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Majora's Mask : Termina, l'Hyrule renversé

Ecrit par Juliette K le 20.09.2012

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Majora's Mask. Un des jeux les plus mystérieux de la série Zelda on pourrait dire. Son ambiance oppressante, presque hostile, tout à fait contraire à celle de son aîné Ocarina of Time suscite toujours des questions quant à sa symbolique. Ici va être exposé mon point de vue concernant ce sujet encore quelque peu obscur.

Termina, une région figée le temps de trois jours?

Termina, rien que le nom nous indique que le territoire où Link se retrouve est totalement différent d'Hyrule. Même si le nom est le même dans les autres langues et que son onomastique semble plutôt simple, on peut considérer ce nom comme assez évocateur du devenir de la région : Termina, la région où tout se termine, une région condamnée à la déchéance, à une chute, à sa destruction totale pourrait-on s'imaginer.

Surtout que le temps qu'on passe normalement d'après le jeu à Termina dure seulement trois jours. Certes ce sont trois jours qui ne durent qu'environ 50 minutes et que nous disposons des chants du Temps (normal, accéléré et inversé) qui sont les bases du gameplay de Majora's Mask. Certes, si on peut plaisanter, on peut concéder que trois jours, comme trois minutes, est un bon chiffre souvent utilisé dans les jeux vidéo lors d'un compte à rebours. Mais là, le chiffre peut avoir une interprétation de plus car dans les jeux de la série "The Legend of Zelda" les Déesses créatrices sont au nombre de trois : Farore, Nayru et Din. (Je ne compte pas ici Hylia, car Zelda en est sa réincarnation d'après les explications données dans Skyward Sword.)

Les trois Grandes Déesses, des entités vengeresses?

Concernant les Grandes Déesses, l'interprétation qu'on peut donner à leur rôle potentiel dans Majora's Mask est tout aussi important. En effet, il faut dire que la Triforce n'est jamais évoquée de tout le jeu, pas même Hyrule, sauf peut-être lors du flash-back avec Zelda qui montre à Link le Chant du Temps.
Ici donc, l'objet sacré, celui qui est désiré par sa puissance d'exaucer le moindre souhait, celui qui est la trace laissée par les Grandes Déesses pour les mortels, est inexistant. Termina semble être hors de cette sphère divine où tout le monde croit aux entités créatrices du monde. Dans ce cas-là, on pourrait se demander si Termina n'est pas la représentation d'un monde agnostique voire même totalement athée.

Soit ce monde serait en proie au doute de l'existence des Déesses, soit il ne croirait en rien du tout, si ce n'est en l'homme lui-même mais l'homme tel qu'on l'imagine dans le mythe prométhéen. Certes, dans ce mythe, l'homme reçoit le feu sacré de l'Olympe (qui se trouve être le "savoir divin") de Prométhée, un Titan, qui l'a volé aux dieux olympiens, pour permettre l'émancipation de l'homme des entités divines afin qu'il jouisse du bien qu'il est le seul à en avoir conscience : la liberté.
Dans le cas de Majora's Mask, on peut dire que Termina est sûrement un monde athée, donc le monde inverse d'Hyrule. Alors, on pourrait se demander dans quelle mesure les Déesses créatrices d'Hyrule peuvent avoir un rôle sur cette région. C'est en effet avec l'arrivée de Link et la chute de la Lune sur Bourg-Clocher qu'on peut remarquer une première action divine venant des trois entités.

Mis à part les trois jours donnés au héros pour sauver la région de la destruction totale, on peut en remarquer une autre avec Skull Kid. Pas l'enfant torturé par la solitude, après que ces amis les Géants soient partis, mais l'enfant manipulé par le masque de Majora. Outre les origines du masque expliquées brièvement par le marchand de masques, il faut dire que le cri de femme que pousse la créature ou plutôt les deuxième et troisième formes du masque (Incarnation de Majora et Magicien Majora) paraît quelque peu bizarre et ambiguë.

Donc, cela peut nous amener à la conclusion suivante : ne pourrait-on pas dire que le masque de Majora est en fait l'incarnation des Déesses ou plus précisément leur vengeance matérialisée ? Cette théorie pourrait expliquer pourquoi le masque disposerait d'immenses pouvoirs, bien plus que celui de la Puissance des Fées. Mais quelle vengeance ? En quoi les trois Déesses créatrices d'Hyrule, donc des entités positives, celle du Courage, de la Sagesse et de la Force, pourraient-elles être capables de vouloir la destruction d'un monde tout entier ?

Car comme dit précédemment, Termina semble être en tout point l'inverse d'Hyrule. Les Terminiens semblent être plus des croyants païens, donc ne connaissent pas l'existence des trois Déesses, alors que les Hyliens croient en elles ainsi qu'aux légendes liées à celles-ci, donc à la Triforce.

La relique sacrée est d'ailleurs inexistante dans le jeu, tout comme l'objet sacré qui fait de Link souvent le Héros du Temps, celui qui sauve tout le monde à chaque fois et qui renvoie Ganon dans les limbes : Excalibur. Plus communément appelée "Master Sword", c'est bel et bien l'arme ultime dont Link dispose pour vaincre ses ennemis. Et c'est bien sûr l'épée venant tout droit des Déesses.

L'explication de sa puissance divine est d'ailleurs une partie de Skyward Sword, lorsqu'on doit récupérer les flammes purificatrices des Trois Déesses (ainsi que la bénédiction d'Hylia) pour que l'épée puisse avoir sa forme finale, identique à celle de Twilight Princess principalement, mais aussi dans Ocarina of Time. Cette épée semble être aussi, mis à part "l'épée pourfendeuse des ténèbres" d'après Zelda dans Twilight Princess, un artefact à l'épreuve des âges, l'objet qui nous permet de voyager dans le temps aussi bien dans Ocarina of Time que dans The Wind Waker (lorsqu'on le sort du socle, on revient dans le temps, lors de la période avant qu'Hyrule ne soit englouti si mes souvenirs sont exacts...), celui qui est resté tel qu'il était dans les autres épisodes de la série dans lesquels il apparaît.

Ici dans Majora's Mask, il n'y a aucun instrument des Déesses, ni même leur marque. Juste les masques, dont les trois principaux viennent de morts et dont le plus fort, le masque de la Puissance des Fées, nous transforme en un dieu déchu, vengeur, personnification de la violence et de la destruction, tel un Asura dans la religion hindouiste, donc une sorte d'anti-dieu face aux trois Déesses. Les masques, pouvoir principal et base du gameplay de Majora's Mask, sont donc eux aussi contraires et contre les déesses, fait qui pourrait justifier leur colère sentencieuse avec leur incarnation à travers le masque de Majora. Surtout, je dois dire, lorsqu'il se cache dans la Lune en disant qu'il doit tout détruire, usant d'une puissance qui arrive à faire faiblir les Géants.

De plus, tandis que la Triforce, symbole de la Terre Sacrée, est d'ailleurs entourée d'ailes pointées vers le ciel - ce qui fait référence aux ailes du célestrier de Skyward Sword, donc au "souffle divin" des Déesses créatrices d'Hyrule -, le symbole de Termina (le hibou sur le bouclier de Link) a les ailes pointées vers le sol, le "minéral", donc à la "matière", dans son sens péjoratif. Là où Hyrule serait une création de "l'esprit", harmonieuse et ordonnée, Termina ne serait que matière chaotique, voire vide de sens, si on tente d'imaginer le point de vue des Trois Déesses.

C'est un fait qu'on peut illustrer avec les rares représentations de celles-ci, en êtres de lumière dans Ocarina of Time, qui déversent leur pouvoir pour faire naître Hyrule, donc des êtres immanents, ceux de l'air, donc de l'esprit. Au contraire, les créatures dans Majora's Mask - qui sont en quelque sorte les divinités de Termina - sont les Géants, des êtres presque laids et effrayants, des êtres de la terre, de la matière, qui viennent eux-mêmes, suite à l'appel de Link, donc d'un mortel, arrêter la chute de la lune.

Cette représentation antithétique rappelle presque l'histoire des dieux de l'Antiquité Grecque, lorsque les futurs dieux de l'Olympe décidèrent de combattre les Titans, dans la célèbre Titanomachie, avant de les envoyer dans les profondeurs de la terre, dans les Enfers pour subir une punition éternelle. Ce leitmotiv de la chute, de la déchéance de l'aérien vers le minéral peut se retrouver dans le jeu.

L'aventure de Link à Termina, une mise en garde ?

Ainsi, avec cette dialectique Hyrule-Termina/Ciel-Terre, on pourrait s'imaginer la raison de la venue de Link à Termina. Dans la trame de l'histoire, Link a déjà parcouru tout Hyrule pour retrouver Navi d'Ocarina of Time, et, lorsqu'il approfondit ses recherches dans les Bois Perdus, il se fait attaquer par un Skull Kid différent des autres, portant un masque et étant accompagné de deux fées. Volé et métamorphosé en peste Mojo, il arrive à Termina à travers l'église de Bourg-Clocher, lors de la période de la préparation d'une sorte de fête, de carnaval, et dispose de trois jours pour empêcher la chute de la Lune par Skull Kid ou plutôt le masque de Majora.

Dans son aventure, il résout bon nombre de problèmes pour le peuple Mojo, Goron et Zora, dans un monde plus dangereux, plus hostile et oppressant, presque plus maléfique que celui d'Ocarina of Time. Le jeu dans l'ensemble est plus difficile que son aîné, mais on fait évoluer notre héros dans un univers qui laisse à penser que sans les Déesses, sans la Triforce, un monde tel qu'Hyrule finirait par devenir comme Termina : un monde sceptique, un monde qui aurait un destin, qui ne pourrait pas échapper à cette destinée qui est sa destruction même ! C'est donc dans une sorte de tragédie à l'échelle de Termina que Link évolue, dans un monde cloisonné et condamné à vivre durant trois jours.

Mais, si on veut donner un rôle plus positif aux Déesses, on pourrait s'imaginer que cette mise en garde serait plus une mise à l'épreuve pour Link qu'il a su surmonter avec brio (certes grâce au joueur évidemment !). Le héros le montre bien, car la lune finit bien par être renvoyée dans le ciel et le masque maléfique redevient normal, grâce à ses efforts.

Face aux déesses incarnées dans le masque, Link, presque comme un héros prométhéen, montrerait ainsi que les hommes se sont émancipés et il serait donc presque dans une dynamique humaniste où l'homme est au centre de tout, où on peut lui faire confiance et on a foi en lui. Il montrerait aussi une délivrance des superstitions dans cette dynamique optimiste, de l'obscurantisme, des préjugés, des idées reçues en général qui peut être justifiée par la cinématique de fin du jeu dans laquelle on voit Skull Kid, l'enfant seul et blessé, torturé par sa solitude aux côtés de Link qui dans un sens l'a apaisé, car l'enfant pensait être heureux en utilisant le masque de Majora.

On peut sûrement dire que Majora's Mask est un éloge à la solidarité, au partage et à l'amitié : au fond même là où il y a un monde hostile et effrayant, il y aura toujours un brin d'espoir pour que l'homme resplendisse et pour qu'il montre sa véritable nature qui n'est pas mauvaise à l'origine, au contraire.


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