, et que je t'attends depuis beaucoup trop longtemps... Ton périple ne fait que commencer ! Et ta première tâche est de me libérer !
Link fronça les sourcils.
- Et toi, qui es-tu ?
- Tout ce que tu as à savoir sur moi, c'est que je m'appelle Proditia. Tu en sauras plus lorsque je serai libre. Nous aurons tout le temps de discuter quand nous nous serons échappés ! Pour l'instant, va chercher ton épée ! Dépêche-toi, tu vas en avoir besoin !
Elle désigna avec difficulté le sanctuaire de l'Arbre Mojo. Link ouvrit la bouche, l'esprit rempli de questions, mais l'ombre l'interrompit, et sa voix fut plus grave et plus violente.
- Tu ne sauras RIEN de plus tant que ces chaînes me retiendront prisonnière ! Tu DOIS aller chercher ton épée ! Vite, le temps presse !
Elle avait un regard haineux, presque dément, qui contrastait énormément avec son apparence de frêle jeune fille enchaînée, et Link eut un frisson. Il ne s'attendait pas à cela, et bien que l'ombre ne lui fasse pas peur, il se sentait mal à l'aise. Il préféra donc s'éloigner d'elle, et se dirigea vers le sanctuaire : autant obéir si cela lui permettait de récupérer son épée. Il avait de toute façon l'esprit trop embrouillé pour réfléchir à une autre solution.

Ecouter "Nostalgie Hylienne"

Dans sa tête, les questions se multiplièrent, et il commençait peu à peu à réaliser la situation. Le village de son enfance avait été détruit, et il n'y avait aucune trace de rescapés. Il se sentait plus seul que jamais. Avait-il encore traversé le temps, comme lorsqu'il avait arraché son épée de son socle ? Et dans ce cas, que s'était-il passé ? Et surtout, où étaient tous les autres ? L'espace d'un instant, une image fugitive de cadavres apparut dans son imagination, mais il refusa cette idée aussi sec. C'était impossible. Saria, Zelda, Darklink, l'Arbre Mojo... Ils ne pouvaient pas être morts, cela n'avait aucun sens pour lui. Il traversa ainsi le village, perdu dans ses pensées, et essayant de lutter face aux idées noires qui l'assaillaient.
Il arriva ainsi à l'entrée du corridor menant au sanctuaire, là où, plusieurs années avant, Mido lui avait bloqué la route tant qu'il n'avait pas trouvé d'épée. Sur le moment, il avait pris cette condition comme une réelle injustice, mais son épée kokiri l'avait sauvé tellement de fois que c'était comme s'il devait sa vie à Mido. Mido... Dans son esprit, ce nom résonna plusieurs fois. Qu'était-il devenu ? Ces souvenirs de son enfance amplifièrent son malaise, et il sentit que la panique commençait à l'envahir. Il s'arrêta et respira un bon coup. Ils ne pouvaient pas être morts, sinon il n'aurait rien à faire ici. Pourtant, au milieu de toute cette dévastation, il était difficile d'imaginer un sort plus heureux. Il ferma les yeux, secoua la tête, et s'aperçut que ses mains tremblaient. Non, il ne devait pas penser à cela. Il fallait rester concentré. Il se focalisa sur sa respiration, qui s'était accélérée, et s'efforça de se calmer. "Je vais récupérer mon épée auprès de l'Arbre Mojo, qui me donnera des réponses", se murmura-t-il à lui-même. Il reprit sa marche, et se mit à analyser chaque détail de l'endroit, dans le simple de but de penser à autre chose. Le sol était jonché de branches mortes qui craquaient sous ses pas. Certaines, aux extrémités particulières, n'étaient en réalité que des plantes Mojo desséchées qui avaient succombé sous la chaleur. Immédiatement, il se souvint de la toute première fois qu'il avait emprunté ce trajet, dans ce couloir naturel, au début de sa destinée... Tout était si beau, si vert... Il retint quelques larmes et poursuivit sa route. Mais son arrivée dans le sanctuaire plongea à nouveau son esprit dans une immonde douleur, et il ne put cette fois retenir le flot qui arriva à ses yeux : du vénérable Arbre Mojo ne restait qu'une souche. Et, au centre de ce cadavre de bois, était plantée son épée.

Ecouter "Les Larmes des Démiurges"

Des secondes, des minutes, peut-être même des heures s'étaient écoulées, mais cela n'avait pas d'importance pour Link. Il gisait à genoux devant les restes de l'entité à qui il devait tant, un flot ininterrompu de larmes s'écoulant le long de ses joues. Son cœur tambourinait contre sa poitrine et semblait s'émietter à chaque battement, alors que tout son corps était parcouru de spasmes incontrôlables. Il n'avait jamais eu peur de sa propre mort : il connaissait et assumait les dangers de chacune de ses quêtes. Il avait pris les risques les plus insensés dans le seul but de protéger les siens : c'était son but, son rôle, sa destinée. Et aujourd'hui, il avait failli. L'Arbre Mojo était mort, et ce monde dévasté laissait présager le pire pour les autres. C'était terminé. Alors pourquoi est-ce que le monde continuait de tourner ? Pourquoi les minutes continuaient-elles de défiler, alors que tout était fini ? Devait-il se permettre d'espérer ? Et surtout, pouvait-il se le permettre ?
Entre deux sanglots, Link entendit une voix lointaine prononcer son nom. Il releva la tête, plus lentement qu'il ne l'aurait voulu, et reconnut la voix de Proditia. Il comprit alors ce qui lui restait à faire : obtenir des explications. Il ne pouvait pas abandonner sans savoir quelle avait été son erreur. Il mobilisa les quelques forces qui ne l'avaient pas encore abandonné, et entreprit d'escalader la souche de son ancien ami. Une fois dessus, il aperçut une forme couchée sur le sol, derrière son épée, qu'il n'avait pu voir du sol. Il s'approcha et distingua le cadavre d'un soldat blond, portant une armure sur laquelle apparaissait le symbole de la Triforce. Son torse était troué de part en part, et le métal avait fondu autour de la plaie calcinée, comme si une lame de feu avait pourfendu le malheureux. De toute évidence, cet homme était le précédent élu dont lui avait parlé Proditia. Link ne fut pas vraiment surpris : au milieu de cette dévastation, un corps inanimé ne semblait être qu'un élément commun du décor, et il n'en avait cure. Un mélange de désespoir et de haine l'avait envahi, le rendant totalement indifférent à ce qui l'entourait. A ses yeux, plus rien d'autre n'importait que les réponses de Proditia. Et s'il devait ensuite subir le même funeste destin que l'ancien Élu, alors soit : il n'avait plus aucun rôle à jouer ici. Link se tourna vers son épée et croisa son reflet dans la lame. Jamais il ne s'était vu dans cet état de fatigue et de déprime qu'il lisait sur son visage : ses cernes étaient creusés et ses yeux aussi rouges que gonflés. Il posa sa main sur le manche et ferma les yeux en inspirant profondément. Il eut une dernière pensée pour l'Arbre Mojo, et la retira d'un coup sec de son socle de fortune. C'est alors qu'un terrible hurlement aigu surgit du ciel.

Ecouter "La Fin d'un Monde"

En un instant, les éléments se déchaînèrent : le vent souffla de plus en plus fort, le tonnerre cria et la terre se mit à trembler. La voix totalement affolée de Proditia raisonna dans le sanctuaire, et avec une telle puissance qu'elle en couvrit momentanément le vacarme ambiant :
- Ton épée te montrera la voie la première fois, mais tu devras agir seul ensuite ! Viens vite me libérer de mes chaînes, nous n'avons plus de temps !
Link n'eut cependant pas le temps de réfléchir à la signification de sa phrase car, au même moment, les nuages grondèrent au-dessus de sa tête. Il leva les yeux et vit plusieurs éclairs qui venaient éclater le sol, et chacun d'eux semblait se rapprocher davantage de sa position. Au même instant, son épée se mit à briller d'une forte aura bleue et le monde se figea. Littéralement. Plus rien ne bougeait autour de lui. Le vent s'était arrêté de souffler et les feuilles étaient comme bloquées dans les airs. Le calme était presque revenu : seul persistait une sorte de brouhaha grave. Le sanctuaire baignait dans la lumière, et Link s'aperçut que la source de cet éclat n'était rien d'autre que la foudre qui s'était figée juste au-dessus de lui, à environ un mètre de hauteur. Il plissa les yeux devant une telle luminosité et remarqua que l'éclair n'était pas totalement immobile, mais continuait de tomber, très lentement. Quant à lui, il était totalement libre de ses mouvements et ne semblait pas être affecté par cette lenteur. Il en profita donc pour s'éloigner de cette foudre menaçante, tout en regardant son épée, dont la lueur s'estompait peu à peu. Et dans le reflet de sa lame, il aperçut du sang s'écoulant de son nez. Il porta sa main à son visage et observa ses doigts rougis. Il était déboussolé et ne comprenait rien à ce qu'il se passait. Il y eut un instant de flottement, laissant Link dans ses questions, quand son épée cessa de briller. Une explosion tonna immédiatement derrière lui et il fut projeté en bas de la souche : la foudre venait de retomber et l'apocalypse avait repris son cours. Instinctivement, Link se mit à courir en direction de la sortie, en serrant son épée le plus fort possible. Il arriva dans le corridor menant au village mais les Plantes Mojo desséchées semblaient avoir repris vie, et d'autres sortaient de la terre par dizaines. Il donna un coup d'épée sur la première qui passa à sa portée, mais sa lame s'enfonça d'à peine un millimètre, comme si les tiges, d'apparence roussie, étaient faites de pierre. La plante, mécontente, frappa Link, qui, toujours étonné que son adversaire soit encore vivant, tomba en arrière. Il essaya de se relever, mais une botte se plaqua soudain sur son torse. En levant la tête, Link eut un frisson en reconnaissant son propriétaire : le cadavre du précédent Elu, revenu d'entre les morts.

Toujours au sol, Link leva son épée pour essayer de pourfendre son rival, mais ce dernier esquiva grâce à un rapide mouvement de recul. Il en profita pour se dégager de la pression qu'il subissait et se releva. Avec ce nouvel assaillant, toute retraite était impossible, et les Plantes Mojo continuaient de surgir de la terre, si bien qu'elles formeraient bientôt un mur compact et indestructible. Le mort revint à la charge, avec une agilité et une rapidité qui n'avaient rien à envier aux vivants. Heureusement pour Link, il n'était pas armé, mais de toute évidence, il avait reçu la même protection que les plantes : son épée ne semblait pas réussir à entailler la peau flétrie du cadavre. Link n'avait plus le choix : il devait fuir le plus vite possible, afin de semer son adversaire avant d'être totalement piégé. Il serra le manche de son arme, se concentra et courut vers les plantes. Il essaya de focaliser son esprit sur leur mouvement, quand une faible lueur émana de son épée. Petit à petit, c'était comme si une nouvelle porte était en train de s'ouvrir dans son esprit. Sa vision se brouilla, ses oreilles bourdonnèrent, et une goutte de sang coula de ses narines. Alors que lui continuait de courir à la même vitesse, ses ennemis, ainsi que l'environnement autour de lui, se mirent à ralentir progressivement, et la lumière de son épée s'intensifia. Il arriva bientôt au niveau des premières Plantes Mojo, et vit, grâce à cette nouvelle perception du temps, que celle de droite se préparait à frapper au niveau de sa tête, tandis que celle de gauche s'était déjà baissée pour le faire trébucher. Il plongea donc au milieu, esquivant les deux attaques. Il se releva en roulade et se retrouva au milieu de la masse de plantes. Plusieurs se cabrèrent pour attaquer, mais, à cause de leur vitesse ralentie, Link eut le temps de voir les coups arriver et les évita sans problème. Il continua sa course, passant outre les assauts des plantes, quand un mal de tête le prit soudainement, ce qui le déconcentra. Le monde autour de lui reprit instantanément sa vitesse normale, et une dizaine de bouches baveuses foncèrent vers lui.

Link reçut plusieurs coups et morsures, et il lui était devenu impossible de progresser. Il fixa son épée en essayant d'ignorer les attaques incessantes des plantes afin de réussir à se concentrer. Et lorsqu'il y arriva, la faible douleur qu'il avait ressentie à la tête devint une violente migraine, comme si une lame plongeait petit à petit dans son cerveau. Le temps ralentit à nouveau, mais son acheminement était de plus en plus difficile, car plus il ralentissait le cours du temps, plus son crâne le faisait souffrir. Son visage était recouvert du flot de sang qui s'écoulait de son nez, et ses muscles commençaient à être douloureux. Cherchant une échappatoire rapide, il surprit un carré de terre en train de remuer, quelques mètres plus loin, ce qui signifiait qu'une plante allait sortir. Il accéléra et se dirigea vers les remous. Au moment où le végétal émergea, Link bondit, prit appui sur la tête encore à moitié enfouie de la créature, sauta aussi haut qu'il put et laissa le temps reprendre son cours normal. Ralentir le temps semblait avoir décuplé sa force car l'impulsion qu'il prit grâce à la plante suffit à lui faire parcourir en l'air les quelques derniers mètres qui le séparaient de la fin de ce corridor infernal. Il atterrit brutalement sur le sol, ses jambes se dérobant sous son poids : l'intense douleur de sa tête lui donnait envie de hurler, et il n'avait pas réussi à amortir sa chute tant il était déboussolé. Il roula sur le sol, puis se stabilisa à quelques enjambées de l'endroit où Proditia avait été attachée. Il voulut rester allongé, exténué par ses efforts, mais cette dernière l'interpella. Sa voix était totalement hystérique, et elle ponctuait chaque fin de phrase par un rire diabolique.
- Tu y es presque ! Il ne te reste plus que ces quelques chaînes à briser ! Dépêche-toi !

Ecouter "Dernières Forces"

Link se releva tant bien que mal, les jambes tremblantes, comme si elles avaient couru plusieurs heures, et s'avança vers Proditia, quand un cri aigu retentit du ciel, similaire à celui qui avait été poussé lorsque Link avait arraché l'épée. Il leva la tête et aperçut une ombre ailée plonger dans sa direction. Elle ouvrit la bouche et sa voix retentit dans tout le village :
- Arrête immédiatement, Humain ! Libère la Déchue et tu subiras le courroux divin !
- Ne l'écoute pas, Link ! Tranche mes liens !
Link était incapable de réfléchir : après tant d'acharnement, son cerveau n'était plus apte qu'à contrôler fébrilement ses mouvements. Il ne désirait qu'une chose : avoir des réponses. Et pouvoir enfin se reposer, éternellement. Il leva son épée et la fit s'abattre sur la première chaîne, qui se rompit. L'ombre ailée cria et accéléra.
- Humain ! Tu oses défier les Déesses ! Ton châtiment sera sans fin !
- Elle se rapproche, vite ! Je vais t'aider... Bénédiction de Vitae !
Une aura sombre jaillit des mains de Proditia et atteignit Link. Ses blessures se refermèrent et sa douleur cérébrale s'estompa pour ne laisser place qu'à une légère migraine. Ainsi ragaillardi, Link courut vers le second lien de Proditia, et le frappa de toutes ses forces, le faisant céder. L'ange noir hurla.
- Tu oses utiliser mes propres armes afin d'accomplir ton vil dessein, Proditia ?
- Tes armes ? Depuis le temps que tu t'attribues injustement ce mérite ! La justice sera enfin rendue !
A peine eut-elle fini sa phrase que le tonnerre gronda.
- Link ! Attention !
En entendant l'avertissement de Proditia, Link entreprit de ralentir le temps. La migraine s'intensifia immédiatement, mais il ne regretta pas son choix car, au-dessus de lui, la foudre avait recommencé, et elle semblait le viser. Il roula afin d'éviter un premier éclair, et s'aperçut que bien que leur vitesse soit réduite, les éclairs étaient quand même relativement rapides : il n'était pas parvenu à figer le temps autant que l'avait fait son épée la première fois. Tout en guettant le ciel, il se rapprocha de la troisième chaîne de Proditia. Evitant un nouvel arc électrique, Link coupa un des maillons de fer, puis se dirigea vers la dernière chaîne, quand la foudre atterrit juste devant lui. Le souffle de l'impact fut si violent qu'il le projeta en arrière. Sous le choc, il lâcha son épée, et à l'instant où la main de Link quitta le manche, le temps reprit sa vitesse normale. La mystérieuse ombre ailée, finalement arrivée au niveau du sol, plongea sur Link et l'empêcha de se relever en serrant ses doigts autour de son cou. Elle ne lui était pas totalement inconnue : il avait déjà vu son visage, mais était incapable de se souvenir où. Sa tête était si douloureuse qu'il n'arrivait pas à réfléchir, et ses muscles étaient si faibles qu'il n'arrivait pas à lutter face à la force incroyable de son assaillante. Il la vit sortir un poignard de ses vêtements, mais était totalement démuni.
- Laisse mon Élu tranquille ! Rage de Nervi !
Autour d'eux, des centaines de lames sombres se formèrent, toutes dirigées vers leur ennemie.
- Même si tu le tues, je pourrais le ressusciter maintenant qu'il est là. Vous avez perdu !
- Non... Non !
Dénigrant Link, l'ombre ailée fonça sur Proditia, mais cette dernière ferma le poing et les lames foncèrent vers son adversaire, qui fut obligée de s'envoler pour les éviter.
- Link, libère-moi, qu'on en finisse ! Je te couvre !
Link se releva et chercha son arme des yeux. Il la vit, posée sur le sol, juste à côté du rocher auquel était accrochée la quatrième chaîne. Mais, l'ange sombre, les épées noires toujours à sa poursuite, ne semblait pas vouloir capituler, et chargea dans la direction d'Excalibur. Sa dernière chance était de la subtiliser et Link le comprit. Sans réfléchir, il courut vers son épée, aussi vite que possible malgré la faiblesse de son corps, et plongea pour la récupérer. Il sentit la main froide de l'ombre sur la sienne, mais fut le premier à serrer le manche. Il pivota sur lui-même et trancha le dernier lien qui retenait Proditia. C'était terminé, ils avaient gagné. Quand elle comprit ce qu'il s'était passé, l'ombre ailée hurla, agrippa Link, et s'envola avec lui. Il n'avait plus la force de se battre, tous ses muscles le brûlaient et il avait l'impression que sa tête allait exploser. Arrivé à ses limites, il s'évanouit en entendant le rire dément de Proditia.

A suivre...   

Ce texte a été proposé au "Palais de Zelda" par son auteur, "MetalFox". Les droits d'auteur (copyright) lui appartiennent.

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