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Les descendants de légende

Ecrit par Epona94


Bonjour cher lecteur,

Avant de commencer, je tiens à préciser que cette histoire se passe directement après "A link to the past", à cheval entre Hyrule et Saankar, un royaume parallèle aux technologies aussi évoluées que les nôtres.
J'ai choisi de respecter la chronologie décrite par le livre Hyrule Historia. Nous sommes donc après "Ocarina of Time".

Cela fait maintenant 10 ans que Ganondorf a disparu. Le monde est en paix, Link est devenu un beau jeune homme et un grand combattant. C'est son oncle qui l'a formé, avant de se retirer pour une retraite bien méritée.
Notre héros est entré au palais, en tant que garde personnel de la princesse.
- Je te dois bien cela, avait dit le roi. Tu n'as pas hésité à braver les pièges de la Terre d'Or pour libérer ma fille et sauver Hyrule.
Les six jeunes filles ont grandi elles aussi, et sont devenues les nouveaux Sages d'Hyrule.

Cette histoire commence le matin du couronnement de Zelda, son père étant désormais trop vieux pour régner. Link est encore en train de dormir. Mais au fait, de quoi rêve-t-il ?

Un couloir sombre. Des murs de pierre humides et visqueux. Au bout, une lumière brillante. Link avance, lentement. Il n'a pas peur. La lumière le guide.
Il débouche dans une vaste salle au plafond haut. Au centre, une femme est assise. Elle sourit en l'apercevant.
Elle lui ressemble beaucoup. Même cheveux blonds, même yeux bleu océan.
La femme se lève, rejoint le jeune homme, le prend dans ses bras.
- Tu m'as manqué mon fils, dit-elle simplement.
Link pleure. De bonheur. Il a retrouvé sa mère.

Un coup frappé à la porte de sa chambre tira soudain le héros de son sommeil.
- Link ? Tu es réveillé ? Je peux entrer ?
C'était Tamia, la descendante directe de Saria.
- Oui, tu peux, répondit le jeune homme, encore endormi.
Le nouveau sage de la forêt pénétra aussitôt dans la pièce.
- Quoi ? Tu n'es pas encore prêt ? Mais enfin, le couronnement de Zelda est dans deux heures à peine ! Dépêche-toi un peu !
Elle ouvrit les rideaux. Son ami lui sourit.
- Ne t'inquiètes pas, je n'en aurai pas pour longtemps.
- ...
- Tu venais pour une raison particulière ?
- Je suis inquiète... La forêt est troublée.
- Comment ça ?
- Je ne sais pas. J'ai un mauvais pressentiment.
Link regarda par la fenêtre. La journée s'annonçait radieuse.
- Je suis sûr que ce n'est rien. Mais si ça peut te rassurer, je viendrai vérifier avec toi après le couronnement de Zelda. Maintenant, si ça ne t'ennuie pas, j'aimerais me préparer.
Tamia rougit, confuse.
- D'accord. Je te retrouve dans la salle du trône.

Resté seul, Link s'habilla. Il passa une tunique blanche frappée des armoiries de la famille royale et enfila une paire de bottes en cuir. Pour une fois, il décida de rester tête nue.
Son rêve le troublait. Pourquoi lui avait-il paru si réel ? Et surtout, pourquoi avait-il le sentiment que sa mère était vivante et qu'elle utilisait ce moyen pour lui parler ? Il y réfléchissait encore lorsqu'il quitta sa chambre.

***

La salle du trône était remplie de monde. Tous les nobles d'Hyrule s'y trouvaient. La princesse apparut au fond de la salle. Elle remonta lentement l'allée, resplendissante et grave à la fois. Link et les six jeunes filles la suivaient à distance. Lorsqu'elle atteignit le trône, ils rejoignirent le reste de la foule. Le roi se montra alors et la cérémonie put commencer.
- Aujourd'hui est un jour particulier. C'est avec une grande fierté que je passe le pouvoir à ma fille unique, Zelda.
Il se tourna vers la princesse.
- Mets-toi à genoux mon enfant, dit-il.
La jeune femme s'exécuta. Elle se sentait comme dans un rêve. Dans quelques secondes, elle aurait sur les épaules le poids de tout un pays à diriger. Pourtant, elle se savait capable de réussir. Elle n'était plus la petite fille fragile d'autrefois.
- Promets-tu de tout faire pour protéger Hyrule et son peuple ?
- Je le promets.
- Promets-tu de montrer juste et équitable avec tes sujets, quel que soit leur rang ?
- Je le promets.
- Promets-tu de...
A cet instant, la porte de la salle du trône explosa. Une épaisse fumée se répandit dans la pièce. La panique gagna les nobles. Ils se regroupèrent dans un coin de la salle. Link sortit son épée et se précipita vers la princesse, suivi des six jeunes filles.
- Ça va ? Tu n'as rien ? lui demanda-t-il.
- Non, je vais bien. Mais qu'est-ce qui se passe ?
- Je n'en sais rien.
Le nuage se dissipa enfin. Il révéla une jeune fille d'environ 15 à 16 ans. Elle semblait mal en point, hagarde et portait un garçon évanoui dans ses bras. Lorsqu'elle aperçut Link et Zelda, elle se dirigea maladroitement vers eux.
- Aidez-moi, s'il vous plaît... mon frère est grièvement blessé. Ganondorf a envahi notre monde. Vous êtes les seuls à savoir comment le vaincre. Je vous en prie...
Elle s'effondra sur le sol, inconsciente.

Un silence de mort s'abattit dans la salle. Zelda se reprit la première. D'une voix forte, elle lança :
- Que chacun rentre chez soi. Aucune information sur ce qui vient de se passer ne doit filtrer sans mon accord. Une annonce officielle sera faite demain dans la matinée. Allez.
Elle se tourna vers les six jeunes filles :
- Transportez ces enfants dans mes appartements. Je vous y rejoindrais plus tard.
Tamia prit la parole :
- Avec ta permission Princesse, j'ai remarqué des perturbations dans la clairière d'Excalibur ce matin. Il se peut que ces visiteurs y soient pour quelque chose. Je préfèrerais aller vérifier avec Link si c'est le cas.
- C'est d'accord. Nous en saurons peut-être plus sur eux ainsi. Mais soyez de retour avant ce soir.
Link et Tamia s'inclinèrent et quittèrent les lieux.

***

Parvenu aux écuries, Link rejoignit Épona, sa jeune jument. Son oncle la lui avait offerte deux ans plus tôt, pour ses 18 ans. Le jeune homme l'avait baptisée lui-même. Ce prénom lui était venu naturellement, comme issu d'un vieux souvenir.
Tamia, pour sa part, se contenta d'un étalon de la garde. Elle n'aimait pas beaucoup chevaucher.
- En route ! dit-elle une fois en selle.

***

Ils atteignirent rapidement la forêt. Sous les arbres, l'atmosphère était pesante. Pas un souffle n'agitait leurs branches, pas un chant d'oiseau ne résonnait.
- Ça s'est aggravé depuis ce matin, chuchota Tamia.
Link ne répondit pas. Quelque chose n'allait pas. Il ne ressentait pas l'aura d'Excalibur, l'épée de légende. Plantée au coeur des bois, elle baignait généralement les lieux de son énergie mystique.
Il talonna sa monture.

Arrivés à la clairière centrale, ils ne purent retenir un cri de surprise. A la place du traditionnel socle se trouvait un énorme cratère dont les bords fumaient encore.
Tamia s'approcha prudemment. Au fond du trou se trouvaient deux pendentifs dont la forme rappelait celle de la Triforce. Ils brillaient doucement. Il n'y avait en revanche aucune trace de l'épée de légende. La jeune fille voulut descendre mais Link la retint.
- J'y vais, dit-il simplement.
Il se laissa glisser doucement jusqu'en bas et récupéra les bijoux. L'un d'eux brilla plus fort à son contact. Le jeune homme remarqua que seul le triangle qui aurait correspondu au Courage était rempli. Les autres étaient creux. Décidément, il fallait tirer ça au clair.
Tamia l'aida à remonter. Comme si elle avait lu dans ses pensées elle dit :
- Il faut prévenir Zelda au plus vite. Mais avant, cherchons Excalibur. Elle ne peut pas avoir disparu comme ça. Elle a sûrement été projetée plus loin quand ce cratère s'est formé.
Elle avait raison. L'arme était fichée dans une branche d'arbre, loin au dessus du sol. Voilà pourquoi Link n'avait pas ressenti sa puissance en arrivant ! Elle avait été séparée de son socle !
Le jeune homme était bon grimpeur. Il arriva rapidement devant la lame et la retira d'un coup sec de sa prison de bois. Encore tout étonné qu'elle soit intacte, il la passa dans son dos avec bonheur. La retrouver signifiait à coup sûr le début d'une nouvelle quête. Longue et difficile, il le savait. Mais l'aventure et le danger lui manquaient. Son poste de garde du corps royal avait beau lui offrir de nombreux avantages, il le trouvait souvent ennuyeux.
Il redescendit jusqu'à Tamia.
- Allons-y, dit-il.

***

Une heure plus tard, les deux amis retrouvèrent Zelda dans ses appartements et lui exposèrent la situation.
- Je vois... répondit la princesse lorsqu'ils eurent terminé. Je suis quasiment certaine maintenant que ce que vous avez vu est en lien avec nos hôtes. Il faudra les interroger lorsqu'ils se réveilleront pour en savoir plus. Pour l'instant, le maître du sanctuaire s'occupe d'eux. C'est un excellent médecin. Laissez-moi maintenant. Je dois préparer mon annonce de demain.
Link et Tamia s'inclinèrent et sortirent.

Restée seule, Zelda s'accouda à sa fenêtre et regarda la nuit tomber. Le ciel se para peu à peu de couleurs orangées, puis bleutées. La lune argentée teintait les environs du château d'une lumière mystérieuse. Ce spectacle apaisa la jeune princesse. Les questions et les doutes qui agitaient son esprit se turent. Elle se dirigea vers son bureau et se mit au travail. Les jours à venir s'annonçaient difficiles.

Le lendemain, l'état des jeunes gens ne s'était pas amélioré.
- C'est à ne rien n'y comprendre ! avait dit le maître du sanctuaire lorsque Zelda l'avait interrogé. Leurs blessures ont disparu mais on dirait qu'ils continuent de souffrir. Ils sont brûlants de fièvre et gémissent dans leur sommeil...
- Vous ne pouvez vraiment rien faire ?
- Je crains que non.... A part attendre et espérer...

Huit jours passèrent ainsi, sans que les adolescents ne se réveillent. L'annonce de Zelda avait fait l'effet d'un coup de tonnerre. Ainsi, Ganondorf était de retour ! Et il s'en prenait à un autre royaume ! Les conversations allaient bon train à la taverne de Cocorico.
- Je te parie qu'il va nous refaire le coup de la passerelle entre deux mondes ! Comme il y a dix ans, disaient les uns.
- Je me demande quel rôle jouent ces gamins, répliquaient les autres...Va savoir s'ils ne sont pas de mèche !
Ces commérages agaçaient Link. Il se sentait impuissant devant la douleur des deux blessés. Entendre des gens dire du mal d'eux lui donnait envie de vomir.
Un soir, tard, il fit part de son ressentiment à Tamia. Elle tenta de le réconforter.
- Essaye de les comprendre... Les gens ont peur. Et la peur rend parfois stupide.
- Peut-être, mais ce n'est pas une raison. J'aimerais tellement les aider !
- Moi aussi, mais si le maître du sanctuaire dit qu'il faut attendre, il faut attendre. Je suis sûre que tu pourras les aider, tôt ou tard. Maintenant, si j'étais toi, j'irais dormir. Demain est un autre jour.
Son ami hocha la tête, vaincu. Il n'avait plus la force de répondre.

***

Parvenu à sa chambre, Link se laissa tomber sur son lit tout habillé et s'endormit aussitôt.

Même couloir sombre. Même lumière brillante. Link est heureux. Sa mère est là.
- Bonsoir mon fils. Tu t'inquiètes pour ces enfants n'est-ce pas ?
- Qui sont-ils ? Et pourquoi Ganondorf a envahi leur monde ?
- Écoute-moi bien, car je n'ai pas beaucoup de temps. Tu dois à tout prix les protéger tu entends ? Leur destin et celui d'Hyrule sont liés.
- Mais comment ? Le maître du sanctuaire interdit à quiconque de les voir !
La mère de Link disparait peu à peu. Il veut la retenir... n'y parvient pas.
- Attends ! J'ai encore tant de questions à te poser !
- Les pendentifs mon fils, les pendentifs...
Solitude. Tristesse. Promesse.

Link s'éveilla en sursaut. Dehors, il faisait encore nuit noire. Cela ne l'empêcha pas de se lever et de se précipiter vers les appartements de la princesse. Elle dormait à poings fermés.
Il la secoua sans ménagements.
- Zelda ! Réveille-toi ! Zelda !
Elle ouvrit péniblement les yeux.
- Link ? Mais enfin qu'y a-t-il ? Tu as vu l'heure ?
Le héros ne tint pas compte de sa remarque.
- Les pendentifs que Tamia et moi avons ramenés, où sont-ils ?
- En sécurité, dans un tiroir de mon bureau. Pourquoi ?
- Parce que j'en ai besoin. C'est une question de vie ou de mort.
- Comment ça ?
Link frappa du pied par terre, agacé.
- Peu importe. S'il te plaît... ajouta-t-il, implorant.
Zelda le regarda avec des yeux ronds. Elle ne l'avait jamais vu perdre son sang froid à ce point.
- Très bien. Mais avant, calme-toi et dis-moi ce que tu veux en faire.
Le héros rougit, confus. Qui était-il pour oser réveiller la princesse à une heure pareille, et d'une manière aussi brutale...
Il lui rapporta son rêve, sans lui révéler que la femme était sa mère. Lorsqu'il eut fini, Zelda lui tendit les fameux bijoux, convaincue.
- Je compte sur toi... dit-elle, avant de gentiment lui indiquer la sortie.
Link se retira.

La porte de la chambre des deux adolescents n'était pas fermée à clé. A l'intérieur, le maître du sanctuaire dormait profondément. Ces patients, couchés dans deux lits disposés côte à côte, gémissaient doucement.
Avec précaution, Link passa les colliers autour de leur cou. Instinctivement, il savait à qui appartenait lequel.
Dans un premier temps, il ne se passa rien. Puis les triangles se mirent à briller intensément. Le maître du sanctuaire s'éveilla.
- Mais qu'est-ce que... ?
Le garçon ouvrit les yeux le premier.
- Où suis-je ? demanda-t-il d'une voix pâteuse.
Link sourit.
- Dans le château de Zelda, la princesse d'Hyrule.
- Quoi ?!
Il se redressa brusquement.
- Doucement, lui intima le maitre du sanctuaire. Tu es encore très faible !
Il se tourna vers Link.
- J'ignore comment tu as su et je te remercie. Mais pour l'instant, ces jeunes gens ont besoin de repos. Je vous préviendrai dès qu'ils seront en état de recevoir de la visite.
- Je vais très bien ! protesta la jeune fille, désormais elle aussi réveillée.
- Taratata. Vous avez dormi près de huit jours. On ne guérit pas comme ça d'un coma aussi long.
- !!!!! C'est pas vrai ! Je dois sauver notre monde !
Elle tenta de sortir de son lit.
Link la retint.
- Du calme. Nous vous aiderons ton frère et toi, je te le promets. Mais pour l'instant, vous n'êtes pas en état de sauver qui que ce soit...
Reconnaissant son interlocuteur, la jeune fille se calma. Elle prit le gobelet que le maître du sanctuaire lui tendait et l'avala d'un trait. Son frère fit de même.
- Voilà qui devrait vous aider à dormir. Link, je ne te le dirai pas une troisième fois. Va-t-en.
Le jeune homme sourit et sortit.
- A bientôt, dit-il simplement.

Il fallut encore une journée de repos aux blessés. Lorsqu'enfin le maître du sanctuaire les y autorisa, Link et Zelda leur rendirent visite. Les deux enfants s'appelaient Flora et Jen. Elle était âgée de 16 ans et lui de 12. Ils venaient d'un monde parallèle à Hyrule appelé Saankar.
- Notre monde possède des techniques beaucoup plus évoluées que les vôtres, expliqua Flora. Je suppose que c'est pour ça que Ganondorf s'y est intéressé. S'il parvient à rejoindre Hyrule, vous êtes fichus.
- Sans vouloir vous vexer, ajouta son cadet avec un petit sourire.
La jeune fille fronça les sourcils mais poursuivit.
- J'ignore comment il a réussi à passer dans notre royaume et plus encore comment il en a pris le contrôle. Une chose est sûre, quelqu'un a dû l'aider. J'aimerais bien savoir qui.
- Ou alors, il a réussi à reprendre la Triforce, malgré vos protections...
- Jen !
- Ne te fâche pas, la tranquillisa Link. Ton frère a sans doute raison. Il a déjà réussi à nous berner dans le passé. Il est très rusé.
- Si c'est le cas, je dois vérifier ça au plus vite, dit Zelda. Je vais réunir les six jeunes filles. Link, je compte sur toi pour me rapporter leurs paroles.
Elle quitta la pièce, sans attendre sa réponse.
- Elle est toujours comme ça ? interrogea Jen.
Le héros se moqua gentiment.
- Mets-toi à sa place. Diriger un pays n'est pas une chose facile.
Le garçon baissa la tête, contrit.
Link changea de sujet.
- Vous n'êtes pas d'ici, et pourtant, vous semblez connaître ce monde comme de vrais Hyliens. Pourquoi ?
- Dans notre monde, tes aventures sont un jeu vidéo.
- Un quoi ?
- Euh... un jeu où le personnage, dirigé par nous grâce à des boutons, accomplit une quête.
- ???? Je ne suis pas sûr de comprendre.
Flora éclata de rire.
- Laisse tomber Jen, ce n'est pas grave. En gros, un jeu qui se base sur vos aventures.
- Et comment êtes-vous arrivés ici ?
- C'est une longue histoire...
- J'ai tout mon temps.
Le héros prit une chaise et Flora commença son récit.
Tout avait commencé trois mois plus tôt, lors de la fête nationale. Tout le peuple était réuni sur la plus grande place du royaume. Les festivités battaient leur plein lorsque l'air avait explosé, tuant le roi au passage. Ganondorf avait profité de la panique pour prendre le palais et assoir son autorité.
La résistance s'était alors mise en place. Le Réseau, un groupe composé de connaisseurs des jeux de Zelda, avait été créé. Flora, son frère et leurs parents en faisaient partie.
La jeune fille se mit alors à pleurer. Jen lui prit la main et poursuivit à sa place.
Le Réseau avait eu le temps de découvrir où et comment Ganondorf était arrivé en Saankar. Les rebelles avaient convenu que quelqu'un irait à Hyrule pour demander l'aide de Zelda. Malheureusement, un espion avait rapporté la nouvelle au Seigneur du Malin. Un guet-apens les attendait sur le lieu de passage.
- Nos parents devaient faire le voyage. Malheureusement, Ganondorf et ses sbires les ont tués... sous nos yeux.
Link vit la colère s'allumer dans les yeux de Flora et son frère. Il serra la mâchoire et se promit de faire payer son acte à l'ennemi.
- J'ai tenté de m'interposer, mais Ganondorf m'a planté son épée dans le flan, reprit Jen. Tout ce dont je me souviens, c'est de son rire sadique.
Flora se tourna vers son frère.
- Les autres ont réussi à ouvrir un passage vers Hyrule. Ils nous ont protégés jusqu'à ce que nous quittions notre monde. Je ne sais pas ce qu'ils sont devenus.
Nous sommes arrivés dans la forêt, puis, sans qu'on sache pourquoi, dans la salle du trône. La suite, vous la connaissez.
Flora se tut. Les larmes continuaient de couler sur ses joues.
- Et vos pendentifs ? questionna Link.
- Ce sont nos parents qui me les ont donnés, juste avant de... Ils ont sûrement un pouvoir caché, sinon, ils ne nous auraient pas guéris.
- Leur forme me rappelle celle de la Triforce. Et sur chacun, un seul triangle est rempli. Celui de ton frère correspondrait au courage et le tien à la sagesse.
- Où veux-tu en venir ?
Les paroles de sa mère résonnèrent aux oreilles de Link. "Tu dois à tout prix les protéger tu entends ? Leur destin et celui d'Hyrule sont liés."
- Je n'en sais rien encore, répondit-il, mais il se peut que la Triforce vous ait choisis. Comme Zelda et moi...
Soucieux pour sa soeur, Jen changea de sujet :
- Quelle a été ta dernière quête contre Ganondorf, Link ?
Surpris, le héros raconta brièvement ses exploits.
Jen se tourna vers sa soeur.
- Nous sommes dans "A Link to the Past", comme prévu. Au jugé, je dirais huit ou neuf ans après.
- Dix, corrigea Link.
Il avait renoncé à comprendre cette histoire de jeu. L'important était que ses nouveaux amis avaient besoin d'aide. Et l'idée de mettre une nouvelle raclée à Ganondorf lui plaisait assez...
- Je vous aiderai, promit-il. Mais avant toute chose, nous devons savoir quel est votre lien avec la Triforce. Cela pourrait nous être très utile dans notre quête.
Jen et Flora acquiescèrent.
- Je vais vous laisser maintenant. Zelda a dû revenir et je dois lui rapporter votre récit.
Il sortit.
Restés seuls, le frère et la soeur se regardèrent en souriant. Ils avaient réussi ! Soit, le prix à payer était très lourd, mais Link et Zelda étaient là maintenant. Ganondorf n'avait qu'à bien se tenir !

Zelda était très inquiète. La Triforce du Pouvoir avait disparu. Elle avait immédiatement fait le lien entre le récit que Link lui avait transmis du coup d'Etat de Ganondorf et cette absence. Ce scélérat avait volé le fragment sacré. La lutte reprenait.
Pour l'instant, à part elle, seuls Link, les six jeunes filles et le roi étaient au courant. Elle ne voulait pas causer un mouvement de panique. La situation était déjà assez difficile à gérer.
Un coup frappé à la porte de sa chambre la tira de ses sombres pensées.
- Entrez, dit-elle à contrecoeur.
C'était Link.
- Zelda ? Nous organisons une petite réunion entre amis avec Jen, Flora et les six Sages. Il paraît que Flora est une conteuse hors pair. Je venais te proposer de te joindre à nous. Ça te changerait un peu les idées, tu ne crois pas ?
Accoudée à sa fenêtre, la princesse ne bougea pas.
- C'est gentil, mais je préfère rester seule.
Link la rejoignit et s'appuya à son tour sur le bord de la fenêtre. A la lumière de la lune, il vit que son amie pleurait. Sans un mot, il la prit dans ses bras et lui caressa les cheveux. Elle se laissa aller contre son épaule.
- Je suis tellement inquiète, chuchota-t-elle. J'ai peur pour Hyrule et pour vous. Je ne veux pas que Ganondorf vous fasse du mal. Te fasse du mal.
Link tenta de la rassurer.
- Tout ira bien, tu verras. Je ne dis pas que ce sera facile. Mais nous ne sommes pas seuls. Jen, Flora, le Réseau et les six jeunes filles sont là pour nous aider. Nous y arriverons, Zelda. Et lorsque tout sera fini, Ganondorf ne fera plus de mal à personne, je te le promets.
- Je pensais être digne de monter sur le trône. Mais je me trompais. Je n'ai pas su prévoir son retour...
- Retire tout de suite ce que tu viens de dire, se fâcha gentiment Link. Tu AS l'étoffe d'une vraie reine. Tu as su garder ton sang-froid devant ton peuple et agir de façon rapide. Peu de gens auraient fait aussi bien.
Zelda se dégagea et lui sourit entre ses larmes.
- Je te remercie pour ta confiance. Je me demande ce que je ferais sans toi, parfois. J'ai vraiment été bête de croire que je pourrais régler ça seule. Je crois qu'au fond, je ne voulais pas être un fardeau, comme il y a dix ans. Je voulais me prouver que...
Link posa un doigt sur ses lèvres pour la faire taire.
- Chut. Tu n'as rien à prouver.
Son amie lui prit la main et retourna à la contemplation de la nuit. Ils restèrent ainsi pendant longtemps, appréciant ce moment partagé ensemble. Puis, sans détourner les yeux du paysage, Zelda demanda :
- Il n'y avait pas de réunion, n'est-ce pas ?
Link sourit à la nuit.
- Non.

Le lendemain, Jen et Flora furent amenés devant la Triforce. Link, la princesse et les Six Sages les accompagnèrent. L'artefact reposait au sommet de la plus haute tour du château, dans une salle fermée par une lourde porte de pierre gravée. Parvenus devant elle, le frère et la soeur contemplèrent les bas-reliefs qui l'ornaient. Ils représentaient l'histoire d'Hyrule et de sa création, surmontée d'une Triforce rayonnante.
Pendant ce temps, Zelda entonna la berceuse royale. Les Sages la chargèrent de magie. Un faisceau de lumière se forma puis frappa l'image de la Triforce. La porte s'ouvrit bruyamment.
- À partir d'ici, vous continuez seuls, expliqua Aurya, Sage de Lumière, en se tournant vers les deux adolescents.
- Nous serons là à votre retour, promit Tamia.
- Bon, eh bien allons-y... murmura Flora
Elle passa l'entrée, suivie de son frère. Le portail se referma aussitôt.

***

Il régnait dans la pièce une atmosphère étrange. Une sorte de bienveillance mélancolique. La décoration était très sobre. Des murs de marbre nu, deux grandes fenêtres masquées par des rideaux et un escalier qui conduisait à un piédestal. Les fragments du Courage et de la Sagesse y reposaient.
Une voix s'éleva soudain.
- Bienvenue mes enfants. Je suis l'essence de la Triforce. Mes maîtresses vous attendent.
Jen et Flora n'eurent pas le temps de s'interroger. Un halo de lumière verte les entoura et la pièce disparut.
Les deux adolescents se trouvaient à présent dans un magnifique jardin. Partout, de l'herbe douce et verdoyante, des arbres chargés de fruits mûrs gorgés de soleil et des fleurs aux couleurs vives. Des chants d'oiseaux leur ravissaient les oreilles et un ruisseau d'une pureté cristalline coulait devant eux.
- C'est si beau, murmura Jen.
- C'est... commença Flora.
- Vivant, acheva une voix douce derrière eux.
Le frère et la soeur se retournèrent vivement et... restèrent bouche grande ouverte. Devant eux se tenaient Din, Nayru et Farore, les trois déesses créatrices d'Hyrule.
- Eh bien ! Ne restez pas comme ça, les taquina Din. Vous allez finir par avaler une mouche !
Honteux, les deux enfants la refermèrent aussitôt.
- Voilà qui est mieux. Venez, nous avons beaucoup de choses à nous dire.
Ils suivirent les trois femmes en silence. Puis Farore les invita à s'asseoir et commença son récit.
- Avant toute chose, sachez que vous êtes chez nous, dans mon jardin. Nous vous avons fait venir pour vous dire la vérité sur Saankar et vous aider dans votre quête contre Ganondorf.
- La vérité ? répéta Flora.
- Oui. En réalité, votre monde n'est autre que le petit frère adoptif d'Hyrule.
- !!!
- Il y a de cela des années, mes soeurs et moi avons découvert un étrange monument, couvert de symboles mystérieux. Nous l'avons touché et nous nous sommes retrouvées au milieu d'une plaine désertique et hostile. Des hommes vivaient là, envers et contre tout. Très soudés, ils nous ont accueillies parmi eux sans poser de question.
Ne sachant pas comment rentrer en Hyrule, nous avons vécu avec eux pendant plusieurs mois. Le courage dont ils faisaient preuve au quotidien nous impressionnait. Chaque jour, les hommes comme les femmes partaient se battre contre des prédateurs deux à trois fois plus gros qu'eux pour trouver un peu de nourriture.
Puis un jour, la fille du chef et quatre autres personnes tombèrent gravement malades. Deux moururent dans la nuit. Aucun remède ne semblait efficace. Mes soeurs et moi avons alors révélé notre identité et soigné ces gens.
Puis, j'ai transformé leur environnement hostile en plaine fertile et leur ai appris l'agriculture ainsi que l'élevage. Nayru leur a enseigné la médecine et Din a prolongé leur longévité. Le chef, pour nous exprimer sa gratitude, nous aida à retrouver le portail vers Hyrule. Il nous expliqua qu'il s'agissait d'un lieu sacré pour eux, même s'ils en ignoraient la vraie nature jusqu'à notre arrivée. Il n'était jamais au même endroit et le chercher constituait une sorte de rite de passage pour les jeunes garçons et les jeunes filles.
Il savait qu'à cause de ces déplacements, il ne nous reverrait peut-être jamais. Aussi nous demanda-t-il de lui laisser une trace de notre venue. Afin que les générations futures se souviennent de ce que nous avions fait pour eux.
- Nous ne voulions pas laisser de magie en ce monde, expliqua Nayru. Ce peuple vivait très bien sans. Aussi avons-nous chacune fait naître un enfant. Les familles des deux personnes que nous avions sauvées adoptèrent le mien et celui de Farore. Le chef accueillit l'enfant de Din.
- Depuis notre retour en Hyrule, nous avons suivi l'évolution de nos lignées respectives, intervint la Déesse du Pouvoir.
Elle fit une pause, plongeant ses yeux dans ceux de ses interlocuteurs.
- Flora, tu es une fille de Nayru, et toi Jen, un fils de Farore.

- Mais... commença Jen, comment est-ce possible ?
- Cela explique bien des choses au contraire, répliqua Flora.
Elle se tourna vers son frère.
- Réfléchis, Jen ! On a toujours été un peu à part tous les deux. Et puis... c'est grâce à nous que le Réseau a trouvé la brèche créée par Ganondorf. Tu l'as dit toi-même, ce jour-là ! Hyrule t'appelait.
Le jeune garçon se calma. Elle avait raison. Et curieusement, il n'était pas mécontent d'être lié à ce royaume. Bien au contraire. Il avait beau avoir eu des parents qui l'aimaient, chaque fois qu'il prenait le rôle de Link dans l'un de ses jeux, il se sentait entier. Comme enfin lui-même.
- Jen ? Ça va ? lui demanda sa soeur.
L'intéressé, le regard dans le vague, n'avait pas senti le large sourire qui s'était dessiné sur son visage. Il secoua la tête, acceptant enfin ce qu'il venait d'entendre.
- Eh ben, je n'aurais jamais cru que ça me ferait cet effet-là ! dit-il. Mais t'inquiètes, je suis juste content.
Sa réponse fit sourire les Déesses. Elles aussi étaient heureuses de renouer avec ce royaume qu'elles avaient autrefois aidé.
- Maintenant que vous savez la vérité, il est temps d'attaquer les choses sérieuses, leur dit Nayru. Pour commencer, sachez que si Ganondorf a pu réussir son coup d'État, c'est grâce à la puissance de l'enfant de Din.
- Il l'a ensorcelée avec une de ses maudites pierres, gronda la Déesse du Pouvoir.
- Ma soeur, je t'en prie, calme-toi, tenta de l'apaiser Nayru.
Imperturbable, Din continua.
- Contrairement à lui, elle possède un vrai lien avec la Triforce du Pouvoir. Il se sert de cette connexion avec le fragment pour le contrôler. Si vous voulez vaincre ce monstre, il vous faudra libérer ma fille. Il la retient prisonnière dans son propre château en Saankar.
- Attendez, vous voulez dire que... ? commença Flora.
- Oui. Ma fille n'est autre que Tara, la princesse héritière. Vous vous en doutiez un peu, non ? Sinon, comment Ganondorf aurait-il pu asseoir son autorité si vite ? Il la tenait déjà à sa merci.
- Mais comment allons-nous infiltrer le palais ? risqua Jen. Il est beaucoup trop bien gardé.
- Je reconnais que pour l'instant, vous n'êtes pas prêts. Mais votre statut de descendants des Déesses vous confère certains pouvoirs, comme les Sages et les Chevaliers d'Hyrule. Il vous faudra apprendre à les maîtriser. Vos pendentifs vous aideront.
- Je savais bien qu'ils avaient quelque chose de spécial !
- Ce sont des canaliseurs. Ils renforcent vos pouvoirs naturels et établissent un lien avec nous. C'est grâce à eux que vous avez pu être redirigés vers l'endroit où se trouvaient Link et Zelda, le jour de votre arrivée. Ce sont également eux qui ont permis à Farore et Nayru de vous guérir. Ils ne sont pas indispensables, mais constituent de précieux alliés. Essayez de ne plus les perdre, à l'avenir.
- Et nos pouvoirs, quels sont-ils ?
- Je ne sais pas vraiment, avoua Din. Je connais les principaux, à savoir vous téléporter, attaquer et vous protéger, mais pour le reste, ce sera à vous de les découvrir.
N'hésitez pas à vous entraîner le plus tôt et le plus possible. Demandez l'aide des Sages si besoin.
- Mais, ça va nous prendre des semaines, se désolèrent les deux enfants. Et en plus la brèche se déplace ! Il nous faudra au moins autant de temps pour la retrouver !
- Vous êtes originaires des deux mondes à la fois. Vous la trouverez rapidement, j'ai confiance en vous.
Quand au temps qu'il vous faudra pour maîtriser vos pouvoirs, ne vous fiez pas aux apparences. Votre ennemi a beau bénéficier de la puissance de ma fille, la magie de sa pierre l'altère. Il lui faudra sans doute plusieurs mois avant de pouvoir retrouver le portail qu'il a créé.
-... Quand même, ce n'est pas une raison, insista Jen.
- Vous y arriverez, mes enfants. N'oubliez pas que vous n'êtes pas seuls, leur rappela Farore. Link et Zelda seront des alliés de poids. Il y a 10 ans, lorsque Link a repris la Triforce à Ganondorf, nous avons décidé de créer une protection. Désormais, s'il tente de s'emparer de notre création, seul le fragment correspondant au Pouvoir lui revient.
Nous avons averti Link lorsqu'il a touché la Triforce que si cela devait se produire, il recevrait le Courage et Zelda la Sagesse.
- Vu comme ça... On y arrivera ! acquiesça Flora, convaincue.
- Ouais ! renchérit son frère. On va botter les fesses de Ganondorf une bonne fois pour toutes, promis ! jura-t-il.
Les trois Déesses éclatèrent de rire.
- Nous n'en doutons pas, répondit Farore. Une dernière chose avant de partir. Ganondorf n'est pas le vrai porteur du Pouvoir, vous l'avez compris. Le véritable élu de Din n'est autre que l'oncle de Link. Lui seul pourra reprendre le fragment des mains de votre ennemi. Vous devrez le convaincre de sortir de sa retraite.
- Ah ben ça alors ! Si on s'y attendait ! s'exclama Jen.
- Allez-y maintenant. Vos amis vous attendent.
Le frère et la soeur remercièrent les Déesses. Din leur adressa un dernier signe de la main.
- Je compte sur vous pour libérer ma fille, leur souffla-t-elle.
Ils avaient déjà disparu.

Au dehors, le soleil était presque couché. Link, Zelda et les Six Sages attendaient depuis presque une journée.
De retour au palais, Flora raconta leur rencontre avec les Déesses. Link ne parut pas surpris du destin de son oncle.
- Il en a parfaitement l'étoffe, confirma-t-il. Le problème, c'est que j'ignore où il se trouve. Il profite de sa retraite pour parcourir le monde. La dernière lettre qu'il m'a envoyée remonte à deux semaines. Il disait avoir fait une importante découverte, qu'il m'en parlerait lorsqu'il aurait plus de détails.
Mais depuis, je n'ai plus de nouvelles. C'est bizarre, normalement il m'écrit environ tous les trois jours.
- Tu penses qu'il lui est arrivé quelque chose ? demanda Flora.
- Je n'en sais rien. C'est possible. Ou alors, il attend d'en savoir plus sur sa découverte pour m'écrire à nouveau...
- Il faut en avoir le coeur net, décida Zelda. De toute façon, nous aurons besoin de son aide pour vaincre Ganondorf.
Elle se tourna vers Link.
- Demain matin, tu partiras à la recherche de ton oncle. Tamia pourra t'accompagner.
- Je serai plus efficace seul, objecta Link. De plus, si Tamia reste ici, elle pourra aider Jen et Flora à découvrir leurs pouvoirs.
- Ça me va, accepta Tamia. Link a raison. Je serai plus utile ici.
- Très bien. D'après ce que nous ont dit les Déesses, il faudra plusieurs mois avant que Ganondorf ne tente un retour en Hyrule. Cependant, par précaution, je préfère fixer le départ pour Saankar à dans un mois. Jen, Flora, pensez-vous réussir à maîtriser vos pouvoirs en si peu de temps ?
- Ce sera difficile, princesse, tempéra Flora. Mais nous ferons de notre mieux.
- Je vous remercie. Allez maintenant. La journée a été longue, et celle de demain le sera plus encore. Reposez-vous le plus possible.
Ses amis sortirent les uns après les autres. Elle retint Link par la manche.
- Soit prudent, veux-tu.
Ce dernier lui adressa un sourire rassurant.
- Je te le promets. Tu me connais bien non ?
Zelda lui rendit son sourire.
- Justement...

***

Le lendemain, Link se leva à l'aube. Il s'habilla rapidement, sella Epona et partit au grand galop. Il ne vit pas la princesse, qui l'observait depuis la fenêtre de sa chambre.
- Bonne chance, murmura-t-elle.

Les recherches du héros durèrent toute la journée. Ne sachant pas par où commencer, il s'était rendu à la taverne. Là, le vieil ivrogne lui avait expliqué entre deux hoquets que son oncle était venu lui parler dix jours plus tôt. Il disait avoir découvert un donjon caché, dans le ciel.
Link, quoique sceptique, avait choisit de lui faire confiance. Après tout, il lui devait la découverte du secret de la Cascade des Voeux, près du Domaine Zora.
Hélas, plus la journée avançait, plus il désespérait de trouver son oncle. Personne, pas même Sahasrahla n'avait entendu parler d'un château dans le ciel.
Dégoûté, le jeune homme avait choisi de passer la nuit chez lui, ce qu'il ne faisait plus depuis qu'il travaillait au palais.
Retrouver sa maison l'apaisa un peu. Il s'endormit rapidement.

Même couloir sombre. Même lumière brillante. Link serre sa mère dans ses bras.
- Bonsoir mon fils. Tu sembles perdu, je me trompe ?
- Je commence à croire que l'ivrogne a tout imaginé...
- Ne désespère pas. Jamais. Mon frère a bien trouvé un donjon dans les nuages. Si tu veux toi aussi y accéder, tu dois apprendre le Chant Céleste. Lui seul pourra t'ouvrir la voie jusqu'au Château d'Azur. Va voir le flûtiste. Il le connaît bien. Maintenant, j'aimerais te donner quelque chose.
Elle lui tend un ocarina à la couleur de l'océan.
Link sourit, puis demande :
- Puis-je te poser une question ?
- Bien sûr.
- Quel est ton nom ?
Elle a juste le temps de répondre.
- Medila.
Puis disparaît. Comme du sable soufflé par le vent.

Link ouvrit les yeux. Le soleil inondait sa maison. L'ocarina reposait à côté de lui, sur son oreiller.
- Merci, chuchota-t-il.

***

Le flûtiste, comme à son habitude, était assis sur sa souche, entouré d'animaux. Lorsqu'il aperçut Link, il cessa de jouer et lui adressa un signe de la main.
- Que puis-je faire pour toi ? Je te dois tant.
- J'aimerais que tu m'apprennes le Chant Céleste.
Le musicien haussa les sourcils mais ne fit aucun commentaire. Il joua la fameuse musique, pour que Link puisse la retenir. C'était une mélodie légère et mystérieuse.
Le héros la trouva magnifique. Il la rejoua sans difficulté, sur l'ocarina de sa mère, remercia son interlocuteur et partit à la recherche du Château d'Azur.
Instinctivement, il savait où aller. Il appela l'oiseau du village, qui le déposa sur l'endroit le plus élevé d'Hyrule. Le Rocher de la Tortue. Là, il joua le Chant Céleste.
Presque aussitôt, un splendide pont de cristal apparut devant lui. Mais ce n'était rien comparé à l'édifice auquel il menait...

Le Château d'Azur portait bien son nom. Haut de cinq étages, il était entièrement fait de la glace la plus pure. Ses murs réfléchissaient la moindre particule de lumière. Le ciel et les nuages se reflétaient sur toute leur surface, comme sur un miroir. On aurait dit un océan sur lequel des bateaux glissaient doucement, au gré du vent.
Le souffle coupé par tant de beauté, Link contempla ce spectacle pendant un moment. Puis il s'approcha de l'entrée. Il fut saisi d'un curieux frisson d'angoisse. Le même que quand il entrait dans un donjon il y a dix ans. Quelque chose n'allait pas avec ce château.
Il recula jusqu'à en avoir une vision d'ensemble. Et le vit.
Au sommet de l'édifice, un épais nuage de fumée noire tournoyait lentement. Inquiétant.
Trop absorbé par la beauté du lieu, il ne l'avait pas remarqué la première fois. Mais ce nuage ne pouvait signifier qu'une seule chose : les ennuis commençaient.
Link pensa à son oncle. Était-il venu ici ? Auquel cas, que lui était-il arrivé ? Il devait en avoir le coeur net. Il sortit son épée et poussa la porte d'entrée.

L'intérieur était magnifique. Les murs ne comportaient aucune décoration mais la lumière qui passait au travers suffisait largement à la beauté de l'endroit. Qui aurait cru qu'une fumée maléfique surplombait le domaine, là-dehors ?
Le hall d'entrée, où Link se trouvait, paraissait immense. Des statues de glace traçaient un chemin jusqu'à une porte couverte de neige.
Il la rejoignit et l'ouvrit sans hésiter. Elle donnait sur une salle où des cascades d'eau pure coulaient le long des murs. Au fond, un homme était assis sur un trône de cristal.
Lorsqu'il aperçut le jeune Hylien, il lui fit signe d'approcher.

De près, il semblait sans âge. Ses longs cheveux blancs lui arrivaient à la taille, ses yeux gris semblaient ternes, sans vie et son visage était creusé de rides.
- Qui est tu ? Et que fais-tu ici ? demanda-t-il.
Link lui parla de son oncle.
- Je vois. Possèdes-tu l'épée de légende ?
Le jeune homme hocha la tête.
- Alors, tu peux m'aider. Vois-tu, mon château est frappé d'une malédiction depuis plus de vingt ans. Ma famille et tous mes serviteurs sont prisonniers de cette glace. Ce sont toutes les statues à l'entrée. Une nuit, les Déesses m'ont dit en rêve que le porteur d'Excalibur briserait l'enchantement.
Il fit une pause, puis reprit :
- Il y a peu, un homme ressemblant à ton oncle a bien tenté de me délivrer, malgré mon avertissement. Il n'avait qu'une épée ordinaire, il ne pourrait rien faire. J'ignore ce qu'il est devenu. Sans doute a-t-il rejoint tous les malheureux qui ont essayé de m'aider avant lui.
Link sentit l'appréhension lui nouer l'estomac.
- Que leur est-il arrivé ?
- Ils ont été changés en poussière. Si tu veux les sauver, tu dois briser le sceau qui emprisonne mon domaine. Il repose au sommet de ce château.
- Très bien, j'accepte.
- Je te remercie. De nombreux défis t'attendent. Le chemin sera long jusqu'à la chambre du sceau.
Il amena Link jusqu'à une petite porte près du trône.
- Ici commence ta quête. Bonne chance, mon jeune ami.
Le héros inspira un grand coup et tourna la poignée.

Il se retrouva au pied d'un escalier de glace, qui débouchait sur une grande salle circulaire.
En face de lui se trouvait une seconde porte et, au centre de la pièce, une statue de pierre était assise en tailleur. Une stèle, elle aussi de pierre, se trouvait à ses côtés. Le jeune homme s'en approcha et la lut : Le courage triomphe de la peur et du doute.
À peine avait-il relevé la tête que le sol s'ébranla sous ses pieds. Devant lui, les dalles s'effondrèrent les unes après les autres. Il voulut s'avancer. Courir. Avant qu'il ne soit trop tard. C'était sans compter sur le réveil de la statue. Il dégaina son épée et se prépara à l'affronter.
- Paix, jeune impudent, dit la sculpture d'une voix caverneuse.
Surpris, Link rangea son arme dans son fourreau.
- C'est mieux. Tu n'en auras pas besoin ici. Je suis l'un des quatre Gardiens du Sceau de ce château. Si tu veux poursuivre ta route, tu devras réussir quatre épreuves. La mienne testera ton courage.
Il lui désigna le gouffre.
- Traverse-le et tu pourras continuer ton ascension.
Puis il redevint immobile.
À première vue, il n'y avait rien. À première vue. Son expérience avait appris à Link qu'il fallait se méfier des apparences. Sans cela, il serait encore coincé dans la Tour de Ganon.
Il sortit le médaillon d'Éther de sa poche et fit appel à son pouvoir. Une bourrasque glacée lui révéla le chemin.
Le héros sourit et traversa le vide sans difficulté jusqu'à la moitié. Le reste du chemin se trouvait environ cinq mètres en-dessous de lui. Il n'avait pas le choix. Devait sauter pour continuer. Rassemblant tout son courage, il se laissa tomber.
La chute fut brève. L'atterrissage douloureux. Peu importe. Il avait réussi. Avec soulagement, il atteignit la porte qui menait aux étages supérieurs.
Le Gardien l'y attendait.
- Première épreuve réussie, dit-il.
Il tendit à Link un morceau de puzzle.
- Ceci est l'un des fragments de la clé qui te permettra de briser le Sceau. Puissent les Déesses veiller sur ton chemin.

***

La seconde salle était identique à la première. La seule différence était la présence d'un bassin de taille moyenne, rempli de sable. Quatre énormes blocs reposaient dessus. Sur chacun, l'une des faces comportaient une pointe.
Ici, la stèle disait "Les énigmes n'en sont pas pour celui qui fait preuve de Sagesse".
Le Gardien s'éveilla.
- Si tu veux passer, tu dois résoudre l'énigme des blocs qui te fait face.
Un vent léger souffla sur le bac, révélant quatre encoches de la forme des pointes. Le Gardien tendit à Link une sorte de sceptre, terminé par une grosse émeraude.
- Voici la Baguette des Sables. Sers-t'en pour déplacer les blocs jusqu'à ce qu'ils se glissent dans les encoches.
Il redevint immobile.
Link maîtrisa rapidement le maniement de la baguette. Il lui fallut plusieurs heures pour résoudre le puzzle. Les blocs étaient énormes et il ne disposait que de peu d'espace pour les déplacer. Mais il n'abandonnait pas. Pensait à son oncle, sans doute tombé en poussière trois étages au dessus. À Jen et Flora qui comptaient sur lui. À Zelda, qui l'attendait, très probablement inquiète. Aux Six Sages et à Tamia, son amie. Et cela lui donnait la force de persévérer.
Lorsqu'enfin le dernier bloc trouva sa place, le Gardien lui tendit son fragment de clé.
- Deuxième épreuve réussie. Puissent les Déesses veiller sur ton chemin.

***

Lorsque Link atteignit la troisième salle, le soleil se couchait. La lumière orangée qui se reflétait sur les murs donnait l'impression qu'ils étaient en feu.
Ici, la stèle disait "Celui qui a le Pouvoir triomphe seul face à l'adversité."
Cette fois, le Gardien ne bougea pas. Non. À la place, une véritable armée de monstres apparut. Des statues Armos, des Stalfos, des Skulltulas, des moblins, des pieuvres, des limaces explosives, des magiciens, des blobs, des cyclopes... Pas moins d'une cinquantaine de monstres lui faisaient face.
Sans hésiter, le héros se jeta dans la mêlée. Il abattit rapidement les créatures les plus faibles. Mais bientôt, la fatigue et la tension accumulées lors des épreuves précédentes se firent sentir.
Ses gestes devinrent plus lents, ses réflexes moins vifs, son épée plus lourde. Un cyclope le toucha au ventre. Puis le rayon d'un spectre magicien lui brûla la joue. Il lui restait encore une vingtaine de monstres à abattre lorsqu'un chevalier Armos le blessa gravement à l'épaule. Link posa un genou à terre, brièvement.
Non. Pas maintenant. Pas comme ça. Il avait déjà affronté des créatures bien plus redoutables. Il se redressa, une lueur farouche dans le regard. Utilisa la botte secrète des chevaliers d'Hyrule, transmise par son oncle.
L'onde d'énergie envoyée par son épée abattit la moitié de ses ennemis. Il acheva les derniers avant qu'ils n'aient compris ce qui leur arrivait. Puis examina ses blessures, sans attendre que le Gardien lui donne le troisième fragment de clé. La brûlure de sa joue était superficielle. Sur son ventre, le cyclope n'avait laissé qu'une petite estafilade. Son épaule, elle, saignait abondamment. Il fallait arrêter l'hémorragie, et vite. Il restait encore une épreuve et il n'avait aucune idée de sa nature. Il déchira un morceau de sa tunique et en fit un garrot serré. Au moins, la plaie ne saignerait plus.
Le Gardien choisit ce moment pour s'éveiller. Il tendit le troisième fragment de clé à Link.
- La dernière épreuve sera la plus difficile. Nombreux sont ceux qui ont échoué. Mais j'ai confiance en toi. Ta détermination m'impressionne. Bonne chance. Puissent les Déesses veiller sur ton chemin.

***

Lorsqu'il arriva dans la quatrième salle, Link sut qu'elle était différente. Ici, pas de Gardien, ni de stèle. Une fois la porte fermée, un noir opaque envahit la pièce. L'atmosphère se fit plus oppressante. Rapidement, le jeune homme ne vit plus rien.
Une silhouette se matérialisa alors. Elle lui sembla familière. Puis il comprit. Non ! Pas lui. Pas maintenant. Pas ici.
Ganondorf lui adressa un sourire narquois.
- Tu croyais m'avoir vaincu ? Mais je suis toujours là. Je le serais toujours. Tu ne seras jamais en paix. Vois ce qui t'attends à présent...
Une autre silhouette apparut. L'oncle de Link.
- Mais qu'est ce que... Non ! hurla-t-il en voyant Ganondorf. Link, fais quelque chose ! Toi seul peux le vaincre ! Je t'en prie !
Mais le jeune homme ne pouvait rien faire. C'était comme si des liens invisibles le clouaient sur place. Une flèche, surgie de la main de Ganondorf, toucha son oncle au coeur. Il s'écroula lentement, avec dans le regard, une lueur de reproche. Il semblait dire : c'est ta faute. Tu as échoué.
- Qui vais-je téléporter à présent... oh, je sais, dit le Seigneur du Malin avec un sourire pervers.
Zelda apparut. Et subit le même sort. Puis Jen. Flora. Tamia. Sahasrahla. Tous s'écroulèrent de la même manière. À chaque fois, Link ne pouvait que regarder, impuissant.
- Tu vois, ils sont morts. Tu n'as pas pu les protéger. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu n'es qu'un faible !
- C'est une illusion ! Je vais me réveiller, pensa Link.
Il savait que ce n'était qu'un cauchemar, provoqué par le pouvoir du sceau. Mais cela ne changeait rien. L'illusion touchait sa peur la plus profonde : celle de perdre ses amis.
Une voix se glissa dans sa tête, insidieuse.
- Tu n'es rien, rien face au mal qui t'entoure. Plus ardente sera ta lumière, plus noire sera son ombre. Et maintenant, tes proches sont morts par ta faute.
- Ça suffit ! hurla Link.
Seul le rire sadique et méprisant de Ganondorf lui répondit. Insupportable.
Le héros tomba à genoux. Sa blessure à l'épaule le faisait souffrir. Il ne comprenait pas. Avait déjà affronté le mal tant de fois. L'avait toujours vaincu. Mais là... Il était différent. Trop fort. À l'état pur. Il allait finir en poussière, comme tant d'autres avant lui. Et Ganondorf pourrait s'emparer d'Hyrule.
Ses pensées le ramenèrent à sa mère, malgré lui. Il aurait tant voulu la connaitre autrement que dans ses rêves. Il se souvint de ses paroles. "Ne désespère pas. Jamais." Elle avait raison.
- L'espoir n'est qu'une illusion, susurra la voix.
Link ferma les yeux. L'ignora. S'accrocha à l'image de ses amis. De Zelda. Non, ils n'étaient pas aux pieds de Ganondorf. Ils l'attendaient au château. Tous ensembles. Et son ennemi était en Saankar, pas ici...
Il se redressa et regarda l'image de son adversaire de toujours. Dans les yeux.
- C'est toi qui n'es rien. Tant que l'amitié, l'espoir et l'amour existeront sur cette terre, tu ne gagneras jamais. Tu entends ? Jamais !
L'image poussa un cri silencieux. Se tordit. S'effaça. Link sut qu'il avait réussi. Devant lui, le dernier Gardien apparut.
- Ton oncle t'attend, dit-il simplement, en lui tendant le dernier fragment de clé.

***

La dernière pièce aurait pu être magnifique si elle n'était pas pervertie par le sceau. Il flottait dans les airs, sa noirceur éclipsant toute la lumière alentour. Une vingtaine de petits tas de poussière noire reposaient au-dessous.
Link sortit les quatre fragments, les assembla et présenta la clé devant le sceau. Celui-ci se brisa avec un bruit de verre. Presque aussitôt, une lumière dorée, aveuglante, entoura le château.
Lorsqu'elle se dissipa, l'édifice avait retrouvé sa forme originelle et les tas de cendres étaient redevenus des hommes.
Link et son oncle tombèrent dans les bras l'un de l'autre.
- Je savais que tu réussirais ! J'avais beau avoir été transformé en poussière, mon esprit était toujours conscient. J'ai vu les dangers auxquels tu as fait face. Merci du fond du coeur. Mais comment as-tu su où j'étais ?
- C'est une longue histoire, mon oncle. Je te raconterai tout, promis. Mais d'abord, allons voir le vieil homme et quittons cet endroit au plus vite !
- Je suis d'accord. Ton épaule a besoin de soins. Plus vite nous serons au château, mieux cela vaudra.
Dans la salle du trône, le maitre des lieux avait changé. Il semblait beaucoup plus jeune. Une femme, la sienne sans doute, deux enfants et une quinzaine de serviteurs étaient également présents.
- Je ne te remercierai jamais assez, dit-il à Link.
Il lui tendit une petite bourse de cuir.
- Tu ne dois l'ouvrir que si tu es en grand danger. Je sais qui tu es. Je te souhaite de réussir dans ta quête.
Le jeune héros attacha la bourse à sa ceinture, et remercia le vieil homme.
- Puissent les Déesses veiller sur ton chemin ! répondit celui-ci.

Le voyage de retour ne dura qu'une journée. Link et son oncle furent accueillis par des cris de joie et de soulagement. Qui s'étouffèrent à la vue de la blessure à l'épaule du jeune héros. Seule Zelda conserva son calme. Elle insista pour qu'il soit soigné tout de suite. Le ramena dans sa chambre, suivie par le reste des compagnons. Envoya Tamia chercher le maitre du Sanctuaire. Qui s'occupait déjà d'un soldat grièvement blessé.
- Je suis désolé, princesse, je ne peux aider Link. Mon patient requiert toute mon attention et je ne peux le confier à personne. Mais vous avez toujours été douée pour la médecine. Je ne vous ais pas prise comme élève par hasard. Je suis sûr que Link sera entre de bonnes mains avec vous.
La jeune femme hésita. Croisa le regard encourageant de Link. Accepta.
- Très bien. Mais je vais avoir besoin de silence pour me concentrer.
Ses amis comprirent le message. Ils sortirent sans un mot.

La blessure n'était pas belle à voir. Profonde, avec des bords irréguliers, elle n'avait pas encore été nettoyée. Et le voyage n'avait rien arrangé. Lorsque Zelda enleva le garrot de fortune, elle se remit à saigner.
La jeune princesse entreprit de la désinfecter puis de la recoudre. Ces gestes étaient doux, précis et habiles. En quelques minutes, il ne resta de la plaie qu'une balafre rougie. Qu'elle protégea d'un bandage.
- Merci, dit Link avec reconnaissance. Le maître du sanctuaire avait raison, tu as fait des merveilles.
Sourire.
- Tu as eu de la chance. Nous avons vu ce que tu as vécu grâce à l'un des pouvoirs cachés de Flora. Elle peut suivre les agissements de quelqu'un comme si elle se trouvait avec lui.
Elle se tut un moment. Puis avoua dans un murmure :
- J'ai eu très peur, tu sais.
Link lui prit la main.
- Je suis toujours là, c'est le principal. Et c'est à toi que je le dois, ajouta-t-il avant de l'attirer à lui.
Le coeur de Zelda battait la chamade.
- Cette quatrième épreuve a bien failli me détruire.
Le jeune homme ferma les yeux, comme pour chasser un souvenir douloureux. Puis les rouvrit, un sourire naissant sur le visage.
- Mais alors que j'allais abandonner, ton image et celle de tous les êtres qui me sont chers se sont imposées à moi. Je te dois la vie, Zelda. À toi et à tous nos amis. Cette épreuve à confirmé ce que je pensais. Nous ne sommes pas seuls. Et tant que nous resterons unis, Ganondorf ne pourra pas gagner. Jamais.
- Je sais, acquiesça simplement la princesse, avant de laisser le silence s'installer.
Le jeune héros ne voulait pas le briser. Il plongea son regard dans celui Zelda. Qui sentit son coeur se calmer. Après l'inquiétude de ces derniers jours, la chaleur de son ami avait quelque chose de rassurant.
Ils restèrent ainsi un long moment, chacun essayant de lire dans les yeux de l'autre ce qu'il ressentait.
Puis leurs visages se rapprochèrent encore...
Et Jen fit irruption dans la pièce.

Link et Zelda se séparèrent, gênés. Mais le garçon ne parut pas s'en formaliser. Au contraire, il semblait hagard, terrorisé.
- Flora... parvint-il à articuler. Elle, elle....
- Calme-toi, lui dit Zelda en s'agenouillant face à lui. Que se passe-t-il ?
- Vision... Ganondorf ! s'écria-t-il enfin. Il a trouvé la brèche !

Un silence lourd de crainte s'installa dans la pièce. Tous trois savaient que leur ennemi viendrait un jour ou l'autre mais ils ne l'attendaient pas si vite.
- Où est ta soeur à présent ? demanda Link d'une voix tendue.
- Elle est en route pour la clairière d'Excalibur. C'est là que se trouve le portail. Ton oncle et les Six Sages l'accompagnent.
- Très bien. Alors écoute-moi attentivement car nous n'avons que peu de temps. Tu vas prendre Epona à l'écurie et les rejoindre d'accord ?
- Mais... Et toi, comment voyageras-tu sans ta jument ?
Le jeune héros croisa le regard de Zelda. Oui, il était temps. La Triforce avait besoin d'eux.
- Ne t'en fais pas. Prends tes armes et file maintenant.
- Oui ! Mais fais vite s'il te plaît.
- Promis.
Lorsque Jen eut disparu, Zelda prit la parole.
- Je préviens mon père et je te retrouve dans la salle de la Triforce.

Quelques minutes plus tard, les deux amis étaient devant la porte de marbre gravé. Sans un mot, Zelda actionna un mécanisme caché au milieu des symboles.
- En cas d'urgence, dit-elle simplement.
À peine furent-ils entrés que les fragments du Courage et de la Sagesse leur foncèrent dessus. Un halo de lumière les entoura et lorsqu'il s'évanouit, chacun d'eux avait une Triforce sur le dos de la main gauche. Leurs fragments respectifs brillaient intensément.
- Et maintenant ? demanda Zelda. Tu n'as jamais essayé encore, tu sais ?
- Viens, lui répondit Link.
Sans attendre, il la prit par la main et se concentra. Oui, il n'avait jamais utilisé le vent de Farore. Mais il se souvenait très bien du jour où la Déesse lui avait annoncé leur destin. Il venait à peine de toucher la Triforce, épuisé par son combat contre Ganondorf. La jeune femme lui avait expliqué son plan pour empêcher leur ennemi de s'emparer à nouveau de l'artefact. Et lui avait révélé les pouvoirs de chacun des fragments. Il avait rapporté ses paroles à Zelda et au roi, le lendemain du banquet donné en l'honneur de sa victoire.
Un éclair de lumière verte les enveloppa et les emporta directement dans la clairière d'Excalibur.

***

Ce qu'ils virent en arrivant à l'entrée de la clairière les figea sur place. Ganondorf était bien là. Debout devant une brèche lumineuse d'environ trois mètres de haut. Mais il n'attaquait pas. Non. L'escouade d'une douzaine d'hommes, armés d'objets inconnus suffisait.
Face à lui, leurs amis, regroupés sous le couvert des arbres, résistaient tant bien que mal. Flora et les Sages avaient réussi à créer un cristal protecteur, et se concentraient pour le maintenir.
Jen et l'oncle de Link ripostaient à coups de flèches. Une tentative bien dérisoire que leurs opposants n'avaient aucun mal à éviter.
- Pourquoi Ganondorf n'intervient-il pas ? demanda Zelda.
- Sans doute parce qu'il n'en a pas besoin, répondit Link d'un air sombre. Je n'ai jamais vu d'armes aussi redoutables.
- Elles viennent sûrement de Saankar. Viens, rejoignons les autres, avant que Ganondorf ne nous voit. Ils ont besoin de notre aide.
Le jeune homme et la princesse se glissèrent entre les arbres pour ne pas être vus et retrouvèrent leurs amis.
- Ils utilisent des fusils ! ragea Jen en les voyant. Ce sont des armes de notre monde. Elles fonctionnent sur le même principe que les flèches mais leurs tirs sont beaucoup plus rapides et redoutables ! C'est un miracle que personne n'ait été blessé jusqu'ici.
Link remarqua l'épuisement de Flora et des Sages. Ils ne tiendraient plus très longtemps. Il devait faire quelque chose. Avant que quiconque ait pu l'arrêter, il s'écria:
- Ganondorf ! Tu te caches derrière de simples hommes maintenant? Tu es tombé bien bas !
Les tirs cessèrent. Link sortit de sous les arbres, ignorant les regards surpris et inquiets de ses amis.
-Tiens tiens, le gringalet ! s'esclaffa le Seigneur du Malin. Je me demandais quand est-ce que tu viendrais. Tu en as mis du temps.
Ses yeux porcins se réduisirent à deux fentes chargées de haine.
- Sache que je ne me cache pas derrière de pitoyables soldats. Mais toi, en revanche, tu préfères mettre tes amis en danger plutôt que de venir m'affronter.
Link sourit. Sa pique avait eu l'effet escompté. Il inspira un grand coup.
- C'est pour ça que je suis là. Je te propose un marché : juste toi et moi. Mes amis n'interviennent pas. Et en échange, tes hommes non plus.
- Ne fais pas ça, Link ! crièrent Flora et Zelda, de l'autre côté de la clairière.
- C'est d'accord, accepta Ganondorf.
Il s'adressa à ses hommes.
- Vous avez entendu? Restez en dehors de ça. Il est à moi !
Il rejoignit Link au centre de la clairière. Les amis du jeune homme et les soldats se regroupèrent autour d'eux. Tous savaient que cet affrontement serait décisif.

***

Link et Ganondorf se faisaient face. Entre eux, la tension était palpable. Aucun n'osait attaquer, ne connaissant pas les capacités de l'autre.
Ganondorf engagea finalement le duel. Il fit mine de jeter une boule d'énergie. Dupé, Link esquiva par un saut sur le côté. Et fut accueilli par un coup de poing dans l'estomac alors que ses pieds touchaient le sol.
Plié en deux, il évita un coup d'épée de justesse. Se redressa et plaça un habile coup d'estoc. Qui ne rencontra que le vide. De toute évidence, Ganondorf s'amusait avec lui.
- Rapide, n'est-ce pas ? Je dois reconnaître que la puissance de cette jeune princesse est étonnante.
Il parlait de Tara, l'héritière du trône de Saankar. Il avait trouvé un moyen d'utiliser sa puissance à distance !
Le Seigneur du Malin revint à la charge. Link évita son arme. Se glissa derrière son adversaire. Parvint à lui entailler la pliure du genou.
Ganondorf grogna. Link reprit espoir. Cette plaie, bien que superficielle, ralentirait son ennemi.
Mais le combat s'éternisait. Ganondorf avait beau être gêné, il semblait infatigable. Plaçait coup sur coup. Parade sur parade. Link s'épuisait. Son épaule blessée le rappela soudain à l'ordre. La douleur, intense, lui fit perdre sa concentration. Ganondorf en profita pour le déséquilibrer. Il plaça sa lame sur la gorge du jeune homme, avec un sourire triomphant.
- C'est terminé.
Link regarda ses amis. Les hommes de l'escouade les tenaient en respect avec leurs armes. Ses pensées se tournèrent vers Zelda. Qui comptait tant pour lui. Vers sa mère. Où était-elle réellement ? Il ne le saurait jamais. Vers Jen et Flora. Qu'il avait promis d'aider.
Un sentiment d'amertume l'envahit. Il ferma les yeux. Attendit l'impact.
La lame de Ganondorf brilla dans la lumière.

- ARRÊTE !
Ganondorf suspendit son geste, surpris.
- Laisse le tranquille!
Link rouvrit les yeux. Jen tentait de repousser l'homme qui le maintenait, sans se soucier du fusil qui le menaçait.
Ganondorf sourit. Il fit signe à son soldat de laisser passer le garçon.
- Approche. Tu es le fils de Farore n'est-ce pas?
Jen lui adressa un regard noir.
- Tu as du cran. Mais vois-tu, l'histoire qu'il y a entre ce gringalet (il pointa à nouveau son arme sur la gorge de Link) et moi ne te concerne pas.
- Je ne te laisserai pas le tuer.
- Jen, je t'en prie, n'aggrave pas les choses, tenta de le raisonner Link. Si je disparais, le fragment du Courage te revient, en tant qu'héritier de Farore. Tu dois te protéger si tu veux sauver ton monde ! Flora n'y arrivera pas seule, et tu le sais.
- Tais-toi. Je ne le laisserais pas faire, tu m'entends?
La voix du garçon avait changé. Elle était devenue calme, déterminée. Autour de lui, ses compagnons le remarquèrent. Mais ils savaient qu'intervenir ne changerait rien. Ils se contentaient donc de l'observer, inquiets.
Ganondorf éclata de rire. Décidemment, ce petit l'amusait.
- Et comment comptes-tu t'y prendre gamin?
Jen le fixa droit dans les yeux, avec froideur.
- Comme ça, répondit-il simplement.
Autour de son cou, son pendentif se mit à briller intensément.
Sous le regard médusé de ses amis, de Ganondorf et de ses hommes, la forêt s'éveilla alors. Des branches surgirent de tous côtés, saisissant les armes et les broyant comme si elles avaient été d'argile.
Puis, d'un geste de la main, Jen dirigea une branche vers Ganondorf. Qui n'eut pas le temps de l'éviter.
La plante le projeta vers la brèche qui lui avait permis de passer d'un monde à l'autre. Avec un cri, il disparut. Ses hommes subirent le même sort avant d'avoir pu réagir. Lorsque le dernier eut disparu, la brèche se referma.
La lumière du pendentif de Jen s'éteignit. Il s'écroula sur le sol.
- Jen !
Link le rejoignit, suivi par ses compagnons.
- On dirait que j'ai découvert un de mes pouvoirs cachés, leur dit le fils de Farore avec un sourire.
- On dirait oui, répondit Link. Mais pour l'instant, tu as besoin de repos.
- Ça c'est sûr.
- Merci.
- Pas de quoi. Ça va ?
- Ne t'en fais pas pour moi, j'ai déjà vu pire... Quoi que... ajouta-il en souriant.
- Comment tu as su ? demanda Flora.
- C'est venu comme ça, lui répondit son frère. Sans doute parce que Link a failli y rester.
Sa soeur hocha la tête, convaincue.
- Il est temps de rentrer, proposa alors Zelda. Nous avons tous besoin de soins. Surtout vous deux, dit-elle à Jen et à Link, dont le combat n'avait pas arrangé l'épaule.
- Tu sais quoi ? C'est une excellente idée, lui répondit Jen avant de fermer les yeux.

Le voyage de retour fut sans encombre. Tous somnolaient sur leur selle, excepté Link, gêné par son épaule. Par chance, la blessure ne s'était pas rouverte pendant le combat, mais manier l'épée avait ravivé la douleur.
Les compagnons atteignirent le palais alors que la lune apparaissait à l'horizon. Un cortège de curieux les suivait en silence. Sans doute avaient-ils entendu les bruits du combat...
Le roi les attendait dans la cour intérieure, visiblement soulagé. Il dispersa la foule et appela le maître du sanctuaire.
Le vieil homme grimaça en voyant l'état général des compagnons, mais ne dit rien. Il leur administra une potion dont il avait le secret et leur conseilla vivement de se reposer.
Ce qu'ils firent, trop fatigués pour contester. Les évènements s'étaient enchaînés très vite depuis le départ de Link pour sauver son oncle et aucun d'eux n'avait vraiment dormi depuis. Chacun se dirigea vers sa chambre respective et s'endormit dès que sa tête eut touché l'oreiller.

***

Couloir sombre. Lumière brillante. La salle habituelle a laissé place à une clairière silencieuse et mal éclairée. Au centre, une silhouette floue. Penchée au dessus d'une autre. Link, s'approche, envahi par une sourde sensation de malaise.
Au fur et à mesure, les contours des ombres se précisent. Ganondorf. Son épée levée au dessus d'un jeune homme habillé de vert. Link voudrait agir, s'interposer. Mais une force mystérieuse l'empêche de bouger. Il regarde, impuissant, la lame qui s'abat. Et tue.
- Tu n'es rien, rien face au mal qui t'entoure. Plus adente sera ta lumière, plus noire sera son ombre.
Un rire glacé résonne dans la clairière.
Link tombe. Sans fin.

Link se réveilla en sursaut, trempé de sueur et le cœur battant. Il jeta un coup d'œil autour de lui. Les premières lueurs de l'aube éclairaient timidement sa chambre. Les images de son cauchemar lui vinrent devant les yeux. Il secoua la tête dans l'espoir de les chasser, en vain. Résigné, il se leva et alla s'accouder à sa fenêtre. L'air frais du matin lui fit du bien. Son cœur se calma enfin et il put clarifier ses pensées.
La première chose qu'il remarqua fut que la douleur de son épaule avait disparu. Il en fut soulagé. Il savait qu'après les évènements de la veille, partir pour Saankar devenait urgent. Il fallait à tout prix délivrer la princesse Tara et son royaume de l'emprise de Ganondorf. Ce serait un voyage long et dangereux. Il n'avait pas besoin d'une blessure de surcroît.
Il s'était souvent demandé à quoi pouvait bien ressembler le "petit frère d'Hyrule". L'idée même d'un monde sans magie l'amusait. Il se surprit à imaginer ce que serait Hyrule si la Triforce n'existait pas. Plus de monstres, plus de quête insensée ni de destin imposé...
Link sourit et secoua la tête. Certes, son rôle de Héros de Farore lui pesait, mais il n'aimerait pas être quelqu'un d'autre. Les joies de l'aventure lui étaient trop précieuses pour qu'il y renonce. La vie de Cour n'était pas faite pour lui, il s'en était vite rendu compte pendant ces années passées en tant que garde personnel de Zelda. Il n'aimait pas les mondanités et les intrigues qui la caractérisaient.
Les premiers chants d'oiseaux le tirèrent tout à coup de ses pensées. Il resta à les écouter jusqu'à ce que le soleil soit complètement levé et que quelqu'un frappe à la porte.
- Entrez, dit-il calmement en rejoignant son lit.
C'était Zelda. Le souvenir de leur dernier moment ensemble, avant que Jen ne fasse irruption et ne les sépare, lui revint aussitôt en mémoire. Il la regarda s'asseoir sur son lit sans un mot.
- Comment te sens-tu ? lui demanda son amie.
- Mieux.
Il décida de taire son cauchemar. Mais ses traits tirés, résultats de sa nuit agitée, n'échappèrent pas à la princesse.
- Mauvais rêve ? questionna-t-elle.
Il acquiesça.
- Tu veux en parler ?
- Pas vraiment. Disons que je n'ai pas digéré les évènements d'hier, dit-il en tentant de sourire.
Zelda posa la main sur son bras. Il tressaillit mais resta silencieux.
- Ce que tu as fait était très courageux. Mais aussi très stupide, ajouta-t-elle après un temps de réflexion.
Link ouvrit la bouche pour répliquer.
- Non. Laisse-moi terminer, s'il te plaît. Tu as été là quand j'en avais besoin, maintenant, c'est mon tour.
Le jeune homme la regarda, surpris. Il n'avait pas l'habitude qu'elle lui parle de cette manière. Le combat de la veille l'avait changée, cela ne faisait aucun doute.
Sa réaction amusa Zelda mais elle se contenta de poursuivre.
- Tu as voulu nous protéger Link, ce que je comprends parfaitement. Mais tu as failli y laisser la vie. Si Jen n'avait pas été là, Ganondorf t'aurait sans aucun doute tué, pour récupérer ton fragment et pour se débarrasser de son plus redoutable adversaire.
Elle fit une pause, plongeant son regard dans celui de son ami.
- Un jour, tu m'as dit que rien ne pourrait nous arriver tant que nous serions ensemble. Mais hier, tu as tenté de nous protéger en agissant seul. Tu n'aurais pas dû.
Sa voix était chargée de reproches lorsqu'elle prononça cette dernière phrase.
Le silence s'installa entre eux. Link réalisa qu'elle avait raison. Il avait agi sans réfléchir et avait failli en payer le prix.
- Je suis désolé, dit-il. Sincèrement. Mais ma manœuvre aura tout de même servi.
- Que veux-tu dire ?
- Eh bien, pendant notre combat, Ganondorf m'a avoué qu'il se servait du lien de Tara avec Din pour augmenter ses propres capacités.
Zelda lui sourit. Elle avait comprit où il voulait en venir.
- Ce qui veut dire que nous aussi, nous pourrions profiter de la puissance de ce lien, acheva-t-elle à sa place.
- Et il y a autre chose, reprit Link. Grâce à ce duel, j'ai pu observer de près les effets de cette connexion. Et me faire une petite idée de la nature du pouvoir caché de Tara.
Il fit une pause, puis reprit :
- Je pense qu'elle peut améliorer ses capacités physiques et mentales. De manière à remporter un combat par exemple. Si j'ai vu juste, nous ne sommes pas au bout de nos peines.
- C'est possible, répondit Zelda.
Elle réfléchit quelques instants.
- Mais le maître du sanctuaire m'a déjà parlé de ce genre d'enchantements. Ils ne sont réalisables que si l'on aspire l'énergie de ce qui nous entoure et sont très dangereux, car le corps ne peut supporter qu'une quantité limitée d'énergie. Si la personne à l'origine de l'enchantement en aspire trop, elle meure. De plus, à cause de cette limite, ils ne sont que temporaires.
- En clair, c'est une magie puissante mais instable.
- Oui.
- Je crois qu'une petite réunion avec les autres s'impose... lui répondit Link.
- En fait, je comptais en organiser une cet après-midi. Je voulais voir comment vous vous sentiez tous, avant de vous infliger ça, plaisanta-t-elle.
- C'est vrai que ce genre de réunion ne peut pas vraiment être qualifié d'agréable... confirma Link en riant.
- Voilà pourquoi je dois être sûre que tout le monde est en état d'y assister. La situation est préoccupante, dit Zelda, redevenant sérieuse.
- Alors vas-y, lui répondit son ami. Je te reverrai à la réunion ajouta-t-il alors que la princesse se levait pour partir.
Lorsqu'elle atteignit la porte, la jeune femme se retourna.
- Au fait... pour ce qu'il s'est passé avant le combat...
Un silence gêné s'installa entre eux. Ce fut Link qui trouva les mots.
- Je crois que Jen devra apprendre à frapper la prochaine fois, dit-il avec un sourire. Son regard fit comprendre à Zelda qu'il était sincère.
- Je lui passerai personnellement le message, répondit-elle en souriant à son tour.
Puis elle ferma la porte et Link se retrouva seul.

A suivre...

Ce texte a été proposé au "Palais de Zelda" par son auteur, "Epona94". Les droits d'auteur (copyright) lui appartiennent.

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